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[Fic] Ruthless Aggression

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
13 mars 2009 à 21:29:16

Merci ! Ca fait vraiment plaisir. :)

Erol :d) Vraiment content de ta réaction ! Et si tu aimes les références, tu dois savoir que j'en ai minimum une autre sous le coude pour le reste de la fic. :o))
Tu comprends pourquoi j'ai bâclé mon prologue, ça me barbe et je voulais passer aux choses sérieuses.

Justicier :d) Haha, ouais, ça vient de Puissance Catch, mais c'est un secret pour personne. :p)

Flo :d) Nah, t'inquiètes, celle-là je la finis. =]

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
13 mars 2009 à 21:32:03

Nyarno : Super ! Bon ma critique concernait aussi la vie est faite ainsi mais rien de bien grave, j'ai tendance à exagérer. Les auteurs sont vraiment super ici, sympathiques et ouverts au critiques. Mais sur le forum écriture ils sont plus chiants. xD

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
13 mars 2009 à 21:40:04

Tu sais, on entretient tous une relation "forumeur-forumeur" et très peu souvent "auteur-lecteur". Avant que borarc3 commence à déconner en se clashant avec Nephe, on formait une mini-commu très soudée sur Diamant. Tant de projets... Poké-City, L'histoire des forumeurs, Votre fic préférée, Qui est l'auteur...

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
13 mars 2009 à 21:42:12

Encore ce borarc3, toujours lui, mais bordel qu'a-t-il fait ! :o)) Malgré les critiques, je n'ai trouvé que des commentaires positifs sur sa fic, que des messages d'amitié. :o))

fin bref, ça avait l'air d'être une belle époque, j'ai eu l'occasion de lire pas mal de trucs déjà. ^^

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
13 mars 2009 à 21:45:08

C'était pas sa fic. En réalité, il n'a aucun talent pour l'écriture. Disons qu'il jouait un rôle, et qu'on a tous été dégoûtés de ce qu'on a vu quand les masques sont tombés.

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
13 mars 2009 à 21:47:11

Oui ça j'avais compris, j'ai lu le topic sur les révélations, etc. Mais j'ai toujours pas compris l'histoire avec le secret de Yume et tout le tralalala. ^^

Il n'avait vraiment aucun talent ? Dommage, sa fic était bien.

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
17 mars 2009 à 23:15:19

[Chapitre 2 - Heureux évènement]

Après cette révélation, un silence presque religieux s’installa. Ed réfléchissait. Quelque chose ne collait pas.

« Bon ! s’exclama Antoine en se levant de son siège, faisant sursauter tout le monde. Moi j’dis, c’est une invitation. Alors on y va et on règle ce petit problème, hm ?
- Reste à ta place, ordonna le professeur Sorbier. Il reste quelques points à éclaircir.
- A commencer par leur présence ici, enchaîna Ed. C’est vrai : Peter nous a bien dit que les Leviator sauvages ne laissaient passer personne.
- Personne est peut-être un trop grand mot, corrigea le leader de Kanto et Johto. Disons qu’il y a très peu de chances de réchapper à une traversée du Triangle des Bermudes intact.
- Oui, reprit l’Elu des Ténèbres. Et on sait qu’ils ont pas de Pokémon, puisqu’ils n’ont l’air de rien y connaitre. Pour qu’ils puissent atteindre Sinnoh, ou une île voisine, ET survivre, ET s’installer, il n’y a qu’une seule option possible.
- Ils ont un ou des alliés, conclut Megan.
- Exactement. »

Nouveau silence, seulement troublé par le bruit que faisaient les doigts d’Antoine lorsqu’ils frappaient la table. L’Elu du type Vol semblait particulièrement impatient de retourner se battre contre un adversaire démoniaque.

« Si vous me permettez…, commença Arno. Alors. Je crois qu’on devrait faire ça… Alors. Chacun rentre chez soi.
- Hein ? s’exclamèrent plusieurs personnes, dont Pierre et Megan.
- Arno, commença Aurore, on ne peut pas se permettre de prendre de risques…
- Très bien, alors, qu’est-ce que vous voulez faire ? Fouiller dans toutes les habitations qui remplissent le Triangle ? Les gens risquent de ne pas très bien le prendre. Menacer ces idiots de venir leur botter le train s’ils ne se rendent pas ? Leur leader en profitera, et on sera atomisés en quelques semaines par les Etats les plus puissants du monde, qui craignent qu’on leur pique cette place.
- Vu sous cet angle, je crois qu’on peut bien écouter ce que tu as à nous dire, répondit Lilian.
- Merci, enfin un peu de reconnaissance, dit Arno d’un air très -trop- sérieux. Alors, chacun rentre chez soi. Vous avez tous autant d’indics sur vos îles que j’ai de gigas de mémoire vive, donc ça sera pas difficile pour vous de retrouver une aiguille dans une meule de foin.
- Donc, traduit en français, ça donne ? le pressa Marc.
- Rentrez chez vous et attendez. Essayez de vous renseigner, si les gens voient des personnes suspectes, s’il se passe des choses inhabituelles. Je ne vois que ça à faire. De toute façon, c’est pas comme s’ils pouvaient tenter quelque chose contre nous, là, maintenant. »

Arno attendit, son regard passant d’une personne à une autre comme s’il voulait détecter une quelconque réaction. Ce fut finalement Peter, dans son dos, qui parla le premier :

« Et puis, s’ils tentaient quelque chose… On le saurait, non ?
- Si on n’est pas mis au courant, renchérit Damien, c’est soit qu’ils ne font rien…
- Soit qu’ils ne sont absolument pas dangereux pour nous ! lança Spectra, confiante.
- C’est incroyable, lança Lilian, faussement outré. Vous auriez au moins pu me laisser faire une supposition, non ?
- Tu vois qu’on peut se débrouiller sans toi. »

Cette petite boutade d’Antoine acheva de détendre l’atmosphère. Les conversations reprirent d’un coup, et Lilian se pencha vers le professeur Sorbier. Ed réfléchissait. Il n’était pas totalement convaincu de l’innocence de leurs ennemis, étant donné le tour de force que constituait une infiltration dans le Triangle des Bermudes. De plus, l’hypothèse selon laquelle ils pourraient ne rien tenter lui apparaissait tout à fait risible. Ces hommes faisaient partie d’un groupe organisé et ne partiraient pas sans avoir obtenu ce qu’ils voulaient.
L’Elu des Ténèbres soupira et s’apprêta à dire quelque chose. Mais à quoi bon ? Rechercher deux hommes, peut-être plus, sans connaitre leur identité et sur un espace aussi étendu, c’était pire que de chercher ce qui différenciait un Metamorph d’un autre. Ed savait que d’autres personnes, autour de cette table, n’étaient pas satisfaites par cette réunion. Pierre semblait pensif, et Lilian avaient les sourcils légèrement froncés, signe que quelque chose le tracassait.

