Bon, en ce jour de philosophie, c’est à mon tour de publier quelque chose. C’est du racontage de life, pure et simple.
Lettre ouverte d’une amie, à toi.
Vous voyez, j'ai une amie (le miracle !). Une vieille amie que je connais depuis des années. On a grandit, murit et vécu ensemble depuis tellement de temps que j’ai bel et bien l’impression de la connaître depuis toujours. Elle et moi sommes opposées sur bien des choses. Vous savez, je suis quelqu’un qui s’emporte facilement, mais paradoxalement, je reste plutôt stoïque, concentrée sur ce que je fais, ce que je vise. Elle est mon opposée, zen en apparence, bien moins tranquille à l’intérieur. C’est une passionnée, ce genre de dingue capable de sauter dans une fausse aux lions simplement parce que c’est marrant.
Je vis dans le contrôle et la raison, et elle n’existe que par ses sentiments et ses passions. On s’est souvent opposé, sur tous les sujets.
Elle ne m’écoute jamais, et finit par le regretter de s’être précipitée.
Je l’écoute trop peu, et je passe parfois à coté de certaines choses.
Mais bon, ainsi va la vie. Et cette amie est amoureuse. C'est classique me direz vous et je répondrai que c'est vrai.
Mais pour elle, c'est un peu spéciale. C'est la première fois que son petit cœur ressent un truc comme ca, aussi brûlant. Elle s'en est sentie bien… vivante. Et ca, c'est cool. Et j’aime les choses cools.
Vous voyez, mon amie c'est le genre de nana super sympa. Vous en connaissez tous une comme ça, cool, généreuse, zen, loin d'être stupide et qui ne se fait pas marcher sur les pieds. De mémoire, on lui a déjà dit qu’elle était comme une flamme. Douce, chaleureuse, protectrice à des moments, et flamboyante et destructrice à d’autres. On la dit forte, style bloc de marbre capable de marcher à travers les tempêtes de la vie, à porter sa croix et celles des autres, moi j'ai toujours pensé qu'elle était un colosse aux pieds d'argiles et que si ni le vent ni le feu ne la touche c'est p'tet parce qu'il reste finalement peu de choses à toucher. Mais bon.
Parlons un peu du gars dont elle est éperdument, indubitablement et probablement trop, amoureuse. C'est un mec cool. Ah ça... Vous savez, c’est le genre de mec qu’on croit réservé aux premiers abords, et qui s’avère être un véritable trésor en fait.
Il est mignon aussi. Loin d'être son genre (elle est plus brun ténébreux style connard prétentieux biker) mais objectivement pas mal du tout.
Il est loin d'être con en plus, même si mon amie vous jurerait ses grands dieux que c'est le dernier des abrutis. Rien qu’un pauvre con qui ne comprend rien à rien.
Elle n'en pense pas un mot, très loin de là, mais il faut croire que c'est plus facile à dire que je t'aime.
Et plus cool aussi.
Vous voyez, ces deux là se tournaient autour méchamment, depuis quelques temps, en gardant à l'idée qu'ils finiraient par se faire mal, très mal. Parce que tous les séparaient, la distance, l'âge, etc. Mais à finir consumés, autant que ce soit à deux, non ? Oh ca...
Ils ont vécu des moments difficiles, ils ont souffert ensemble. Mais surtout, et c’est ce qu’on retiendra, d'autres un peu plus joyeux. De crise de rire au téléphone en soirées délires.
A se chuchoter « je t'aime » sans se rendre compte de la portée de ces mots, en en prenant conscience peu à peu, sans se connaitre vraiment, sans voir, ni se toucher.
Parce que oui, cette histoire s'est déroulée sur le net.
Stupide ou naïfs me direz vous. Je plaide coupable votre honneur, ils l'étaient.
Et le sont un peu moins aujourd'hui.
Alors le temps des projets est venu, bah oui, à force de voler un peu de bonheur à la vie, on finit par en vouloir plus, par en vouloir un qui soit définitif, inconditionnel et incassable. Et puisque cela débutait si bien, autant que ce soit à deux.
Le garçon s'est dévoilé, et je vous renvoie à la description du début, quant à mon amie... Et bien non. Elle n'est pas du genre timide, mais elle sait que physiquement, ça coince. N'y allons pas par 4 chemins, mon amie est aussi intelligente que moche.
Ce qui n'est pas peu dire vu son intelligence.
Bien sur, le garçon lui a dit ce qu'on dit en ces circonstances "je t'aime pour ce que tu es, je m'en fous de ton apparence. Je ferai même sans.". Ah…Quand je vous dis qu'ils étaient naïfs…
Apres avoir fait trainer les choses, mon amie a finit par envoyer une photo de sa tête.
Et c'est la que le rêve se finit pour eux.
