La flèche modératrice a encore frappé. ![]()
Voilà Alban, j'ai fini mon texte. Falloir encore quelques relectures pour peaufiner tout ça.
Bonne chance à toi...
PS : jsuis sur t'as encore rien foutu ![]()
C'est un prof, c'est tout naturel qu'il n'en foute pas une. ![]()
OLILOOOOOOOOL MK
SG vient de commencer son texte. ![]()
Dans 6 jours... ![]()
SWITCH ! ![]()
Bon alors les graws ? ![]()
Ils arrivent. ![]()
Ou pas ? ![]()
Une explosion retentit dans un vacarme peu commun. Le rythme effréné des rouages se mit à battre la cadence tel un orchestre philharmonique accompagnant quelques secousses de faible intensité. La poussière se mit à tomber des hauteurs. Les combattants à levèrent les yeux au ciel. Le plafond était encore haut, mais celui-ci se rapprochait du sol, faisant grincer les fondations dans un frottement sourd. D’ici une poignée de minutes, celui-ci n’allait pas tarder à réduire les deux adversaires en bouillie.
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Son combat contre Syd avait duré plus longtemps que prévu. C’est la constatation que fit le nomade en arrivant à l’endroit où les vainqueurs du premier tour étaient censés attendre. Une grotte humide au climat doux dans laquelle la végétation était présente, contrastant étrangement avec le blizzard qui soufflait au dehors dans une vraie tempête de neige. Mais ce n’était pas la température relativement douce de la caverne qui choquait Ephraim, mais le fait qu’un gouffre immense séparait l’entrée de la grotte d’un village en pierre situé plus loin. Voulant se reposer en s’asseyant sur un carré d’herbe, le jeune homme fut pris à partie par une demoiselle à la longue chevelure brune, son visage caché par un masque.
« T’as une minute ? lui demanda la jeune femme au tac au tac.
- Euh… et bien… oui, bafouilla nerveusement Ephraim, légèrement intimidé par le masque.
- Je m’appelle Dread. J’étais l’une des premières à combattre.
- Enchanté… euh, moi c’est Ephraim et j’ai…
- Ecoute, sans être méchante, je m’en fous un peu. Tu te souviens de lui ? rétorqua Dread en pointant du doigt un homme qui commençait à faire l’allégorie de sa supériorité à un être encagoulé dans un poncho grisâtre, expliquant point par point, et d’une manière raffinée, que sabres et autres armes de corps n’étaient que moyens archaïques et barbares et que les armes à feu étaient l’avenir de l’homme. A cela, il enchaîna par une thèse hautement philosophique que l’homme n’est point né méchant mais le devient comme il devient malade.
- C’est celui qui devait se battre contre le mojo, non ? demanda naïvement Ephraim.
- Oui, soupira doucement la jeune femme. Quand j’ai été téléportée ici, j’étais l’une des premières présentes. J’en ai profité pour m’aventurer un peu plus dans cette grotte, voulant éviter le discours barbant de ce pirate. J’ai alors surpris une conversation entre l’organisateur du tournoi et… le mojo censé avoir été tué par Herbert.
- Hein ? Ca voudrait dire que ce… Zakoestros… peut ressusciter les morts ? Le jeune homme réfléchit un instant, sa main posée sur sa tempe. Et bien, malgré que ce soit troublant… c’est une bonne chose non ? Si ça se trouve, il a ramené les autres perdants du premier tour à la vie.
- Attends ! Je t’arrête tout de suite dans ton utopie à deux sous. Ce n’est pas le fait qu’il ramène les gens à la vie qui me gène. C’est ce qu’il lui a dit ensuite.
- Il lui a dit quoi ?
- Pas le temps de t’expliquer. Ce type est malade. Faut qu’on s’en aille pendant que les autres participants ne sont pas encore présents. Si tu m’accompagnes, je te raconterai tout en cours de route. Alors tu me suis ?
- Euh… en fait…
- Qu’elle aille se faire foutre, s’insurgea brusquement Sheitan. Y a plein d’individus à qui j’ai envie de voir les boyaux !
- En fait… je ne sais pas si c’est une très bonne idée. Zakoestros n’a pas dit que notre vie était entre ses mains pour la durée du tournoi ?
- Imbécile, rétorqua sèchement Dread en se redressant. T’as qu’à crever ici. Moi ta vie, j’en ai rien à foutre. Si personne ne veut me croire, je me débrouillerai toute seule.
- Attends… Tu comptes faire comment pour sortir d’ici ? »
La jeune femme ne répondit point, se dirigeant vers la sortie où soufflait la tempête de neige. Prenant un élan de quelques pas, la demoiselle atterrit sur une surface invisible à l’œil nu, donnant l’impression qu’elle flottait dans le vide. Les combattants n’en revenaient pas, leurs regards subjugués dévisageaient l’archère qui s’en allait, sautant de plates-formes invisibles en plates-formes invisibles avant de rejoindre le village, sa silhouette disparaissant finalement derrière un énorme dôme en pierre. Sheitan sourit, s’asseyant à côté de son ami, reposant sa tête contre son épaule. Quelques instants plus tard, un cri suraigu troubla le repos des combattants. Les participants tournèrent la tête, fixant le village, endroit où la fugitive venait de s’enfuir. Frissonnant légèrement, l’assemblée préféra croire à une coïncidence, et se conforter dans l’idée que ce n’était qu’un monstre où autre bête sauvage.
Une bonne heure passa pendant laquelle les participants commençaient à s’ennuyer ferme.
« Et lui t’en penses quoi ? Il est marrant, on dirait qu’il parle à son épée.
- Laisse-moi me reposer…
- Franchement, tu me gonfles !
- Arrête, tu vois bien que...
- Non attends !
- Sheitan, tu vas la fermer oui ?
Se levant brusquement, l’alligator assis non loin du nomade se saisit de ce dernier par le col, le plaquant violemment contre la roche sombre de la grotte.
- Mais tu vas la fermer oui ? Ca fait au moins une heure que je supporte ton monologue, et encore, estime-toi heureux que je sois entraîné à supporter la torture psychologique ! Alors encore un mot de plus et je demande expressément à l'organisateur de nous laisser nous affronter. Reçu ?
Le jeune homme encore surpris de la réaction de l’animal se contenta d’hocher la tête.
- Cinq sur cinq mon général, répondit naïvement Ephraim. Le nomade écarquilla alors les yeux, jetant un regard par-dessus l’épaule de Kurst. Mais dis-moi, à propos de général, c'est pas celui que tu es censé avoir tué au premier tour qui est juste derrière toi ?
- Très drôle, marmonna le reptile avant de se retourner, lâchant Ephraim, surpris de voir Hon’Liu encore en vie.»
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‘’L’homme n’est qu’un pion qui plonge sa main tantôt dans l’ombre, tantôt dans la lumière. Dans son avancée vers la victoire, il est l’âme du jeu d’échecs et malgré sa faiblesse, son sacrifice est la clé de la victoire.’’
Garrlink Kasparov (champion d’échecs de la contrée ouest d’Hyrule)
Les combattants se trouvaient dans un renfoncement du mur, chacun à une extrémité de l’arène. Une salle carrée de huit dalles de côté s’étendait devant eux, en alternant cases sombres et claires. Un échiquier… C’est la première chose à laquelle Ephraim pensa ; ce jeu, il avait pu l’essayer lors de son passage dans diverses guildes des régions qu’il avait traversé.
Albatard, fier pirate sillonnant les mers du globe ne connaissait pas ce jeu, jugé trop intellectuel pour lui. Boire, manger et jouer aux dés, tel était le credo d’un vrai pirate de son nom. Sans se soucier de la topographie des lieux, le pirate, retenant bien les conseils de l’organisateur, préféra enjamber d’un saut la première rangée de dalles, atterrissant sur la deuxième ; la case sur laquelle il se trouvait s’enfonça lentement dans un cliquetis aigu. A l’affût, Albatard s’attendait à devoir esquiver un piège, mais étrangement, c’est chez Ephraim que les effets se virent ; une volée de flèches venant de chaque côté de la première rangée fut lancée, passant juste devant le nez du nomade qui, heureusement, se trouvait encore dans le renfoncement du mur.
« C’est… c’est quoi ce bordel ? balbutia le nomade, encore sur le choc.
- C’est pas quelques flèches qui vont te faire peur, rétorqua brusquement Sheitan. Si tu commences déjà à faire ton couard, laisse-moi tout de suite la main que je règle son compte à cet idiot.
- La ferme ! »
La volée de flèches arrêtée, Ephraim se jeta sur la dalle devant lui, case se révélant être la place du roi dans un jeu d’échec. Instantanément, le sol sous les pieds d’Alban se déroba, l’entraînant dans un gouffre remplis de pointes acérées. Ephraim, contemplant ce spectacle, n’en croyait pas ses yeux.
