Bon je ressort un article de decembre que je ne vous avait encore pas fait partage!
La playstation 2 ou le syndrome Nintendo 64
La Playstation 2 ne serait-elle pas en train de suivre le sort soit-disant funeste que connaît la Nintendo64 ? Ne serait-elle pas le reflet d´une erreur stratégique qui se répète depuis la Nintendo 64?
A leur sortie respective au Japon, la Nintendo64, autant que la Playstation 2, sont deux merveilles technologiques, du moins d´un point de vue conventionnel, qui remportent, à travers le pays, un succès historique suscitant des files d´attente encore sans précédentes. Le 23 juin 1996, date à laquelle est lancée la nintendo64, 260.000 japonais se ruent dessus : du jamais vu qui laisse présager le meilleur pour cette console et pour Nintendo qui est habitué a ce succès depuis le triomphe mondiale de la GameBoy et de ses consoles de salon.
Mais, c´était sans compter la lassitude qui aura vite fait de gagner les joueurs japonais. Malgré des chefs d´oeuvres tels que Mario 64 ou Mario kart, les possesseurs de la nouvelle console de Nintendo commencent sérieusement à s´ennuyer face au manque cruel de jeux, contrastant avec l´époque Super Nintendo. Ainsi, les joueurs japonais qui n´avaient pas encore acheté la console mais qui en avaient néanmoins l´intention commencent de plus en plus a hésiter quant au bon sens de l´acquisition d´une Nintendo64 d´autant plus quand on se réfère a la pauvreté de la liste de sorties de jeux qui se voit, en outre, privé d´un de ses fers de lance les plus redoutables que la console aurait dut avoir : Final Fantasy 7.
De manière générale, les ventes de Nintendo64 ont chuté, ce qui a éloigné de nombreux développeurs. Un tendance qui avait déjà commencé avec la sortie de la Playstation censée offrir aux développeurs, fatigués des contraintes imposées par Nintendo, en même temps d´une plus grande liberté céeative, des possibilités de rentabilité supérieure compte tenu les faibles royalités demandé par Sony et le caractère bon marche du support CD. Nombreux ont été les développeurs à y trouver un intérêt longtemps convoité dans le secret et la clandestinité, ne serait-ce que pour prendre leur revanche sur les pratiques égocentriques de Nintendo, au temps où le marché du jeu video s´exerçait encore sous son monopole.
Il faut aussi ajouter à ce bilan la difficulté de programmer sur une console dont on attendait beaucoup contre la facilité de developper sur une console aux possibilités plus que limitées, et qui finalement se révéla être le support de développement idéal dans la mesure où les attentes des joueurs japonais, en ce qui concernaient les nouvelles consoles, se situaient moins dans les possibilités techniques et innovantes des jeux qu´elle pouvait offrir que dans leur intérêt même. En fait, le joueur japonais ne demandait pas plus qu´une évolution de la Super Nintendo. Or, la Playstation s´en rapproche accidentellement plus que la Nintendo 64 qui, ayant joué le jeu de l´innovation, s´est illustrée plus comme un enfer de programmation pour tout les petits développeurs de RPG et autres dont raffolent les japonais que comme la digne héritière de la Super Nintendo.
Aujourd hui peut-on parler du même phénomène pour la Playstation 2 ? Après un lancement réussi, la PS2 a vite atteint un point de rupture inquiétant puisqu´en une semaine ,en novembre 2000, seulement 3500 consoles ont trouvé acheteurs au Japon. De plus, elle semble être plus achetée pour sa fonctionnalité de lecture de DVD que pour jouer, et donc que pour ses jeux. Pire, aucun bon jeu digne de ce nom n´est sortit, contrairement à la Nintendo64 qui fut supportée par Mario 64 dès son lancement, ce qui révèle les difficultés de programmation que les éditeurs rencontrent aujourd´hui sur cette console. Difficultés qu´ils avaient paradoxalement fui en privilégiant le développement sur Playstation à celui sur Nintendo64 . Ironie du sort, la PS2 intègre un processeur de la même famille que celui de la Nintendo 64.
Un peu comme pour la Nintendo64, les japonais attendent les bons jeux mais ceux-ci n´arrivent pas. Au contraire, ils ont tendance à déserter la console de Sony tant sa programmation s´impose difficile comme le montre le cas de Munch l´Odyssée. Enix, sans doute l´éditeur tiers le plus important pour les constructeurs de consoles au japon, préfère quant à lui attendre voir l´évolution du jeu vidéo avant d´annoncer un ou plusieurs supports a son jeu mythique : Dragon Quest. En effet, ils sont conscients qu´un certain Pokemon peut faire de la Game Cube la console leader et puissante que recherchent encore les développeurs. Certes, Metal Gear pourrait faire reprendre des couleurs à Sony, encore faut-il que la console puisse techniquement accueillir ce jeu dans de bonnes conditions, car Hideo Kojima, son créateur, ne fait que se plaindre au sujet des performances de la console. D´ailleurs le jeu et d´ores et déjà prévu chez la concurrence. Ceci-dit, Metal Gear ne suffira pas à faire décoller les ventes de Playstation 2, dans la mesure où il n´a pas la même aura que peut avoir un Final Fantasy ou un Dragon Quest, au japon, c´est-a-dire, l´âme d´un killer apps.
La Playstation 2 cumule donc les défauts. Difficile à programmer, d´une part, elle se révèle surtout très onéreuse, d´autre part, en ce qui concerne le développement d´un jeu. Ainsi, les plus gros éditeurs de jeux vidéo annoncent leur intention d´orientation multi-plateforme pour le développement de leurs jeux. Après que Capcom, Konami, Temco, Nanco et même Sega aient plus ou moins annoncé cette intention, on peut s´attendre sans trop de surprise que Square et Enix fassent de même. L´hégémonie de Sony prend donc déjà fin alors que Nintendo rêve déjà de reprendre ses parts de marchés en mettant au point une stratégie de long terme qui a déjà fait le succès des Pokemon. La X-box fait également beaucoup parler d´elle, et Microsoft, conscient de la force de leur vision, reproduit la stratégie de Nintendo en achetant des studios de développement afin d´avoir des jeux de qualité exclusifs à la console. Sony peut-il quant à lui apporter une qualité propre a sa console ? Dépassé par l´enjeu, au mieux c´est un Gran Turismo 3 qui en fera l´exclusivité, un jeu dont le concept inchangé depuis sa première monture commence tout de même à vieillir, tandis que Nintendo impressionne déjà avec des jeux comme Zelda ou Mario, dont les innovations que chacun renfermeront en eux-mêmes seront une fois de plus pillées par tout les developpeurs en mal d´idées.
Le succès de la Playstation n´est-il alors qu´un bon ou mauvais concours de circonstances? Si Nintendo avait pris Sony plus au sérieux, serait-il toujours concurrencé ? Sony aura au moins eu la particularité de reproduire les péripéties de Nintendo. D´abord, en lançant sur le marché une console assez proche de la Super-Nintendo, puis une autre plus largement inspiré de la Nintendo 64. Dommage que Sony ne se soit pas rendu compte que Nintendo n´était ni particulièrement fier ni nécessairement honteux de ce demi-echec semi-succès qui semble aujourd´hui être le destin de la Playstation 2