« Bon… Devant le manque d’informations dont nous disposons, nous pouvons lever la séance, déclara Lilian.
- Bon, hé bien, vous ne m’en voudrez pas, mais j’ai une réunion avec une bande de vieux conseillers totalement à la ramasse devant la révolution pro-Tyran dans le nord de l’île, dit Megan. Au revoir, tout le monde, ajouta-t-elle avant que l’écran ne s’éteigne.
- Quant à moi, il semblerait que j’aie un nouveau challenger, dit Pierre. Je vous recontacte si j’ai du nouveau sur cette affaire. »

Son écran s’éteignit aussi. Petit à petit, tout le monde se levait et se dirigeait vers la double porte. Ed resta assis, se demandant vaguement s’il était paranoïaque ou si cette affaire l’inquiétait vraiment.

« Ed ? »

Lilian le regardait, certainement depuis un petit moment.

« On peut t’apporter des couvertures et un oreiller si tu veux, mais tu dois savoir que ce fauteuil n’est vraiment pas confortable.
- Oh, heu… Je pensais à…
- Je sais à quoi tu pensais, je m’en doute en tout cas… Mais on ne peut rien faire pour l’instant, à part remplir nos rôles de membres de nos Ligues.
- Ouais, mais ça me travaille. Je veux dire, on reste dans notre coin, eux dans le leur. Ils n’ont jamais eu besoin des Pokémon jusqu’à présent.
- Quand un enfant regarde la vitrine d’une boutique de jouets, il veut à tout prix ce nouveau truc dont il n’a jamais eu et n’aura jamais besoin, dont il ne prendra pas soin et dont il aura marre au bout d’un mois, dit Sorbier.
- Vous avez sûrement raison, professeur, répondit Ed. Mais…
- Mais rien du tout, tu as d’autres soucis, non ? L’exemple de l’enfant était tout à fait approprié, Professeur. »

Soudain, Ed oublia complètement cette histoire de Triangle des Bermudes et d’infiltration sur une île. C’était vrai : il avait d’autres Miaouss à fouetter, et c’était le genre de Miaouss qui changeait la vie.

« Bon, et si on y allait ? proposa Ed, un grand sourire étalé sur le visage. Je suis pressé de rentrer à la maison. Et je crois que j’aurais préféré dormir à même le sol : tes fauteuils, ils donnent mal au dos. »

Ed posa le pied sur un des radeaux qui constituaient le sol de Pacifiville. Attachés à des pierres qui faisaient office d’ancres, ils donnaient l’impression d’être constamment au beau milieu d’un océan, accrochés à une planche qui représentait le dernier rempart entre la vie et la mort. Sauf qu’à Pacifiville, il s’agissait plutôt d’une impression d’être constamment assis dans une barque, au milieu d’un lac avec une Méga-Canne à la main et un chapeau sur la tête. Ed se dirigea vers la petite habitation qu’il avait louée quelques deux ans auparavant. En chemin, il croisa une vieille dame qui lui barra la route.

« Bonjour, madame Marin, soupira Ed.
- Hmm. J’ai entendu dire que tu avais laissé Flora toute seule à la maison.
- Oui, mais j’ai été défié à la Ligue, et… Comment vous savez ça, d’abord ?
- Je suis scandalisée, dit la vieille dame sans s’intéresser le moins du monde à la question d’Ed. C’est minable. Je suis déçue. Parce que tu as été défié, le monde s’arrête autour de toi ?
- Au revoir, madame Marin. »

Ed contourna la vieille dame et continua son chemin. Il maugréait en arrivant chez lui : parfois, les vieilles personnes pouvaient être vraiment énervantes. Il sortit ses clefs de sa poche et ouvrit la porte.
C’était une petite habitation en planches, comme on en voyait dans tout Pacifiville. Elle était parfaite pour un jeune couple qui avait toute la vie devant lui. De plus, l’air était pur et l’endroit très calme : le lieu parfait pour élever un enfant.

« Flora, je suis là. »

Il déposa ses clefs sur un plateau près de l’entrée et entra dans le salon. Flora était assise à la table et se retourna. Elle fit un petit signe quand elle vit Ed, qui alla à la cuisine chercher quelque chose à manger. La pendule au mur indiquait qu’il était plus de 20 heures. Le jeune homme attrapa un verre d’eau et le sandwich qu’il venait de se préparer et alla s’asseoir en face de sa petite amie. Pendant que celle-ci parlait, il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle lui semblait plus belle de jour en jour. Au bout de seulement deux mois et demi de grossesse, ses nausées commençaient à se raréfier, et son ventre était déjà enflé. Selon le médecin, tout allait bien. Un peu plus de sept mois plus tard, lui et Flora allaient devenir parents. La jeune femme raccrocha et souffla en regardant Ed.

« Qui c’était ?
- Ma mère. Encore à me donner des conseils, tu la connais. Et de ton côté ? C’était dur, le match ?
- Hmm… Il avait du potentiel, mais il était bien trop sûr de lui. S’il s’entraîne sérieusement, il m’écrase dans trois mois.
- Que tu dis. Mais comment ça se fait, que tu rentres si tard ?
- Oh, on a eu une réunion à Sinnoh… Rien de grave, s’empressa-t-il d’ajouter en voyant le regard alarmé de Flora. C’est rien. Ne t’inquiète pas… Ca va, toi ?
- Comme d’habitude. Je suis allée vomir une petite demi-heure après ton départ. La vieille Marin rôdait encore autour de la maison… Toujours à nous épier, celle-là.
- Oui… »

Ed réfléchissait. Rien ne comptait plus au monde pour lui que Flora. Mais si une vieille dame pouvait vraiment savoir tout ce qui se passait chez eux sans problème, ce ne serait pas un souci pour quelqu’un d’aussi organisé que leurs nouveaux ennemis… Non. Décidément, il se faisait trop d’idées. Il devait se concentrer sur l’heureux évènement qu’ils attendaient, et devenir un bon père pour son enfant. Mais quelqu’un qui était sujet à une schizophrénie plus ou moins contrôlée et avec une arme de destruction massive enfermée dans une Pokéball qui ne le quittait jamais pouvait-il réellement devenir un bon père ? Ed n’en savait rien. Mais une chose était sûre : c’était le genre de défis qu’il aimait relever.

