Voilà ma belle dictée que je vais écrire sur une feuille en français.
Point de suspense cette fois-ci, voici la réponse tout de go: c'est à cause du Moyen-Âge -ou plutôt de la paranoïa qui règne à cette époque-. En ces temps barbares, il était courant en effet de tenter d'empoisonner ses ennemis. Les banquets, les repas, les fêtes, même un verre entre 'amis' étaient donc des moments dangereux où chacun pouvait être victime d'empoisonnement.
Afin de se prouver mutuellement leurs bonnes intentions, l'habitude fut prise de se verser une petite quantité de liquide d'un verre dans l'autre et vice-versa. Les convives remuaient ensuite leur liquide puis buvaient en même temps une gorgée tout en se fixant du regard. Le buveur stressé ou détournant le regard était ainsi reconnu comme traître et soupçonné de tentative d'empoisonnement.
Plus tard, ce mélange des boissons devint 'trinquer'. Comme le versement ostensible d'une boisson dans une autre est preuve d'un fort soupçon et donc témoigne d'un manque de politesse et de considération à l'égard de son hôte, le geste fut transformé en celui d'entrechoquer les coupes. Remplies à ras-bord, les verres étaient alors cognés suffisamment fort pour que du liquide tombe dans celui du voisin. Se regarder dans les yeux et trinquer perdura, devenant une simple tradition et une marque de convivialité.
Quelques petits bonus culture générale:
- Le verbe 'trinquer' vient de l'allemand 'trinken' signifiant boire.
- En Europe, il est d'usage de trinquer selon l'alcool du pays: vin, bière, vodka... Dans les pays musulmans on préfèrera le thé, voir le café.
- L'expression Tchin' Tchin' proviendrait du bruit que feraient les coupes de métal en s'entrechoquant. Tchin' Tchin' car les plus soupçonneux trinquent deux fois.
Le bonus des bonus:
La poignée de main lorsque l'on se rencontre à la même origine. Toujours du fait de la paranoïa ambiante du Moyen-Âge, il fut pris l'habitude de se serrer la main droite en se rencontrant. Lors cet acte, les deux protagonistes s'avancent l'un vers l'autre la main droite tendue ouverte, prouvant ainsi qu'elle ne tient pas une dague ou un couteau pour poignarder son voisin. C'est la main droite qui fut choisie pour cette pratique car la majorité du peuple étant droitier, elle est la main de prédilection du maniement des armes.