DAT Concept en plus. ![]()
ça roxxait tellement 24h OoT ![]()
Bon je me suis arrêté à la partie Naüs/Van/Orcus, j'étais comme ça :
Tu as vraiment bien saisi les persos, l'ensemble de cet épilogue est superbement maîtrisé, avec quelques références assez subtiles et/ou brèves pour de pas être trop lourdes, mention spéciale avec l'histoire des deux Kokiris/Hobbits et pour le règne de l'Homme en Rouge
Je te tire mon chapeau, Linki-Kate.
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Hé Sheik, je me trompe si je dis que t'avais pas mal kiffé Baten Kaitos ?
Non, tu ne te trompes pas ! ![]()
C'est ce qu'il me semblait.
Bon bah c'est bien, je pense que tu va bien aimer certaines références. ![]()
Réunion ?
Oh boi.
Réunion ![]()
Bon vous êtes au taquet ou bien ?
Jsuis là les blaireaux !
Bon, je poste dans quelques minutes. ![]()
Bon sur msn, il me dit que les messages n'ont pas pu être remis à tous les destinataires.... Sur Skype, y a une fonction chat écrit ? Parce que je peux pas utiliser le micro là...
La créature aux ailes noires, pour toute réponse à la vue du sorcier, émit un long grognement, témoin de sa colère difficile à apaiser. Satic, anticipant une éventuelle attaque sur les nouveaux arrivants dont il faisait partie, sortit son arme, sans un bruit. Le nécromancien, à côté de lui, fut le seul à repérer la manoeuvre, et repoussa de la main la lame du Mojo, lui signifiant que cela serait inutile.
- Naüs... Brave petit Sheikah... Je sais que nous ne nous sommes connus que peu, néanmoins, je peux t'assurer et j'espère que tu t'en es rendu compte par toi-même, que j'ai toujours fait tout ce qui était en mon pouvoir pour te venir en aide. Tu es d'accord avec cela ?" commença Faust d'un ton paternel.
Au début, l'hybride démoniaque ne répondit pas, en tout cas pas autrement qu'en un râle succint.
- Oui..." fit la bête.
- Bon... Eh bien, sache, Naüs, que bien que ni ton oncle ni ta mère ici présents ne connaissent mon identité, je fais pourtant partie au moins autant qu'eux des responsables de ta naissance, et des tourments qui agitent ton existence. Et parce que j'en suis responsable, et que je ne saurais me pardonner de ce qui est advenu d'un si bon garçon que toi, que j'ai fait et que je ferais jusqu'au bout tout mon possible afin de te libérer de tes tourments. Et c'est pourquoi je suis venu ici, dans l'Underworld..."
Ni Van Fanel ni Orcus Sotnatha ne comprenaient de quoi ce nécromancien voulait parler, mais de toute manière ils n'avaient pas d'autre choix que de laisser les choses suivre leur cours, car bien que Naüs semblait attentif à ce discours, il ne désserrait pas pour autant son étreinte.
En croisant le regard de l'ange démoniaque à présent vulnérable, le sorcier reprit la parole.
- Oui, je sais que tu ignores tout de ma place dans cette histoire, Orcus. Pour toi, je ne suis qu'un ennemi, un traître qui a juré de tout faire pour aller à l'encontre des ambitions de ceux d'en bas... C'est tout naturellement que la vérité t'a été cachée, depuis toujours. Enfin, maintenant que je vois que j'ai votre attention à tous, je crois que le plus simple est.. tout simplement que je vous raconte mon histoire...
En effet, bien que vous l'ignoriez tous autant que vous êtes, je n'ai pas toujours été, ni surnommé "La Mort", ni un nécromancien, ni même prénommé Faust...
Il y a bien longtemps, j'étais comme la plupart d'entre vous, un simple vivant, Hylien, originaire d'une province lointaine et dont le nom importe peu. Lorsque j'étais jeune, j'étais un aventurier, très friand de voyages, et pendant de très nombreuses années j'ai sillonné les routes de manière solitaire, avec pour ambition de découvrir le monde. Cependant, les années passant, le temps commença à faire son oeuvre sur moi, me fragilisant et réduisant mes capacités physiques. Ainsi, un jour, je ne fus plus en mesure de continuer mes voyages, sans pour autant avoir satisfait mes ambitions. En temps normal, un Hylien de ma condition aurait renoncé et aurait envisagé de trouver un coin tranquille où s'installer pour couler des jours heureux, mais cela ne m'est jamais venu à l'esprit un seul instant... Car j'aimais la vie avec passion et cela m'avait permis de conserver un esprit intact, jeune, et même.. sauvage. J'ai tant aimé la vie d'aventures que j'ai menée, que je me suis alors mis à me tourner vers la recherche, dans les ouvrages que j'avais collectés au cours de mes pérégrinations, d'un possible moyen de recouvrir mon endurance d'antan, ou de revenir à mes jeunes années. Pendant des mois, je ne trouvai rien... Jusqu'à ce qu'enfin je ne retrouve un livre que l'on m'avait offert dans une contrée dangereuse, plus précisément dans le village de NotulP, où s'était regroupée une grande communauté de personnes vouant un immense culte à.. eh bien, à la Mort. Malgré la noirceur apparente de leurs rites, c'étaient des gens d'une grande gentillesse et d'une inégalable hospitalité, ce qui avait réduit au plus bas mes appréhensions à traiter avec l'au-delà...
Quoiqu'il en soit, c'est dans ce maudit ouvrage que j'ai trouvé un processus qui permettait d'acquérir une jeunesse permanente, apparemment sans avoir à faire de véritable sacrifice. Il suffisait de pactiser avec la Mort, et de rentrer, au moins temporairement, à son service, en échange de ce qui s'avérait être exactement ce dont je pensais avoir besoin : l'immortalité.
C'est ainsi que par amour pour la vie, je me suis tourné vers la mort... Après un rituel complexe qui me prit plusieurs mois de préparation, j'ai invoquée la présence de celle-ci. Oui oui, je parle bien de la Mort en personne, celle qui n'a pas de visage... Je lui ai expliqué mes intentions et mon voeu de bien vouloir entrer à son service en échange de ce dont j'avais besoin. Elle accepta évidemment sans difficultés, en échange de plusieurs choses que j'eus à sacrifier, qui me parurent sur l'instant dérisoires.
La première chose fut que je perdis à la fois mon nom d'alors et le souvenir de ce nom, et que celui-ci était dès cet instant décidé par Elle-même. C'est ainsi que je fus renommé Faust. Mon nom de famille, lui, n'était qu'un code désignant les nécromanciens dont j'allais faire partie, qui ne sont pas seulement, pour Elle, des manipulateurs de corps décharnés, mais surtout des chasseurs d'âmes de vivants lui permettant de s'en nourrir. C'était un des noms par lesquels elle était nommée dans un pays lointain, où la nécromancie avait trouvé naissance : Thanatos, simplement formulé avec des syllabes inversées. C'est à dire, Sotnatha.