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
18 mars 2009 à 15:35:56

Allez je poste ici.

Franchement, c'est bien. Le problème est que ton scénario m'accroche et m'enlève donc tout objectivité. Pourtant il y aurait bien des choses à modifier.

- Le charisme. A part Antoine qui m'a l'air d'un bon bourrin comme on les aime, c'est un peu plat niveau personnage. C'est surement du au fait que beaucoup viennent du jeu et que tu ne peux pas te permettre de changer leur caractère. Il n'empêche que je ne trouve pas que Ed soit un vrai héros, m'enfin... et puis son histoire d'amour avec Flora me parait assez inutile dans une intrigue pokémon, le sexe et l'amour a proprement parler est vraiment pas le thème de pokémon.

- Les dialogues. Attention a ne pas gonflé tes chapitres avec des dialogues inutiles. Tu pourrais par exemple remplacer certains passages par de la narration, en résumant ce qui se dit. Par contre les dialogues sont parfaits pour montrer le caractère des persos et à part avec Antoine, tu ne le fais pas beaucoup. Voilà, ça c'est le point noir, mais bon tu vas faire mieux j'en suis sur.

- Dernière petite chose, il faudrait que ton style serve ton histoire que je trouve captivante. Il est fluide et léger, certes, mais de temps en temps tu pourrais utiliser des mots plus compliqués, des petites figures de style, histoire de montrer que tu aimes le français. ^^

Voilà, j'ai rien d'autre à ajouter, à part que ça me donne envie de faire une fic aussi. ^^

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
18 mars 2009 à 16:44:35

Je vois, je vois... Je te rassure, ça devrait s'arranger dans les chapitres qui suivent. Comme quand j'écrivais en collaboration avec Lilian, j'ai pensé à quelques petites phrases placées de-ci de-là qui nous font nous dire "woooh, ça va chier" ou "lui, il faut pas le chercher". Tu vois, quelque chose qui fait bien monter l'adrénaline. ^^

Je te remercie. Franchement, ça fait plaisir de voir que tu aimes bien, parce que vu que le prologue te disait rien... :fou:

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
18 mars 2009 à 16:58:16

C'est clair que j'aurais du attendre les chapitres avant de me déchainer. :o))

vivement la suite alors ^^

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
23 mars 2009 à 18:07:24

Bon, je prépare le chapitre qui ne sera finalement posté que demain soir. Je voulais vous mettre une preview, mais je me rends compte que c'est impossible de glisser quelques phrases de dialogue alléchantes et qui ne spoileraient pas. Dommage pour vous. :o))

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
26 mars 2009 à 18:06:09

Oh le vilain Nyarno qui poste en retard. Nyarno_Iz_Bad. :o))

[Chapitre 3 - Intervention musclée]

« Une nouvelle victoire pour le mystérieux challenger
But, c’est un nom que tous les dresseurs se doivent désormais de retenir. Nouveau venu sur la scène des combats officiels organisés par la Ligue Pokémon, un mois a suffi à ce prodigieux combattant pour réunir les seize badges de Kanto et Johto nécessaires pour défier la Ligue Pokémon de ces deux îles, avant de défier et vaincre le Conseil des Quatre et leur Maître, Peter.
Nous ne savons que peu de choses sur ce dresseur, si ce n’est qu’il voyage seul, n’acceptant aucun défi de dresseurs itinérants, ne combattant que dans l’enceinte des Arènes avant de reprendre la route. Fait étrange, il disparait parfois avant de réapparaitre à la prochaine ville sur sa route, sans même utiliser de téléportation.
Actuellement sur l’île de Hoenn où il a déjà vaincu quatre champions d’Arène, But est sans aucun doute un adversaire dont les combattants reconnus officiellement devront se méfier. Gageons que nous le verrons très bientôt à la Tour Céleste, quartier général de la Ligue Pokémon hoennienne. »

Ed replia l’édition du jour de « La gazette du dresseur » avant de la jeter sur la table avec un soupir. Il finit son café et se leva pour préparer le petit déjeuner de Flora. Il avait pris l’habitude de raréfier ses sorties et d’aider la jeune femme pour les diverses tâches de la vie quotidienne. C’était sa façon à lui de prouver à son amie qu’il était là pour la soutenir et l’aider. Elle entra à ce moment-là dans la cuisine et embrassa son mari avant de s’asseoir à la table.

« J’espère que c’est fini, les nausées ? s’enquit Ed.
- Oui, t’inquiète pas.
- Alors tu peux prendre un petit déjeuner normal ?
- Oui oui, répondit-elle en relevant la tête, un grand sourire s’étalant sur son visage.
- Génial. D’abord un p’tit café pour te réveiller, dit-il en remplissant une tasse d’un liquide noir fumant. Et ensuite… »

Il fut interrompu par son téléphone portable qui se mit à vibrer. Le jeune homme tendit le bras et attrapa l’appareil avant qu’il ne tombe la table. Il regarda l’écran qui affichait « Appel : Antoine ».

« Allô ? lança-t-il, irrité.
- Ed, c’est moi, répondit la voix d’Antoine. OK, alors écoute-moi bien. Je te donne dix minutes pour te téléporter à Vermilava !
- Et on peut savoir pourquoi ? Non, parce que Flora et moi, on a la dalle.
- On va cueillir nos terroristes au réveil ! répondit Antoine.
- Quoi ? Hé, attends, ATTENDS ! cria Ed.
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Il m’a raccroché au nez, ce con-là. »

Il posa brutalement son téléphone sur la table avant de se précipiter vers sa chambre à l’étage, sans faire attention aux questions précipitées de Flora. Il attrapa sa ceinture à laquelle étaient clippées les Pokéballs de ses Pokémon et l’attacha à sa taille avant de dévaler les escaliers. Son amie le regardait d’un air interloqué.

« Heu, mon cœur, je dois aller à Vermilava, tout de suite…
- Et pourquoi ? s’étonna la jeune fille.
- D’après Antoine, on va chercher les gars dont je t’ai parlé.
- Ah, encore et toujours à sauver le monde… Fais attention à toi.
- Promis. Je peux te prendre Gardevoir pour me téléporter ?
- Vas-y, tu n’auras qu’à laisser un de tes Pokémon ici. »

Ed prit une Pokéball de sa ceinture et s’adressa à elle, comme si le Pokémon à l’intérieur pouvait l’entendre.

