Toute vérité doit elle être prouvée ?
Une chose qui se pose en vérité en ne correspondant à aucun critère de vérité n'est rien de plus qu'un dogme. Il faut donc prouver, autant que faire ce peu, nos vérités; mais la vérité peut elle être totalement prouvée ? C'est à dire être absolue: validée par l'univers à n'importe qu'elle époque et intacte dans toutes les situations envisageables ? Non. Il nous est impossible de valider une vérité car on ne peut la mettre à l'épreuve indéfiniment .L'histoire nous a montré qu'une vérité n'est que temporaire et qu'une vérité qui semblait – selon le sens commun – véridique, pourrait ensuite s'avérer fausse – toujours selon le sens commun; l'exemple d'Einstein et de sa théorie des cordes qui révolutionna la physique en est un exemple édifiant. Alors, si la vérité comporte toujours une part d'erreur, comment la différencier de l'erreur ? Qu'est ce que la vérité ? Y a t il une seul vérité ? Quels sont les critère de la (ou des) vérité(s) ?
Une loi physique est juste. Une psychanalyse correspond au profil du patient. Un tableau est beau. Une personne se conduit de la bonne façon. Dieu est paix et amour. Toute ces exemples sont des vérités, mais toutes ces vérités se valent t elle ? Ont t elle le même degré de vérité ? Les a t on prouvée de la même façon ? S'appliquent t elle de la même façon au monde réel ? Sont elles universelles ? Intemporelle ?
Il apparaît clairement que toutes ces vérités ne sont pas vraies selon les mêmes critères de vérité. Alors on peut distinguer différents types de vérité: les vérités dans : les sciences de la nature, les sciences humaines, l'art, la morale, la foi. Mais la vérité absolue n'existe pas, alors comment ces vérités se rapprochent de la vérité absolue ? Qu'est ce qui les sépare de la vérité absolue ?
Ce qui est propre à toute science c'est l'usage de la raison ( la capacité hypotheco-déductive et le principe de non-contradiction) et l'expérimentation des lois.
Les sciences de la nature (maths, physique, génétique...) se caractérisent par leur rigueur, les lois s'appliqueront sans exception possible. Elles peuvent aussi être mathématiser et formuler dans un langage spécifique ce qui les dépouillent de toute ambiguïté. Leur rapport au monde est direct et le résultat de ces expérimentation validera ou réfutera la thèse de façon claire et systématique, leur mathématisation implique un accord entre elles et consolide donc la démonstration. De plus, la clarté de leur langage facilite leur compréhension et rend flagrante toute erreur de raisonnement d'une thèse contradictoire. Toutes ces caractéristiques font que les sciences de la nature sont des sciences puissantes et fiable avec donc des vérités toutes aussi puissantes et fiables.
Cependant, pour valider une vérité scientifique, il est nécessaire d'utiliser des critères de vérité, mais ceux là doivent eux mêmes être validés par des critères de vérité, il s'agit donc une boucle sans fin et la seul solution que l'Homme a trouvé, c'est de partir d'axiome, de propositions évidentes mais indémontrables. C'est le paradoxe et la faiblesse de la science. L'expérimentation d'une science possède aussi ses limites: les possibilités infini d'expérience et les expériences à l'échelle non humaine ( l' infiniment petit (ce qu'il y a à l'intérieur des plus petites particules connues) et l' infiniment grand (ce qui dépasse notre galaxie).
Les sciences ont beau être rigoureuse et d'une universalité peu contestable, celle ci comportent néanmoins des limites dans leur théorisation comme dans leur expérimentation.
Les sciences humaines partent des principes universels de l'homme (ses instincts, les effets de la société a eu sur lui au cours de l'histoire, sa capacité à s'organiser en groupe) pour résoudre les déterminisme qui les guident. L'homme est guidé par des lois liés à ses expérience, ses réflexions, sont vécu : aucun homme ne choisit un métier sans raison, et même si il le fait sans raison valable, ce choix irréfléchi serait une conséquence de cause déterminable. Le hasard n'existe pas. Et si l'on imagine qu'une personne revienne dans le passé pour faire un choix, si les conditions seront les mêmes, le choix sera la mêmes. Comme une bille lâcher en l'air gardera la même trajectoire dans les mêmes conditions, une personne prendra toujours les mêmes décisions si on le soumet aux mêmes conditions. Alors peut on assimiler les règles sociologique, psychologique, historique à des règles mathématiques, physiques ou biologiques ?
Les sciences humaines, contrairement aux sciences de la nature, s'intéressent à l'intellect humain, à ce qu'il a d'unique, de mystérieux de non apparent. Alors, contrairement aux sciences exactes, elles ne disposent pas de tous les facteurs variables; on pourra mesurer précisément la température où la pression d'une zone, mais le cerveau humain est d'une complexité telle que l'on ne peut prétendre faire une liste exhaustive des facteurs variables chez l'homme : Q.I., phobies, désirs, etc... ou, pire, chez un groupe humain: intelligence, philosophie, haine, etc... Les résultats des expérimentations admettent alors des exceptions. Et la langue étant celle des Lettres, la logique d'un raisonnement est moins flagrante et ses contestations sont alors plus nombreuse. Les sciences humaines s'occupant d'un sujet de réflexion encore trop difficilement exploitable, la démonstration des thèses de cette science est moins rigoureuse, leur universalités rare et la constance dans l'accord entre la théorie et l'accord de l'expérimentation moins absolue.