Je vois à vos regards que vous vous demandez donc si mon nom est Sotnatha, le même qu'Orcus, et c'est parfaitement exact. A l'époque, ce fut donc un nom assez artificiellement répandu, puisque tous les nécromanciens exerçant au service de la Mort portaient le même.
La deuxième chose que je devais Lui sacrifier était tout simplement l'exacte moitié de toutes les âmes que mes nouveaux pouvoirs me permirent de collecter. Bien sûr, au début, je ne récupérais que celles des êtres morts naturellement... Mais bien vite, l'ivresse que me procurait la consommation de ces âmes, qui me permettaient de garder une forme physique à son plus haut niveau, me poussa à tuer par moi-même ceux que je jugeais dignes de périr. C'est avec ce changement d'attitude que l'enchaînement des évènements - savamment calculé - prit une tournure bien plus sombre pour ma personne...
Car au fur et à mesure que je devenais un agent "efficace" car rentable pour la Mort, cette récolte des âmes, qui n'était au début qu'une nécessité secondaire, devînt l'objectif primaire de mon existence. Le délice de leur dégustation avait remplacé, comme unique désir et plaisir, celui de voyager. Mon âme s'était entachée et totalement noircie. Lorsque je fus jugé comme mûr pour cette perspective, la Mort revînt à ma rencontre sans que j'aie à convoquer sa présence afin de me faire une proposition : celle de la rejoindre en Enfer.
Cela me garantissait non seulement un apport d'âmes régulier et systématique, car prodigué par les autres nécromanciens en fonction, mais également des pouvoirs accrus et des responsabilités bien plus importantes. Cette perspective de me nourrir d'âmes et d'être immortel sans avoir à faire d'efforts pour le rester me combla, et me rendit d'autant plus reconnaissant envers Elle, pour qui je fus dès à présent ravi de pouvoir consacrer mon temps, celui-ci m'apparaissant comme infini.
C'est donc sans hésiter que j'acceptai, et à peine quelques heures plus tard, je descendais des escaliers semblables à ceux entre lesquels nous nous trouvons...
Il serait inutile que je vous fasse un compte-rendu des projets auxquels j'ai participé au sein de l'Enfer... Si cela vous parle, sachez seulement que j'ai par exemple contribué à la création de certains démons des profondeurs, comme celui qui semble avoir été envoyé à la surface... Enfin bref.
Il y a de cela quelques années - je ne sais plus le nombre exact - alors que j'étais encore employé au service de l'Enfer, affecté dans un département, depuis longtemps, d'usage combiné de la science et de la magie - département semblable à un véritable laboratoire macabre... - moi et mon équipe avons reçu un dossier évoquant un nouveau projet. Il s'agissait d'une expérience inspirée d'un conte d'une province très lointaine d'Hyrule, dans lequel était expliquée la création d'un être ailé à partir de rien, une expérimentation magique plus précisément. Un être qui n'aurait ni d'âme, ni de sens à sa vie autre que celui qu'on lui aurait dicté. En d'autres termes, une espèce de soldat parfait, invincible et incapable de trahison... Dans le conte, l'être ainsi créé était cependant imparfait, et possédait une aile en moins, malgré la capacité à voler qu'il aurait du posséder afin d'être semblable à tous les autres habitants de cette province, capables de faire pousser dans leur dos des ailes d'une couleur reflétant leur âme... Cet élément était fait pour amener une des morales de ce conte, celle que l'artificiel ne peut jamais surpasser la nature... Néanmoins, une seconde expérience était évoquée, qui aurait dû être le "petit frère" de la précédente, et où les résultats auraient été ceux attendus. Mais cette seconde expérience n'a jamais pu aboutir, à cause de l'intervention des personnages principaux du conte... C'est en se basant sur les idées de ce récit que nous avons entamé, dans des profondeurs peu fréquentées de l'Enfer, bien à l'abri des démons, de ce nouveau projet, qui fut le dernier en ce qui me concerne. Ce projet avait pour nom.. Eh bien.. Le projet Orcus."
Oui il y a un chat écrit.
- Tout cela n'est que mensonge ! En tant qu'Avatar de la Mort, je te ferai ravaler ton poison, fourbe vieillard !" s'étrangla l'ange démoniaque, avant que la poigne de Naüs ne le force à se taire.
- Ta réaction est tout à fait normale, Orcus..." reprit le vieillard, "Mais les faits sont là... Tu n'es qu'un produit artificiel d'une collaboration dans les pires méandres de l'Enfer, entre les plus puissants sorciers de l'Enfer... Tout en toi a été conçu pour susciter l'effroi pour autrui, aussi bien que ta haine pour autrui... Quand nous t'avons fait naître, en implémentant en toi cette idée d'être la Mort elle-même, tu fus la plus terrifiante création à laquelle j'avais participé et qui m'avait été donnée de voir. Pour que tu puisses être immortel et que tu possèdes la capacité de pouvoir régénérer automatiquement n'importe quelle partie de ton corps, je me suis investi au point de te donner une partie de mon âme, avant de la sacrifier à la Mort. Ainsi, tu fus dès le départ conditionné à ne pas ressentir d'autres sentiments que ceux que nous voulions que tu ressentes : la haine, la colère, la souffrance, le mépris... Toute possibilité d'éprouver un quelconque plaisir réel te fut ôtée dès le départ, afin que tu ne te tournes jamais vers la vie et que tu restes à jamais esclave de la Mort... Ainsi, j'ai lié à jamais nos deux existences, et j'y ai perdu mon âme. Pour moi, ce n'était qu'un détail, mes collaborateurs avaient pour certains donné la leur depuis bien longtemps, sans pour autant, en apparence, en avoir souffert. Néanmoins, en faisant cela, je découvris au fond de moi l'espoir étrange que j'avais eu, que le projet Orcus échoue. Je ne pensais pas que nous serions réellement capables de créer quelque chose si proche du vivant mais si mort au fond de lui. C'était une oeuvre tenant du divin... ou plutôt, du malin, dans ce cas-ci. Cette découverte, combinée à la perte de mon âme, me fit réaliser à quel point j'avais sombré dans l'obscurité, très loin de mes ambitions d'origine. Mon âme, que j'avais cru passablement inutile, ne prit son importance que dans sa perte. Je commençais à comprendre que ma volonté avait été manipulée...
