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De Chair et de Sang.

[-Linki-]
[-Linki-]
Niveau 10
17 février 2009 à 19:27:52

Eagle : 4 (Linki, Boost, Sagara, Sheik)
Alban : 2 (Tenji, Natsue)

Mais rien n'est joué car il reste encore 3 personnes à voter ! Alban pourrait opérer une splendide remontée ! Le prochain vote sera donc déterminant. :o))

Signe_of_truth
Signe_of_truth
Niveau 10
18 février 2009 à 00:04:47

bon, voila mon vote.. assez long quand même lol

Originalité : Ou la la, franchement des bon textes. Au début de celui de S-G je me demandais de quoi il parlait, le rapport du texte, mais après quelque ligne j’ai vo où il voulait en venir.. Très très original. Du coté d’eagle, avec Kurst comme divinité des centaure, lol J’ai trouvé très bien pensé, mais n’empêche que
Point :d) SG

Personnages les plus vivants : Vous avez très bien respectez les perso, par contre sg a exploité l’origine de la race ennemi plutôt que son ennemi en tan que tel, je pense le contraire de sheik concernant son propre personnage.
Je trouve qu’il a été très bien exploité dans le texte en entier, par ses tournure de phrase , sa présence : « j’entendis Kurst gueuler que c’était pas la peine de m’enfuir et que j’étais cuit. C’était un comique en plus ton pote »
Malgré ce fait, Eagle a aussi exploité l’ennemi ainsi que lui-même plus que bien. « ces lopettes de Zoras qui pratiquent la natation synchronisée. » « Parle pour toi sac à main » sont deux bout qui m’ont marqué de l’agressivité du pirate.
Mais le pt reste a Sg
Point :d) SG

Arène la mieux exploitée : La par contre fau dire que dans le texte d’eagle j’ai pu imaginé le rocher, ainsi que ce qui l’entourait, la parois etc. Sg, j’ai uniquement pu voir un image mentale après qu’ils se soient écroulé de la parois (lol)
Point :d) Eagle
Descriptions : Par contre, la dessus j’ai aucun commentaire sauf une petite difference dans la description des combattant (m’enfin) Sg ne parle pas de la blessure ouverte de Kurst, ce qui donne un point de plus a Eagle comme description
Point :d) Eagle

Action : Sur ce coup, difficile a départager., les deux textes en regorgent. J’ai par contre moi décroché de l’action dans le texte a Sg et il y a moins « d’action inutil (il frappa et para le coup) »
Point :d) Sg

Qualité d'expression : Ralala j’ai hate d’arriver a Préférence… j’ai de moins en moins d’argument spour départager… m’enfin. Malgré la belle orthographe (que jamais je ne pourrais avoir) ainsi que les tournures de phrases et l’excellent ainsi que judicieux choix de mot que vous employez, je trouve… bordel j’peux pas departager ça..
Point :d) Neutre

Préférence : Ahhh enfin. Lol j’ai adoré les deux textes, je me suis délecté des tournure sordiques que pouvaient prendre certaine phrase, pour eagle :
Dans un effort « surmoblin »
« - Je m’en doutais.
- J’en doute.
- Tu n’as pas à en douter ! »
Et pour Sg le petit gag d’intro :
« Vous m’excuserez, ma moto subatomique m’a lâché à l’entrée de la ville, alors je m’en vais commander un taxi. »
Mise à par la loufoquerie et le fait que l’originalité d’Essgé (hehe) pèse lourd dans la balance (la forme entière du texte basé sur une histoire racompté par le dit pirate…) Niveau préférence Sg ne ma pas convaincu, ce n’est pas que je n’aime pas son personnage en tan que tel, un pirate qui a meme pas de perroquet... pfff faut voir :P lol, mais l’utilisation de la magie m’a un peu perdu dans le texte, une bulle protectrice, un oiseau de feu… Manga Powaa!!
Le texte d’eagle ma lui aussi fait reculé un peu de l’écran, la perte de force de la faux… a par de la force, elle donne quoi d’autre? Tiamat ma déconcerté, j’ai dû aller lire l’intro de Linki pour savoir si elle avait un rapport… lol mais en entier j’ai préféré ce texte donc
Point :d) Eagle
Ce qui arrive a un 3-3.. hey merde
Bon qualité de l’expression maintenant…. J’ai relu les textes… oui me voila qui écri 30 minutes plus tard. J’vais faire bref, S-g a employé le In et Out de l’histoire, les coupures du lezard curieux ou du pirate qui devait boire un coup et qui m’ont beaucoup plus.
Point :d) S-G
4-3 pour Sg

[-Linki-]
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Niveau 10
18 février 2009 à 00:22:10

Bon alors j'ai informé Signe, en tant qu'organisateur, qu'il n'était pas obligé de trancher à propos de la qualité d'expression, car en cas d'égalité, la préférence l'emporte, ce qui changerait complètement son vote. Donc je lui laisse le choix de revenir sur son critère ou de laisser comme ça, et j'attendrai sa décision pour comptabiliser le vote. :p)

Signe_of_truth
Signe_of_truth
Niveau 10
18 février 2009 à 00:34:02

Nah je laisse, j'me suis pas tapé deux fois la lecture intégrale des deux textes pour rien!!! :P

[-Linki-]
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Niveau 10
18 février 2009 à 00:36:11

Eagle : 4 (Linki, Boost, Sagara, Sheik)
Alban : 3 (Tenji, Natsue, Signe)

Plus que deux votes, et rien n'est joué, une fois de plus ! Le prochain vote reste déterminant. :-p

Skared
Skared
Niveau 10
18 février 2009 à 00:41:56

EAGLE pasque sept sept, ce propos est incontrable. :noel:

Tenji_Gasuke
Tenji_Gasuke
Niveau 10
18 février 2009 à 01:24:24

"Au début de celui de S-G je me demandais de quoi il parlait, le rapport du texte" J'avoue moi aussi je me demandais où il voulait en venir xD

Sinon Signe j'adore, la encore il a préféré le texte d'Eagle mais SG l'emporte, et je me souviens que j'avais au premier round que j'eu son point alors qu'il avait préféré le texte de Linki. Genre le mec impartial quoi ^^

[-Linki-]
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Niveau 10
18 février 2009 à 12:56:06

Hé ouais, comme quoi ça existe.