« Je n’aurai pas besoin de toi aujourd’hui, protège Flora en cas de besoin. »

Il posa la sphère sur la table et la remplaça à sa taille par une autre, identique, que Flora lui tendait. Il prit son téléphone, embrassa rapidement la jeune femme et se rua à l’extérieur de la maison.

Quelques secondes plus tard, un Gardevoir apparut devant le centre Pokémon de Vermilava, Ed lui touchant l’épaule. Il rappela le Pokémon Psy et chercha Antoine du regard. Il n’eut que quelques mètres à faire : Antoine était adossé au mur d’une maison, le regard fixé sur une autre habitation située un peu plus loin. Les volets étaient fermés, la pelouse était excessivement haute et la peinture des murs avait quasiment disparu. A l’évidence, cette maison n’était plus habitée depuis des lustres.

« Salut, lança Ed.
- Salut ! Bon, on y va !
- Attends, attends. Donne-moi des détails sur la mission.
- OK, répondit le jeune homme, visiblement pressé d’en découdre. Bon, Arno les a finalement localisés parce qu’ils utilisaient des appareils qui recevaient des ondes de satellites européens uniquement. Le problème, c’est que les nôtres reçoivent des ondes de leurs satellites et des nôtres. Il y a des flics un peu partout dans la ville pour empêcher une éventuelle fuite, qu’on devra leur signaler avec ça, dit-il en lançant un talkie-walkie à Ed.
- Et nous, on doit les capturer.
- Exact, comme ça, on pourra les interroger sur leurs supérieurs, le pourquoi de ces menaces, et comment ils ont pu entrer dans le Triangle des Bermudes.
- Bon, je suppose que quand faut y aller… »

Les deux Elus se dirigèrent vers la maison abandonnée. Ils avançaient prudemment, parés à toute éventualité. Dans les hautes herbes, on pouvait voir des sillons, comme si quelqu’un était passé là récemment. Un bruissement se fit entendre, qui fit sursauter Ed et Antoine, mais ce n’était qu’un Rattata qui s’enfuit rapidement de la pelouse à la vue de ces deux étrangers.
Ed et Antoine se positionnèrent chacun d’un côté de la porte. Antoine tendit une arme à feu à son équipier, qui la prit à contre cœur. Le jeune homme blond fit mine de frapper, mais Ed l’en dissuada d’un signe de la main : il ne fallait pas se faire remarquer. De moins, pas trop tôt. L’Elu des Ténèbres enfonça la porte d’un coup de pied, et brandit l’arme à feu. Il n’y avait personne devant la porte. Ed s’avança à pas de loup et surgit dans ce qui devait être le salon, mais personne ne s’y trouvait. Antoine désigna les escaliers d’un signe de tête, ce qui signifiait que les terroristes devaient se trouver à l’étage. Il monta lentement les escaliers, Ed sur ses talons. Ils entrèrent dans les pièces une par une. Elles étaient toutes vides.
Antoine allait ouvrir la dernière porte quand Ed lui attrapa le bras. Il lui fit signe de se plaquer contre le mur et de le laisser faire. L’Elu du type Vol s’exécuta, et son homologue des Ténèbres serra son arme à feu plus fort que jamais. Il donna un nouveau coup de pied contre la porte, qui ne claqua pas brutalement contre le mur, ce qui confirma les pensées d’Ed. Il entra dans la pièce en brandissant son arme et entendit une voix dans son dos :

« Maintenant, tu poses ton arme par terre… »

Ed tourna lentement la tête pour voir un homme brandir lui aussi son arme, dans le dos du jeune Elu. Un deuxième homme sortit de sa cachette, derrière la porte, en se tenant le nez. Ed eut un bref sourire en pensant à toute la force qu’il avait mis à ouvrir la porte, sachant que quelqu’un se cachait derrière. Il posa son arme au sol et avança dans la pièce avant de se retourner, souriant toujours.

« Tu te moques de nous, hein ? lança d’un ton rageur l’homme qui était caché derrière la porte.
- En même temps, tu verrais le nez que je t’ai fait.
- La ferme ! Maintenant, c’est nous qui allons te faire un nez gros comme ça.
- Salut, lança la voix d’Antoine derrière eux. Ce serait pour vous coffrer. »

La réaction ne se fit pas attendre. Les deux terroristes se retournèrent rapidement, mais pas assez pour que l’homme au nez ensanglanté puisse éviter le coup de crosse qu’Antoine lui décocha. Le deuxième étranger pointa son arme sur le jeune homme blond, mais Ed se jeta sur lui. Il l’immobilisa en lui attrapant le poignet d’une main et la nuque d’une autre. L’Elu des Ténèbres tordit le poignet de l’homme, qui ne lâcha pas son arme pour autant.

« Soit tu lâches ton arme, soit c’est ta nuque que je brise.
- Ce serait fâcheux, fit remarquer Antoine. On a quelques questions à vous poser.
- Hmm…, fit le terroriste, comme s’il cherchait quelque chose à répondre.
- T’as entendu quelque chose, toi ? demanda Ed à son comparse. Moi, j’ai rien entendu. Parle plus fort ou on cogne plus fort. »

A ce moment, les pieds du terroriste glissèrent sur le sol, et il s’effondra. L’Elu des Ténèbres le retint suffisamment pour empêcher une chute trop brutale, mais il heurta tout de même le sol avec un bruit lourd.

« Et meeerde. Il s’est évanoui, cet abruti. »

Mais Ed savait qu’il se passait quelque chose de plus grave. Il prit le pouls de l’homme qui venait de glisser au sol, mais ne sentit rien.

« Antoine… Il est mort.
- Répète ça ? s’exclama Antoine, stupéfait.
- Vérifie, pour l’autre. »

Antoine se pencha, toujours sur ses gardes. Il prit le pouls de l’homme au nez cassé et se redressa.

« Rien non plus ! Bon sang, on les a tués tous les deux ! Ou bien…
- On les a pas tués, nous. Tu vas pas me faire croire qu’ils sont morts de trouille et d’un nez cassé, tous les deux, au même moment. Ils sont bien organisés, ils ont réussi à se suicider sans qu’on se rende compte de quoi que ce soit. Tout ça pour ne pas parler…
- Ici Antoine, dit le jeune homme blond dans le talkie-walkie. Les deux suspects se sont donné la mort. Venez inspecter les lieux. »

Du bruit se faisait déjà entendre au rez-de-chaussée. Apparemment, les policiers trouvaient qu’ils prenaient trop de temps et étaient venus voir comment se déroulaient les opérations. Alors que les premiers hommes pénétraient dans la pièce, portant un gilet pare-balles et suivant quelques Caninos, Ed réfléchissait. Il regardait toujours les corps lorsqu’ils furent recouverts d’un linceul pendant qu’Antoine se disputait avec le chef de la brigade – « On avait dit pas de Pokémon, pour éviter les ennuis ! ».

