On distingue la magie blanche, qui agit par des moyens inconnus du vulgaire et la magie noire, qui est censée opérer des effets surnaturels à l´aide des démons. Il ne s´agira ici que de cette dernière.
Primitivement la magie était la religion des " mages", c´est-à-dire les prêtres de la religion des anciens Perses, après ceux de la Babylone antique en Assyrie. Au XVIIe siècle encore, chez nous, les mages incarnaient une sagesse exotique pressentant l´avènement d´une religion nouvelle : " Qu´était-ce que les mages dont nous honorons la mémoire ? C´étaient les sages de la gentilité " , dit le prédicateur Bourdaloue dans les Mystères de l´Épiphanie. Le mage qui était dépourvu de savoir était un charlatan.
Ensuite le mot " mage" a fait place au mot " magicien". Cependant Corneille encore 1 écrit : " Ce mage qui d´un mot renverse la nature / N´a choisi pour palais que cette grotte obscure. "
Les mots " sorcellerie" ( mot fabriqué sur l´ancien verbe " sorceler", et anciennement " sorcerie"), et " sorcier" viennent du bas-latin sortiarius, issu lui-même de sors, sortis. Le sorcier est celui qui jette un sort ou qui dit le sort. Contrairement au mot " magicien", le mot " sorcier" a toujours une connotation péjorative. Le sorcier, en effet, ne possède pas une science comme le magicien, il dispose seulement de recettes et la sorcière est l´opposé de la bonne fée. Sorcier et sorcière passent pour avoir fait un pacte avec le diable ou les dieux infernaux pour opérer des maléfices ; ils vont aussi, dit-on, à des assemblées nocturnes appelées " sabbats" ; mais ce dernier détail ne concerne pas l´époque antique.
En parlant de magie ou de sorcellerie ( les deux concepts, au total, interfèrent), nous laisserons de côté les phénomènes de possession ou d´extase qui relèvent du chamanisme ( phénomène religieux de Sibérie et d´Asie cntrale). Des personnages comme Cassandre, d´une part, Oreste et Héraklès dans leur crise de folie d´autre part, pourraient être considérés comme des " chamans".