« Il… il est déjà mort ?
- Quelle déception, se lamenta Sheitan en tombant à genoux au sol, sa main masquant son regard flamboyant. Gagner sans croiser le fer…
- Pas grave. L’essentiel c’est de gagner non ?
- Mphh… M’enterre pas tout de suite crétin, s’efforça de dire Albatard, s’étant accroché de justesse pour éviter de finir embroché en contrebas. Enfant de putain, ça tu vas me le payer cher.
Une violente rage s’empara d’Albatard qui se hissait sur le plateau. Sourcils froncés il s’apprêtait à repartir à l’assaut.
- Saute sur la case de la reine, sur ta droite, ordonna Sheitan à son ami.
- Attends, pourquoi…
- La ferme et obéit ! »
Sans se faire prier, l’homme effectua un pas chassé sur sa droite, activant un nouveau mécanisme. Albatard dut faire face à un nouveau danger. De part et d’autre de la salle, deux scies circulaires furent lancées, cherchant à trancher en deux le pirate qui n’avait pas le temps de souffler. Ce dernier, à l’affût du moindre danger, se jeta au sol, roulant sur le côté pour éviter les lames fatales.
« Maintenant, retourne sur la case du roi, s’exclama Sheitan, véritable maîtresse dans ce jeu macabre. »
Ephraim avait tout compris. Chaque case possédait son propre mécanisme relié directement à l’emplacement où se trouvait l’adversaire. Et si son intuition était la bonne, la case sur laquelle il allait marcher, devrait ouvrir une trappe sous les pieds du pirate ; étant encore couché à terre, il n’aurait sûrement pas le temps de se rattraper.
Mais, la surprise fut pour les deux adversaires assez inattendue. Rien de se passa. Le nomade en panique, sautilla sur place, dans un élan désespéré, comme pour essayer de débloquer la dalle. Mais rien n’y faisait. Retournant sur la case de la reine, il fut contraint de constater que celle-ci ne fonctionnait pas non plus. Cela voulait dire que les pièges ne pouvaient être activés qu’une fois ? Albatard, bien qu’ayant un esprit assez primaire, comprenait très bien ce qu’il se passait. Un sourire malsain se dessina sur ses lèvres alors qu’il se relevait, resserrant son étreinte sur sa fidèle amie, confidente de toujours… Dermot.
« Tu veux goûter à son sang n’est-ce pas ? Je ferai tout pour toi…
- Ephraim, arrête de rêvasser, il approche ! »
La demoiselle bouscula violemment le nomade au sol, prenant ainsi le contrôle sur l’esprit de son ami. Affichant un rictus démoniaque, Sheitan avança d’une dalle, la rangée des pions, activant la lancée d’une volée de flèches prêtes à transpercer le pirate de part en part. Ce dernier, prenant appui sur le sol, effectua en splendide bond en avant, esquivant ainsi les pointes meurtrières. Son arme pointée en arrière, ses deux bras ballotant dans le vide, l’homme arriva à proximité de son adversaire. Sheitan s’arma de la lame géante pesant bien un demi quintal, la saisissant à deux mains. Albatard, continuait son avancée, les dalles du milieu semblant être exemptes d’un quelconque piège ; s’arrêtant net à une rangée de dalles de son ennemi, l’homme sauta en avant, son sabre pointé en l’air, pour pourfendre le schizophrène d’un coup bien placé. Ce n’était sans compter sur la rage meurtrière de Sheitan, qui, ayant armé son coup, frappa violemment le flanc du pirate, qui fut projeté à plusieurs mètres plus loin. S’écrasant lamentablement par terre, le pirate peinait à se relever. Crachant quelques gerbes de sang, Albatard souffrait le martyr. Heureusement pour lui, le schizophrène l’avait frappé du plat de la lame. Mais comment avait-il pu manier cette arme gigantesque avec une telle aisance ? Et Dermot ? Il ne la sentait plus.
« Dermot aide-moi. »
Le forban tenta de se relever malgré la douleur. Ramenant en arrière la mèche qui lui masquait l’œil droit, il cherchait du regard sa fidèle amie. Celle-ci gisait quelque mètres plus loin. Pantelant comme un ivrogne, le pirate se savait menacer. Un déclic significatif résonna dans son esprit. Se jetant en avant, il réprima un nouveau gémissement, ressentant une vive douleur à l’épaule. Tournant lentement sa tête, il remarqua avec effroi une flèche plantée dans celle-ci. Se retournant, il aperçut Ephraim ayant activé une nouvelle dalle piégée, le narguer d’un sourire hautain et méprisant.
« Enflure… Dermot. Attends-moi ! Il va payer… »
Se savant en danger, Albatard ne se risqua pas à une nouvelle confrontation physique. Il voulait jouer aux échecs ? Très bien, il y aurait droit à sa partie. Récupérant son épée, objet de tous ses désirs, le pirate retourna dans sa partie de terrain, esquivant des nouvelles volées de flèches. Son adversaire semblait jubiler de sa supériorité tant physique que mentale. Mais qu’il rigole…
L’adrénaline que lui procurait la peur de mourir lui permettait de courir tant bien que mal, sautant en avant pour esquiver les pointes acérées des flèches. Il avait bien compté : la deuxième rangée semblait activer la volée de flèches et c’était la cinquième case sur laquelle il venait d‘appuyer. A raison de huit cases par rangée, il ne lui restait que trois tentatives. Le roi et la reine déjà actionnés, ça lui faisait encore six dalles plus les trois cases de la deuxième rangée… euhhh…
« Rahh le calcul, s’exclama Albatard en son for intérieur. Rien à foutre ! Il a déjà activé la moitié de ses pièges. Moi il m’en reste des tas ! »
Le combat semblait tourner en la faveur du forban, mais ça, Ephraim ne le savait pas encore.
Sheitan de son côté, semblait s’amuser de voir son adversaire bondir tel un lapin traqué par un chasseur. Les flèches fendaient l’air comme des albatros et le pirate devait puiser dans ses dernières ressources pour ne pas finir embroché.
Deux dalles restantes. Le pirate ne supportait pas d’être un gibier pour ce fou qui parlait tout seul. Sa main cramponnée sur ses côtes, il luttait pour ne pas s’effondrer au sol. Il s’étonnait lui-même pour ses prouesses d’esquive.
« Hey l’attardé, s’exclama brusquement Sheitan. T’en as pas marre de fuir comme un pleutre ? Tu veux pas revenir qu’on règle ça au corps à corps une bonne fois pour toute.
- Attardé…Moi ? JE NE SUIS PAS ATTARDE ! D’ABORD C’EST TOI L’ATTARDE ! SINON TU NE T’AMUSERAIS PAS A RENDRE HONNEUR A L’ARENE DE CE CONNARD D’ORGANISATEUR !
- Si tu le prends comme ça. »
Se décalant sur le côté, la demoiselle chercha à activer un nouveau piège… Mais rien de se passa. Comme son adversaire l’avait prévu, elle sautait sur les dalles de la seconde rangée, sans se rendre compte qu’elle les avait toutes activées. Ses yeux s’écarquillèrent sous le coup de la surprise. Commençant à paniquer, elle tenta de refaire le chemin sur les dalles mais elle fut contrainte de se rendre compte qu’elle n’avait plus de possibilités d’attaque. Elle se retourna vivement vers le pirate qui la fixait de son regard inquiétant. Sa mine impassible afficha un air comblé alors qu’il actionnait une dalle piégée qui retentit dans un cliquetis significatif. La demoiselle détourna le regard, voyant des ouvertures se former sur les murs. Son visage prit une mine horrifiée.
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L’annonce de l’organisateur avait surpris tout le monde lors de leur réunion dans l’arbre Mojo. Chaque candidat s’était vu remettre une arme pour les demi-finales. Pour récupérer de leur précédent combat, Zakoestros les avait convié un délicieux repas à l’auberge des déesses au centre de la place du marché du bourg d’Hyrule.
« De… de l’espace ?
- Oui. Venom si on veut être plus précis. Bref là n’est pas la question. »
Pendant que les deux pirates se battaient pour une cuisse de poulet, Kurst faisait part de ses enquêtes qu’il avait effectué sur l’investigateur du tournoi.
« J’ai un peu de mal à croire ce que tu me racontes…
- Attends ! T’as bien vu Hon’Liu ! T’as bien revu Marcel pendant ton combat contre Vénus nan ? Tu crois qu’il ressuscite les morts juste pour jouer avec notre esprit ?
- Je… je ne pense pas.