Il devait être près de midi quand Ed et Antoine purent enfin quitter la maison, se frayant un chemin à travers la foule de badauds étant venus voir ce qui se passait. L’Elu des Ténèbres se souvint soudain de l’article qu’il avait lu dans le journal, avant de partir pour Vermilava.

« Bon, Antoine, je suppose que tu vas faire ton rapport à Lilian…
- Ouais, je lui dirai d’en parler à Pierre, pas de soucis.
- Merci. J’ai encore un truc à voir avec Max avant de rentrer.
- Ca marche. Espérons qu’on se reverra bientôt pour partager une belle baston. »

Ed se dirigea vers l’Arène de la ville, alors qu’Antoine maudissait cette matinée perdue. Il emprunta un petit chemin qui montait en pente vers l’Arène de Vermilava. Depuis la mort de l’ancienne championne lors de la guerre qui opposait Hoenn à Sento, et la reconstruction de la ville et de l’Arène, quatre ans plus tôt, Max, ex-leader de la Team Magma, avait accepté de littéralement reprendre le flambeau.
Il estimait que pour racheter sa dette envers la société, combattre pour la Ligue Pokémon et aider à la reconstruction de l’île serait plus utile que de rester reclus dans une grotte au fin-fond de l’archipel. Depuis, il avait férocement défendu son badge, et peu de dresseurs pouvaient se vanter de l’avoir vaincu. En fait, le jeune homme qu’Ed avait battu quelques jours auparavant était le premier en huit mois à y être parvenu. L’Elu des Ténèbres pensait à l’incroyable talent que possédait ce jeune prodige quand il fut bousculé et projeté au sol par un homme tout de noir vêtu, un chapeau recouvrant sa tête, et une cape sur les épaules. L’homme se retourna, mais au lieu de s’excuser, il dit calmement :

« A bientôt. »

Ed resta pétrifié. Rares étaient les personnes à l’avoir effrayé dans sa vie, et pourtant, cet homme-là venait de lui glacer le sang. Son attitude, sa façon de se déplacer, la froideur dans sa voix, tout en lui était extrêmement déroutant.

« C’est pas… vrai… »

Ed se retourna. Max était là, près de lui. Il regardait le dresseur s’éloigner, un air de totale incompréhension et de surprise, voire même de terreur, sur son visage.

« C’est…
- Max ? Qu’est-ce que… »

La Pokéball que Max tenait à la main tomba au sol, et un Camerupt en jaillit. Mais ce Camerupt était KO. Max venait d’être vaincu.
Et soudain, Ed comprit. Son sang ne fit qu’un tour lorsque la vérité lui apparut. Il tourna la tête si violemment qu’il eut l’impression d’entendre sa nuque craquer, mais il n’y prêta pas attention. Le dresseur qui était désormais retourné dans la ville s’arrêta et se retourna. Son visage affichait un air triomphal et méprisant à la fois. C’était lui, Ed en était sûr.

« Il…, balbutia Max. Il est revenu.
- Quoi ? dit Ed.
- Butler… est revenu. »

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
26 mars 2009 à 20:23:57

Merci, mais... Non, ce n'est pas Fowl ! :fou:

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
27 mars 2009 à 17:13:02

J'ai bien aimé, pour les mêmes raisons, mais tes prénoms me chagrinent.

But, Butler, on pourrait confondre... Puis But, c'est aussi un nom commun pas easy.

Pour terminer (je fais de plus en plus court. :o)) ), je trouve ton style un peu forcé, scolaire je dirais. Tu décris bien soigneusement comme on te l'a appris, mais c'est pas transcendant... Et puis ça sent le truc pas naturel, donc n'ait pas peur de faire des erreurs en cherchant TON style.

Sinon c'est marrant d'intégrer des armes à feu et de la violence. :noel:

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
28 mars 2009 à 12:58:31

Ouay, enfin un qui suit. :noel:

Vous verrez dans le prochain chapitre que c'est pas moi qui ai choisi le nom "Butler". :p)

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
28 mars 2009 à 16:58:47

Sûrement.

Sangoku90000
Sangoku90000
Niveau 10
29 mars 2009 à 17:24:18

3 2 1 FIGHT

NyarNoMercy
NyarNoMercy
Niveau 10
23 avril 2009 à 16:35:39

Preview du chapitre disponible avant la fin de la semaine ! :p)

[Chapitre 4 – Le challenge]

« De nouveaux challengers, une association terroriste qui s’en prend à nous, c’est ça votre quotidien ? »
« Tu savais que ce petit mal élevé m’avait traité de « Jurassic Spark » ? »
« C’est-à-dire que dans quelques minutes, tu repasses cette porte la queue entre les jambes. »
« MIS AU TAPIS EN QUELQUES SECONDES A PEINE ! »
« JE SUIS... »

Voilà ! Bon, maintenant, je dois vous prévenir que j'ai repris le concept de mon ancienne fic. Dans cette preview, j'ai glissé une phrase qui ne se trouvera pas dans le chapitre. :-p

See you soon !

NyarNoMercy
NyarNoMercy
Niveau 10
25 avril 2009 à 16:35:34

« Lucario est hors-combat ! Ed égalise et ramène le score à un partout ! »

Ed aurait dû se réjouir d’avoir mis au tapis un aussi puissant Pokémon, mais quelque chose l’en empêchait : la joie de son adversaire. Butler riait aux éclats en rappelant son Pokémon.

« Alors ! Qu’est-ce qui te fait rire comme ça ? » s’énerva l’Elu des Ténèbres.

Il voulait croire que cette joie n’était due qu’au fait qu’il disposait d’autres Pokémon plus puissants, mais le jeune Maître savait qu’il n’en était rien.

« Motisma, vas-y ! »

La ball s’ouvrit et le Pokémon Spectre et Electrik apparut, mais pas pour longtemps : il disparut subitement. Soudain, un grésillement se fit entendre, et la salle fut plongée dans la pénombre : l’éclairage avait lâché.

« Qu’est-ce qui se passe ?
- Mais c’est Motisma, mon cher Ed. Plus d’éclairage, et plus de caméra non plus. On est seuls…
- Désolé pour ce contretemps technique, messieurs. Le combat pourra reprendre lorsque… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Ed utilisa ses pouvoirs d’Elu des Ténèbres pour les isoler : un voile d’obscurité enveloppa le Maître, Dracaufeu et Butler. L’arbitre se tut, visiblement déconcerté d’être plongé dans les ténèbres sans savoir quelle en était la cause.