L'horreur de l'existence promise à un être aussi vil qu'Orcus, qui fut baptisé Orcus Sotnatha, comme s'il s'agissait de mon.. de mon enfant... me poussa à la fuite. Evidemment, j'étais parfaitement conscient que je ne pouvais pas aussi simplement démissionner. Alors, au lieu de faire part de mes doutes, j'ai continué à travailler normalement, jusqu'à ce qu'un jour je me décide, et que je regagne la surface, sans mon âme, mais avec un grand nombre de celles d'autres guerriers, à qui je rendais vie. Car je m'étais ainsi décidé, pour me venger de la Mort qui était allée trop loin dans l'empoisonnement de mon existence, non seulement de la trahir, mais également de tout faire pour l'empêcher de se sustanter en âmes... Sans la mienne, je suis également devenu impossible à trouver depuis les Enfers... Et c'est ainsi que, au fur et à mesure des réssurrections mystérieuses dont j'étais à l'origine, je fus surnommé par certains "La Mort". Pendant de nombreuses années et jusqu'à aujourd'hui, j'ai poursuivi ce but, et bien que certains ont pu converser quelque peu avec moi, j'ai privé ceux qui n'y étaient pas prêts de la mémoire de leur retour à la vie. Ainsi, la plupart se sont réveillés sans comprendre ce qui leur était arrivé... La seule autre chose qui me préoccupait en dehors de cela, était de surveiller les agissements de cet ange démoniaque portant mon nom. Ce nom, qui n'était plus porté que par moi et la créature, car ma trahison n'a pas été sans répercussions : craignant que d'autres nécromanciens comme moi suivent mon exemple, Elle mit fin de façon préventive à l'existence de chacun d'entre eux... Ainsi, le nom de Sotnatha fut presque totalement effacé, et bien évidemment, le nom de Faust le fut aussi de tout ce à quoi j'avais contribué. Dans les mémoires de l'Enfer, je ne suis resté qu'un traître et un lâche... Pour en revenir à cet ange diabolique, c'est en surveillant ses agissements que j'ai découvert ces relations entretenues entre Van Fanel, ici présent, et Samaghoû, l'Elfe noire dévouée à l'ange, aveuglée par sa soif de pouvoir et sa fascination pour la violence et le meurtre. Cette relation factice contribua à former celle entre le frère jumeau de Van, Nav Fanel, ton père, et Orcus lui-même. Bien conscient que cette infamie ne mènerait les frères Sheikahs qu'à leur perte, j'ai tenté d'y mettre fin par moi-même, mais mes tentatives ont lamentablement échoué. Ainsi, dans l'esprit d'Orcus, par l'intermédiaire de l'esprit de la Mort elle-même, l'idée aussi ignoble que diabolique de se servir des sentiments du Sheikah, germa. L'idée de te concevoir, Naüs... C'est ainsi, en tant que seconde expérience du projet Orcus, ou continuation de ce dernier, que tu naquis.. en Enfer. Bien évidemment, ils ne purent pas contrôler tes pensées et tes sentiments à venir, comptant simplement sur tes potentialités... Afin que tu sois à l'avenir servile, la Mort te fit abandonner à la surface, pour que tu deviennes naturellement haineux envers la vie en elle-même. Il aurait suffit que ta "mère" vienne te cueillir lorsque ta haine aurait atteint son paroxysme, pour que tu sois leur jouet, tout comme ta génitrice... Mais tu as été retrouvé par ton oncle, ce que personne n'avait prévu. Celui-ci, encore endetté auprès de la Mort, ne put rien faire de plus que de te confier les armes de ton père, qui a effectivement été tué par l'ange démoniaque, incapable de ressentir ou même de comprendre les sentiments amoureux... A ce stade, je ne pouvais que rester spectateur des évènements à venir, et c'est lorsque je vis ta première transformation, lors de ta confrontation avec Kashidalva, que je compris toute l'horreur de la destinée qui allait être la tienne si je laissais les choses suivre leur cours... C'est pourquoi j'ai décidé d'intervenir immédiatement lorsque Joël Pomme t'a tué, et que j'ai sondé ton âme... J'y ai découvert, très étonnamment, ta nature pacifique ne cherchant qu'à trouver des réponses à ses interrogations profondes, ainsi que ta quête de tranquillité. Et, contrastant avec tout cela, une partie de ton âme, celle due à ta génitrice, complètement avilie, refoulée et d'une noirceur inégalée... et qui renfermait d'obscurs pouvoirs, ceux dont tu es victime en ce moment-même. Cependant, à la différence de l'ange diabolique que tu maîtrises de ta force décuplée, tu n'as pas d'aptitude à te régénérer, et n'est pas immortel comme lui..."
- Vous.. vous voulez dire qu'on ne peut pas le tuer ?" balbutia Van, qui parvenait à grand mal à suivre les explications de Faust.
- Non, pas le Tuer."
Naüs, quant à lui, restait muet une fois de plus. Troublé au plus profond de lui-même, ces révélations semblaient en effet concorder avec tous les évènements qu'il avait vécu jusqu'alors. Mais cet éclaircissement n'était pas dépourvu de ténèbres... Son oncle, et Linki, lui avaient donc dit la vérité... Son père était mort... Sa mère n'était qu'un pantin de la Mort... Et Sirae... Sirae était donc... vivante !
Cette pensée fut celle de trop, que la colère de l'hybride ne put supporter. Instantanément, son émoi mit fin à sa transmutation en ange de la mort, ses cornes et ses canines disparurent sous sa peau, de même que ses ailes... Même si il savait qu'elles se trouvaient toujours quelque part, enfouies en lui...
Mais l'étreinte qu'il exerçait sur Van Fanel et Orcus se relâcha également, ce qui permit au Sheikah de s'affaisser au sol, toujours meurtri par la douleur, et à l'ange de se libérer, et de récupérer sa faux échue.
Naüs, lui, tomba à genoux, sanglotant. Toute cette haine et cette souffrance qui l'avaient entouré, et qui avaient fini par s'emparer de lui, s'étaient éclipsées brusquement, le laissant meurtri et vulnérable.
Il n'en fallait pas tant à Orcus, qui se dirigea vers le corps de sa progéniture.
- Je te remercie, sorcier." s'exclama l'ange avec sournoisie, "Grâce à la perfidie de tes racontars, tu as réussi à anéantir la volonté de mon fils... Et désormais, vous allez tous faire ce que je vous dis, autrement je mettrais fin à sa vie dans l'instant."
- Tu ne le pourras pas, j'en ai peur. L'ironie de cette affreuse histoire, c'est que ton pouvoir est bien faible face au sien..." ricana le nécromancien.
- Tu crois me connaître mais.." commença Orcus, avant que soudainement sa faux ne lui soit retirée des mains. Sans comprendre immédiatement, c'est avec surprise que l'engeance des Enfers découvrit que le manche avait été saisi par un fouet. Le fouet dans la manche de Naüs Sotnaël, à présent relevé. Celui-ci restait toujours muet, mais fixait à présent sa "mère" avec un regard d'une noirceur sans égale.
- Sous cette forme, tu es et resteras un moins que rien, mon enfant." s'exclama cette dernière avant de pousser un rire glacial.