Elle a sentit les sentiments qu'il avait pour elle mourir, un à un, seconde par seconde. Vous savez mon amie est plutôt empathique. Du genre à deviner vos silences, à partager ce que vous vivez, à lire les cœurs, comme elle le dit si bien. Entre nous, c’est un don très pratique. Nombreux sont ceux qui ont pu en profiter, pour pleurer dans ses bras, sans avoir besoin de dire ce qui leur perçait le cœur. Quant à elle… elle a apprit à vivre ainsi, a formaté son esprit pour éviter d’aspirer les sentiments des autres, comme une éponge. Son esprit a déjà été rendu exsangue une fois par cela, alors elle s’est blindée.
Mais dans une situation comme ca… elle n’a pas su, elle n’a pas pu. Parce que c’était lui. Son cœur a juste reçu un millier de lames, les mêmes qui ont transpercé le garçon quand il s'est rendu compte que les paroles terribles de mon amie, celle qu'elle n'a jamais eu de cesse de répéter, auxquelles il n’a jamais prêté trop d’attention, sonnaient trop vraies.
"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient"
Et lui n'y croyait déjà plus.
Ce n'est pas franchement sa faute, comment sortir avec quelqu'un qui ne vous plait vraiment pas ? Quant bien même cette personne serait celle de votre vie, nous sommes d’accord que l’amour n’est pas uniquement un sentiment qui transcende tout, le croire est une folie. Si on l’on fait un choix comme ça, il faut l'assumer, dans son entièreté, et peu de gens sont prêt à le faire.
Pas lui.
Certains diront que la vie est d’un cynisme incroyable. Elle vous répondrait que l’on expie pour chacune de ses erreurs, goutte de sang, par goutte de sang. Pour ceux que tu as fait souffrir, tu souffriras à ton tour.
Alors elle comprend.
Plus que personne d’autre d’ailleurs.
Elle aussi fut jadis confrontée à un choix similaire.
Et elle a choisit la même solution que le garçon aujourd’hui.
Vous voyez... Leur relation se dégradé depuis ce jour. Mon amie ne sait pas ou elle en est. Ca me tord le cœur de le dire, mais elle pleure. Beaucoup trop d’ailleurs. Que ce soit chez elle, ou même durant ses examens, les crises de larmes la submergent, ravageant son cœur et son esprit. Je ne l’ai, personnellement, jamais vu ainsi. Comme je vous l’ai dit, elle est forte, on la dit forte, et elle a toujours préservé les apparences. Pour ne pas décevoir. Mais pas cette fois. Pourquoi me direz-vous ?
Je vous dirai qu’ils se sont aimés très fort, trop fort. Beaucoup trop.
Ils étaient naïfs, nous l’avons déjà dit.
Lui a fait des sacrifices pour elle, des sacrifices qu’il n’aurait peut être pas fait pour une autre.
Elle… et bien elle lui a donné une chose précieuse qu’elle n’avait jamais offert à quiconque… Elle lui a donné son cœur. Sans condition, sans aucune honte, sans rien cacher ou garder pour elle.
C’est une horreur à l’eau de rose n’est ce pas ? Et pourtant, c’est tellement vrai, tellement ce qu’il s’est passé.
Elle l'aime toujours. C'est un fait. Un fait dont elle ne comprend l'ampleur que maintenant qu'elle l'a perdu. Elle sait qu'elle ne tentera plus rien avec lui. Elle n’en a absolument plus le droit. Elle se montre distante, elle estime ne plus avoir le droit de lui dire ses mots que son esprit hurle.
Ces mots qui n’ont jamais eut plus de sens que lorsqu’ils lui sont adressés.
Quant à lui... Et bien... Il est glacial. A la hauteur de mon amie, je vous dirai.
Il soigne ses blessures loin d'elle. Il l'oublie. Ou du moins le tente. Il ne se comporte ni en ce qu'il a vaguement été, disons le, son amoureux (
du terme à la con), ni en ami.
Est-elle encore quelque chose pour lui ? Sans doute. Mais ni lui, ni elle ne le diront. Ca fait bien trop mal.
Vous savez, si vous lui posiez une question à ce sujet, il vous dirait qu'il a ses examens, qu'il est occupé, qu’il ne veut pas se préoccuper de cela, qu'il a besoin de réfléchir... Et lui, comme elle, comme moi et vous, saura que ces paroles sont tout aussi creuses que celles, plus douces, qu'il prononça en d'autres temps.
Vous me demandez la vérité ?
La vérité c'est qu'il se sent trahit.
Au plus profond de lui même, il lui en veut.
Il sait que c'est irraisonné, que ce n'est pas de sa faute à elle. Qu'elle peut changer. Voire, qu’elle le fera sans doute pour lui.
Et ça lui tort le cœur, ça déforme l'innocent, mais virulent, sentiment qu'il avait en une colère froide. La félicité et la tranquillité que peuvent apporter l’amour ont déjà fait place à des sentiments plus sombres.