Superglover
Superglover
Niveau 10
18 février 2009 à 15:10:01

Sheik je savais que tu voterais pour mon adversaire :noel:

Signe merci d'ton vote gars :p)

[-Linki-]
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Niveau 10
18 février 2009 à 19:52:18

Par contre Natsue, elle, elle peut aller se faire gober un oeuf ? :hap:

Sheik-Aer
Sheik-Aer
Niveau 15
18 février 2009 à 21:38:45

J'adore l'expression :noel:

Superglover
Superglover
Niveau 10
19 février 2009 à 10:35:11

Ah ouais merci à elle !

[-Linki-]
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Niveau 10
19 février 2009 à 22:09:50

Bon bah si vous voyez M-I ou Hache-Viande, fouettez-les de ma part pour qu'ils votent, surtout M-I. :oui:
J'vais poster les textes de Tenji et Sagara, dans cet ordre, maintenant, pour que ceux à qui j'ai demandé de voter puissent le faire, à savoir Imp, Linkoura, Linka... Ceux à qui j'ai pas demandé mais qui devront aussi voter, Alban et Eagle, et enfin, ceux à qui j'ai pas eu le temps de demander (puisque je pars en vacances demain matin) : Baby-Link, Gouloudrioul et Goten. Dans un instant, je poste les textes. :-p

[-Linki-]
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Niveau 10
19 février 2009 à 22:12:49

Texte de Tenji :

Une mer maudite, d'un bleu opaque, recouverte d'une brume malsaine de laquelle semble s'échapper une complainte infinie. Des âmes perdues, aussi nombreuses que les étoiles au firmament, la traversent sans relâche, sans but véritable, errant dans une étrange fantasmagorie, à la recherche d'un on-ne-sait-quoi. Un bateau au bois décati, aux planches pourries et à la voilure déchirée, vogue tel un fantôme ; seul, dans cette eau d'un autre temps. L'équipage est lui aussi maudit, et leur seule occupation est de trouver la Baleine Ambre, celle qui les délivrera de leur malédiction ayant fait pourrir leur chair, mais cela, c'est une autre histoire...
Lui, c'est le capitaine. Un squelette vêtu d'une redingote rouge défraîchie, d'un pantalon long, le crâne couvert d'un chapeau tricorne orné de plumes vertes.
Eux, ce sont ses pirates. Pas de chapeau, rien que des bandeaux. Il y a de toutes les couleurs, sauf le rouge, celle réservée au capitaine. Des pantalons courts.

Aujourd'hui est un jour sortant de l'ordinaire pour ces marins. Une attraction autre que les habituels jeux de dés et bras de fer va bientôt prendre place. Ils sortent un peu de leur morosité. Ils entourent, se pressant, se poussant, se mettant sur la pointe des pieds, deux inconnus. Le capitaine leur fait face.
- ... et c'est comme ça qu'mon équipage et celui de mon frère nous sommes tous deux retrouvés maudit jusqu'à la moelle ! D'puis, on navigue sur c'te fichu mer à la recherche de la Bête... Et comble du malheur, seul l'équipage qui tuera la Baleine d'Ambre se trouvera affranchi de la malédiction. On est donc en lutte perpétuelle avec mon frère ! Tellement qu'on en a usé toute notre poudre et nos boulets ! Pas de regret à avoir, c'est un fichu imbécile de toute manière.
Déjà, quand j'étais gosse, toujours en train de me piquer mes G.I. Joe... Bref !
C'est là qu'vous rentrez en jeu ! Après des centaines d'années à naviguer ici, on commence à connaître par coeur vous savez, et d'ici peu, je vous assure qu'on recroisera le bateau d'mon fichu frangin, et comme d'habitude, on s'abordera l'un l'autre, et comme d'habitude ça finira en égalité et chacun repartira de son côté...
Mais cette fois-ci, ce sera fichument différent ! Car vous allez nous prêter main-forte ! Des vrais bon gros humains pleins de chair, rien de tel que pour désosser un équipage de baltringues, pas vrai ?!
Après ça, on vous laissera à votre duel, tranquillement... Et on remettra au vainqueur un coffre rempli de joyaux, succès de nos rapines des rares navires ayant osés navigué par là... Mais si vous tentez de vous battre avant que mon frangin repose au fond de cette eau immonde, j'vous jure par les clavicules de Belzébuth que j'vous f'rais la peau à vous deux !
- Navire en vue ! interrompit le gabier.
- Ah ! Vous voyez, patientez une p'tite heure, et après, vous êtes libre, et riches !

Le capitaine arborait un fier sourire édenté, et se retourna promptement, pour se diriger vers l'avant du bâtiment. L'équipage commençait à s'affairer, hurlant, pestiférant, s'armant.
Ephraim et Herbert se lancèrent à la poursuite du capitaine. Ils se mirent chacun à ses côtés. Un navire était effectivement en vue. Un navire entouré d'une aura fantomatique, à la voilure tout aussi trouée, et au bois tout aussi pourri.

- Oh oh oh ! hurla le capitaine.

