Pour ceux qui étaient présent hier soir, j´ai fais chier ce forum avec mon devoir de Philo . ..et bien je continue mon délire je vous présente mon devoir ! !!! (presque fini . ..manque quelques trucs . ...)
DEVOIR DE PHILOSOPHIE
Que faut-il croire des mythes ?
La création d’un monde à partir du néant ou d’un gigantesque cadavre, un élément ramené du domaine des Dieux, une personne adulée pour sa musique, un héros qui triomphe d’épreuves divines, une créature créée par la science, l’apocalypse qui doit purger la terre… Mais qu’est ce qu’un mythe ?
Le terme " mythe " ne désigne pas n’importe quel récit fabuleux, mais un récit tenu pour vrai, chargé de symboles, qui raconte soit l´origine du monde, des dieux, la création des animaux, des hommes, soit l´origine des traditions, des rites, soit certaines formes de l´activité humaine ; tout cela en apparence non conditionné par un discours rationnel ou une logique de pensée scientifique.
La question du mythe constitue l’un des problèmes les plus complexes de l’anthropologie. Dès l’origine, le mythe soulève maints problèmes de sens et d’interprétations, de controverses quant à sa valeur et son statut. En raison de ce " chaos théorique ", Cl. Lévi-Strauss explique : " Certains prétendent que chaque société exprime dans ses mythes, des sentiments fondamentaux tels que l’amour, la haine ou la vengeance, qui sont communs à l’humanité tout entière. Pour d’autres, les mythes constituent des tentatives d’explication de phénomènes difficilement compréhensibles ; astronomiques, météorologiques, etc ". Relation d’évènements situés dans un temps antérieur à l’histoire des hommes, récit mettant en scène des êtres et des processus surnaturels, le mythe est aussi lié, à maints égards, à la religion. Touchant à tant de sphère de l’humanité, on est en droit de se poser une réelle question : pourquoi le mythe ?
Ancien (mythes d’Orphée, d’Œdipe, de Prométhée), " moderne " (Don Juan, Don Quichotte, Napoléon, Elvis Presley, Marylin Monroe), le mythe prend sa place dans une identification des valeurs fondamentales d’une société ou d’une nation par une fonction à la fois symbolique et explicative.
Comment expliquer le monde dans lequel nous vivons ? comment comprendre que nous puissions vivre dans un environnement commun ?
Sans le mythe cosmogonique, qui décrit la naissance de l’Univers, sans avoir recours à cette représentation, à cette construction de son esprit, comment l’Homme peut-il se donner raison de vivre ? Le mythe cosmogonique éclaire cet aspect de la vie !
Généralement le mythe cosmogonique est le plus important dans une culture, il sert de modèle et de base à tous les autres mythes. Prenons en exemple un récit mythique tiré de la Bible qui raconte la création de l’Univers à partir de rien : la Genèse. La Genèse explique la création à partir du moment où " Dieu créa le ciel et la terre " (comme dans la plupart des cas, le Créateur est tout-puissant et devient le centre de la vie religieuse). Cette histoire du commencement du monde s’enchaîne sur la création de l’humanité avec le premier homme et la première femme : Adam et Ève, le couple primordial dont nous serions tous les enfants. Dans les mythes grecs, la création du monde est évoqué sous la forme d’accouplements divers entre des Dieux qui donnent naissance à d’autres Dieux responsables de diverses fonctions liées à l’activité humaine. Le mythe cosmogonique est le reflet de notre incompréhension face au mystère de la vie.
Et ne pourrions-nous voir dans le mythe de Frankenstein un dérivé du mythe cosmogonique, développant un phantasme de l’Homme : la création de la vie ! L’Homme prenant alors la fonction du Dieu Créateur en tentant d’établir une explication scientifique à sa peur de l’inexpliqué.
L’Homme qui ne sait pas tout utilise une explication irrationnelle pour prendre en charge ce qui lui est incompréhensible que ce soit pour le mythe de la création ou celui de la mort. En effet, la mort provoque également chez l’homme peur, angoisse et incompréhension. Pourquoi vivre si ce n’est pour mourir ? C’est ici qu’intervient la création du mythe eschatologique.
Le mythe eschatologique décrit la fin du monde et le destin de l’individu après la mort. La description de la fin du monde, cataclysme final, conflagration universelle ou ultime bataille des dieux du bien et du mal, est présente dans l’ensemble des mythologies. Ici aussi on peut ressortir un exemple tiré de la Bible, c’est celui du Jugement Dernier où chaque individu devra, à sa mort, se présenter devant Dieu.
