Bioshock Infinite touche l'excellence en beaucoup de points, c'est au niveau de son scénario que j'ai des reproches à lui faire. L'histoire est d'une complexité rare, c'est une qualité audacieuse que je lui reconnais, le problème en revanche, c'est qu'elle n'invite pas à la re-jouabilité. En fait, c'est d'un niveau tellement haut qu'on se retrouve avec une histoire encore plus riche que dans un film, à la manière d'un Shutter Island. Jackpot ?
Je suis perplexe, car les codes sont différents quand il s'agit de Jeux-Vidéos, l'histoire doit toujours porter le joueur, l'amener à consommer le contenu jusqu'à plus soif. Dans Bioshock Infinite, j'ai réellement l'impression de regarder un film saisissant, d'être pris dans son ambiance et de vouloir, non pas jouer, mais connaître la suite de l'intrigue ! Et que fait on après la fin d'un film ? On rembobine ? Une fin réussie laisse souvent une grande émotion qu'il faut digérer longuement.
Mais un Jeu-Vidéo, doit-il faire de même, créer une chute aussi violente ? Je ne pense pas que je me replongerai dans Bioshock, car son intérêt ultime est son intrigue obsédante. L'action est certes irréprochable, mais MERDE, quelle frustration de voir nos personnages se débattre et découvrir des révélations qui n'ont plus aucun effet sur nous. L'ambiance en prend un coup, et là où l'écriture nous abandonne
Le meurtre de Dewitt/Comstock. Tuer le héros, celui que nous incarnons depuis des heures durant, c'est tuer le joueur et dire : C'est terminé.
Je m'étonne quand même du titre ! Je craignais que la fin fasse une grande boucle avec le tout début, comme pour dire que Booker est condamné à revivre indéfiniment ces événements, physiquement coincé dans l'espace-temps. Franchement, je suis tenté de dire que Bioshock Infinite est une histoire brillante, mais que c'est un Jeu frustrant, car il ne se finit qu'une seule fois. La plupart des jeux dotés d'une grande durée de vie pratique ce que j'appelle «l'Arcade», c'est à dire qu'il pousse le joueur à se replonger dans l'aventure. Que ce soit grâce à un score, grâce à des objets/armes/costumes cachés, des fins alternatives, une collection.
Je ne sais pas si cela aurait changé quoique ce soit dans Bioshock. Vous me direz qu'on peut regarder cent fois les très bons films, et vous auriez raison, cependant Bioshock n'est pas un film. Le fait est que nous incarnons le héros, les paramètres son différents. En tout cas j'ai adoré Bioshock, et ça me frustre de devoir le ranger dans un tiroir. Peut être qu'avoir la qualité d'un film, c'est un défaut dans un Jeu-Vidéo. 