Herbert avait un léger rictus. Tout cela lui était bien familier. Après tout, pourquoi pas. Il connaissait les abordages par coeur, et aimait sa vie de pirate notamment pour ces moments d'action pure. Il gardait un oeil sur Ephraim, qui serrait de son poing contracté l'étrange masse, présent de l'Organisateur. Il se dit à lui-même que si l'occasion se présentait durant l'abordage de tuer son adversaire, il ne faudrait pas la laisser passer. La belle récompense occupait toutefois ses pensées. Fallait-il risquer un combat à la régulière pour se l'approprier, ou tout simplement tuer Ephraim et du même mouvement saisir le coffre, en comptant sur l'apparition rapide de Linki pour une fuite impromptue ? Il baissa à présent les yeux, et observa attentivement son arme. Une lance atypique, faite d'eau durcie. Dès qu'il relâchait sa concentration, l'arme devenait évanescente. Il se remémorait les paroles de l'organisateur.
Le marmoréen Ephraim était pensif. Ses doigts entouraient ferme sa Masse d'Ombre. Ses longs cheveux noirs jais virevoltaient. Il observait Herbert de biais. Le sachant fourbe et retors, il s'attendait à tout de la part du pirate. Sa lance l'intriguait. Quelle sorte de pouvoir avait-elle, il l'ignorait.
Une petite voix toquait à la porte qui séparait sa conscience de son inconscient. Une voix de crécelle qui voulait faire partie de l'acte. Ephraim la repoussait tant bien que mal, et tentait de se concentrer sur la bataille à venir.
Les bateaux se rapprochaient dangereusement. Dans une sorte de rituel et d'un commun accord, ils dévièrent légèrement. Les sillons étaient tracés, la route évidente. Dans quelques instants, ils se retrouveraient côte à côte.
Le capitaine profita de ce moment pour motiver ses hommes, une dernière fois. Il louait la présence des deux étrangers, vantait leur force. Une fois que son frère serait mort, la Baleine d'Ambre serait toute leur, et la malédiction finirait donc par être enlevé.
Le ciel était sombre, la mer agitée.
Les hurlements du navire du frère étaient enfin à portée. Les imposants bâtiments n'étaient plus qu'à quelques mètres. Herbert était resté sur le pont avant. Ephraim était aux côtés du capitaine, sur le pont principal.
Les deux bateaux furent enfin voisins. L'abordage débuta.

Les cordes se tendirent, et les deux équipages s'élancèrent dans le bateau ennemi. Quelques squelettes se cognèrent en l'air et tombèrent en pleine mer, crachant d'une voix amère le cri de celui qui se sait perdu.
L'élément de surprise était dans le camp du capitaine, et les pirates du frère étaient surpris de voir deux humains, en chair plus qu'en os, bondir corde en main dans leur navire. Événement inattendue. Le combat commença. Les lames s'entrechoquaient. Mais, dans leur malédiction, les boucaniers avaient reçu un don de quasi-immortalité, fait dont les deux invités ne mirent pas longtemps à se rendre compte. Ephraim avait beau frapper de toutes ses forces, et Herbert percer de toute les siennes, les squelettes ne bronchaient pas. Ils étaient solides, et résistants. Très solides, et très résistants.
Mais il y avait bien des moyens de mettre quelqu'un sur le carreau en pleine mer. Herbert fit un moulinet de sa lance, et, saisissant le manche fermement, fondit sur son plus proche opposant. Il l'embrocha, puis se servant de la puissance de ses reins, fit une rotation complète, et envoya le squelette par dessus bord.

De son côté, Ephraim était aux prises avec un adversaire particulièrement teigneux. Celui-ci maniait deux sabres avec un extrême habilité, cent ans d'expérience aidant. Ephraim eut une pensée nostalgique pour ses deux kodachis qu'il affectionnait tant. Le pirate profita de ce petit instant de rêverie pour entailler son flanc. Ephraim se ressaisit, et porta un coup puissant sur le crâne de son opposant, faisant voler sa tête en mille morceaux. À peine celui-ci s'affaissa totalement, qu'un autre pirate survint. Puis un autre. Et encore un. Ephraim saisit un instant de répit, où personne ne lui prêtait attention, pour se réfugier dans un coin sombre, sous un escalier. Calfeutré dans l'ombre, il haletait. Être invisible, voilà ce qui pourrait lui procurer un peu de souffle. Fermant ses paupières, il se concentra fortement, forçant son esprit, invoquant les forces de sa Masse. Sa peau commençait à s'évanouir, son sang parut translucide. Ephraim poussait encore sa concentration. Les veines de son visage battaient la chamade. Sa tête semblait sur le point d'exploser, quand soudain, le calme. Le calme total. Ephraim ouvrit les yeux lentement. Tout lui paraissait irréel. Le monde semblait avoir gagné en couleurs, et celles qu'il voyait étaient fluos, débordaient, courraient, disparaissaient puis revenaient. Il se sentait léger, infiniment léger.

«Hi hi ! sacré pouvoir que nous détenons là ! À en croire l'Organisateur, il faut rester dans l'ombre afin d'en profiter... Tu sembles fatigué Ephraim, souhaites-tu me laisser le relais ? »

Sur les deux navires, le combat faisait rage. Les coups pleuvaient. Les os se fêlaient, peu à peu. Le capitaine était sur son navire, et le frère sur le sien. Ils combattaient avec une égale fureur, ne cessant jamais de se jeter l'un l'autre un regard foudroyant de menaces. Herbert, qui continuait à faire du mieux qu'il pouvait avec son arme atypique, trouvait que le capitaine avait de l'allure. Son habit rouge feu, son tricorne majestueux, et les exotiques plumes vert sombre qu'il arborait, tout cela avait un quelque chose qui bouleversait l'esprit d'Herbert, et taquinait son âme d'esthète. Il voulait la même tenue.