- Bien, maintenant que tout cela est dit, Scyzal, je vais avoir besoin de ton aide."
Le Mojo, aussi surpris à l'évocation de son véritable nom que d'avoir une quelconque utilité dans cette histoire qui ne le regardait en rien, et qui se demandait même pourquoi le sorcier avait tenu à ce qu'il l'accompagne, ne répondit rien.
- Quant à toi, Naüs, je compte sur toi pour empêcher ta génitrice d'intervenir..." reprit Faust.
Orcus, se sentant insultée, regardait désormais sa progéniture avec défi. Naüs, sans répondre, sortit sa rapière. Alors que la mère et l'enfant se jetèrent l'un sur l'autre avec force, c'est sans y prêter attention que Faust reprit la parole, à l'adresse de son compagnon Mojo.
- Scyzal, tu te doutes que je t'ai demandé de venir avec moi pour une raison particulière... Cette raison, c'est l'arme que tu portes à la main. Lorsque j'ai cherché un moyen de mettre fin à la vie d'Orcus, conscient que celui-ci ne pouvait, au même titre que moi, être tué, j'ai cherché les moyens d'attenter directement à l'existence d'un être... Car, être tué, c'est périr en Enfer et perdre son âme... Mais briser l'existence de quelqu'un, c'est détruire à la fois le corps et l'âme elle-même de la personne, mettant un terme définitif et absolu à tout ce qui se rapporte à elle. Plusieurs choses permettent de mettre fin à l'existence d'un être... Parmi elles, la noyade dans le Styx, mais aussi certaines armes, comme la Faux que porte la Mort elle-même... C'est d'ailleurs ce qui la rend si redoutable. Mais parmi ces armes, certaines se trouvent à la surface, et cette capacité qu'elles possèdent est souvent inconnue de leurs propriétaires..."
- Vous voulez dire que...?" intervînt le Mojo.
- Oui. Ton Glaive des Forêts en fait partie. En transformant les êtres vivants en écorce, leur âme est également figée et changée en bois... Ceux que tu as ainsi tués n'ont jamais vu l'Enfer."
- C'est.. C'est une grande responsabilité que de pouvoir faire cela..."
- En effet. Mais dans ce cas précis, elle va nous être d'une utilité formidable."
C'est alors que l'être d'écorce jeta un oeil au combat opposant Orcus et Naüs, où l'on pouvait remarquer que malgré sa hargne, le Sheikah semblait dominé par la vitesse et la puissance de l'ange diabolique dont il était issu.
- Je n'arriverai jamais à tuer ce monstre... Pour utiliser le pouvoir du Glaive, j'ai besoin de temps et de concentration, et avec sa vitesse, je ne pourrais jamais le toucher mortellement d'un tel coup..."
- Je sais tout cela." répondit Faust d'une voix énigmatique.
- Et donc, quelle est votre idée ?"
- N'ai-je pas mentionné tout à l'heure que c'est de mon âme qu'Orcus Sotnatha est né.. ?"
- Non, vous voudriez que.. ?"
- C'est la seule solution, j'en ai peur." répondit le nécromancien avec un maigre sourire.
C'était donc cela le plan de Faust, depuis le début.
- Fais moi confiance, Scyzal. Et pense à Naüs. Moi je n'ai plus rien à perdre, mon existence est vaine depuis déjà bien trop longtemps, je ne suis plus qu'une ombre... Je ne pense même pas que récupérer mon âme me serait d'une quelconque utilité, au point où j'en suis arrivé... Mais Naüs a toute sa vie à vivre devant lui. Tu sais aussi ce que c'est que de sacrifier sa vie, n'est-ce pas ? Le souhaiterais-tu à quelqu'un..?"
Le Mojo fixait le sorcier, sans rien dire. Il savait très bien que Faust avait raison.
- J'ai une question, dans ce cas... Pourquoi avoir accepté d'aider Linki si vous ne vouliez pas récupérer votre âme ?"
- Ce n'est pas Linki qui m'a convaincu... C'est toi."
L'être d'écorce ne put alors retenir un sourire. Un sourire triste, et une émotion qu'il n'avait pas ressentie depuis bien longtemps : la gratitude. Ce qui allait pourtant totalement à l'encontre de ce que le sorcier lui demandait de faire à demi-mot. Non loin de là, le combat faisait toujours rage, et Naüs avait déjà été touché par deux fois par de l'acide. Orcus, implacable, dominait sa proie d'une main de maître, par l'usage de son pouvoir illimité de régénération. Le Sheikah ne tiendrait plus très longtemps...
- Tu dois le faire, et vite, Scyzal. N'hésite pas, frappe. Frappe avec toute la précision dont tu es capable, et arrache moi à mon existence misérable... Je te le demande... Comme à un ami."
Ces mots étaient presque de trop pour le Mojo, brusquement troublé par les émotions contradictoires qui s'emparaient de lui. Néanmoins, il savait qu'il devait le faire et que c'était la meilleure chose à faire. Pour lui, pour Faust, pour Naüs et même pour Orcus.
Alors, tandis qu'il préparait son glaive armé en fixant le visage de Faust pourtant paisible, et commençait à concentrer le pouvoir de son arme, parallèlement, Naüs, désarmé de sa rapière, son fouet consumé par l'acide, s'emparait de sa dernière arme, Inu.
L'espoir. Il ne lui restait plus que ça pour se battre.
Les larmes coulèrent sur les joues du Mojo et du Sheikah. Des larmes de regret et des larmes de rage.
Les deux lames courtes traversèrent l'air ambiant dans le même mouvement, et pénétrèrent la chair au même instant. Dans un même cri.
- Adieu, Faust..." chuchota le Mojo.
- Adieu, Naüs !" cria l'ange pensant ainsi pouvoir achever le Sheikah dépourvu d'armes.
L'instant suivant, quelque chose de surnaturel se produisit : les deux corps frappés au coeur de Faust et d'Orcus Sotnatha commencèrent à... se transformer en bois. En bois mort.
L'ange, qui ne comprenait pas, déglutit.
Le sorcier, lui, souriait. Et prononça une dernière parole :
- Scyzal... Retiens bien une dernière chose de moi.. La seule chose plus difficile que la vengeance... C'est... le pardon."
Juste après, le cri déchirant l'air de l'ange démoniaque, incapable de bouger.
En quelques instants... Le nom de Sotnatha venait de trouver une fin.
Le Mojo, figé, ne comprenait pas les dernières paroles de Faust. Le Sheikah retira Inu du corps ailé, à présent de bois, figé en une expression de terreur. L'être au sang de sève récupéra alors son glaive, dans le corps du sorcier semblant enfin apaisé. La voix de Naüs brisa le silence qui s'ensuivit, lui qui était resté si longtemps muet.
- L'espoir... C'est tout ce qu'il nous reste, à présent. Rentrons chez nous..."
