Chapitre 1
« Il est dit que la région de la Dümra est la plus avancée de toutes celles du grand continent. Recouvrant le centre-ouest de la carte, le fait qu’elle n’ait pas accès à la mer a pendant longtemps affaiblit sa stabilité économique et commerciale. Depuis qu’elle avait signée la paix avec Hoenn, le pays du sud, la prospérité avait enveloppé de ses bras moelleux la contrée des « chimistes ardents » »
Le mage Thenetos interrompit sa rédaction et ferma un instant les yeux. Décidément, il n’était pas fait pour la géographie. A peine avait-il commencé à écrire un livre que déjà cette tâche le fatiguait. De toute évidence, malgré son âge avancé, il n était pas encore temps pour lui de s’enfermer dans un bureau pour travailler sur des ouvrages de ce genre. Thenetos se leva de son fauteuil en cuir et fit lentement le tour de la pièce. Il admira la collection de statuettes d’or qui trônait sur des étagères d’acajou, et se rappela qu’il n’avait jamais posé les yeux sur cet assortiment jusqu’alors. Il longea ensuite une série de larges portraits représentant ses ancêtres, passa devant la massive porte de chêne qui fermait son bureau, puis traversa la pièce en sens inverse, contemplant une rangée de meubles de bronze abritant des centaines de lourds volumes dont il n’avait pas lu le dixième. Le mage s’arrêta un instant devant d’imposants coffres de plomb renfermant des objets particulièrement dangereux qu’il préférait conserver près de lui, puis se retrouva devant un miroir au cadre d’argent.
Thenetos se détailla pendant de longues minutes. Il était âgé, il n’y avait pas à en douter. Son visage arborait d’ innombrables rides que les cures successives n’avaient pas réussi à effacer. Ses cheveux et sa longue barbe pendaient le long de son corps, désespérément blancs. Au moins, se dit le mage en souriant, c’était assorti à son manteau immaculé. Le mage scruta son propre regard. Ses yeux restaient bienveillants, malicieux, mais il n’y brillait plus cette étincelle fougueuse qui l’avait animé dans sa jeunesse. Peut-être était-il trop vieux pour les aventures, après tout... Mais il était sûr qu’un nouveau voyage lui rendrait la forme ! S’il parvenait à franchir le seuil de la porte...
« - Ovarif ! Ovarif, venez ici ! »
Le serviteur se précipita dans le couloir et vint se poster, droit comme une statue, devant son maître.
« - Qu’y a-t-il pour votre service. »
- Où en sont les expériences dans la salle des tubes ?
- Elles avancent doucement mais surement. 45 espèces ont déjà été produites.
- Il va me falloir d’autres échantillons. Envoie Andorion !
- Il en sera fait selon vos désirs… »
Ovarif disparu dans l’entrebâillement et le vieux mage replongea dans ses réflexions.
« - Quand toutes les espèces auront été créé, mon armée sera enfin constituée… »