Le chasseur de trésor s’approcha lentement du cadavre étonnement conservé de la décomposition. L’homme semblait s’être battu, seul, nu contre tout une armée. Des centaines de cadavres de draugr et de falmers jonchaient l'endroit. Tout cela intriguait le jeune homme qui poussa le corps du vieil homme. Il était couvert de blessures, tout son corps était une plaie ouverte. Les ennemis, eux, n’étaient pas en meilleur état. Un carnage semblait avoir eu lieu, et c’est le vieil homme qui l’avait fait.
Une sorte de bouffée de fierté agita le chasseur lorsqu’il vit que l’homme était un Nordique, comme lui. Il pria Talos et Arkay de bien vouloir accueillir une âme valeureuse à Sovngarde lorsqu’il vit un petit journal rouge, la couverture semblant être gravée d’une lame. Le chasseur s’en saisit et l’ouvrit à la première page.
Journal du Marcheur, Première page.
Cher journal. Je ne vois pas l’intérêt de m’adresser à un simple livre comme à une personne normale, qui m’est comme chère, qui plus est, mais j’ai besoin de coucher sur papier le récit de ma sombre destinée, ou, du moins, le récit de ma vie étrange, ponctuée de massacres et de vengeance. Un cycle infini, en somme. J’espère qu’un jour quelqu’un trouvera ce journal et le lira. Peut-être écrira-t-on une chanson sur ce qu’il va y être écrit ? Bon, sans plus attendre, je conte mon histoire.
Je suis né, ça j’en suis sûr. Où ? Quand ? Ça je n’en sais rien, mais je suis né. C’est déjà un bon début.
Mon accouchement s’avéra difficile selon les témoignages de certaines personnes comme ma « tante », la sage-femme qui m’éleva jusqu’à mon enlèvement dont je parlerais plus tard. Elle ne me révéla la vérité qu’à la fin de sa vie, sur son lit de mort. D’après elle, j’étais sorti du ventre de ma mère en tant que louveteau. Les cris de terreur des femmes et de ma mère furent les premiers sons que j’entendis au dehors de la chaleur réconfortante du ventre maternel. Peu après, je redevins normal, du moins, pour eux.
Ma mère essaya à de nombreuses reprises de me tuer. Le bain dans la rivière en compagnie des poissons carnassiers, la pêche au vasard avec, comme hameçon, moi, attaché par la cheville, la brusque intuition que je pouvais voler. Je fus sauvé in extremis à chaque fois grâce à ma chère « tante ». Mon enfance fut à peu près normale le jour où, vers mes 10 ans, je me transformais réellement pour la première fois, ma naissance ne comptant pas. La peur de ma mère fut telle qu’elle se jeta dans le vide. Ma tante me recuellit donc, et m’enseigna le Code, celui qui me permet de rester en vie, me mêlant aux autres sans qu’ils devinent le monstre tapi en moi. Ces années-là, je tuais pour la première fois.