Approche-toi de moi, voilà.
Que je te serre dans mes bras.
Au fond de toi tu es perdue.
Et oui, ta larme, je l’ai vue.
Tout, autour de nous, se tari.
Ici, là-bas. Plus rien ne vit.
Mais, ma douce, il faut me croire.
Dorénavant, la vie est noire.
Ici, l’âme n’a plus ses sens.
Bien inutile est ton encens.
Sur une montagne de sable
Nous regarde encore le diable.
Je te garde depuis longtemps
Avec ma cape, te protégeant.
Le temps passe à une vitesse
Suffocante pour l’allégresse.
Une seule arme nous défend ;
Ce sont les pleurs transcendants
Qui vident par à-coups nos âmes
Pour tous les démons qui s’affament.
Ici, l’âme n’a plus ses sens.
Bien inutile est ton encens.
Sur une montagne de sable
Nous regarde encore le diable.
Je le vois bien, que tu faiblis.
Repose-toi sur ces débris.
Un lit certes bien pitoyable,
Mais il y a plus effroyable.
Je ne vois que la destruction,
Et je vois tes nombreux frissons.
Le ciel est bleu. Que c’est bien morne.
Je peux apercevoir ses cornes…
Ici, l’âme n’a plus ses sens.
Bien inutile est ton encens.
Sur une montagne de sable
Nous regarde encore le diable.
Ta vie finie, je dois partir,
Te laisser, te laisser mourir.
Ne crois-tu pas que je regrette ?
Ce sont bien des peurs secrètes.
Je ne veux plus jamais parler.
La solitude va gagner.
Damnation sur toute la terre.
Les autres meurent dans leurs serres.
Ici, l’âme n’a plus ses sens.
Bien inutile est ton encens.
Sur une montagne de sable
Nous regarde encore le diable.
Les ténèbres m’ont envahi.
Jamais je ne les vis ainsi :
Rongés et ralliés par la rage.
Je ne me sentais pas en cage.
Je me sentais être des leurs.
Plus de peurs. Je devins la Peur.
Le monde est mort de la vie,
Je ris de lui. Plus de survie.
Ici, l’âme n’a plus ses sens.
Bien inutile est ton encens.
Sur une montagne de terre,
J’ai sur vous mon regard de pierre.