***
Sag' tu mets ton identifiant skype après ? J'ai fait une conv' exprès. ![]()
J'minscris les boloss !
Ajoute moi en contact après. Tu cherches lyusan11, tu devrais me trouver.
Lyusan11 ![]()
Ding dong.
Lorsque Daarkar, le compagnon Dragon du guerrier des ténèbres, avait répondu à l'appel du sifflet confié à Tarn Darkblade, la situation parût prendre un tournant favorable aux associés de l'ancien Mojo. En effet, bien que de taille plus petite que le démon Dranoèl, Daarkar avait un atout aussi primordial qu'incontestable : sa capacité à voler. Celle-ci, dont le gigantesque démon était dépourvu, avait permis au Dragon noir d'esquiver bien plus facilement les attaques de son adversaire.
Heureusement pour les vivants, Dranoèl était, bien qu'impressionnant, l'un des moins dangereux des démons des profondeurs, car bien que d'une puissance colossale, il était également handicapé d'une vitesse moindre de déplacement et d'attaque. Cette erreur de choix, que Taûsyl savait impossible à corriger puisque la totalité des troupes, dont lui-même, étaient déjà engagées dans la bataille, avait compté sur un éventuel retournement de situation hasardeux, ainsi que sur l'arrivée des troupes de démons infernaux, en tant que renforts. Il avait certainement trop misé sur l'arrivée de Dranoèl pour écraser leurs ennemis, mais celui-ci, à cause du dragon, était maintenant d'une inutilité déconcertante. Le démon avait en effet subi constamment les assauts de son opposant ailé, et bien qu'il y résistait assez bien, son incapacité à pouvoir lui faire des dommages conséquents le plaçait en position de faiblesse.
Le Hache-Viande s'était battu du mieux qu'il pouvait, tentant de désarmer Signe de ses cimeterres bleutés en faisant usage de sa chaîne, mais en vain. L'hybride, cependant, malgré sa grande dextérité, avait eu du mal à porter des coups à Taûsyl, auquel il devait impérativement faire perdre son armure si il voulait percer ses défenses. Mais le géant vêtu d'acier, conscient de cette faiblesse, avait tâché de ne jamais tourner le dos à son ennemi, et si la situation le prenait de cours, effectuait des attaques circulaires avec sa Mega-Hache. Signe avait été néanmoins satisfait, car il avait trouvé un adversaire à sa hauteur.
- Je comprends pourquoi le Mojo avait tenu à t'affronter à l'époque... C'est vrai que tu n'es pas mauvais !" avait lâché l'hybride en ricanant.
Le Hache-Viande avait souri intérieurement de la remarque de son adversaire, qu'il aurait très bien pu avoir à affronter auparavant. Le destin en avait décidé autrement...
Ding dong.
De même qu'en cet instant où tout semblait déjà scellé, le destin semblait à nouveau avoir son mot à dire.
Ainsi, un peu plus loin derrière le combat central entre Signe et Taûsyl, Albatard, Kurst et Tarn avait gardé les mêmes positions, et tabaissaient du démon lorsque ceux-ci parvenaient à leur hauteur. Ephraïm lui, était en train de poursuivre son rôle, donnant des ordres à son "armée".
- Isana, Herbert, couvrez Yrion ! Fly, reviens en arrière, tu es trop exposé... !"
- Excusez-moi euh.. Depuis quand suis-je devenu ton larbin, espèce de malade mental ?" déclama soudain Herbert l'iconoclaste.
La voix du pirate flânant de ses sandales les tombeaux des rois manqua de peu de donner une crise cardiaque à Ephraïm, qui avait pris l'habitude à ce qu'on ne discute pas ses ordres, même pas ce danger public qu'était Herbert.
- Qu-quoi ??" balbutia le nomade.
- Ephraïm... T'es lamentable... Tu te fais même insulter par un mort-vivant..." constata Sheitan en le poussant, consternée.
- Et en quoi suis-je censé être un mort-vivant ?" reprit le pirate en reculant, tentant de rester calme tout en se demandant d'un seul coup ce qu'il faisait là, en plein milieu d'une bataille opposant des participants du tournoi à des bêtes à cornes hurlant de façon démente.
- C'est qui, qui dit n'importe quoi ?... Herbert ??" s'étonna Kurst en se retournant.
Quelque chose ne tournait pas rond. Vraiment pas.
Car sitôt après cet incident, l'alligator extraterrestre constata l'expression soudain surprise de Rogg le jeune Hylien et d'Elle la Gerudo des Neiges, qui étaient postés non loin devant le schyzophrène, et qui rangèrent leurs lances et prirent leurs jambes à leur cou brusquement.
- Qu'est-ce qu'il se passe derrière ?" fit Albatard.
Pour toute réponse, il eût l'écho de la voix de Zack le Sheikah, à quelques pas.
- AAAH, mais qu'est-ce que c'est que ça ?? Tu es là, enfoiré de Garo ! Je suis sûr que c'est toi qui est à la tête de tous ces monstres !" s'écria-t-il en apercevant Yrion à quelques mètres devant lui.
- Quoi ? Je.. Mmh..." se contenta de répondre le Garo en pancho, qui, à défaut de savoir ce qu'il faisait là, était coutumier à la guerre et comprenait bien que la position avancée dans laquelle il se trouvait était difficile à abandonner.
De même, Masuku et Fly, bien que reprenant leurs esprits et ne comprenant pas bien ce qui se passait, sentirent que la nécessité immédiate était celle du meurtre, c'est à dire leur passion commune. Ils continuèrent donc la bataille normalement, et même avec une énergie augmentée.
A l'inverse, c'est sans bruit qu'Isana rangea son arc en voyant que ce pourquoi elle était venue, l'honneur de son peuple, n'était plus en jeu depuis longtemps, et prit la poudre d'escampette, à l'instar de Rogg et Elle.
- Dites-moi les gars" intervînt alors Herorta en rejoignant Albatard et Kurst qui eurent alors bien plus de démons dans les pattes, "C'est pas ce que je crois, là-bas, que Linki aurait ouvert...?"
- Si tu penses à un accès vers toutes les horreurs de l'Enfer, alors oui, c'est ça." fit Kurst.
- D'accord... Il faudra que Linki m'explique deux-trois petits trucs..."
Mais alors que Vénus, Joël Pomme et Nélia reprirent leurs esprits également, ils imitèrent les autres, fuyant pour leurs vies ce spectacle incompréhensible de désolation et de barbarie qui les entourait.
- C'est marrant... Je crois que Zakoestros a oublié de nous prévenir du détail "Je vais perdre le contrôle des esprits de tous les guerriers sans lesquels vous allez vous faire réduire en charpie, en plein milieu de la bataille"..." s'exclama alors Albatard.