- J’ai été idiot de m’inscrire à ce tournoi dans l’espérance de retourner là d’où je viens. Et toi tu ne peux pas utiliser des couverts au lieu de manger comme un gros porc ?
- Des quoi ? répondit naïvement Ephraim, la bouche remplie de mets plus succulents les uns que les autres.
- Faut qu’on s’en aille d’ici. On a quartier libre pour la nuit.
- Attends, je pense pas que c’est une bonne idée. T’as vu ce qu’il s’est passé avec cette fille là… Euh Dread !
- A deux, on a plus de chance que seul. Ecoute, si tu veux me suivre, je t’attendrai à minuit devant la fontaine de la place du marché d’accord ? On va attendre que l’ambiance retombe pour préparer notre évasion. »
Le festin terminé, chacun retourna dans sa chambre respective. Ephraim, allongé sur son lit, ne cessait de se retourner, fixant sans arrêt du coin de l’œil l’horloge dont les aiguilles se rapprochaient de minuit.
« Tu vas le suivre, intervînt Sheitan, s’allongeant lentement à côté de son ami.
- Je ne sais pas. Kurst est quelqu’un de bien… Je… J’ai confiance en lui.
- Marisa aussi avait confiance en toi… »
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‘’Si d’emblée la partie se révèle corsée, le cavalier peut être l’alternative de la victoire ; ce dernier, franchissant d’un bond les lignes ennemies, est à coup sûr un élément majeur de la partie pour percer les défenses impénétrables.’’
Anatolink Karpov (champion d’échecs du tournoi de Cocorico)
Un genou à terre, le sang s’écoulait le long du bras. La demoiselle affichait une mine agacée en remarquant la flèche plantée dans son bras gauche. Un regard en l’air, le plafond se rapprochait de plus en plus, ne laissant aux combattants que quelques minutes encore pour achever leur duel à mort. Avec cette blessure, impossible d’utiliser sa lame géante. Tant pis, elle utiliserait son kôdachi. Elle avait manqué d’attention, et sa négligence avait faillit la perdre. Tellement absorbée par l’euphorie des pièges, elle ne s’était pas rendue compte qu’il ne lui en restait presque plus. Ses deux fous, ses deux cavaliers et ses deux tours… Pièges dont aucun des combattants ne connaissait les effets. Non, il ne fallait pas qu’elle les active tout de suite. Voyant Albatard s’amuser à jouer avec ses nerfs, elle réfléchit à un autre plan. Malheureusement, esquiver des flèches s’abattant de tous les côtés et réfléchir à un plan est loin de faire bon ménage. Son sourire audacieux qu’elle avait envie de lui arracher, sa saleté de mèche lui masquant le visage qu’elle avait envie de couper… Non… C’est sa tête toute entière qu’elle avait envie de couper. En position de faiblesse, il fallut qu’elle s’ôte ses idées de la tête. Le pirate faisait pleuvoir les flèches dans un déluge infernal. Mais il arriva au bout de la rangée, se retrouvant contre le mur. Ne voulant laisser de répit au nomade, il se décida d’activer la case derrière lui, case de la tour. La pierre claire s’affaissa. Sheitan était encore debout, prête à esquiver une nouvelle machination de ce taré de Zakoestros. Un souffle de flammes résonna dans la salle. La demoiselle se retourna, constatant que dans le coin droit de sa partie, une énorme colonne de feu s’était formée. Si elle avait eu le malheur de se trouver à cet endroit, il ne resterait d’elle qu’un tas de cendres. Souriant de la bonne étoile qui brillait au-dessus de sa tête, elle profita de l’étonnement d’Albatard pour se risquer à activer la case du cavalier. Instantanément, Sheitan disparut. Le forban venait d’être frappé par deux surprises d’un coup : La dalle qui activait un piège dans le côté opposé et non pas à l’endroit où se trouvait l’adversaire et la disparition soudaine d‘Ephraim. Et comme on dit, jamais deux sans trois. Il sentit quelque chose de froid pénétrer dans son flanc gauche. Se retournant, il constata avec stupeur qu’Ephraim venait de réapparaître sur sa gauche. Il s’écarta d’un bond vers l’arrière, mais se retrouva dos au mur, bloqué dans le coin. Sheitan, toujours en possession du corps d’Ephraim, s’abattit telle une furie sur le pirate, qui para difficilement les coups de sabre qui se déchaînait en une véritable averse. Contenant tant bien que mal les assauts de son ennemi, Albatard en profita pour taper discrètement du talon, faisant sortir une lame de l’avant de son pied. D’un coup de pied bien placé, le pirate enfonça sa lame dans la cheville du schizophrène qui se mit à saigner abondamment. Ecarquillant les yeux, la jeune femme chuta au sol dans un cri de douleur. Le pirate compressa sa blessure sur son flanc gauche, prêt à achever son ennemi. Ephraim, n’ayant rien raté de la scène, reprit possession de son corps, roulant en arrière pour activer la case du cavalier, lui permettant d’être téléporté de son côté du terrain. Il souffla, haletant bruyamment en retenant un gémissement dû à sa blessure à la cheville. Le forban hurla de rage alors qu’il était à deux doigts d’en finir.
« Reviens-là salopard !!! Reviens ! »
Dans un excès de zèle et de rage, le pirate activa la case du fou. Un gaz toxique s’échappa des ouvertures du mur situé derrière lui ; se retournant, la vapeur s’infiltra dans ses conduits nasaux. Pris de légers tremblements, il s’effondra à terre.
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Minuit moins dix. La lune déjà haute dans le ciel d’Hyrule baignait la place du marché de ses reflets bleutés. Le nomade sortait de sa chambre, marchant le long d’un balcon en bois pour atteindre un escalier qui conduisait dans une petite ruelle. Une voix l’interpella.
« Vous n’arrivez pas à trouver le sommeil Monsieur Harada ? »
Le jeune homme se retourna en sursautant sous l’effet de la surprise.
« Ah… euh. Zakoestros. Bonsoir.
- Vous profitez de cette magnifique pleine lune ?
- Un peu… Je voulais prendre un peu l’air. Comment dire… je suis un peu stressé pour demain.
- Herbert est un excellent combattant. Mais vous avez fait vos preuves. Ne doutez pas de vos capacités… Bon et bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Ne tardez pas trop.
- Très bien. »
Ephraim se retourna, essuyant son front légèrement humidifié par la légère angoisse qu’il venait de ressentir. L’organisateur ne se doutait de rien. Tant mieux pour lui. Prenant congé de ce dernier, il se mit à descendre les escalier avant d’être une nouvelle fois interpellé par Zakoestros.
« Marisa est morte... »
Cette annonce lui fit l’effet d’une bombe. Se retournant vivement, le nomade écarquillait les yeux. Comment cet homme connaissait-il l’existence de cette femme ?
« Co… comment savez-vous ce…
- Je sais tout… C’était une amie intime n’est-ce pas ? C’est vous la cause de ses blessures… Vous savez, dans l’éventualité où vous gagneriez ce tournoi… à la place de l’argent je pourrais… « guérir » votre amie ? Vous vous souvenez d’Hon’Liu ? Tué au premier tour par votre ami Kurst, vous avez pu le voir en grande forme lors de votre combat en équipe. Avait-il l’air d’un effroi ou autre mort-vivant ? En plus de cela, elle ne se rappellerait même pas de ce qu’il lui est arrivé.
- Pour… pourquoi me dites-vous tout cela ?
- Pour rien. Ca m’embêterait que vous cherchiez à vous enfuir. Bon, je vais vous laisser. Bonne soirée. Vous savez, la nuit porte conseil. »
L’organisateur s’en alla, laissant Ephraim complètement chamboulé par ses dires. Tombant à genoux, l’homme se mit à pleurer sous l’effet de la surprise. Ramenant son bandeau rouge pour masquer ses yeux larmoyants, l’homme murmura dans un sanglot.
« Désolé Kurst… Je ne vais pas pouvoir t’accompagner… »
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‘’ En dernier recours, privilégier la tour est primordial. Sa longue portée et sa puissance dévastatrice en fait l’une des meilleures pièces.’’
Mikhaïl Botvilink (fondateur des championnats d’échecs d’Hyrule)
Ephraim, surpris de ce retournement de situation, se mit à traverser l’arène, boitillant comme un éclopé, se tenant le bras blessé par une flèche précédemment. Le plafond continuait sa descente, faisant trembler les fondations dans un rythme inlassable. Quelques mètres encore le séparaient de son but. Le nomade tenta d’accélérer le pas, voulant tuer son adversaire avant que celui-ci ne se réveille. Arrivé à quelques pas de ce dernier, il leva son sabre prêt à achever le combat, mais le pirate, prenant le guerrier au dépourvu, lui sauta dessus, le faisant basculer en arrière et lâcher son sabre. Ses mains enserrèrent son cou. Dans un élan de survie, le guerrier s’agrippa au bras gauche blessé du pirate, exerçant une pression sur sa blessure pour qu’il relâche l’étreinte. Le forban hurla de douleur, lâchant sa proie qui inspira une grande bouffée d’air.