Enracinée dans la condition humaine, la question du destin posthume est au cœur de nombreux mythes. Les uns, et généralement les plus anciens et liés à la religion, envisagent une prolongation de l’existence dans l’au-delà, mais sans possibilité de retour : réduites à des ombres ou à des doubles, les créatures errent éternellement dans un au-delà considéré comme une récompense. Le mythe prend alors une fonction moralisatrice.
En contrepartie, ils existent de nombreux mythes que l’on qualifie aujourd’hui de fantastique, ce sont ceux des fantômes et des vampires. Ces créatures représentent des formes de vie ayant affrontées la mort, qui auraient outrepassé les lois de la nature et qui ne seraient donc pas allées dans l’au-delà, ou alors dans un au-delà " contraire ", l’enfer ou ses équivalents (ces formes d’existences étant par essence associées au mal). C’est une illustration par le mythe de la dualité entre le bien et le mal.
Cette peur de la mort, de l’inconnu a inexorablement conduit à l’hypothèse d’une solution pour contrer le fatalisme d’une fin totale. Et c’est généralement dans les religions que l’on peut trouver les mythes de la naissance et de la renaissance.
Habituellement liés à l’initiation rituelle, les mythes de la naissance et de la renaissance disent comment la vie peut être renouvelée, le temps inversé ou les humains transmués en de nouveaux êtres. C’est une sorte de mythe sur les cycles de l’humanité. Dans les mythes sur l’avènement d’une société idéale (mythes millénaristes) ou celui d’un sauveur (mythes messianiques), les thèmes eschatologiques sont combinés aux thèmes de la naissance et de la renaissance. Les mythes millénaristes et messianiques sont présents dans les cultures tribales d’Afrique, d’Amérique du Sud et de Mélanésie, aussi bien que dans le judaïsme, le christianisme et l’islam.
Faces à ces mythes " premiers ", il existe des mythes qui sont consacrés à des êtres qui, par leurs actions, leurs artifices ou leurs découvertes, sont élevés au rang de héros, tels, Prométhée, qui dérobe le feu aux dieux, le forgeron Dogon qui vole des graines dans le grenier des dieux et les donne à la communauté, ou Hainuwele, en Indonésie, qui, par les orifices de son corps, livre profusion des biens aux hommes. Ces mythes répondent aux besoins de l’homme d’aspirer à une quête d’identité et une valorisation de son existence. C’est à la fois un rapprochement et un éloignement de l’homme du monde divin, un besoin d’affirmer son indépendance en devenant un demi-dieu lui-même. Ils révèlent des préoccupations intérieures devant la souffrance, la maladie, la mort. Ils manifestent également l’attrait des hommes pour le surnaturel, le merveilleux.
Souvent lié aux mythes du héros culturel, et sans doute le moins connu et le moins utilisé, est le mythe de fondation.
Depuis l’apparition des premières cités, entre le IVe et le IIIe millénaire av. J.-C., des mythes racontent la fondation des certaines d’entre elles. L’Épopée de Gilgamesh à Babylone, ou le mythe de Romulus et Remus à Rome sont des mythes de fondation.
Aujourd’hui, le mythe a sans doute perdu de sa valeur au profit de la rationalité de la science, mais il existe à présent un autre genre de mythe qui s’est amplifié, c’est le mythe du héros " social ". Il répond à un besoin d’identification, à travers la divinisation des vertus ou des qualités d’un être humain. C’est un désir reporté de gloire, d’amour, de puissance devant une nature hostile. C’est aussi un retour à une forme de mythologie par la création de nouveaux " héros ". Elvis Presley, Marylin Monroe, Gandhi, sont des exemples parmi d’autres.
Que faut-il croire des mythes ? Faut-il distinguer la part du vrai et du faux dans les mythes ? La réalité doit-elle prendre le pas sur l’imaginaire et la croyance ou inversement ? Doit-on croire les mythes ? Est-il possible et nécessaire d’établir une hiérarchie, un système de valeur dans les mythes selon leurs importances, leurs qualités d’enseignement, leurs forces d’évasion…?
Comme j’ai essayé de le démontrer, le mythe apparaît comme l’expression d’une pensée symbolique, en relation avec la totalité du psychisme humain, l’histoire, et les préoccupations communes des hommes : " Tout l’humain est engagé dans le mythe " (G. Bachelard). L’Homme a besoin de croire qu’il n’est pas dépassé pas les évènements qui l’entourent, il doit se persuader qu’il domine la situation, il a besoin du mythe pour appréhender le réel. On pourrait donc envisager le mythe sous l’aspect d’un conditionnement de la pensée pour une aide à la vie, un effort intellectuel pour expliquer le monde, une étape dans l’évolution de la pensée humaine, allant de l’ignorance et de l’irrationnel vers le rationnel. Le mythe peut prendre valeur d’enseignement.
Alors vous en pensez quoi ?