- De toutes façons, on a plus le choix, il faut continuer à résister jusqu'au bout !" s'écria Tarn à l'adresse de ses compagnons restants, après avoir assommé Zack d'une manchette, celui-ci s'apprêtant à attaquer le Garo devant eux qui leur était d'une aide majeure.
Néanmoins, l'espoir qu'ils tentaient de conserver s'amenuisa d'autant plus lorsqu'ils virent Signe - qui à force d'avoir à lutter contre des démons en plus de contre Taûsyl, finit par se rendre compte lui aussi que quelque chose clochait - se retourner vers eux et encaisser un fracassant coup de chaîne métallique de la part du fourbe Hache-Viande.
- Je crois que cette fois, ton plan a échoué, Linki..." ricana celui-ci.
Ding dong.
Comme pour attester de ces propos, le corps de Daarkar s'écroula en plein milieu du champ de bataille, écrasant un grand groupe de démons. Le dragon noir avait en effet commencé à perdre quelque peu d'endurance à force de vol en tous sens, et avait fini par être frappé de plein fouet par la poigne de Dranoèl. Celui-ci était néanmoins tout aussi amoché, et chancelant. Grièvement blessé, Daarkar avait néanmoins donné un avantage numérique immédiat aux guerriers de la surface rien que par sa chute, et était parvenu à neutraliser le démon des profondeurs à force de griffes, de crocs et de flammes.
Et bien que son rôle s'achevait dans la bataille, il avait été d'une aide déterminante.
Quelques instants se passèrent ainsi, durant lesquels les guerriers, bien qu'en nombre réduit par la perte des âmes de Linki lors de sa chute dans l'Enfer des Flammes, commencèrent à reprendre le dessus, exception faite de Signe qui ne parvenait plus à se montrer dangereux pour son adversaire, même si il prenait à présent beaucoup plus attention à éviter ses coups.
Ephraïm, trop effrayé par la tournure des évènements, avait désiré s'enfuir, et Sheitan, qui méprisait sa lâcheté passagère, le bouscula d'un grand coup de pied au derrière avant de reprendre le contrôle de son corps. Le nouvel Ephraïm prit toute la place qu'il pouvait dans la bataille, et se joignit aux squelettes animés sur lesquels elle gueulait de se ressaisir, ceux-ci étant moins virulents depuis le départ de Vénus.
Leur présence restait tout de même indispensable, bien que leur nombre avait grandement diminué depuis le début de la bataille : ils continuaient à constituer une force gênante pour les démons.
Ding dong, au quatrième top il sera minuit et vingt-sept minutes.
Malgré la posture avantageuse de Taûsyl, les renforts qu'il attendait en continu ne venaient plus.
Kurst, Tarn et Herorta furent les premiers à s'en rendre compte, et le faux Lizalfos, qui savait précisément calculer l'écoulement du temps, même sur cette planète qui n'était pas la sienne, savait qu'il ne restait que quelques petites minutes.
Tout semblait scellé pour de bon. Propice à la victoire prochaine.
Lorsque soudain...
Sans explication, un changement brusque intervînt.
Les squelettes qui menaient la bataille à leurs côtés sur les deux flancs, dans l'intervalle d'une demi-douzaine de secondes à peine, se figèrent. Sheitan n'en croyait pas ses yeux. D'habitude ne comptant que sur elle-même, elle ne put s'empêcher de crier, à l'adresse de ses compagnons d'armes, effarée :
- Les squelettes ! Ils sont.. en bois !"
Ils ne comprirent pas. Qu'est-ce qu'Ephraïm voulait dire ?
C'est là qu'ils constatèrent avec effroi que les squelettes s'étaient effectivement tous arrêté de se mouvoir au même instant, et qu'en une poignée de secondes, les démons commencèrent à détruire ce qu'il restait d'eux, avec une rapidité effrayante.
Et même si les renforts ne venaient plus du côté des démons, cette perte allait leur être fatale.
Signe, Fly, Masuku, Kurst, Ephraïm, Albatard, Herorta, Tarn, et enfin Yrion...
Ils n'étaient plus que neuf.
Neuf contre encore des dizaines.
Trois minutes à tenir.
Pour eux, une éternité.
- Enfoiré de Faust..." maugréa Tarn Darkblade, avant de se jeter dans la mêlée.
- Enfoiré de Linki..." conclut Albatard, voyant la vague des ennemis se précipiter sur lui en hurlant.
***
- Quelle perte de temps..." maugréa l'Elfe noir, rangeant son sabre long, avant de reprendre sa traque.
Heureusement, il était parvenu à conserver ses repères, et avait gardé en mémoire le côté duquel avait surgie sa dague. La dague avec laquelle Samaghoû l'avait autrefois égorgé sans vergogne, au terme d'un duel serré. Cela faisait bien des lunes qu'il s'était accoutumée à supporter des douleurs superficielles telles que celle qui assaillait sa jambe droite, et c'est donc sans trop en être handicapé que Takeo poursuivit son chemin dans le dédale de l'Enfer.
Néanmoins, cette altercation avec un guerrier local avait quelque peu ébranlé sa concentration ainsi que son intuition, et il peinait à présent à retrouver la trace de sa proie... Las de cet état de fait, il envisagea de changer de tactique.
- Hélà, ne sais-tu pas que cette couardise dont tu fais preuve est une honte à notre race ? Ne pouvons-nous pas être fourbes en étant fiers ? Viens m'affronter, Samaghoû, et je te promet un combat digne de ce nom !" s'exclama l'Elfe, à l'adresse des murs de pierre noire, qui se renvoyèrent tels de bons messagers l'écho de sa voix. La belle servante d'Orcus n'en perdit rien, mais plutôt que de l'entendre par l'écho devant lui, elle était en réalité dans un passage secret créé par la magie et dont seuls les habitants des lieux avaient connaissance, à quelques mètres derrière son némésis.
Sans que ses pas n'émettent le moindre bruit, elle s'aventura alors avec grâce et précaution dans le dos du chasseur, qui se préparait à continuer sa marche dans le couloir lui faisant face. Et puis..
Presque rien. Un mouvement dans l'air.
Il se retourna, tachi en main, et para en un éclair le coup mortel orchestré par la belle Elfe Noire qui allait lui découper la nuque. Néanmoins, il ne put rien faire contre la lame du second sabre de Samaghoû, qui s'encastra en une estocade en plein dans son bassin. Takeo recula en titubant et se retira du coup, en ressortant son long sabre avec lequel il chassa son ennemie d'un coup horizontal, que celle-ci esquiva d'un saut en arrière. Lorsqu'il vit qu'en plus de ce coup qui lui avait été porté, Samaghoû ne portait plus trace de ses blessures faites par Linki un peu plus tôt, il commença à prendre peur.
- Tu comprends maintenant, être indigne ? Jamais tu ne pourras me vaincre. Car en plus de t'être supérieure par mes capacités, il est impossible que je périsse en ces lieux où règne ma souveraine..."