« Dermot ! Occupe-toi de lui, hurla le pirate en cherchant son amie qui gisait par terre non loin de lui. »
Avant de se saisir de cette dernière, il fut bousculé par Ephraim, tombant ainsi à terre. Le nomade se hâta de prendre de vitesse le pirate, saisissant Dermot, pointant la lame vers son propriétaire.
« Enfoiré ! Rends-la moi !!!! Ôte tes sales pattes de là !
- Tu la veux ? Aller, va chercher. »
Armant son bras, le vagabond lança l’arme à l’extrémité de la pièce ; celle-ci s’écrasa contre le mur avant de retomber dans le coin de la salle. Le forban se retourna, partant récupérer son épée mais il fut frappé au tendon d’Achille celui-ci se déchirant dans une giclée de sang visqueuse se répandant au sol dans une flaque rougeâtre. Albatard hurla en s’écrasant lamentablement au sol, criant comme une bête à l’agonie.
Ephraim s’agenouilla, saisissant son deuxième kôdachi attaché à sa ceinture pour le pointer sur la gorge du pirate.
« Dis-moi, commença calmement Ephraim, tu m’as dit avant le combat que tu t’étais débarrassé de Kurst. Mais ce dernier m’a fait part de son envie de fuir le tournoi… Or, à moins qu’il ait décidé de revenir sur ses paroles, ce qui m’étonnerait fort, que s’est-il réellement passé entre lui et toi.
- T’es encore plus con que je le pensais, se mit à ricaner Albatard. Ton ami, a bien essayé de s’enfuir. Mais il s’est fait rattrapé par notre très cher ami Zacky. Après l’avoir zigouillé, il m’a demandé de faire semblant de l’avoir combattu… Ah … HA AH ! Si tu voyais ta tête ! »
Sous le coup de la surprise, Ephraim ne savait plus quoi dire. Ce moment d’absence profita au pirate qui détacha sa cape pour la lancer au visage de son adversaire qui poussa un cri effroyable. Jetant la cape au sol, il avait l’impression qu’on lui avait trempé la tête dans de l’eau bouillante. Prenant sa tête entre ses mains, il aurait voulu s’arracher la peau pour calmer la douleur. De son côté, le pirate rampant tant bien que mal, se dirigeait vers le coin de la pièce pour récupérer sa chère amie.
« J’arrive Dermot ! »
Ephraim remarqua alors son adversaire se diriger vers son arme. Il ne fallait pas tarder. Son plan entrait en action. Faisant volte-face, il tentait de contenir sa douleur en se dirigeant vers sa partie de terrain. Malgré sa cheville blessée, le forban était en plus mauvais état que lui.
Finalement, Albatard parvînt à se saisir de sa fidèle amie. La levant vers le plafond qui n’était plus qu’à trois mètres du sol, il se retourna vers Ephraim qui avait atteint l’autre extrémité de la pièce. Un déclic raisonna. La case de la tour venait d’être activée. Le pirate à la mine si réjouie d’avoir récupéré son amie, afficha un visage horrifié remarquant alors la case sur laquelle il se trouvait. L’homme n’eut pas le temps de faire un pas qu’il fut instantanément pris dans une colonne de flammes qui s’élevait vers le ciel. Son corps se transforma en véritable torche humaine. Lâchant son sabre au sol, il se mit à courir dans tous les sens en hurlant de terreur, son cri suraigu perçant les tympans du vagabond qui observait la scène d’un air apeuré. Sheitan, spectatrice de ce spectacle, affichait une mine satisfaite, son sourire malsain ornant son doux visage. Le corps du pirate s’écroula à terre, sa chair se détachant de son corps pour se répandre sur le sol telle une pâte visqueuse. Le jeune homme s’approcha du cadavre enflammé, tirant de sa poche une cigarette qu’il contempla.
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« C’est quoi ?
- Une cigarette. T’as jamais fumé de tabac ?
- Euh… si.
- C’est un peu la même chose mais en plus toxique. Mais qu’est-ce que c’est bon !
- Pourquoi me la donner ?
- Ca serait con de crever sans y avoir goûté. En plus ton adversaire a l’air redoutable.
- Sympa Kurst…
- Je plaisante. »
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‘’Echec et Mat’’
Se baissant difficilement, le nomade approcha le bâton de nicotine vers le brasier. Portant la cigarette à ses lèvres, il fit rougir les braises, inspirant la fumée qui manqua de l’étouffer. Toussotant légèrement, il ferma les yeux, laissant quelques larmes perler sur ses joues. Le plafond s’arrêta, entamant une ascension pour le ramener à sa position initiale. Le combat était enfin terminé.
Un grondement sourd lui fit comprendre qu’il venait de reprendre connaissance. Quand il ouvrit les yeux, l’Hylien n’aperçut qu’un horizon sombre à perte de vue. Il mit quelques secondes à vraiment réaliser que ce qu’il voyait n’était autre que le plafond de couleur noir et qu’il se trouvait allongé sur le sol froid, lui glaçant la nuque. Malgré tous ces matchs endurés, Albatard ne s’était jamais vraiment habitué aux téléportations.
Le pirate reprit ses esprits, se redressa et observa la pièce où il se trouvait. Il était à l’une des extrémités du donjon. La description de Linki collait parfaitement au spectacle qui s’ouvrait à lui. Ce qui l’avait réveillé était le bruit du mécanisme qui faisait abaisser le plafond, le combat était donc limité en temps. Cela ne le dérangeait pas, il aimait travailler dans l’urgence et donc régler son compte à son adversaire le plus rapidement possible ne posait pas de gros problèmes. Les murs, eux aussi, n’égayaient pas la pièce par leur teint noirâtre. Seules deux fenêtres laissaient passer la faible lumière qui filtrait à l’extérieur. Dehors il faisait nuit et l’astre lunaire éprouvait des difficultés à faire parler de lui. Le parterre de la salle, enfin, était composé de dalles, blanches et noires, en alternance. Il se souvint alors des paroles de l’organisateur. Certains carrelages étaient piégés et connaissant ce dernier, il avait dû se lâcher pour la finale. Chaque carreau faisait à vue d’œil deux mètres de côtés. Le sol qu’Albatard voyait sous ses yeux lui fit penser à une image de drapeau à damier, symbole de la fin du parcours, de ce long périple qui lui avait laissé déjà beaucoup de séquelles sur le corps. Encore un combat, et il pourrait enfin se reposer avec l’argent gagné et continuer l’enquête sur la mort de ses parents. Oui, le drapeau de clôture était proche.
Cette image s’effaça de sa mémoire pour en créer une nouvelle : celle d’un échiquier. Chacun des deux guerriers correspondaient un joueur, l’un les Blancs, les forces du Bien, l’autre les Noirs, les forces du Mal. Albatard préférait clairement choisir les pièces les plus claires, son prénom de naissance Alban provient du latin ‘albus’ qui signifie blanc. Et puis, le côté force obscur n’était pas vraiment son truc non plus, il n’avait jamais fait du mal pour faire mal. Il avait simplement tenté de survivre dans ce monde dangereux peuplé d’hommes cruels et avides de pouvoir.
C’était donc décidé, il était l’équipe blanche, ce qui signifiait qu’il devait commencer à jouer, à attaquer le premier, comme dans les véritables règles du jeu. La pièce avait une superficie importante et le mur du fond se trouvait dans la nuit. Le pirate ne put que supposer que son adversaire se trouvait de l’autre côté du « plateau » comme il le surnommait dès à présent. Il vérifia que sa fidèle épée alliée était bien accrochée à sa ceinture puis quitta la dalle noire sur laquelle il avait été déposé et se déplaça sur celle de devant, blanche, adjacente à la première. Apparemment, aucun mécanisme ne s’enclencha, mais cela n’allait pas durer, il en était convaincu. Il continua son chemin, avançant de pavés en pavés, sans pour l’instant, aucun souci apparent et finit par entrapercevoir l’autre extrémité du donjon. C’est ainsi qu’il vit pour la première fois dans ce lieu la physionomie de son adversaire. Le mystérieux Ephraïm avait parcouru une distance égale à celle du marin. De taille moyenne, il tenait fermement sa lame géante dans ses mains. Il avait bien évidemment aperçut lui aussi le pirate et ce dernier l’entendit parler.
- Il est là !
- Je le vois bien qu’il est là.