« Ecoutez, lança Ed. Montez prévenir Pierre que nous finirons ce combat plus tard. Nous vous rappellerons.
- Mais, monsieur, il faut prévenir un dépanneur…
- C’est un ordre. »

Les membres du Conseil des Quatre avaient moins d’autorité que le Maître de la Ligue, mais leur parole faisait force de loi. Le bruit des portes de l’ascenseur qui s’ouvrent et se referment se fit entendre, puis ce fut de nouveau le silence.

« D’accord…, dit Ed. Maintenant qu’on est seuls, pourquoi ne pas me dire ce que tu veux vraiment ?
- Ce que je veux ? répliqua Butler, d’un air faussement surpris. Mais je veux être reconnu comme le meilleur dress…
- ARRÊTE DE TE FOUTRE DE MOI ! » explosa Ed.

Il en avait assez, assez de ce personnage arrogant, assez de tous ces mystères, assez de toute cette angoisse qu’il ressentait depuis plusieurs semaines maintenant.

« Alors, je reformule, et je vais parler lentement pour que tu comprennes. Pourquoi… tu es… revenu… à Hoenn ?
- Vous autres, Elus, croyez toujours être supérieurs aux gens… Voltère aussi avait l’air de me mépriser… Enfin ! Jusqu’à ce que je le calme. »

Ed eut un accès de rage incontrôlable en entendant Butler parler ainsi de celui qui était un peu le mentor de tous. Il regarda son adversaire droit dans les yeux et utilisa son pouvoir. Il savait que, quelque part en lui, les pires souvenirs de Butler remontaient à la surface. Il arrêta cependant à un stade qu’il estimait suffisamment douloureux, afin de lui envoyer un message :

« C’est de la part du « Jurassic Spark » ! » lança-t-il.

Mais quelque chose d’anormal se passait, ou plutôt, ne s’était pas passé. Butler ne bougeait pas, et rien sur son visage n’exprimait la moindre douleur.

« De quoi parles-tu ? Oh, j’y suis, s’exclama Butler. Tu as sûrement utilisé tes pouvoirs, et tu espérais quelque chose comme me voir me rouler au sol en te suppliant d’arrêter. »

Ed était abasourdi. Jamais, durant toute la Grande Guerre, ses pouvoirs ne l’avaient quitté, et ce depuis qu’il avait appris à les maîtriser. Il savait qu’il était toujours l’Elu des Ténèbres, car l’obscurité qu’il avait généré était toujours là. Quelque chose n’allait pas…

« Qui es-tu ? souffla-t-il.
- J’attendais cette question. »

De toute évidence, il ne mentait pas. Un sourire dément s’étala sur son visage, et il avait désormais l’air d’un fou furieux. Il rappelait à Ed le Tyran, pendant son règne de terreur.

« Puisque tu veux vraiment le savoir… JE SUIS… »

Le cœur d’Ed battait plus vite et plus fort que jamais. Il eut presque l’impression qu’il voulait bondir hors de sa poitrine et fuir loin de cet esprit maléfique.

« … LE PHILOSOPHE ROI ! »

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
01 août 2009 à 15:02:29

[Chapitre 6 – La secte]

« Désolé, madame Machin, mais je dois vous laisser. »

Trop content d’avoir un prétexte pour échapper aux réprimandes de la vieille dame qu’il avait failli bousculer en sortant de l’épicerie, Ed s’éloigna en décrochant son téléphone qui venait de commencer à sonner.

« Allô ?
- Ed, c’est Pierre. Ca va ?
- Je me sens comme un Barpau qu’on aurait privé de ses poffins, répondit le jeune homme.
- Tiens, tu n’es plus un Torterra qu’on aurait retourné sur le dos ? dit Pierre. Ecoute, j’ai du neuf. T’es où, là ?
- A Pacifiville. Je passe tout près du bâtiment de la RTP, tu veux que je vienne à la tour ?
- Non, fonce plutôt à la Ligue Pokémon de Kanto. Les hommes de Peter ont appréhendé quelques personnes plutôt louches, si tu vois ce que je veux dire.
- Tu crois qu’ils auraient un rapport avec Butler ? demanda précipitamment Ed.
- Y a de bonnes chances, en effet. Tu y vas alors ? Ils t’expliqueront tout mieux que moi.
- Ouais, j’y vais tout de suite. Merci, Pierre. »

Ed raccrocha et se mit à courir en direction de la petite maison qu’il habitait avec Flora, à l’extrême ouest de la petite ville. Pacifiville s’était bien développée depuis quelques années, et on y trouvait désormais un bâtiment de la Régie des Transports Pokémon, ce qui arrangeait beaucoup Ed qui ne pouvait plus se déplacer grâce à ses Pokémon.
Quelques minutes plus tard, il sortit de chez lui après avoir embrassé Flora. Il lui avait promis de rentrer avant 19h – il était 15h30 – afin de préparer le dîner. A mesure que la grossesse de Flora avançait, Ed et madame Seko insistaient de plus en plus pour qu’elle ne se surmène pas. Elle en était à son quatrième mois et tout se passait très bien. C’était pour Flora et sa fille qu’Ed avait décidé de se retirer des affaires militaires de l’archipel une fois toute cette histoire terminée. Il espérait bien ne plus jamais avoir à se servir de ses pouvoirs d’Elu.
Il ne fallut pas plus de cinq minutes au jeune homme pour se téléporter à la Ligue Pokémon de Kanto, grâce à un Kadabra de la RTP. Il s’approcha de la porte coulissante et pénétra dans le bâtiment où il fut accueilli par une jeune femme à l’accueil.

« Bonjour, monsieur Barson, lui dit-elle d’un ton qu’elle voulait professionnel. Votre supérieur nous a prévenus de votre arrivée, veuillez me suivre, je vous prie. »

Ed lui emboîta le pas. La réceptionniste le conduisit jusque dans un long couloir et il pensa qu’elle l’emmènerait jusqu’à la double porte située tout au bout, mais elle tourna un angle à gauche et ils suivirent un autre couloir nettement plus petit. La réceptionniste s’arrêta devant une porte et frappa.