- Qu'est-ce que tu dis ? Samaghoû la fière aurait-elle renoncé à son honneur ? Ta souveraine ?" ne put s'empêcher de se moquer Takeo.
- Ce n'est point un déshonneur que de reconnaître la force quand on la rencontre... C'est ce qui te fait défaut, Takeo. L'humilité. Tu n'es rien, et je vais te le prouver. Lorsque j'aurai achevé, tu te prosterneras devant moi et devant ma souveraine..." répondit celle-ci sans se décontenancer un seul instant, un large sourire ornant ses fines lèvres.
- C'est ce que nous allons vérifier, alors..."
Instantanément, le combat reprit son cours, tel un ballet gracieux d'estocades et de parades.
Takeo savait que pour contrer l'atout que représentait les deux lames de son ennemie, il devait à tout prix utiliser son long sabre, qui compensait par son envergure. Mais la belle le savait tout autant, et avec son agilité habituelle, n'avait guère de mal à éviter les coups trop lents pour l'atteindre de l'arme de longue portée. Les estocades étaient parées, les coups horizontaux évités, ceux verticaux, inutiles.
Aussi, alors que l'Elfe masculin s'acharnait dans son entreprise, son opposée féminine donna un puissant coup de sabre dans la lame adverse afin de la repousser contre un mur, avant de tenter une estocade vers son bras. Takeo, immobilisé l'espace d'un instant durant lequel il essayait de renforcer son coup de sabre bloqué, ne put pas esquiver ce nouvel assaut, auquel cas il aurait dû lâcher son arme.
Etouffant un cri de douleur lorsque l'acier pénétra sa chair, c'est un cri de rage qu'il poussa en donnant une force nouvelle à son bras armé, qui propulsa le sabre de son ennemie, celle-ci manquant de le lâcher sous la violence de la poussée. La surprise de Samaghoû ne manqua pas d'échapper à son ennemi juré, qui s'empressa de lui porter une nouvelle estocade.
Néanmoins, la belle parvînt à dévier celle-ci de son autre sabre, avec un talent d'escrimeuse indéniable. Rageux, Takeo qui avait cru reprendre enfin l'avantage dans cet échange, était si déterminé à en tirer parti qu'il compta alors sur l'effet de surprise. Ainsi, tel un damné, il lâcha son long sabre qui s'écroula de tout son poids sur la lame servant à Samaghoû à se défendre, et, armé de son tachi, franchit aussi vite qu'il le put le faible espace les séparant, après quoi il transperça l'abdomen de la belle, juste avant d'être lui aussi empalé à la taille par le second sabre, en plein élan.
Leurs visages étaient proches, en cet instant. Samaghoû ne comprenait pas. Pourquoi avait-il ainsi mis sa vie aussi vite en danger ? Takeo, lui, souriait. Pour peu qu'il emportât la vie de son ennemie, le reste lui importait peu. Curieusement, c'est elle qui se retira en premier, tandis qu'un sourire mauvais se dessinait sur ses lèvres.
- Je te l'ai déjà dit, et pourtant, tu n'écoutes pas... Comme d'habitude."
Il ne comprit pas tout de suite. Et l'instant d'après, il vit.
Effectivement, les explications qu'elle lui avait donné plus tôt n'étaient pas des paroles en l'air.
Devant ses yeux ébahis, c'est après un court flot de sang s'écoulant de la poitrine de la belle, là où son tachi avait pénétré la chair, que la plaie se referma en quelques secondes, comme par enchantement.
- Imp..impossible..." s'étrangla-t-il en comprenant que sa tentative téméraire n'avait servi qu'à le diminuer.
Face à sa propre impuissance mais toujours empli d'un âpre désir de vengeance, Takeo prit conscience qu'un simple duel, même dangereusement mené, ne suffirait jamais à lui permettre d'atteindre son objectif. Sans perdre du temps à ramasser son long sabre, il commença à reculer de quelques pas, avant de prendre la fuite, en essayant d'ignorer la douleur qui lui déchirait les entrailles.
Il savait qu'il devait trouver un élément extérieur capable de lui donner un avantage.
Malheureusement, il ne connaissait presque rien à l'Enfer, et encore moins à celui des Ténèbres...
Derrière lui, l'écho du ricanement de Samaghoû résonna de façon terrifiante.
De chasseur, en un instant il était devenu chassé, pour le plus grand plaisir de la demoiselle. Celle-ci raffolait en effet de la traque, et trouvait un malin plaisir dans le pistage, qui se trouvait décuplé lorsque sa victime était en proie à une peur panique. Ce qui était presque le cas.
C'est pourquoi elle se délectait de ces instants, en suivant Takeo sans aucunement se presser. En plus d'être une bonne chasseresse, elle connaissait ces lieux comme sa poche, à l'inverse exact de son alter-égo masculin. Implacable, elle ne pouvait échouer.
Lui, malgré la douleur lancinante et son sang coulant de ses deux plaies à l'abdomen, tentait d'aiguiser ses sens au maximum. Mais dans l'obscurité presque totale de ces lieux vides de toute vie, il ne semblait rien y avoir du tout. Ce n'était qu'un labyrinthe de sombres couloirs... ne pouvant mener qu'à la mort.
C'est alors qu'il l'entendit. Le faible bruit d'écoulement d'eau qui s'était accentué en intensité avant qu'il ne soit contrarié par l'intervention de Cixen, qu'il avait assimilé auparavant à la présence de son double féminin... Il le perçevait de nouveau. Etait-ce un signe ? Il n'en savait rien... Mais il n'avait rien d'autre.
Alors, aussi vite que ses jambes pouvaient le lui permettre malgré ses blessures, l'Elfe Noir, tachi à la main, tentant de ralentir l'hémorragie de son autre main, s'enfonça dans les ténèbres, suivant ce bruit de provenance aquatique. Lorsque enfin il parvînt à la source du son, le spectacle qui s'offrit à lui avait tout d'à la fois fascinant et horrifiant. Samaghoû, qui le suivait à distance, ne tarda pas à se rendre compte que son adversaire se dirigeait vers ce bruit d'eau.
- Ah... Alors tu veux faire une petite baignade, Takeo ?" murmura-t-elle pour elle-même avec sarcasme.
Lorsque enfin elle le rejoignit, il se tenait debout, au milieu d'un pont dans une des vastes cavernes creusées dans ce niveau des Enfers, dans laquelle on pouvait voir, à la lueur des torches magiques répandues un peu partout contre les parois de pierre noire, le Styx lui-même s'écouler, quelques mètres plus bas.
C'était dans cette eau d'une sombre couleur, qu'entre les fumerolles toxiques prenant parfois des formes de crânes, on pouvait distinguer des corps dérivant d'êtres ayant trouvé la mort bien des lunes auparavant, prisonniers à tout jamais de ce fleuve infernal dans lequel échouent tous ceux qui ne sont pas récupérés pour la valeur de leurs âmes. Celles-ci nourrissent, depuis la nuit des temps et jusqu'à leur fin, la magie propre à l'Enfer, qui constitue celui-ci...
