Développeur : Evolution Studio
Distributeur : SCEE
WRC 2001 est certainement le jeu de rallye que nous attendons le plus sur PlayStation 2. Chaque mois Sony nous a fait parvenir des images du jeu mais jusqu´à présent, nous n´avions pas eu de version "jouable" entre les mains. C´est désormais chose faite, avec la beta du jeu qui ne reflète cependant qu´une partie non achevée du jeu.
Il est donc inutile de chercher à évaluer le jeu, le comportement de la voiture n´étant pas implémenté ou presque pas, il suffit de voir la voiture glisser comme une savonnette pour s´en rendre compte.
Mais le reste est réellement impressionnant. Que ce soit au niveau des décors ou du design des voitures, les développeurs ont fait preuve d´un bon goût, allié à un réalisme saisissant.
Seul sur la piste, votre copilote annonçant les obstacles du parcours, vous allez bientôt pouvoir participer à des courses endiablées dans de nombreuses régions du globe dont la Finlande, la Corse, San Remo, Monte Carlo, le Kenya, l´Australie, etc... Voir nos 3 vidéos de la version beta.
Un jeu qui tient toutes ses promesses ?
Commençons de suite par ce qui dérange… Vous avez sans doute pu lire que Martin Kenwright clamait l´année dernière que la largeur de la piste sur laquelle vous roulerez ne serait pas délimitée. Nous aurions donc pu sortir du parcours officiel pour partir en petite ballade hors des sentiers battus… Il n´en est rien et nous nous retrouvons toujours bloqué par un rail qui délimite le chemin à suivre comme dans la majorité des simulations de rallye. Malgré cela la délimitation est dans la plupart des cas justifiée. Il est en effet très légitime de rencontrer des barrières naturelles délimitant les cotés de la route comme des murets, crevasses ou falaises qui auraient stoppés net une voiture dans la réalité. Cependant il est quand même difficile de supporter les ´´recentrages automatiques dans la bonne direction´´ ou les ´´retours à la piste intempestifs´´ que votre voiture subit lorsque vous déviez de quelques mètres de votre route. Martin Kenwright n´a pas ´´exploité´´ son idée qui n´aurait pas forcement donné un véritable ´´plus´´ à son jeu… mais on ne doit pas tomber dans les extrêmes du schéma inverse qui n´autorisent pas de petites déviations à quelques mètres des pistes… Espérons que l´équipe de développement saura trouver un juste milieu dans la version définitive.
Et mode rallye de GT3 ?
Il est difficile de rapprocher le mode rallye de GT3 à WRC 2001 même si la comparaison est tentante. Techniquement les jeux sont déjà très éloignés. En effet Gran Turismo 3 propose des circuits en boucle tandis que World Rally Championship propose des kilomètres de pistes que vous ne traverserez qu´une seule fois dans une course. Un détail important qui est sans aucun doute au bénéfice de la qualité graphique de GT3.
WRC utilise un moteur 3D à base de textures procédurales générées par des formules mathématiques et non des images. Cela permet ainsi d´afficher plus de textures différentes dans un environnement plus important et plus vaste. Vous aurez rarement l´impression de repasser au même endroit et les répétitions de textures se font bien rares.
Cette technique apporte également des avantages au niveau de la distance d´affichage, l´espacement séparant votre voiture et la ligne d´horizon est réellement spectaculaire, on aperçoit la route à des kilomètres et ceci de tous les cotés de votre voiture.
Techniquement convaincant ?
Aucun ralentissement n´est à déplorer, le jeu tourne, à ce stade de son développement, constamment à 60 images par seconde. L´impression de vitesse est excellente surtout lorsque vous sélectionnez la vue à la première personne où la caméra est placée juste à quelques dizaines de centimètres du sol.
Au total on compte 5 vues dont une qui vous place réellement dans la peau du pilote, bien que difficile à jouer (le regard est toujours fixé au centre de la route, donc en décalage avec votre voiture dans les tournants) vous ressentirez tous les mouvements de sa tête ballottée par les secousses subies par la voiture.
La vue intérieure la plus agréable est sans conteste celle ou la caméra est positionnée au centre de la voiture, entre la tête du pilote et du copilote. Une large vue panoramique du tableau de bord s´offre à vous ainsi que la route à travers le par brise. Encore faut-il que celui si soit propre et non brisé pour conduire dans des conditions optimales… mais d´un autre coté, que c´est fun de pouvoir conduire avec une voiture toute déglinguée ;)
La modélisation de la carrosserie est très correcte. Encore à titre de comparaison, les voitures de rallye de GT3 bien que non-déformables sont plus convaincantes que celles du jeu d´Evolution Studio. Ici il faut se contenter de reflets bien moins réalistes, et de carrosseries légèrement plus "grossières".
VrooOOM !
En ce qui concerne les bruitages et les sons, on constate bien que Martin Kenwright et son équipe se sont personnellement déplacés sur de vraies courses pour aller enregistrer les vrombissements de moteurs tant ceux ci sont criants de vérité. Dommage que le volume de ces derniers soit assez faible, mais nul doute qu´une option permettra de l´augmenter dans la version finale. A chaque vue l´acoustique est différente, vous entendrez par exemple bien mieux le turbo de la Subaru Impreza quand vous jouerez avec une vue à l´intérieur du cockpit mais vous entendrez moins bien les petits ´´pets´´ du pot d´échappement que si vous étiez à l´extérieur, derrière la voiture. Les musiques accompagnant la voix du copilote collent parfaitement au rythme du jeu avec des morceaux d´un style proche de la techno.
La version définitive
Enfin et c´est le plus important, le comportement de la voiture devrait être dans la version finale hyper-réaliste. Et de ça dépendra tout l´intérêt du jeu, parce que dans l´état actuel des choses ça vaut 5/10, pas plus....
Cette version beta nous propose une jouabilité qui est encore loin de ce que l´on avait obtenu avec le modèle physique de la série des Colin Mc Rae ou plus dernièrement avec le rallye de Gran Turismo 3, le comportement des véhicules souffre d´une impression de glissement permanent qui ne rend pas du tout les sensations de courses crédibles. Le seul point positif dans ce secteur est l´accent mis sur la recherche d´adhérence. A chaque virage, il est primordial de ré-accélérer pour reprendre de l´adhérence, comme en réalité.
Les quelques défauts, certes importants, de cette version auront sans doute disparu d´ici à la commercialisation du jeu. Les autres éléments de WRC 2001 sont là pour en témoigner… et il est rare que le médiocre et l´excellent se côtoient dans un jeu qui aura demandé plusieurs années de développement. Déjà servi par un graphisme impeccable, une modélisation réaliste des décors et par une animation sans faille, vous aurez tôt fait de vous immerger complètement dans les paysages immenses de WRC 2001.
Manu