« Entrez ! »

La jeune femme ouvrit la porte et s’effaça devant Ed avant de refermer derrière lui. Ed eut soudain l’impression d’avoir pénétré dans un de ces commissariats que l’on voyait dans les séries télévisées. De nombreux agents allaient et venaient dans les différentes salles, se rendaient jusqu’aux bureaux de leurs collègues pour demander un dossier ou simplement parler. Ed se demandait où il devait se rendre quand un homme se dirigea vers lui. Il reconnut aussitôt Koga qui lui tendit la main.

« Bonjour, Edouard, merci de vous être déplacé.
- C’est normal, dit Ed en lui serrant la main. Appelez-moi Ed, je préfère. Alors… Pierre m’a dit que vous aviez appréhendé des individus… ?
- Des individus sacrément louches, pour tout vous dire, répondit Koga. Nous les soupçonnons d’être des types venus d’Europe, un continent situé à des kilomètres à l’est de l’archipel.
- Ce seraient donc des mercenaires ? demanda Ed.
- Oh non, bien plus que ça. Nous pensons que les forces étrangères sont composées de mercenaires, en effet, mais aussi de types plus impliqués dans leur quête des Pokémon, et c’est l’un d’eux qu’on aurait pris aujourd’hui.
- Je vois… Excusez-moi, mais où est-ce qu’on se trouve ici ? Un commissariat à la Ligue Pokémon ? »

Koga lui expliqua que toutes les forces de police de Kanto et Johto étaient regroupées dans ce bâtiment. Tous les jours, des officiers se téléportaient un peu partout sur les deux îles afin d’effectuer des patrouilles ou mener des enquêtes, et le soir venu, ils rentraient au poste. Cela permettait une rapidité d’intervention plutôt impressionnante.

« C’est ici. »

Koga s’arrêta devant une vitre qui donnait sur une salle d’interrogatoire. A l’intérieur, un homme en costume hurlait sur un autre homme, menotté. Le suspect était assis et paraissait aussi calme que s’il prenait le thé avec l’inspecteur.

« … Vas me dire ce que vous faisiez dans la Tour Pokémon ! hurlait le policier.
- Hmpf.
- Comment t’as convaincu ces gens de te filer tous ces Pokémon ? Pour qui tu travailles ?
- Pas très efficaces, vos hommes, dit Ed à Koga.
- Pas très subtils non plus, soupira le Maître des Poisons. Je me demande comment il fait pour se retenir de le frapper.
- Je vais te laisser réfléchir ! » lança le policier.

Il sortit de la salle en claquant la porte et rejoignit Ed et Koga.

« Pas très efficace, Smith.
- Désolé, monsieur. Il a des nerfs d’acier, ce type…
- Et qu’est-ce qu’ils ont fait, à la Tour Pokémon ? demanda Ed.
- En fait, le type assis dans cette salle semblait être une sorte de gourou, répondit Smith. C’était une secte d’illuminés. D’après ce que nous a dit Mr Pokémon, ils se sont fait un nom à Lavanville en ressuscitant un Pokémon. Les pauvres gens, désespérés comme ils étaient, ils auraient tout fait pour que quelqu’un leur rende leurs compagnons décédés…
- Ressuscité ? répéta Ed. Voyez-vous ça. »

Ressuscité. Quelqu’un qui aurait un contrôle sur la vie et la mort. Bien qu’il se refusait à y croire, Ed ne pouvait s’empêcher de faire un lien avec la seule personne à posséder des pouvoirs – à part les Elus. Butler avait résisté à ses propres pouvoirs d’Elu des Ténèbres. Personne n’avait jamais réussi cet exploit. Butler était différent des autres. Possédait-il des pouvoirs, lui aussi ? En tout cas, Ed était sûr d’une chose : aucun Elu n’avait le pouvoir de ressusciter des Pokémon.

« Koga, dit-il brusquement. J’aimerais l’interroger.
- Bien sûr, répondit le Maître des Poisons. Allez-y. »

Ed passa devant Smith qui semblait vexé que quelqu’un d’autre fasse son travail à sa place et poussa la porte. Le gourou ne leva même pas les yeux vers lui. Le jeune homme s’assit en face de lui et dit :

« Ton patron, c’est Butler. »

Le suspect tressaillit.

« Tu es venu à Lavanville pour ressusciter un Pokémon. Comment tu t’y es pris, je ne sais pas. Tu as convaincu les habitants de la ville de te donner des Pokémon pour ressusciter les leurs. Bien sûr, tu ne comptais plus ramener aucun Pokémon à la vie. C’était trop difficile. Ca demandait trop d’énergie. Une fois que tu aurais obtenu ce que tu voulais, tu te serais éclipsé en Europe, où Butler t’attendait avec les Pokémon. Vous les auriez entrainés tout en expatriant de plus en plus de Pokémon. Vous auriez monté une armée et vous seriez revenus nous faire la guerre. »

Voilà la théorie qu’Ed avait élaboré, depuis sa confrontation avec Butler jusqu’à cet instant. Avant de le quitter, le magicien avait dit que ses Pokémon seraient mieux utilisés ailleurs… En Europe, peut-être. Ed sut aussitôt qu’il avait touché juste, en partie du moins. Le gourou leva les yeux vers lui et soutint son regard.

« Butler veut se venger des dresseurs de l’archipel depuis qu’il s’est fait chasser de Hoenn. Il est allé chercher des partisans en Europe, et sur l’archipel aussi, ces derniers mois. Vous êtes originaire de Kanto. »

Le suspect resta silencieux. La porte s’ouvrit et Smith pénétra dans la pièce.

« Je suis un membre du Conseil des Quatre de Hoenn. Si vous faites des aveux écrits, je vous promets de tout faire pour vous obtenir une remise de peine. »

Ed se leva et quitta la salle, laissant le gourou aux bons soins de Smith. Il rejoignit Koga qui paraissait impressionné.

« Je crois que vous avez vu juste, Ed, dit-il. Comment avez-vous appris tout ça ?
- Je l’ai déduit de ma confrontation avec son patron. Je peux compter sur vous pour me prévenir quand il fera ses aveux ?
- Bien sûr. Jusque là… »

Koga fut interrompu par un grand bruit qui venait de l’entrée du commissariat. Plusieurs agents essayaient apparemment de calmer une jeune femme qui hurlait sur eux. Elle aperçut soudain Koga et se dirigea vers lui. Ed la reconnut alors.

« Ayame ? »

Ayame était une espionne qu’il avait connu durant la grande guerre. Elle avait réussi à se faire incarcérer dans la même prison qu’Ed et ses amis, et s’en était échappée en même temps qu’eux. Aussi mystérieuse qu’efficace, elle était spécialisée dans les infiltrations et la découverte d’informations en tout genre.