Une immense explosion, l'eau qui s'élève dans un puissant jet à plusieurs centaines de mètres, et le bateau du capitaine - avec lui dessus - réduit en poussière. Sans crier gare, une énorme bête avait jailli des profondeurs, et avalé cru la moitié du navire. La Baleine Ambre. Suspendue en l'air une seconde, qui parut une éternité à certains marins tant la surprise était grande, elle retomba sur le plat du ventre, entraînant une autre explosion aquatique. Les vagues que ce remous provoqua étaient grandes, et puissantes. Elles frappèrent toutes à la suite le flanc du bateau du frère, qui tangua violemment, puis - dans un grincement sonore - se retourna. La voilure déchirée, le bois pourri, les gréements, tout vola en éclats. Chaque poulie, chaque planche de bois, chaque pirate, chaque pièce d'or, tout fut entraîné par le fond. Les squelettes se mêlaient aux âmes perdues qu'ils avaient si souvent observées. Herbert était sonné, tant par la surprise que par la violence du choc, mais il avait eu cette chance - rare- de n'avoir rien heurté violemment et d'avoir préservé sa tête vierge du moindre coup. Seul son bras gauche était endolori d'avoir percuté un des flibustiers. Par réflexe de survie, il avait tenu sa lance ferme. Et ainsi l'avait fait Ephraim. Ephraim, ou plutôt Sheitan, qui avait pris le dessus sur le corps de son hôte au moment même de l'apparition de la Baleine Ambre. Un réveil bien brutal.
Le navire, et tout ce qu'il contenait, coulaient donc, dans l'envers de la mer. Les bulles étaient milliard, et les poissons millier. Herbert, les yeux plissés, tentait de revenir à lui. Il aperçut deux phares, d'un jaune éclatant, gros comme des poings. Des phares en plein océan, en voilà une étrange vision, pensa-t'il. Les points grossissaient. C'étaient des yeux. La Baleine revenait à la charge. Elle ouvrit la bouche, et engloutit aisément tout ce qu'elle avait fait de débris.

Puis le noir. Complet et total.

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Niveau 10
19 février 2009 à 22:13:29

§

Plic, ploc. Plic, ploc. Les nerfs qui se tendent, l'un après l'autre ; le visage qui se contracte. Ephraim ouvre les yeux. De l'eau lui coule sur le visage, goutte après goutte. Son corps entier est fourbu, et il ne sent plus ses jambes. Il relève la tête. Le tournis le prend.
Ses vêtements sont complètement détrempés. Il est dans l'estomac de la Baleine Ambre, couché sur le fond gluant et collant. Les parois sont d'un rose sombre. Son estomac est énorme, immense, sans horizon. Des planches de bois, des squelettes, des voiles, des coffres, des ancres, des cartes, un enfant en tunique verte, des pieds, des mains, des poissons, des milliers de choses de nature diverses gisent ici, donnant au lieu une atmosphère lugubre et étrange. Un colossal cimetière sous-marin, éclairé par des centaines de trous dans le plafond, refuges d'une sorte de substance lumineuse.
Le sol est poreux, et ne subsiste donc au sol qu'une infime couche de liquide, rendu gluante et poisseuse par la consistance de l'estomac. Ephraim aperçoit sa masse à une dizaine de mètres.

Herbert se réveille, ventre contre sol. Sa lance toujours tenue par sa main droite, qui ne répond d'ailleurs plus, totalement engourdie. Son corps entier est insensible. Mais très vite, les nerfs reprennent leur rôle. Un fourmillement insupportable s'empare de la moindre parcelle de son corps, et son être tout entier s'éveille.

Ephraim est debout, ses jambes sont bien faibles. Il récupère sa masse. Il y voit plus clair, à l'esprit moins embrumé. Il constate avec lenteur un squelette en train de se lever non loin de lui. Que faire ? Le combat continue-t'il ? Un cessez-le-feu est-il de rigueur ? Et lui, est-ce un ami ou un ennemi ? Il ne le sait plus très bien, ses pensées sont confuses. Dans le doute, il s'approche, et abat sa masse à plusieurs reprises, réduisant son corps en bouillie. Sheitan refait surface.

Herbert est debout. Il progresse lentement, prenant garde à chacun ses pas. Il avance au milieu des débris, et des bouts de squelettes. Que faire maintenant ? Manifestement, Ephraim est encore en vie, ou Linki se serait manifesté. Il ne reste donc qu'à le chercher, pour en finir une bonne fois pour toute, en espérant toutefois qu'il fut aussi présent dans cet étrange endroit. Il eut aussi une pensée pour le trésor promis par le capitaine. Peut-être avait-il atterri ici.
Un gros morceau de navire - l'avant du navire du capitaine semblait-il -, la proue intacte - une méduse - défiant fièrement de ses yeux perçant le plafond, trône non loin de là.
Herbert s'en approche. Il entend des mouvements. Soudain, quelqu'un l'attaque. Il pare l'assaut, roulant sur le côté, puis se relève rapidement. Le frère lui fait face. Il est grand, vêtu d'un short bleu uni et d'un débardeur rayé noir et blanc, et montre avec courage une longue épée.
«Nous voilà face à face, toi, un des deux singes savants amenés par mon prétentieux de frère. »
«Nous voilà face à face, toi, dont je n'ai cure. Laisse-moi en paix, je ne te veux aucune querelle. »
«AH AH ! Tu participes à l'abordage de feu mon bateau, et tu oses maintenant prétendre que tu ne me cherches pas querelle !!»
«C'est pourtant la vérité, je ne veux la peau que d'un seul homme, qui est l'autre singe savant. C'est une histoire compliquée.»