- Tu me le laisses, cette fois tu n’interviens pas.
- J’interviens si je veux, après tout je suis ici aussi.
Albatard avait entendu des rumeurs de schizophrénie planant sur Ephraïm. On lui avait raconté que son adversaire était un dissocié, un être composé de deux parts emboîtés, l’une vivant normalement et l’autre qui tue sans pitié. Vraisemblablement ses rumeurs étaient vraies. Il profita de cet instant de fragilité de l’humain pour attaquer.
Jusqu’à présent, il avait toujours ou presque utilisé Dermot pour vaincre les ennemis. Ephraïm avait sans doute lancé des recherches sur son mode de combat et donc Albatard voulait le surprendre pour la finale. Il fit semblant de porter sa main à son fourreau et avança en direction de l’autre combattant qui avait remarqué son déplacement.
- La ferme Sheitan, il arrive !
- J’ai pas le droit de dire que je le trouve mignon c’pirate ?
- Boucle-la !
Albatard pensa qu’il allait tomber sur une dalle piégée et fut surpris qu’après tout ce chemin parcouru dans la salle, pas un seul piège ne fut encore déclenché. Ses mains toujours posées sur la poignée de Dermot, il tapa des pieds et deux lames sortirent discrètement de ses bottes. Il vit l’autre se mettre en garde ce qui provoqua le sourire du pirate.
« C’est pas parce que tu portes du blanc que tu commenceras la partie crétin » pensa-t-il.
Adjugeant qu’il se trouvait assez près de son rival, il arma son pied droit comme s’il allait shooter dans un ballon et lança sa jambe vers le devant. La lame accrochée à sa botte s’élança alors en direction d’Ephraïm tel un boomerang. L’obscurité ambiante fit surprendre le schizophrène, et c’est un réflexe qui lui permit d’éviter de se faire trancher la jambe, en utilisant son épée comme une batte.
- Je ne savais pas qu’il pouvait faire ça !
- Ah ben bravo, on n’a pas fait tout ce chemin pour s’faire décapiter par une lame à la con.
- Si tu ne la fermes pas tout de suite je sens que c’est moi qui vais te décapiter.
- Essayes un peu pour voir, qu’on rigole tous les deux !
Le match était à présent lancé. Albatard avait déplacé son pion de deux cases vers l’avant, maintenant c’était aux Noirs de jouer. Néanmoins, Ephraïm ne semblait pas rétorquer à cette attaque. L’Hylien se demanda si on pouvait jouer deux coups de suite aux échecs et ne trouva aucun exemple d’un tel acte dans ses souvenirs de partie. Finalement, les deux combattants restèrent une minute, immobiles sur leur dalle, l’aliéné se parlant à lui-même. Puis Ephraïm décida d’attaquer avec son épée. Albatard resta impassible devant son assaut en exécutant un pas chassé qui lui permit d’esquiver le coup. Il tenta de lancer une contre-attaque avec la lame de sa botte gauche en la plantant dans un mollet de l’adversaire, en vain. L’humain continua l’offensive avec sa lourde épée, et le pirate exécutait toujours sa danse de pieds afin de blesser le guerrier aux membres inférieurs.
Ephraïm accéléra la cadence de ses attaques, voulant fatiguer le loup de mer et sa capoeira. Les deux combattants en avaient presque oublié les risques de cette salle du donjon. C’est Albatard qui les ramena à la réalité. En se réceptionnant sur un carrelage blanc, celui-ci s’abaissa de quelques centimètres et un bruit sourd provenant des cimes se fit sentir. Les guerriers s’arrêtèrent un instant et scrutèrent le plafond. A peine eurent-ils le temps de lever la tête, qu’un bloc de pierre chuta de haut en bas et s’écrasa à cinq mètres des deux protagonistes. Un autre bloc d’une taille plus grosse s’explosa à la suite du premier, puis ce fut très vite une pluie de rochers qui s’abattit dans la salle du donjon. Le pirate en profita pour attaquer Ephraïm sous cette mousson de cailloux. Il esquiva un rocher qui arrivait droit sur lui et reproduit son geste du début du combat avec sa lame boomerang. L’humain, pendant ce temps, s’était enfui de sa dalle pour se placer près des murs, seuls endroits où les agglomérats ne semblaient pas aller. Malheureusement pour Albatard, Ephraïm avait senti l’idée du pirate et au moment où la lame allait lui arracher un morceau du mollet, celui-ci plongea pour se protéger derrière une masse rocheuse, et la seconde lame du pirate s’en alla dans les airs pour s’écraser contre un mur. Ephraïm se réjouit du fiasco de son ennemi : ses bottes ne présentaient plus aucun risque dorénavant.
Albatard ragea quelques secondes de son shoot dont le projectile avait atterri très loin de sa cible, puis réalisa qu’il était sous le joug d’une commotion cérébrale s’il ne se déplaçait pas immédiatement. Il courut alors dans la direction opposée à celle du malade mental pour élaborer une nouvelle stratégie. Dans sa course d’esquive, un rocher vint s’éclater sur un carrelage noir contigu à celui où il se trouvait, et celui-ci s’abaissa grâce au poids du minéral. Un nouveau déclic se fit entendre et le corsaire remarqua que certaines briques qui formaient les murs du donjon disparurent. Une flèche sortit à toute allure du trou se trouvant juste en face de l’Hylien. Il l’évita de justesse en s’accroupissant, et reprit sa course avant qu’un nouvel agrégat vint s’aplatir à l’endroit même où il s’agençait précédemment.
Les éléments se déchaînaient donc dans le donjon depuis plusieurs minutes, entre les carrelages, les pierres et les flèches. Albatard avait beau se protéger derrière une masse de pierre, une flèche fusait toujours dans sa direction. Il était à présent en sueur à force de cavaler sans arrêt. Et puis c’est là qu’il l’aperçut, à quelques pas de lui, se mouvant de murs en murs, tout comme lui. L’homme des mers se saisit d’une flèche posée sur le sol et se mit à la poursuite d’Ephraïm, afin de la lui planter dans le dos. De plus, avec le bruit assourdissant qui régnait dans le donjon, Albatard pouvait le surprendre en toute tranquillité, du moins si l’autre ne l’avait pas encore perçut. Il était presque à la portée de la cape de l’ennemi, quand il dérapa sur des gravillons provenant de la pluie rocheuse, et se retrouva le visage contre le carrelage froid. Dans sa surprise, il lâcha sa flèche qui retomba un peu plus loin. Il se retourna pour se placer sur le dos, et discerna l’épée d’Ephraïm foncée tout droit vers son front. Il exécuta une roulade afin d’éviter l’arme blanche, puis tenta de se redresser, en vain. Il avait glissé bêtement et maintenant il se trouvait en position de faiblesse. Ephraïm réitéra l’opération et cette fois ce fut un pan de la cape d’Albatard qui fut déchiré. Ce dernier entendit les paroles de son antagoniste pendant qu’il préparait une nouvelle estocade.
- Allez finis-le ! Une bonne fois pour toute.
- Je sais ce que j’ai à faire. Ne me déconcentre pas.
- Il est à ta portée, rampant comme un chien, saigne le pour de bon qu’on en finisse.
- La ferme !!! Hurla-t-il
Durant ce laps de temps de fébrilité de l’adversaire, Albatard en profita pour tâter le carrelage afin de retrouver sa flèche perdue. Il ne la trouva pas, mais saisit un objet tout aussi utile, une pierre en forme de silex. Il l’agrippa et empêcha de se faire pourfendre sur place. Il le lança telle une fléchette en direction des yeux du fou, et n’arriva qu’à atteindre ses pommettes. Des gouttes de sang perlèrent sur le visage d’Ephraïm et tombèrent sur sa veste nacrée.
- Enfoiré !
- Crétin d’Ephraïm, tu l’avais à ta portée !
- Tu m’énerves Sheitan, sors de mon esprit, maintenant.
- Laisse-moi m’occuper de ce tas de chair fraîche. Regarde, il se relève, tout ça à cause de toi.
- Plus jamais tu ne prendras contrôle de mon esprit. Tu m’entends ?!!!