« Qu’est-ce que ça veut dire, Koga ? lança-t-elle d’une voix perçante.
- Calmez-vous, Liza…
- Liza ? s’étonna Ed.
- Tiens, mais qu’est-ce que tu fais là, toi ? demanda la jeune femme, oubliant soudain sa colère.
- Je suis venu interroger un suspect. Mais toi, qu’est-ce que tu fais là ? Et c’est quoi ce nom ?
- Voyons, mon chou, tu ne croyais tout de même pas que je donnerais ma véritable identité à qui que ce soit ? répondit-elle sur un ton d’évidence. C’était une fausse identité, tout comme celle-ci. Quant à la raison de ma présence ici… KOGA ! cria-t-elle. Vous et vos hommes venez de foutre en l’air une mission d’infiltration qui durait depuis un mois !
- Vraiment ? Et qui en était le commanditaire ? demanda Koga, légèrement surpris.
- Disons que je comptais vous envoyer la note par la suite ! » répondit la jeune femme, irritée.

Ed eut soudain une idée.

« Koga, je crois que je vais vous laisser. Merci encore de m’avoir prévenu.
- De rien, Ed. Quant à vous, Liza…
- Oh, ne vous inquiétez pas, Koga, je m’en occupe. »

Ed prit Liza par le bras et se dirigea vers l’entrée du commissariat.

« Lâche-moi, je n’en ai pas fini.
- Je t’engage.
- Quoi ?
- Viens ! » la pressa Ed.

Ils sortirent du commissariat et la jeune femme mit ses mains sur ses hanches, refusant d’aller plus loin.

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse, au juste ? demanda-t-elle.
- Tu viens de dire que ça fait un mois que tu as infiltré leur secte. Je me trompe ?
- Non.
- Alors, je veux que tu me donnes toutes les informations que tu auras pu réunir sur leur groupe, déclara Ed.
- Cinq mille.
- C’est tout ? s’étonna le jeune homme.
- D’habitude, je prends bien plus que ça, répondit Liza, mais puisque c’est toi… Cinq mille.
- OK, c’est bon. Tu as de quoi nous téléporter ? A Pacifiville ? »

La jeune femme sortit son Kaorine de sa Ball et quelques secondes plus tard, leurs pieds foulèrent le sol de Pacifiville. Ils se dirigèrent vers la maison d’Ed et une fois qu’il eut tout expliqué à Flora, tous les trois s’assirent dans le salon.

« Je suppose que tu ne prends pas les chèques, dit-il en lui tendant une liasse de billets qu’elle glissa dans sa poche.
- C’est bon, dit Liza. Alors, voilà… Il y a environ un mois et demi, j’ai entendu parler de cette secte à Pacifiville. J’ai aussitôt senti le gros coup quand j’ai entendu parler de ce Doduo qu’un type avait ressuscité. Je me suis donc installée dans un hôtel de la ville. Je les ai bien observés pendant une semaine… Les gens dont les Pokémon venaient de mourir allaient les voir. Ils repartaient heureux de la Tour, où les quelques hommes s’étaient installés. Ils revenaient peu après avec des Pokéball.
- C’est donc à ça que Smith faisait allusion ? Mais pourquoi des Pokémon ?
- J’y viens. J’ai rapidement compris que je ne saurais rien de plus si je restais là à les observer. J’ai donc commencé à entrer dans la Tour en faisant semblant d’aller sur la tombe de Pokémon en essayant de les croiser, mais il n’y avait que des exorcistes dans la tour. Et un jour, j’y suis allée en panique, en disant qu’un de mes Pokémon venait de mourir. La personne à l’accueil à refuser de m’aiguiller, elle et les exorcistes semblaient croire qu’il fallait laisser les Pokémon morts en paix, que ce n’était pas naturel, ce que ce type avait fait. Une personne descendait des étages et m’a fait signe de la suivre. Je suis donc sortie de la Tour avec elle. Elle m’a dit que je devais d’abord amener plusieurs Pokémon, parce que ce rituel demandait beaucoup d’énergie.
- Ils se servaient de Pokémon vivants ? la coupa Flora, estomaquée.
- Oh non. Quand je suis revenue avec trois Pokémon fraichement capturés, je suis montée au sixième étage. Je devais avoir l’air bizarre à regarder partout, parce qu’un type s’est approché de moi et m’a demandé si je cherchais quelque chose. Quand il a vu que j’hésitais, il m’a dit qu’il avait compris et il m’a dit d’aller voir au fond de la salle. Il y avait une porte et quand je suis entrée, il était là. Le gourou. Il m’a fait tout un cinéma, me disant que je devais me dépêcher de lui apporter les Pokémon sauvages pour qu’il puisse lier l’âme de mon Pokémon à son corps, avant qu’elle ne disparaisse. Quand je lui ai dit que j’avais déjà de quoi accomplir le rituel, il m’a dit que je devais lui apporter le corps de mon Pokémon. C’est pour ça que personne ne voyait son Pokémon ressusciter : le temps qu’ils lui apportent tout ce qu’il demandait, il disait que leur âme avait disparu. »

Liza marqua une pause pour reprendre son souffle, et Ed en profita pour demander :

« Et comment tu as fait ?
- J’ai pas fait, répondit-elle avec un haussement d’épaules. Mais à partir de là, je me suis fait passer pour une illuminée qui gobait tout ce qu’il disait. J’ai vite acquis sa confiance et il m’a dit une chose, une fois… « Notre chef bien-aimé n’est pas d’ici ». C’était au bout de deux semaines. Il ne m’a plus rien dit, je crois que j’ai eu l’air trop intéressée et qu’il s’est méfié. Mais après une semaine pendant laquelle je me suis surpassée, il m’a donné une mission très importante.
- Attends, attends, dit Ed. Quand tu dis « je me suis surpassée »…
- Je lui apportais des Pokémon, répondit Liza. Plein de Pokémon. Mais au lieu de servir à des rituels, les Pokémon… disparaissaient. Ils les amenaient ailleurs.
- Et quand tu dis ailleurs…
- En Europe. C’est là-bas qu’il m’a envoyé en mission. Il m’a téléportée avec son Kadabra, en me disant d’amener directement mes Pokémon là-bas. Dans un entrepôt. Comment je sais que c’était en Europe, me diriez-vous. Hé bien, parce que personne ne connaissait les Pokéballs. Des types transportaient les Balls dans des caisses en demandant ce que c’était. Et voilà. Le reste, vous le savez… Le gourou a continué ses magouilles et il s’est fait coffrer par Koga. »

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