Ephraim, sous l'égide de la diablesse Sheitan, continue son chemin, massacrant les pirates agonisants. Un coup par ci, un coup par là. Une balade amusante.
Au loin, un énorme morceau de navire, avec une méduse en proue. Curieuse, l'âme damnée du soldat décide de s'y rendre.

Le combat fait rage. Deux maîtres pirate dans une situation de crise ne font généralement pas bon ménage. Herbert est sur la défensive, et tente vainement de trouver un moyen de se servir des dons de son arme qu'il sait magique. Vapeur, solide ou liquide. Il a le choix entre ces trois états, mais seul le deuxième lui semble d'une quelconque utilité. Il forçe son esprit. Soudain, le déclic a lieu. Sa lance s'évapore. Le frère, surpris, observe ce phénomène d'un air intéressé. Herbert, pris au dépourvu, se concentre de nouveau pour redonner à la lance son état d'origine. Celle-ci le redevient en un instant, et tombe dans la main de son propriétaire. Le pirate commence à comprendre les mécanismes à déclencher dans son esprit pour contrôler son arme. Cela lui plait fortement. Il se remémore précisément les paroles qui l'avaient intéressé dans le discours de Linki: «... vous pourrez même avec de l'entraînement désarticuler votre corps, et devenir toujours changeant, comme l'eau elle-même... »
Il se focalise sur cette pensée.
Le frère tente de ne pas penser au tour de passe-passe dont il vient d'être témoin, et bondit une nouvelle fois. Ses coups sont parés, encore et encore et toujours. Soudain, Herbert glisse par lui-même, et s'affale par terre. Il tente de se relever, mais ses mains, ses genoux, tout son corps est savonneux, et il n'arrive pas à retrouver l'équilibre. Herbert se concentre, se concentre.
Son corps se désintègre dans une explosion aquatique! De l'eau. Son corps est devenue eau. Des particules d'eau, qui flottent, qui dansent, qui se rassemblent, qui se séparent. Le frère est totalement perdu. Il n'a jamais eut affaire à de tels phénomènes. Herbert se reconstitue derrière lui. Il arbore un rictus arrogant, empoigne sa lance, et sectionne d'un coup sec le cou de son adversaire.
La tête tombe à terre dans un bruit mou, s'enfonçant dans le sol pâteux.
Herbert ne bouge pas, mais vibre au plus profond de son être. Il jouit intérieurement, savourant chaque miette de l'immense pouvoir qu'il vient de maîtriser. Et, c'est là le plus surprenant, car contre toute attente, il se sent investi d'une force nouvelle, et ne ressent pas le moindre signe de fatigue.
Il est temps de visiter l'épave. Il s'y dirige, et aperçois à ses pieds le capitaine. Mort, pour de bon, à en juger par la tête complètement explosé par l'ancre de son propre bateau. Par chance, son chapeau est encore intact, ayant volé de côté.

Sheitan arrive enfin à l'épave. Elle passe sa main dans ses longs cheveux noirs.
Herbert apparaît, se détachant de l'ombre du navire. Ombre qu'il a de rare, note Sheitan.
Le pirate est différent. Il a troqué ses vêtements contre un pantalon, un gilet, et une redingote rouge sang. Il arbore aussi un tricorne, sur lequel sont plantées des plumes vertes. Ephraim reconnaît le costume: «Celui du capitaine! pense t'il.
- Qu'importe, ricane son second Moi.»

Le duel commence.

Herbert se transforme derechef. Des particules d'eau fondent sur une Sheitan ébahie. Celle-ci court diagonalement en direction du navire, afin d'atteindre la petite parcelle d'ombre au pied de celui-ci. L'eau se solidifie, une lance fend l'air, Sheitan évite. Une nouvelle transformation.
Plus on utilise les pouvoirs de l'arme, plus cela devient facile, et plus la force en est accrue. Nouvelle attaque nouvel échec. Sheitan fait volte-face. Elle est enfin dans son domaine. Invisible. Herbert, en état solide, reste perplexe. Il fait face à une immense bande d'ombre (immense dans sa longueur), et il a bien compris qu'Ephraim se cache dedans, utilisant les pouvoirs de sa Masse. Herbert tend son bras, allongeant sa lance. Il se concentre, et rend le milieu de son arme vaporeux, rendant son arme extensible. Il donne ensuite un ample mouvement de 180°. La pointe de la lance touche grâce à cette combinaison tout le demi-cercle auquel fait face Herbert. Sheitan est gravement touché à la poitrine. L'invisibilité cesse. Elle tombe à terre, suffoque. Le pirate sourit. Le soldat se relève.
Sheitan hurle de rage. Elle ressent à son tour l'appel irrésistible de l'arme. Sa position d'extrême faiblesse physique rend son esprit plus ouvert. Elle se concentre, se concentre. Une seconde masse – une illusion faite d'ombres et de chimères – apparaît dans sa main gauche. Ephraim, dans une lutte mentale intérieure, tente de discerner si les actions sont réellement le fruit de Sheitan, ou celles de l'arme.
Mais son double, elle, ne pense à rien de cela. Son désir de pouvoir croît, et plus elle se concentre, plus elle se sent forte et solide. Très vite, mille masses entourent, volantes, le soldat.
Herbert dirige la pointe de sa lance vers elle. Sheitan commence à courir vers lui. Ses masses fondent sur lui; mais, illusions, ne le heurtent pas. Elles brouillent sa vision cependant. Cela, Herbert ne s'en soucie guère: il fait appel une fois de plus à la puissance de sa lance, son nouveau Maître, et transforme sa pointe - uniquement - en eau. Et de cette pointe, une colonne d'eau jaillit. Une colonne d'eau puissante, qui transperce l'air. Sheitan, dans sa course, n'a pas le temps d'éviter. Le jet la frappe à l'épaule droite, qui se disloque, puis s'arrache. Tout le bras, et la masse tenue en main droite, vole au loin.
Sheitan se meurt, Ephraim refait surface, et tombe sur le sol. Herbert hurle, part dans un rire sourd. La puissance envahi les moindres recoins de son corps. Chez Ephraim, toute la force qu'il avait accumulée s'évanouit au contraire dès l'instant où la masse est envoyée loin. Il ressent un vide intérieur immense. Il est épuisé.

