Voilà je l'ai déjà postée mais j'aimerais plus d'avis sur ce qui va ou ne va pas
je compte me lancer dans une espèce de recueil de fan-fictions et me faut des conseils
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La vue est belle d'ici. Le vent souffle dans les rares pins, agitant les aiguilles, couchant les herbes hautes contre le sol. La poussière s'infiltre sous mes paupières plissées, m'arrachant des larmes tandis que je cligne des yeux pour la déloger.
Vraiment belle cette vue. Dommage que je n'ai pas le temps d'en profiter.
Je soupire et crache un mélange compact de salive, de terre et de sang.
Un coup violent m'envoi au tapis et je me redresse tant bien que mal sur mes genoux. Impossible de m'aider de mes mains, hélas, puisqu'elle sont attachées par une corde. Le nœud est douloureux et Ils le savent.
L'un de mes ravisseurs lâche un rire gras, qui correspond bien avec sa trogne écrasée, et ses défenses de sanglier sortant de son groin verdâtre.
Je lui fait remarquer et l'on me décoche un second coup, plus fort.
"Oui"
La voix. Encore la voix. Toujours la voix. Cette foutue voix qui me suit, me traque, me soumet, me domine. M'aime.
"Renonce"
Il n'en est pas question. Il n'en sera jamais question. Ne jamais s'abandonner à la voix, c'est ce que mon père me répétait. Il est mort maintenant, comme je le serais bientôt.
L'Orc s'approche de moi lentement, le sourire déformant son trognon de nez. Tout en lui respire la haine, la colère et le sadisme. Ce n'est pas le cas de ses deux compagnons. Le Nordique à ses yeux remplis de tristesse lorsqu'il me regarde. Il obéit aux ordres et n'y prend aucun plaisir, je le respecte pour ça. Le troisième est un gamin, sa pilosité ne s'est même pas développée. Engoncé comme il l'est dans son armure trop grande, il semble plus curieux qu'autre chose. La première fois sans doute qu'il participe à ce genre d'événement.
Il dernier hoche la tête à mon attention et, guettant l'assentiment du peau-verte, m'apporte son outre d'eau chaude que je bois avidement tandis qu'il me la tient. Le Nordique aiguise paisiblement son épée. Une scène tout ce qu'il y a de plus banal, excepté le fait que je suis attaché et ensanglanté.
"Renonce. Laisse."
Je secoue la tête. En vain puisque la voix ne disparaît jamais. Elle se cache, elle attend son heure et me soumet à la tentation. Je n'ai presque jamais cédé et je ne le dois pas.
L'Orc me flanque une gifle sonore en beuglant. Il m'accuse de crimes, de monstruosités. Je me contente de lui sourire, les dents tâchées de sang.
Le mien ? Je ne sais pas.
Alors le passage à tabac commence. Chacun leur tour. Un coup de pied me frotte les côtes, puis un autre, puis un autre. La frénésie de la violence les emportes. J'ai mal.
"Renonce. Abandonne."
Je saigne, je pisse le sang même. Ma tête tourne, une chape de plomb semble être tombée sur mes yeux. Je veux leur faire mal. Je veux les frapper.
Je veux les tuer.
"Renonce."
Oui. Je renonce.
La corde craque, mes bras se libèrent. Envolée la douleur, envolé le mal, envolée ma volonté. Ma main attrape une cheville. Je tire, j'attire à moi l'Orc qui hurle, cette fois de terreur. Mes dents sont des crocs, mes doigts, des griffes et je les plonges dans la gorge offerte donc le sang m'asperge.
Le Nordique n'a plus ce regard triste maintenant, il est déterminé, son épée est dégainée et il me charge sans un bruit.
Il n'a aucune chance.
C'est presque avec réticence que j'attrape son poignet, que je transforme son bras en une bouillie visqueuse. Il hurle, moi aussi. Il s'arrête lorsque je lui brise la nuque.
Un ange passe. Je regarde mes mains, dont les poils recouvrent une grande partie. Je sens mon dos craquer, s'adaptant à sa nouvelle forme. J'entend le daim qui s'enfuit au loin, l'oiseau qui s'envole dans un claquement d'ailes. Le vent passant dans les feuilles des arbres, l'insecte gigotant à mes pieds. Les râles d'agonie de L'Orc.
J'entends le mécanisme d'une arbalète que le gamin tente d'armer.
Et tandis que je m'élance sur lui, son doigt se crispe sur la détente.
"Renonce."