C'est dans cette atmosphère lugubre, dans un silence religieux troublé seulement par la respiration saccadée de Takeo, que celui-ci se tenait, face à son invincible oppresseur. Prêt à arrêter de fuir pour de bon.
- C'est donc ici que tu as décidé de sceller ton tombeau... Bon choix esthétique !" siffla la vipère en ressortant ses deux sabres.
- Finissons-en. Une fois pour toutes." le coupa son adversaire.
Elle n'avait pas à se faire prier.
En un éclair, elle bondit sur sa proie, sabres en avant, prête à le découper de deux coups transversaux.
Lui fut surpris par la rapidité de l'assaut malgré la distance qui les séparait. Il se baissa, tenta de contrer à l'aide de son tachi, et une fois de plus, fut tout de même touché, à sa jambe jusque là intacte.
En un instant, la douleur combinée de toutes ses blessures le fit s'écrouler au sol, incapable de retenir sa chute. Depuis le début, elle avait raison. Il ne pouvait rien faire, ni contre sa force, ni contre ses sortilèges. Il était enfin prêt à renoncer. D'un coup du plat d'une de ses lames, elle lui retira son tachi, qui alla couler dans les eaux du Styx.
- Je vois qu'enfin, tu te prosternes à mes pieds... Je dois dire que cela me plaît." fit-elle d'une voix langoureuse, avant de reprendre en lui écrasant la tête d'un de ses pieds, "Mais il est trop tard, j'ai décidé que tu étais bien trop faible et borné pour devenir mon subordonné... C'est dommage, j'attendais un combat digne de ce nom, comme tu me l'avais promis... Enfin, je m'en doutais, tu n'es toujours qu'un incapable, malgré la grande race dont tu es issu."
Plaçant un de ses sabres au-dessus de la tête de son adversaire, prête à l'achever, elle allait lui faire ses adieux, lorsqu'un mouvement de Takeo qu'elle ne pouvait anticiper interrompit sa démarche.
Celui-ci n'avait en effet renoncé à son objectif qu'en apparence, sachant très bien que cela porterait son ennemie au mépris. Ce qu'elle ignorait, c'est la fourberie propre à leur race qu'il avait acquise depuis leur dernière confrontation. De sa main libre, il venait en effet de se saisir en douceur de sa dernière arme, la dague qu'elle lui avait rendu en la plantant dans sa jambe droite.
Et, dans un geste brusque, à l'aveuglette, de lui trancher le tendon d'achille.
Celui du pied avec lequel elle l'écrasait.
La douleur.
La surprise.
Le déséquilibre.
Tout ceci de façon aussi instantanée que momentanée, puisque comme le savait Takeo, il suffirait de quelques secondes pour que la blessure ne se résurge. Néanmoins, il n'allait pas lui en laisser le temps.
Soulevant la tête avec toute l'énergie qui lui restait encore, l'Elfe noir fit perdre pour un court mais suffisant instant tout équilibre chez son ennemie jurée.
Celle-ci, qui n'avait rien perdu de ses réflexes, comprenant ce qu'il essayait de faire, tout en étant projetée sur le côté, planta du mieux qu'elle put le bras meurtrier de Takeo, seul membre encore intact de ce dernier, qui poussa un ultime cri de douleur. En retombant, Samaghoû pendait désormais dans le vide surplombant les eaux du Styx, rattachée seulement par la lame de son sabre encastrée de tout son long dans le bras de Takeo. Ce dernier comprit qu'il ne pourrait pas retirer la lame, et la souffrance cuisante qu'il éprouvait l'aurait empêché de se concentrer sur quoi que ce soit de toutes façons.
Son regard se porta alors sur Samaghoû, qui le fixait avec une expression inédite.
Un visage terrifié.
Dans tout son être, il sentit également qu'elle tremblait.
Alors que leurs deux corps étaient pris du même tremblement dû au lien d'acier qui les liait, Samaghoû commença à faire ce que jamais il ne l'aurait cru capable.
- Je t'en supplie, Takeo... Ne me laisse pas tomber là-dedans... Epargne-moi ça, par pitié. Si tu y consens, je jure, je jure sur tout ce que j'ai que je te laisserai en vie... Je te laisserai même partir..."
Instantanément, cela éveilla quelque chose en Takeo, qui était resté enfoui pendant un bon moment.
Quelque chose de terriblement obscur et inconnu de lui-même. Une insondable noirceur.
- Comment pourrais-je te faire confiance, vipère ?" répondit-il froidement.
- Je te donne ma parole... De toutes façons, mon sabre ne pourra pas quitter ton bras, et je ne lâcherai pas mon sabre... Tu n'as pas vraiment de meilleur choix. Mais je jure tout de même de te laisser en paix si tu me laisses revenir sur le pont... S'il te plaît..." l'implora-t-elle, semblant en proie à la panique.
- Je ne te crois pas..." lui lança son ennemi pour la tourmenter encore plus.
- Pitié... Pitié..! Nous sommes plus proches que tu ne le crois, Takeo ! Je suis une Elfe noire, tout comme toi ! Tu ne peux pas me laisser à une fin indigne comme celle-ci... Nous sommes du même sang ! Crois-moi, je ne mens pas, je te ferais rentrer à la surface. Je t'en donne ma parole..." poursuivit-elle, prête à se répandre en larmes.
Il savait qu'elle ne jouait pas la comédie.
Il savait qu'elle lui disait la vérité.
Pourtant, les paroles qu'il lui murmura ne la confortèrent en rien, et lui glacèrent le sang d'un effroi pire encore.
- Es-tu bien sûre... que... c'est mon meilleur choix ?" fit-il avec douceur, un étrange sourire sur les lèvres.
- Que veux-tu dire ? Takeo ? Takeo ?!? Non, ne fais pas ça... Non.. NON !! TAKEO !! NON !!! NE FAIS PAS CA !!!" s'écria-t-elle avant de hurler de terreur, telle une damnée.
- Tu n'avais donc... rien compris." ricana Takeo tandis qu'elle hurlait, ne regardant désormais plus sa proie, mais les eaux du Styx, irrésistiblement attiré par la mort depuis déjà si longtemps...
L'air dément.
Et c'est sans plus attendre, qu'il prit appui sur ses jambes meurtries, et dans un dernier effort, sauta, alors qu'elle ne cessait de hurler. Ainsi, c'est dans le même instant que Takeo et Samaghoû, jadis ennemis, trouvèrent la fin de leurs existences respectives, en se noyant dans les eaux noires du Styx dont ils ne pourraient jamais revenir.
Dans une splendide et éternelle égalité.
***