Herbert s'approche lentement, mesurant chacun de ses pas. Il s'arrête devant son adversaire, à ses pieds, vaincu. Le pirate a des spasmes. L'exécution à laquelle il se prépare l'excite de manière anormale. Ephraim lève les yeux. Herbert les a rouge.

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Niveau 10
19 février 2009 à 22:14:32

Texte de Sagara :

C'est dans un ballotement intempestif que les paupières d'Ephraim s'ouvrirent délicatement. D'un balayement de regard, l'homme constata qu'il se trouvait dans une petite pièce carrée en bois miteux, éclairée d'une simple lanterne accrochée sur le mur d'en face qui se balançait dans un rythme incessant et vite irritant. Tentant de se lever, le nomade remarqua qu'il était enchainé à une poutre en bois qui reposait dans son dos. Il grogna légèrement avant d'être interpelé par un marmonnement très proche. Tournant sa tête sur sa gauche, Ephraim aperçut son adversaire… Herbert l'iconoclaste. Se débattant malgré le fait qu'il soit attaché, le pirate abandonna vite toute tentative en lâchant un juron. Croisant le regard d'Ephraim, le pirate se remit à gigoter.
«Vil manant ! C'est une conspiration ! Je n'ai même pas eu l'occasion de me battre ! Libère-moi qu'on règle cela ! Fieffé parasite ! Hurlait l'homme avant de constater que son adversaire était lui aussi attaché.
- Mhhh, répondit simplement Ephraim, troublé par l'étrange individu qui lui était attribué en tant qu'ennemi.
- Si je trouve le responsable, c'est avec un trou dans la gorge qu'il devra s'exprimer. Vous m'entendez bande de Renégats ? S'égosillait le corsaire en tapant des talons sur le plancher creux.
- Ecoute Herbert, je pense qu'il faut garder notre calme et que dans peu de temps, on viendra nous expliquer la situation, raisonna tranquillement Ephraim en hochant positivement la tête pour appuyer son explication.
C'est d'un coup de pied dans le tibia du nomade qu'Herbert répondit, hochant positivement la tête pour appuyer son geste.
Sheitan, spectatrice jusqu'à présent, laissa échapper son rire irritant, interpelant Ephraim qui la fixa d'un regard sombre en grognant légèrement.
Après quelques minutes d'attente, la porte de la calle s'ouvrit, dévoilant un homme … Ou plutôt un squelette coiffé d'un tricorne de pirate. Il portait une longue veste noire aux motifs dorés et un crochet à sa main droite.
«Oyé, oyé chers invités ! Je suis rassuré de voir que vous n'avez pas cherché à vous faire la malle ! Je me présente ! Je suis le capitaine Barbe d'Os ! Mais vous pouvez m'appeler Bardos ! Ahahahahah, se mit à rire le capitaine, ses dents ne cessant de s'entrechoquer dans un claquement terrifiant.
- On est mal tombé, chuchota Ephraim à son compagnon d'infortune.
- Ne me parle pas macaque, rétorqua simplement Herbert.
- Bon, vous vous demandez sûrement pourquoi vous êtes attachés ? Et bien en fait on voulait juste rigoler un petit coup. Ahahahahah ! Voilà, maintenant que c'est fait, on va vous emmener chacun votre tour dans une pièce du bateau. Le but sera de retrouver votre ennemi dans ce dédale qu'est le Santa Mari'Os IIIème du nom ! J'ai prévenu mes hommes et ne vous attendez pas à des bonnes grâces de leurs parts. Bon lequel de vous deux est Ephraim Harada ? Demanda le capitaine Bardos.
- Moi, répondit simplement le nomade.
- Très bien, je vous laisse entre les mains de mon lieutenant. Herbert … Le maître d'équipage viendra vous chercher après. Sur ce, vous me trouverez dans mes quartiers.»
Le squelette sortit de la pièce, laissant sa place à un de ses semblables, tout aussi squelettique. Il détacha Ephraim de ses chaînes, abandonnant Herbert qui se défoula sur le sol en bois. Après plusieurs minutes de marche dans les couloirs étroits du navire, le lieutenant fit entrer Ephraim dans une chambre composée d'un lit troué et d'une armoire rongée par le temps. Le squelette se mit à faire des vas-et-viens dans la petite pièce. Il portait un large bandeau rouge duquel dépassaient plusieurs mèches de cheveux ornées par des perles multicolores. Sur son visage d'os, une moustache et une fine barbe tressée se divisant en deux étaient visibles ; chose étrange, Ephraim croyant que les squelettes étaient dépourvus de système capillaire et de barbe.
«Je suis le lieutenant Jack Sparr'Os. Vous êtes à bord du bateau «Le Santa Maria IIIèmedu nom».
- Qu'est-il arrivé aux deux autres ? Demanda simplement Ephraim.
- Il n'y en a jamais eu … On trouvait que ça sonnait bien. Ahahahahaha !
- Je commence à m'ennuyer, s'interposa Sheitan en réprimant un bâillement des moins élégants.
- On devrait peut-être écouter ce qu'il a à nous dire. Il pourrait mal le prendre, répondit Ephraim.
- Hey ! Tu parles tout seul ? J'avais une grande tante qui parlait toute seule. Paix à son âme. Ca a commencé tout bêtement. Elle parlait à son chat. Finalement son chat est mort et n'arrivant pas à faire son deuil, elle s'est mise à parler avec ses orteils. Je me demande bien quelle discussion elle pouvait entretenir avec. Mais bon, finalement à force elle a…»

