Oooops, spoiler! Seuls les pires débiles de l'internet se sentiront concernés cependant car je n'imagine pas que l'on puisse s'intéresser une seconde à la trame scénaristique de Bayonetta.
Si la plupart des jeux d'action ont en effet la modestie de rester légers dans leur façon de distiller leur scénario, Bayonetta décide au contraire d'en rajouter dans la lourdeur avec des cutscenes d'un cheap qu'on ne pensait atteignable que sur Wii. Parfois interminables, souvent insupportables, toujours d'un mauvais goût lamentable qu'un soit disant délirant second degré japonais ne parvient plus à excuser, elles ne demandent qu'à être zappées au plus vite.
Le reste du background est dévoilé à travers des bouquins à collecter à travers les niveaux dont l'intérêt est une illustration parfaite du néant et que la mise en paragraphe rend de toute façon illisibles.
Mais au delà de choix de gameplay douteux et d'une storyline lourdingue, ce qui achève de plomber Bayonetta, c'est bel et bien cette tenace odeur de renfermé qui s'en dégage. Tout dans la mise en scène, le décor ou le bestiaire de Bayonetta pue le déjà-vu et le déjà-joué avec ses châteaux, sa façon d'introduire les monstres ou ses voix de boss directement recyclés de Devil May Cry. Avec Jeanne dans le rôle de l'inévitable double négatif du personnage principal, un cliché tellement usé que même sa teinte sépia provoque plus la pitié que l'attendrissement d'un spectateur affligé par un tel manque de créativité.
Quelle tristesse, après avoir connu God Hand, de voir le genre bégayer ainsi de façon moribonde! Ceux qui espéraient trouver le successeur triomphant du beat de Capcom devront donc revenir de leur désillusion: ils se retrouvent à la place avec le spinoff neuneu de Devil May Cry.
Bien sûr, quelques petits fanboys nerdeux -sans doute les mêmes qui prétendent que Halol ne prend toute sa dimension qu'en mode Légendaire- essaieront de protester à travers le fil de leur appareil dentaire en expliquant que tout celà devient beaucoup plus compliqué dans les niveaux supérieurs de difficulté et que l'intérêt s'en trouve ravivé. Un argument cependant rapidement balayé d'un revers d'une main de fer dans un gant d'acier clouté.
Car afin de grapiller quelques points dans les reviews, les développeurs ont souhaité apporter des "variations de gameplay" dans leur jeu. Une décision qui révèle la détresse abyssale dans laquelle se retrouve le genre aujourd'hui, tant cette hétérogéneité des mécanismes de jeu vient handicaper un titre qui n'en avait pas besoin.
En effet, il n'est pas exagéré de dire que la seconde moitié du jeu n'est qu'un vaste désert ludique dans lequel les rares combats "classiques" font figure d'oasis.
2'eme partie BOSS BOSS BOSS BOSS