Peut être dans un songe brumeux. 
Mais cesse de m'ennuyer, c'est pas comme si j'avais une dissertation de philosophie à faire pour demain. 
Je te propose un marché.
Non, ma chère, j'entends évidemment par là placer une marque de courtoisie n'ayant pour but que de rappeler ma politesse, sans trop excéder, ce qui est tout à fait « normal » même si ce même « normal » n'est pas ou mal défini par les Humains, puisque comme je le disais, nous n'avons tout deux aucun lien familial ou d'amitié particulier qui expliquerait ce « chère » dans le sens de l'affectueux, ici donc absent car nos avis respectifs divergent sur cette question et que j'ai pour but de vous convaincre du contraire de vos pensées, qui, de mon point de vue, paraissent aberrantes au possible, même si cet avis est loin d'être objectif, et vous en conviendrez, ou pas.
Le fait est que dans ce genre de discussions, l'un ou l'autre des protagonistes, et ce terme est tout à fait adapté à la situation, transformant les parleurs en acteurs de pièce de théâtre, théâtre pour le moins classiques de par la bonne conduite des personnages qui conservent une bienséance toute particulière, évitant au possible d'enlaidir leurs discours par de vulgaires annotation péjoratives à l'égard de l'autre, l'un d'eux, donc comme je disais, se démarque de l'argumentation grâce à des éléments pertinents, des preuves réelles qui prouvent la véracité de ses propos, et donc par déduction la fausseté de ceux de son adversaire. Cela dit, si le public, accessoirement participant à la « dispute », parvient à départager implicitement les deux combattant, en désignant toujours indirectement le vainqueur, le vaincu, lui, conservera toujours ses idées, furieux de les voir contrecarrées aussi facilement, et désireux de se lancer dans une argumentation sans fin, une dernière chance, il n'a plus rien à perdre. On se retrouve donc dans une lutte interminable entre deux Humains qui ne lâchent pas un pouce de terrain à l'ennemi, piquant et crachant leurs idées de plus en plus violemment, avec force virulence. Ces deux fiertés assoiffées de vengeance ne cesseront jamais de se livrer combat, sans que jamais l'une ou l'autre ne mérite vraiment d'être gagnante, et nous, et par le « nous » je généralise en incluant le public mais également les acteurs, nous sommes donc souvent englués dans une incapacité de retraire, une destiné funeste d'assister à ce combat futile jusqu'à la fin des temps. Pour éviter cet incident fâcheux, et par là j'ose espérer qu'il est ennuyeux aussi dans votre esprit, je me permets de mettre un terme à ces agissements obscurs voués à nous faire échouer et quitter le sentier de la raison, à vous comme à moi, en me déclarant donc vainqueur de notre joute verbale, même sans preuves, même si mes arguments pourraient triompher des vôtres, c'est une victoire arrangée, un pacte entre vous et moi. De par cette trêve, vous avez donc tort, vos idées sont fausses, vous l'avouer officiellement et repartez dignement, fierté encore resplendissante, alors que je me retire de mon côté, modestie courtoise en guise de trophée, et masque d'impassibilité pour le respect du vaincu.
