La seule chose qu´on peut dire est que le personnage de Kratos est clairement défini comme un être abject qui n´a jamais vécu que pour lui-même sans rien attendre des autres. Il est donc très intéressant de diriger un tel héros, d´autant qu´au fur et à mesure de l´aventure on se plaît à le huer pour son absence de moralité, sa perversité, sa soif de sang et son désintéressement total pour la misère humaine. Une scène illustre d´ailleurs très bien la mentalité de Kratos qui doit à un moment dénicher une clé pour pouvoir poursuivre son périple. Après bien des batailles il la trouvera accrochée au cou d´un ancien compagnon bien mal en point qui le remerciera d´être venu à son secours. La scène pourrait être banale sauf que l´issue de cette dernière est d´une grande froideur, Kratos s´emparant de ladite clé mais laissant pourrir son vieux compagnon d´armes dans les entrailles d´un monstre. Aucun remord, aucun regard en arrière, le ton est donné d´autant que ce passage se situe au tout début du jeu, bien qu´il trouve un écho à la fin de l´aventure d´une façon tout aussi perverse et jouissive. Par la suite, de multiples flashbacks nous apprendront un peu plus sur le passé de Kratos, sur son statut, sur ses relations avec Ares mais chut.