Oh, il l’aime encore. Je n’en doute même pas, mais il n’arrive même plus à y croire. Il sait qu'il la blesse, parce qu'il la connait mieux que personne, mais lui même est meurtrie. Pas besoin d'être devin pour savoir qu'il songe chaque seconde à lui dire "je m'en branle de cette histoire, je t'aime." et que la seconde suivante, il y a cette part de lui même qu'il apprend à détester qui lui dit invariablement "elle t'a trahit, elle t'a mentit, tu ne peux pas.". L’esprit humain est facile à terrifier.
Le pire dans toute cette histoire c'est que mon amie est prête à changer du tout au tout pout lui, mais ca ne se fera pas en un jour. Malheureusement.
Sinon, croyez-le bien, elle l’aurait déjà fait.
Et lui... Ah je vous l'ai déjà dit, le pire est qu’une partie de lui est prêt à l'accepter comme elle est. Parce que même son apparence n'altère pas le fait qu'elle est et restera, probablement pour longtemps encore, cette putain de boule de feu au milieu des ténèbres que sont la vie. Cette petite flamme qui lui a tant plu.
Et c'est pour ca, uniquement pour ca, parce qu'égoïstement, l'un comme l'autre ils veulent y croire sans trop le faire, qu'ils se font très mal.
Elle ne le laissera pas partir, pas ainsi, pas sans avoir tenté TOUT ce qui est en son pouvoir, mon amie est ainsi. Je vous l’ai dit, elle est le feu, et a-t-on déjà entendu parler d’un feu qui s’arrête de lui-même ? Non. Moi je sais ou cela la mènera, sur des routes qu’elle s’est prise à aimer éviter, celui des excès. Elle est excessive en tout, et je l’ai déjà vu soulever des montagnes pour consoler un simple chagrin.
Alors imaginez quand c’est la source de son propre bonheur … ?
Et lui, est-il prêt à la laisser partir ? Je vous dirai que oui, mais je crains que ce ne soit mentir. En d’autres temps, quant ils avaient des problèmes d’un autre ordre, mon amie m’a parlé de l’un des défauts de ce garçon. Un défaut qui fait tout son charme aux yeux de mon amie, je vous le dis.
Il est égoïste. Horriblement, et terriblement égoïste.
Et parce que c’est elle, parce que leurs sentiments sont encore trop vifs, il ne la laissera probablement pas s’en aller. Et encore moins s’il sait qu’elle est prête à tout pour lui. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle sera à ses cotés. Quand je vous disais qu’il était égoïste.
Sont-ils fous ? Sans aucun doute.
Ah, la vie est cruelle, croyez le. Le temps. Ils ont besoin de temps, l'un comme l'autre. Pour s’accepter tels qu’ils sont, pour changer ce qu’ils sont. Et c'est pourtant ce même temps qui menace de faire basculer amour en haine. Je ne crois pas que cela soit volontaire, même si rien n’est possible entre eux, je sais qu’ils veulent rester amis. Sachez le, ils ont trompé leur solitude l’espace d’un battement de cils, ça ne s’oublie pas si simplement.
Qu'arrivera-t-il, que leur réserve l’avenir ? Je n'en sais rien.
Brulera, brulera pas.
Allez savoir. Certains, au courant de l'histoire, pensent que la fille a ses chances, d'autres sont réalistes, donc un peu plus sceptiques. Chacun aura son idée. Elle pense qu'ils auront "leur" moment. Et que ca finira ainsi.
Et pourtant, une part d'elle croit, pense, sait qu'il y a quelque chose à construire. Elle ne sait pas si ça aurait été sérieux ou sans prise de tète.
Elle sait juste qu'il y a quelque chose.
Mais mon amie, maladroite qu’elle est, ne sait pas quoi faire, pas quoi dire pour le garder… le reconquérir en fait. Il a été trop déçu pour concevoir qu’il l’aime encore comme avant. Et puis, probablement qu'il n'y a rien à faire d'ailleurs. Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien, et peut être faudra-t-il qu’elle accepte que pour la première fois de sa vie, la réalité ne prendra pas la forme qu’elle lui donnera.
Voilà pour moi, et ce que j’en pense.
Le message restera probablement lettre morte, car il serait invraisemblable que le garçon tombe dessus. J’aimerai. Pour qu’il comprenne que mon amie l’aime. Qu’il a changé quelque chose en elle, en profondeur.
Oh, cela ne changera probablement rien. Parce qu’il le sait, parce que ça l’agacera encore plus qu’il ne l’est maintenant. Et peut être bien que cela allumera les feux de la colère en lui. Après tout, elle déballe leur vie privée à quelqu’un comme moi, qui n’hésite même pas à poster cela sur un forum public.
Mais figurez-vous que si elle s’est adressée à moi, Ryu, c’est bien qu’elle n’a plus aucune solution pour se faire entendre.
Alors j’espère, pour elle.
Parce que la revoir sourire, pour de vrai, fut un moment génial.
Et parce que la voir souffrir ainsi m’apparaît chaque seconde plus injuste.