Alors mêmes si l'homme n'agit pas selon un libre arbitre total et hasardeux, les vérités des sciences humaines sont donc moins pertinentes que celles des sciences de la nature.
L'art, si l'on entend par là la recherche de ce qui est beau, de ce qui est original, de faits fictifs qui illustreraient le message de l'œuvre, ne serait pas totalement subjectif et possèderait certains critères de vérité. Nos goûts se développent au cours de notre vie à force d'être en contact avec l'art; on reconnait une erreur technique, on reconnait les clichés des œuvres d'art, on reconnait ce qu'est un message peu subversif, on comprend ce qui rend une œuvre vivante et ce qui la tue. Un amateur d'art doit donc être capable de jauger, de comparer, de référencer, en clair, d'argumenter; il se base ainsi le principe de non-contradiction. Quant, aux artistes, on ne peut pas dire qu'ils se valent tous, le talent existe: «les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocre ne font que l'effleurer. Les mauvais la violent et l'abandonnent aux mouches» disait Ray Bradburry. Les amateurs comme les artistes cherchent donc à se rapprocher de l'essence de l'art: la réalité, l'originalité et la dimension intellectuelle. Et si il y a des critères de vérités dans l'art, alors il y a une recherche de vérité dans l'art.
Néanmoins, un art nous touche de façon personnelle grâce à: une histoire similaire à la notre, un personnage qui correspond à un idéal et modèle, un message qui va aborder un thème que l'on connait personnellement. L'appréciation de l'art ne peut donc pas être totalement objectif et deux œuvres de même qualités peuvent nous plaire de différentes façon grâce au rapport personnel que l'amateur entretien avec l'œuvre.
Alors même s'il reste présomptueux d'avancer que l'art est dans La vérité, on peut donc affirmer que l'art cherche à s'éloigner de l'erreur en se conformant à certains critère de qualité objective.
Selon socrate, la vérité est en chacun de nous et des questions et un questionnement approprié nous la révèle. Serait-on alors guider par des désirs communs ? Des peurs communes ? Des objectifs commun ?
Certes, une morale commune ne peut s'établir que grâce à l'usage de la dialectique. Mais un accord en dialectique morale nécessite des goûts, des valeurs, une philosophie commune; et ces valeurs ne s'acquièrent pas uniquement par la dialectique mais par des expérience; comment faire comprendre à un moine que le plus important dans la vie est le plaisir hédoniste ? Un accord morale ne peut donc s'établir qu'avec une personne moralement d'accord avec soit mais qui ne le sait pas encore; même si certains acquis sont rarement contestable (le crime, l'auto-mutilation, etc...). La vérité morale universelle n'existe pas, ceci s'explique en partie par le fait que la morale commune nécessite un accord entre des personnes beaucoup trop différentes: adeptes des dogmes et des préjugés et philosophes cultivés. Le seul moyen de rendre un groupe de personne moralement d'accord c'est de l'uniformiser, autant dans ses idéaux que dans ses activités. L'uniformisation, dans un soucis d'efficacité, s'appliquerait intensivement durant l'enfance des sujets; mais le résultats suivant l'objectif visée serait : soit l'abêtissement par les préjugés, soit le dépassement constant par la philosophie.
Une société moralement d'accord serait donc soit un paradis, soit un cauchemar. La preuve de la vérité morale ne se fait donc pas, elle est; et c'est généralement au cours de l'éducation que celle ci apparaît, d'où la difficulté que l'on rencontre à faire changer d'avis un adulte, même avec des preuves dialectiques de la vérité .
La question de l'existence divine a souvent divisé l'humanité. Mais qu'y a t il de vrai dans cette totale invention de l'homme ? Dans tout ce qu'à découvert l'homme, il n'y avait pas de trace de Dieu mais uniquement de la science. Alors où reste il une trace de la véritable existence de Dieu ? L'homme peut légitimement fantasmer sur l'existence de Dieu dans tout ce qui n'a pas encore été découvert. L'autre réalité liée à la religion est celle de la morale que celle ci transmet dans ses fables prônant paix, amour, et soumission. L'intérêt de la religion est alors réel.
Mais comment parler de vérité lorsqu'il s'agit de Dieu ? Comment parler de réalité à propos de quelque chose dont la seule apparition est conceptuelle ? Comment parler de critère de vérité lorsqu'on met notre raison de coté ? Comment parler d'objectivité lorsque notre vie et notre mort sont en cause ?
La vérité en religion peut donc être, au mieux, une vérité morale, ou sinon une simple supposition influencée par ses désirs; alors l'impact de la religion doit être prouvé de la même manière que la morale: par la dialectique.
Toute vérité ne peut donc pas être prouvé de la même manière et avec la même pertinence. Cependant des critères de vérité existent dans toutes les domaines de vérité pour nous éviter de sombrer dans un scepticisme constant et stérile.