Albatard s’était relevé et assistait à la scène d’un sourire béat. Non seulement il avait réussi à retourner la situation, mais il avait réussi à faire craquer psychologiquement son adversaire. Et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, la tornade d’éléments s’était estompée à l’instant même où le premier sang fut versé. Une chance pour lui d’être toujours indemne jusqu’ici. L’arène était maintenant jonchée de débris de différentes tailles, cachant plus ou moins certaines dalles. Heureusement pour eux que seuls deux pièges furent déclenchés, c’était un miracle, ou bien le pire qui ne s’était pas encore annoncé. Albatard jeta un regard en l’air, le plafond était descendu de moitié, tandis que le combat avait à peine débuté. Le pirate avait réussi à prendre l’un des pions noirs de l’échiquier, mais le chemin était encore long avant de pouvoir être proclamé vainqueur. Il était donc temps d’augmenter l’intensité du match et de dégainer son meilleur atout : la Reine blanche allait faire son premier déplacement
Albatard sortit sa fidèle épée de son fourreau et la fit tournoyer dans sa main, ce qui provoqua l’attention du schizophrène. Ce dernier arrête le dialogue qu’il avait avec lui-même et se mit en garde, prêt à recevoir les assauts du pirate. C’est la lame pointée vers l’avant qu’il fonça sur Ephraïm pour lui asséner un coup au thorax. La parade de l’adversaire fit jaillir une étincelle des deux épées. L’autre contre-attaqua avec plus de vigueur encore, et Albatard failli perdre l’équilibre à cause de la violence du choc.
Le duel à l’épée s’éternisa pendant cinq bonnes minutes. Les deux garçons donnaient toute leur force dans cette bataille à l’arme blanche. Tour à tour, les guerriers étaient bloqués contre une paroi, ou contre un bloc de roche tombé ça et là, mais jusqu’à présent ils tenaient fermement sur leur jambe, même si l’ankylose au bras droit d’Albatard commença à le ronger. Il ne l’avait pas encore remarqué, mais son assaillant avait une jolie détente et une force gargantuesque avec sa lame géante. A côté, Dermot et lui paraissaient novices en la matière, même si pour le moment, ils arrivaient à repousser les estocades d’Ephraïm.
Le marin dut se ressaisir après ces longs enchaînements d’attaques et parades. Il ne voyait toujours pas comment faire pour pouvoir percer la défense du fol allié.
- Tu sais que t’es beau quand t’es en sueur ?!!
Qu’est-ce qu’il lui prenait à l’autre ? Il virait homo ou bien ?
- Tu as p’t’être blessé Ephraïm en premier, mais c’est toi qui clamsera avant nous !
Il commençait à comprendre à quoi il venait d’assister. Pendant qu’il réfléchissait à la situation après l’arrêt de la pluie rocheuse, la deuxième personnalité d’Ephraïm avait finalement pris le contrôle de son esprit. C’était sans doute de là que découlait ce changement soudain dans la manière de combattre. Au début du match, son adversaire semblait beaucoup moins puissant dans les coups qu’il voul ait lui porter.
- Oh mais j’y pense, excuse moi de ne pas m’être présentée plus tôt, on m’appelle Sheitan, la reine qui abrite ce corps avec Ephraïm.
Une femme dans une enveloppe masculine… Cela amusait énormément le pirate, lui qui aimait tant les jolies demoiselles, il était servi avec ce genre de monstre.
Sa trêve terminée, il repartit à l’attaque de la dénommée Sheitan. Son analyse était correcte, cette jeune femme était beaucoup plus solide et puissante que son ennemi précédent. Ainsi la fatigue accumulée, ajoutée à la vivacité de Sheitan engendra une perte de concentration chez le jeune homme lui coutant une blessure à la hanche.
- Alors mon mignon, on suffoque ?
Albatard expira une bonne fois pour se ressaisir et tenta d’arrêter l’hémorragie avec un lambeau de sa cape. Le fou noir venait d’envoyer à la morgue un cavalier blanc. La situation était des plus préoccupantes, et il ne trouvait toujours pas de solution. Sheitan ne lui laissa aucun répit et repartit de plus belle. Alban retint le coup comme il put. Un bloc de pierre le bloquait derrière lui, et il dut se dégager pour pouvoir répondre aux heurts de la jeune femme. Les dernières minutes du corsaire semblaient venir, ses estocades devenaient moins précises, ses défenses plus fébriles, Sheitan parviendrait facilement à lui transpercer le torse. Néanmoins, la deuxième personnalité paraissait avoir oublié un détail qui sauva in extremis le pirate. En se décalant d’un pas chassé vers la gauche, Albatard força Sheitan a continué son impulsion et arriva sur une dalle blanche qui s’enfonça dans le sol. Les deux guerriers entendirent un vrombissement dans la pièce et un personnage vêtu de noir sortit du mur, une longue épée jaune à la main. Il se dirigea en courant vers Sheitan et abattit son artillerie sur celle-ci qu’elle contra de justesse.
Le nouvel entrant ressemblait à une créature mi-homme, mi-elfe. Il ne s’en prenait qu’à son rival. Enfin un piège qui ne le concernait pas ! Il s’épongea le visage, vérifia sa blessure et se hâta d’aller aider son sauveur inconnu à se débarrasser de ce gêneur. C’est alors qu’il sentit une vive douleur dans son bras droit et n’eût pas d’autres réflexes et que de lâcher Dermot parterre. Il se retourna et lança un cri de stupeur. Il se trouvait nez à nez avec un Mojo tout noir qui tenait une épée semblable à celle de l’elfe, elle était en revanche de couleur bleu.
- LINKI !!! S’écria-t-il avec étonnement
Il évita de se faire découper en rondelles et fuit, en laissant Dermot gésir sur le carrelage. Il observa son bras avec plus d’attention. L’épée bleuâtre l’avait perforé et à présent son membre était totalement paralysé. Il essayait de déplacer son avant bras, et de serrer son poing, rien à faire. Il scruta celui qui venait commettre cet acte. C’était bien Linki le Mojo qui lui avait fait ça, mais un Linki tout noir, comme sortant des ténèbres, muni d’une épée, secrétant apparemment un narcotique hémiplégique. Cela n’avait rien d’étonnant de retrouver Linki dans un tel endroit. Après tout, c’était son tombeau, il avait perdu ici lors du premier tournoi jamais organisé. Et celui qui s’en prenait à Sheitan devait être son adversaire lors de cette finale. On trouve toujours son bonheur dans son malheur : au moins Albatard devrait combattre le vaincu de ce combat.
Le Linki des ténèbres arriva près de lui et fit aller son épée dans sa direction. Sans Dermot, il ne put qu’esquiver et quitta encore la dalle où il se trouvait. Il répéta une nouvelle fois l’opération et se retrouva à sa position d’origine. Il ramassa sa lame déchue avec son unique bras valide, le gauche et attendit que Linki revienne vers lui. Un second duel à l’épée s’engagea alors. C’était on ne peut plus compliquer pour le pirate, l’ambidextrie n’était pas son point fort. Il para l’estocade du Mojo en reculant de quelques pas et contrattaqua sans perdre une seconde. Il mit un certain temps à s’adapter à ce nouveau match dans la finale, Linki avait une taille bien plus petite que la moyenne, et il devait à tout prix éviter de se faire toucher aux jambes, signe pour lui de finir le duel à genou.
Le plafond était à présent descendu de trois quarts. Il serait bientôt à porter du sommet du crâne d’Albatard et il aurait encore plus de mal à se mouvoir avec Dermot. D’ailleurs cette dernière continuait à s’entrechoquer avec le glaive de Linki. Finalement, le pirate avait réappris à se saisir d’une poignée du côté gauche à sa grande surprise. Pour en finir au plus vite, il se hasardait à prendre des risques et frappait la lame de son adversaire le plus haut possible pour tenter de le déstabiliser. A plusieurs reprises, il faillit se faire pénétrer par le fer de Linki, suintant le poison qui n’attendait que de s’infiltrer dans le sang de l’Hylien. Soudain, Albatard mit le pied sur un pavé noir qui s’abaissa et à la différence de d’habitude, explosa, laissant le membre inférieur pendre dans le vide. Le pirate perdit l’équilibre et glissa dans le trou qui venait de se former. Il planta Dermot dans une des parois qui formaient cette cavité et s’accrocha à son manche avec sa main gauche. Sa chute se stoppa, et jeta un regard inquiet vers le bas. Des pics aiguisés n’attendaient que lui. « Foutu piège » pensa-t-il.
Le Mojo le scrutait fixement depuis l’arène du donjon. Albatard ne se trouvait pas assez profond dans ce puits secret pour ne pas être atteint par l’épée de Linki. D’ailleurs, ce dernier lisait dans ses pensées et essayait de toucher sa main encore intacte. S’il y parvenait, il tomberait lamentablement sur ces dents acérées. De toute façon, il ne tiendrait pas très longtemps dans cette position. Une idée lui traversa alors l’esprit. Il se balança dans le vide jusqu’à ce que ses pieds atteignent l’une des parois. Il s’y appuya et donna une impulsion qui lui permit de remonter de la grotte verticale, en évitant soigneusement la lame empoisonnée de son opposant. Ce dernier fut totalement pris de cours face à ce changement de situation si inopiné, surtout qu’Albatard était sorti de son champ de vision en quelques secondes. En effet, l’homme des mers était agile autant dans les airs que sur la mer. Il avait réalisé une sorte de salto et s’était réceptionné derrière le Mojo. La créature des ténèbres fit demi-tour pour se retrouver en face à face, mais il était déjà trop tard. Albatard fonçait déjà sur lui, tel un rugbyman dans une mêlée, et le renversa dans le trou. Linki ne se laissa pas faire pour autant et s’accrochait toujours aux bordures autour du trou grâce à ses mains et ses pieds
- T’es un coriace mon coco ! Lança Albatard avec un rictus.