Herbert s'était calmé, s'étant résolu au fait que ce n'était pas en s'excitant sur les chaînes que ses liens allaient céder. Il ne voulait pas attendre qu'on vienne le chercher. Il voulait s'échapper par ses propres moyens, pour son propre honneur de pirate. Il se mit à réfléchir aux mots de l'organisateur.
«De même, cette lance vous confère une certaine particularité... En la portant, vous aurez un corps plus "fluide", si l'on peut dire. Ainsi, vous serez glissant, et pourrez même avec de l'entraînement désarticuler votre corps, et devenir toujours changeant, comme l'eau elle-même...
- Il a oublié de préciser que c'était un bouffon doublé d'une tête de nœud, se dit le pirate, pensée destinée au cher Zakoestros qui devait bien rire du sort de ses participants.»
Comme l'eau elle-même ? Herbert se mit à réfléchir pour finalement se concentrer, sentant dans son dos la lance d'eau qui lui avait été confiée. Suffisait-il d'y penser ? L'homme se mit à canaliser les dits-pouvoirs de la lance sur un point en particulier. Quelques veines marquèrent ses tempes, signe de sa concentration extrême. Son bras commença à se fluidifier, et être aussi glissant que l'eau. Délicatement, son poignet fila entre les anneaux qui le retenaient prisonnier. Il se releva après avoir libéré sa deuxième main pour contempler son œuvre. Cette lance avait des pouvoirs étonnants. Entre les mains d'un pirate tel que lui, Ephraim Harada n'allait pas survivre longtemps. Ouvrant la porte de la calle, l'homme s'engouffra dans les couloirs étroits du navire à la recherche de son adversaire.

«Et tu ne devineras jamais ! A force de trop se pencher, elle finit par basculer et dévaler tout le mont du péril. C'était ignoble ! Il y en avait partout ! On a même retrouvé un œil au village Cocorico. D'après certaines personnes, c'est de là qu'est née la légende du monocle de vérité. Et il paraîtrait même que c'est ses restes qui attirèrent les Dodongos qui envahirent peu après le mont du péril. Et ce n'est pas fini, …»
Cela faisait une bonne dizaine de minutes que le lieutenant Jack Sparr'Os narrait son histoire peu intéressante à un Ephraim sceptique, se sentant obligé de l'écouter et d'une Sheitan irritable, qui n'avait qu'une envie, tuer ce pirate bavard.
«Ephraim ! Si tu ne t'occupes pas de lui tout de suite, c'est moi qui vais m'en mêler. Et je te promets que ça ne va pas être beau, s'insurgea la demoiselle en brandissant la masse d'ombre.
- Un squelette qui parle n'est pas une chose commune. On ne sait pas comment il pourrait réagir, donc le mieux à faire est de l'écouter… Je suis sûr qu'il a bientôt fini, répondit Ephraim.
- Et ce n'est pas à cause de son tam-tam géant qu'on l'a surnommé Bongo-Bongo, mais bel et bien pour le bruit qu'il a fait en tombant dans les escaliers de la prison royale. Tiens, en parlant de prison royale, savais-tu que …»
C'en était trop. Sheitan bouscula violemment Ephraim. Elle arma son bras pour abattre la masse sur le crâne du pirate, sa tête se détachant de sa colonne vertébrale pour rouler quelques mètres plus loin.
«Ahhhh !!! Ca fait du bien. Bon faut retrouver l'autre moussaillon de bateau-lavoir et lui régler son compte. T'es prêt Ephraim ? Demanda Sheitan à son ami.
- Hey !
- Sheitan, c'est toi qui a dit «Hey !» ?
- Non … Et ce n'est pas toi non plus apparemment.
- Je suis peut-être un squelette dépourvu de globes oculaires, mais moi, je ne suis pas complètement aveugle !»
Les deux personnes se mirent à chercher la provenance de cette voix. Leurs investigations les menèrent au crâne du lieutenant Jack Sparr'Os qui gisait près de l'armoire grinçante.
«C'est pas très sympa ce que tu viens de faire jeune homme, grogna la tête du squelette, son corps allongé au sol se relevant pour se mettre à chercher maladroitement sa tête.
- Je crois qu'il est plus judicieux de partir sur le champ, interpella Sheitan en fixant son ami.
- Ecoute mon p'tit pote, que les choses soient claires. Tu n'es pas intouchable, contrairement à ce que tu crois. On sait tous que… »
Le jeune homme envoya valdinguer la tête du pirate d'un coup de pied, coupant court au discours qu'il entamait. Poussant ensuite le corps sans tête pour ralentir la recherche de sa tête, l'homme s'était déjà enfui, s'aventurant dans les corridors du navire.