Il se jeta alors sur son corps et rentra sa mâchoire dans la chair du visage de la créature des marais. Il lui croqua un morceau de peau. Il eut un haut le cœur d’avoir commis un tel acte de cannibalisme. L’autre se débattait, et tenait encore avec ses quatre membres. Albatard ne trouva pas d’autres solutions que de récidiver. Il retourna au banquet et croqua à nouveau dans la chair du Mojo, au niveau de l’œil. La douleur était bien trop intense pour Linki et il chuta dans la cavité. Le pirate s’écroula sur un carrelage voisin, du liquide noir plein la bouche. Il resta dans cette position jusqu’à ce qu’il constate que le plafond était encore descendu d’un mètre ce qui signifiait qu’il ne restait plus beaucoup de temps avant de se faire écrabouiller.
Albatard voulut reprendre Dermot, toujours accrochée à la paroi de la cavité. Hors il constata qu’elle n’était plus à sa place. Il scruta le fond du trou. Les pics transpiraient du sang ténébreux du Mojo, et c’est là qu’il la vit.
- Dermot, non !!! DERMOT !!!
Dans sa chute, Linki avait emmené l’épée, plantée, au fond du trou.
- Naaaaan, DERMOT !!! Bâtard de Linki !!!
Il observa le plafond, puis le trou. Que faire ? Sa fidèle épée, avec cette crapule morbide. Il voulut descendre dans la fosse pour aller la rechercher, mais comment faire pour remonter cette fois ? Et admettons qu’il y parvienne, aurait-il assez de temps pour en finir avec l’autre finaliste ? Surtout qu’il avait complètement perdu le fil du combat principal et les rochers qui l’entouraient, l’empêchaient d’apercevoir Ephraïm. Des larmes commencèrent à couler sur son visage, et il émettait des « Dermot » étouffés par ses sanglots. Sans elle, il n’était plus rien ! Il n’avait plus rien à perdre à présent, gagner sans elle n’était pas considérée comme une victoire pour lui. Et puis, il se souvint de sa raison à la participation au tournoi. Ses parents… ses parents assassinés qu’il devait venger. Cette somme d’argent lui permettrait de continuer les recherches.
Il sécha ses larmes et promit de venir la rechercher après sa future victoire. Il délaissa la Reine blanche déchue et se mit en quête de retrouver Sheitan ou Ephraïm, il ne savait plus du tout. Il ne le repéra dans son champ de vision, il décida donc d’avancer d’avantage vers le fond de la pièce. Il le perçut tout au fond de l’arène. Ephraïm tenait ses deux Kodashis dans chacune de ses mains. L’Elfe de ténèbres était accroché au mur par une sorte de liane, certainement un autre piège conçu par l’organisateur. Il vit alors à quel point son adversaire était un tortionnaire en s’amusant à transpercer de part en part plusieurs parties du corps de l’acolyte de Linki. Albatard marcha à pas de loup pour se tapir dans l’obscurité contre le mur du fond. Il entendait les gémissements de l’elfe en train d’agoniser. Ephraïm ou Sheitan en aurait bientôt fini avec lui et reviendrait très vite à sa première préoccupation : le tuer.
Le plafond touchait maintenant le haut de la tête d’Albatard, et il fut forcé de baisser son visage. C’est à cet instant précis qu’il la distingua, posée sur le sol. L’épée jaune de l’elfe l’attendait tranquillement à quelques mètres de lui. La fameuse règle de la promotion était bien évidemment de rigueur. Quand un pion d’une équipe arrive à l’autre bout de l’échiquier, il peut se troquer contre une autre pièce plus puissante. Il avait parcouru toute la longueur du donjon, il avait donc le droit de switcher un pion. Il ramassa ainsi l’épée d’or avec son bras gauche, l’autre étant toujours incapable de remuer. Un soleil était gravé sur la garde de l’épée. La lame de sa nouvelle Reine était brûlante. En contraste avec le narcotique, celle-ci devait produire une brûlure atroce en contact avec la peau.
- Tiens tiens, mais revoilà notre Albatarounet !
Ephraïm l’avait intercepté avant que le pirate ne puisse l’attaquer en premier. Il délaissa sa torture et revint au combat avec l’homme des mers. Tout comme ce dernier, le visage d’Ephraïm était recouvert de blessures. Ses vêtements étaient déchiquetés de toute part, Albatard en eut l’explication peu après.
- Je ne sais pas toi mais nous avons eu forte affaire avec une plante carnivore. Et toi ça s’est bien passé avec ton Mojo ?
Sheitan était toujours aux commandes du corps d’Ephraïm, au grand désespoir de l’Hylien. Ses deux Kodashis en main, Sheitan paraissait encore plus colossale que précédemment.
- Que tu te battes avec ta Dermot ou avec cette épée du Soleil ne changera rien !
- Ne salit pas son nom ! Cria-t-il
- Tu vas chier dans ton froc parce que t’as paumé ta fiancée ?
Il était de plus en plus inconfortable pour Albatard de manier l’épée avec ce plafond descendant éternellement. Dans quelques secondes, c’est à genou que les deux opposants allaient devoir combattre.
- Et toi tu vas chier dans ton froc de ne jamais pouvoir exister réellement ?
- Parce que tu sais faire des phrases de plus de cinq mots ? T’es sorti de ton mutisme ? T’es devenu un grand garçon ?
- J’existe réellement moi, je ne suis pas obligé de partager mon corps avec un homme médiocre incapable de me tuer.
- Ephraïm est un faible, c’est moi qui contrôle tout.
- Il n’avait pas l’air du même avis que toi.
- On s’en fout de son avis.
- Non on s’en fout pas de mon avis.
Celui qui venait de parler, c’était bien évidemment Ephraïm, refaisant une apparition.
- Rendors-toi Ephraïm !
- Non Sheitan, c’est mon combat et c’est mon corps. C’est moi le maître ici, pas toi.
- Arrête ça Ephraïm, tu vois pas qu’il veut nous monter l’un contre l’autre.
- Je vais m’occuper de lui à ma manière. T’as déjà assez fait de dégâts comme ça !
- Mais concentre-toi bon dieu !
- Ta gueule Sheitan, disparais.
- Jamais… Attention à ta garde.
Albatard avait réussi à troubler la stabilité du duo Sheitan/Ephraïm et son plan avait parfaitement fonctionné. C’est ainsi qu’au moment où les deux guerriers n’eurent plus d’autres choix que de se mettre à genou, le pirate perça la défense des deux Kodashis et planta la lame brûlante au niveau du rein gauche. On ne sait si le cri de douleur fut produit par Ephraïm ou Sheitan, mais l’onde sonore se répercuta à travers la pièce du donjon, du moins si on pouvait appeler cela encore une pièce. L’humain s’effondra sur le sol, inerte.
- Echec au Roi ! Lâcha Albatard
- Alors pour toi ce n’était qu’un combat d’échecs ? Encore t’aurais eu la décence de comparer notre duel à une partie de backgammon, je t’aurais laissé indemne.
Ephraïm agrippa Albatard aux jambes, le faisant basculer au sol, et lui planta ses deux Kodashis dans les cuisses. Le jeune hylien hurla à son tour.
- T’as peut-être eu Ephraïm mais moi tu ne m’auras pas.
Sheitan lui bloqua la main avec l’une des siennes et se servit de l’autre pour étrangler.
- Soit on meurt tous les deux, soit tu crèves étouffer.
Albatard ignorait d’où Sheitan tirait sa force, mais la douleur ne la dérangeait pas. Il commençait sérieusement à étouffer, c’était vraiment trop bête de finir ici. Et la promesse qu’il avait faîte à Dermot, il se devait de l’honorer. D’un ultime souffle, il donna un coup de cuisse dans les parties génitales d’Ephraïm, et Sheitan arrêta immédiatement son blocage. Il put dégager son bras gauche, et le redresser afin d’assener un coup fatal à Sheitan. La lame d’or atterrit dans la jugulaire de l’humain, qui s’effondra pour de bon, à côté d’Albatard.
- J’t’avais prévenu, t’aurais du avoir ta propre enveloppe charnelle, t’aurais su ce que c’était que d’avoir des couilles.
Le plafond était à hauteur du nez de l’Hylien, et continuait toujours de s’abaisser. Il était incapable de se mouvoir. Trois de ses membres étaient paralysés, il était cloué sur place. Il ne reverrait jamais sa chère et tendre Dermot, et mourrait aplati comme une crêpe.
- Echec et mat !
Albatard ferma les yeux en attendant la mort.
Trois jours plus tard, Albatard se réveilla dans la chambre de son bateau, son corps engourdi. Une lettre était déposée sur sa table de chevet, accompagnée d’une bourse débordant de pièces d’or. Alban Jurion se saisit de la lettre et la lut.
« Félicitations monsieur Albatard, vous avez triomphé du plus grand tournoi de l’histoire. Après votre victoire, je vous ai téléporté ici, dans cette chambre et fait mon maximum pour soigner vos blessures. Comme promis, votre récompense vous a été versée, vous trouverez ci-joint votre bourse de vainqueur. Il y a également un autre cadeau qui vous attend dans votre cuisine. Je vous félicite encore monsieur Jurion. »
La lettre ne possédait aucune signature. Il la reposa et mit du temps à sortir de son lit, puis a regagné la cuisine du bateau. Il jouit de bonheur quand il la vit, posée sur la table. Dermot rayonnait, comme au premier. Il s’en saisit et l’embrassa. La fin de leur histoire n’était pas encore conclue.
Que tout le monde vote
Sagara : 0
Superglover : 0
OH OUAIS. : D
Tous les ex-participants hein. ![]()
J'veux pas de Samy. ![]()
Je vote comme ça après c'est fait
Originalité :
Hm. C'est difficile à dire puisque les textes ne m'ont pas particulièrement surpris.
En plus, l'idée du parallélisme entre le combat et une partie d'échec est dans vos deux textes, c'est d'ailleurs assez marrant ;p. Etant donné que j'ai pas trop fait gaffe au niveau des techniques du combat et que ça m'fait chier d'relire, j'jugerais pas ça.
Au niveau des pièges, Superglover en utilise une grande variété, avec le coup des anciens combattants et des blocs de pierre, ainsi que la plante carnivore que l'on ne voit malheureusement pas.
Sagara a utilisé en gros en boucle les même pièges, ce qui est logique vu qu'une sorte de pièce d'un jeu d'échec n'a qu'une seule spécificité et qu'il a fait comme aux échecs. Les citations sont marrantes mais bon, voilà quoi ![]()
Après, Sagara a aussi fait des p'tits flash-backs qui se rapportent à des moments du tournoi passé sous silence, mais ça n'apporte pas grand chose au texte niveau originalité.
J'ai la flemme de plus réfléchir:
NEUTRE
Arène la mieux exploitée :
Là j'ai trop l'impression de revenir au critère précédent et ça m'saoule
. Bon, on va dire peu importe. SG nous propulse donc sous une pluie de cailloux, de flèches et autres méchants machins en tout genre tandis que Sagara balance des flèches, du feu et des téléportations.
D'ailleurs, le fait d'utiliser toujours les même pièges est intéressant puisque c'est là-dessus que repose tout le combat.
Nous avons donc une diversité importante de pièges d'un côté et des pièges façon échec qui sont l'édifice du texte.
Je noterais par contre que la descente du mur est anecdotique chez vous deux quasiment, mis à part à la fin du combat de SG.
En gros:
SUPERGLOVER
Personnages les plus vivants :
Bon là, Alban a clairement plus développé les pensées de son personnage, qui sont très bien retranscrites cela dit, et utilise le duo Sheitan/Ephraïm quasiment à la seule fin de déstabiliser l'ennemi et on ne voit la partie femme que comme un BOOST (
) des forces d'Ephraïm (à mon avis, j'peux me planter). Je regrette aussi qu'ils soient carrément jartés du combat pendant que Albatard affronte Linki.
Du côté de Sagara, les deux personnages sont aussi présents l'un que l'autre puisqu'on ne les perd pas de vue et l'on suit très facilement leurs diverses discussions et pensées.
En plus, il utilise les flash-backs pour nous faire comprendre les motivations d'Ephraïm et la raison pour laquelle il est encore là et pas mort destroy par l'organisateur, c'est un plus pour la vie des persos.
J'ai donc trouvé les personnages plus vivants chez Sagara:
SAGARA
Action :
Ce critère est chiant parce qu'un combat, c'est un concentré d'action quoi
. Bon, en gros, j'me suis plus perdu dans le texte de SG, peut-être parce qu'il est plus long et plus compact, je sais pas trop mais des fois j'étais dans le flou et quasiment jamais dans le texte de Sagara.
SAGARA
Descriptions :
Bon, alors là, c'est chaud parce qu'il y a pas grand chose à décrire et que c'est chaud quoi. Donc bon.
NEUTRE
Qualité de l´expression (orthographe, vocabulaire) :
J'ai trouvé des fautes dans les deux textes, plus ou moins énormes (et pour que je les voie, il fallait qu'elles le soient
) mais globalement l'orthographe est maîtrisée à l'aise.
Au niveau du style, celui de Sagara est plus léger et plus soft que celui de SG qui utilise un vocabulaire un poil plus recherché.
J'ai préféré celui de SAGARA.
Préférence :
Bon, la préférence. Enfin !
Avant d'en terminer, j'tiens à préciser que ces deux textes sont très bons à mes yeux et que j'ai apprécié les aventures sanguinolentes de ces deux personnages forts différents.
SG, ton texte était selon moi un poil trop longuet et un peu lourd
.
J'ai aimé les divers affrontements et descriptions mais voilà, j'ai quand même préféré le texte de Sagara pour sa légèreté et j'avoue que jerry du coup des maths et Albatard.
SAGARA
4-1 pour Sagara.
Voilà, désolé, c'est con parce que ton texte était très bon aussi Alban et ça m'emmerde de te donner un score comme ça parce que j'ai vraiment apprécié mais voilà.
Le mot de la fin: A PLUS TARD POUR DE NOUVELLES AVENTURES ![]()
Voilà, j'ai lu les deux, il est temps de voter!
[Originalité]
Pas que ce soit très original, mais j'ai bien aimé les flashbacks de Sagara ce coup-ci. D'habitude ça me gonfle, mais là le tracé de l'entre-tournoi est assez sympathique vu que ça donne un peu un background plus approfondi au truc, et comme c'est pour moi quelque chose d'assez essentiel...
Pour Alban j'ai pas repéré trop d'éléments qui sortent de l'ordinaire pour un combat de ce type.
Point pour Sagara donc.
[Personnages Les Plus Vivants]
Sagara a fait intervenir pas mal de personnages autres que ceux impliqués dans le combat, et en plus de ça ils sont bien réussis. Toujours le cas d'Ephraim/Sheitan interessant que, comme tu le maîtrise d'autant mieux, apporte un plus.
Le manque cruel de dialogue, en plus du fait que ceux présents sont assez naïf pour Ephraim et Sheitan du côté de chez Alban, le pénalise vraiment sur ce point.
Point pour Sagawa encore.
[Arène La Mieux Exploitée]
Euh, je pourrais pas trop départager sur ce point. Un tablier m'évoque pas grand chose à la base, et aucun des deux participant n'a pu me faire "surkiffer" le truc quoi.
Du coup bah neutre j'pense.
[Action]
Alors là je pense qu'on peut attribuer au texte d'Alban la mention que j'ai reçue pour mon premier: Suraction. C'est fatiguant en effet.
Mieux dosée et plus claire chez Sagara je dirais.
Point pour Sagara.
[Description]
Globalement aucune des deux côtés. J'me suis pas bien représenté les scènes.
Point pour personne.
[Expression]
Des fautes grossières chez Sagara, et des tournures grossières pour Alban. Enfin je dirai que ça m'a moins dérangé chez Alban, qui fais quand même l'effort d'essayer d'approfondir son style.
Point pour Alban.
[Préférence]
Et bien Kurst m'a forcément séduit, surtout ses répliques tranchantes.
Et ma cigarette a servit à quelque chose comme je l'avais prédit au début. ![]()
Juste j'ai pas apprécié que Kurst se fasse buter par Zakoestros, enfin c'est mieux qu'autre chose.
Alban bah, je dirais que l'effort fournit pour la qualité aurait pu être plus conséquent. Puis je considère que t'as usurpé ma place! (fake
) Enfin j'ai pas vraiment accroché au texte, surtout dû au fait que j'ai du relire plusieurs fois certains passages pour capter la situation.
Point pour Sagara donc.
Au final ça nous fait un... 4-1 si je ne m'abuse, en faveur de Sagara.