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Niveau 10
19 février 2009 à 22:15:14

«Herbert … Hum ? Crénom de nom !!!! Il s'est enfui ! Mille milliards de mille sabords !!!! Si je le retrouve il va m'entendre !
Le squelette à la barbe fournie fit interruption dans les quartiers du capitaine Barbe d'Os.
- Maître Archibald Hadd'Os ! Que signifie tout ce remue-ménage, s'insurgea le capitaine.
- Ce gibier de potence d'Herbert s'est enfui, s'écria Hadd'Os.
- Mhhh … Il cherche à accélérer le cours du jeu. Il faut les retenir assez longtemps sans quoi, nous risquons d'avoir de sérieux problèmes. Il ne faut pas qu'ils s'entretuent si tôt ! Si l'un des deux venait à mourir, l'homme aux cheveux violacés ramènerait le gagnant. Il ne faut pas qu'ils se retrouvent ! Le lieutenant Sparr'Os doit être en train de retenir Ephraim Harada. Vous savez ce que cela signifie Maître Archibald Hadd'Os ?
- Capitaine Barbe d'Os … Ephraim Harada a réussi à s'échapper, s'interposa le lieutenant… ou plutôt la tête du lieutenant Jack Sparr'Os tenue entre les mains d'un moussaillon.
- Lieutenant Sparr'Os ! Que vous est-il arrivé ? Demanda le capitaine.
- Il m'a assené un coup de masse. Mon corps ne m'a pas trouvé et doit-être encore en train de me chercher. Et comme vous le voyez, je n'ai plus vraiment la tête sur les épaules, répondit le lieutenant accompagné par un rire général de toutes les personnes présentes dans la pièce suite à ce jeu de mots des plus fins.
- Hum, hum, se reprit le capitaine, nous devons absolument les retrouver.»
Les hommes du capitaine acquiescèrent à l'unisson avant de s'en aller à la recherche des deux individus. Le capitaine Barbe d'Os se retourna, s'approchant de son bureau sur lequel traînaient plusieurs cartes. Il saisit un parchemin sur lequel une tâche noire était apposée.
«Nous allons enfin nous affronter, murmura le squelette légèrement anxieux, avant de froisser la feuille dans sa main osseuse.»

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«J'ai besoin de vous … J'aimerais opposer deux de mes participants sur votre navire, questionna l'humain aux cheveux à la couleur inhabituelle.
- Ca risque d'être plus difficile que prévu. J'ai quelques problèmes en ce moment. On veut ma mort, répondit simplement le squelette pirate en contemplant l'horizon qui s'étalait devant lui, le soleil se reflétant sur la mer d'huile que parcourait le Santa Mari'Os IIIème du nom.
- Et bien, si vous arrivez à vous débrouiller assez bien, vous pourrez sûrement les rallier à votre cause. C'est des combattants exceptionnels … J'ai été témoin de leurs talents et de leurs compétences, ajouta Zakoestros en posant ses deux mains sur la rambarde, la douce brise venant faire virevolter ses mèches violettes.
- Je n'ai pas trop le choix.
- Alors capitaine ? Que décidez-vous ?
- Je vous fais confiance …»

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«Parsambleu !!! Montrez-vous bande de capons !!!! Bachi-bouzouk !!! Criait le maître Hadd'Os en traversant les corridors qui formaient un véritable mini-labyrinthe au sein du navire. Une fois le squelette barbu hors de vue après avoir bifurqué dans un couloir adjacent, Ephraim apparut soudainement dans l'ombre d'un recoin du passage.
- Ca a fonctionné. Cette massue est vraiment étonnante. Pouvoir se camoufler dans les ombres est un don exceptionnel, jubilait Ephraim en fixant l'arme de ses yeux sombres.
- C'est un pouvoir de lâche. Mais ça te va bien, répondit simplement Sheitan en le fixant d'un regard provocateur.
- C'est pas très sympa …
- J'y peux rien si tu cherches toujours à esquiver le combat direct. Avec une masse comme celle-ci, il y aurait de quoi briser des crânes.
- Je n'essaye pas de fuir le combat. Il y a d'autres moyens beaucoup plus efficaces comme par exemple …
- TOUS SUR LE PONT !!!!»
La voix résonna dans toutes les pièces du bateau. Alerté, Ephraim se concentra une nouvelle fois pour se rendre invisible dans l'ombre. Une troupe de matelots passèrent à côté de lui sans le remarquer. Une fois l'agitation écartée, Ephraim fit une nouvelle fois son apparition.
«Tu as vu ? Tu avais l'occasion de tous les détruire d'un coup, mais toi, tu as préféré te cacher, remarqua tristement Sheitan, apparemment déçue de son ami.
- Que … Sheitan ! Je … Ils étaient trop nombreux, bafouillait maladroitement le nomade qui semblait toucher par la réflexion assassine de la demoiselle.»
Soudain, surgissant d'un couloir sur la droite, Herbert l'iconoclaste, armé de sa lance d'eau, fit face à son adversaire. Quelques secondes d'observation, les deux individus, encore sous le coup de la surprise ne réagirent pas tout de suite. D'un geste rapide, Ephraim se concentra, faisant apparaître dans sa main libre, une deuxième masse. Les plaçant derrière son dos, il mima un échange de main, empêchant ainsi à Herbert de deviner laquelle des deux armes était la vraie.
«Tu veux faire le concours de celui qui a la meilleure arme rustre faquin? Demanda le pirate, pointe dirigée vers son adversaire.»
Ephraim ne répondit point, se mettant à courir vers son ennemi, les deux masses raclant le sol en bois. D'un mouvement brusque, le nomade arma sa main droite, la masse dirigée vers le plafond s'abattît violemment sur Herbert. Ne voulant finir écrasé, l'homme saisit sa lance dans ses deux mains, la dressant au-dessus de lui horizontalement, concentrant toute son énergie pour lui conférer le pouvoir de la glace et ainsi la rendre solide. Mais, au lieu de percuter le manche de la lance, la masse traversa celle-ci comme par magie. Herbert écarquilla les yeux, réalisant trop tard qu'il avait été piégé et que la masse en question n'était qu'illusion. Heureusement pour lui, Ephraim étant trop près et n'ayant pas le temps d'armer la véritable massue, préféra asséner un coup de pied violent dans le ventre d'Herbert qui recula, toussant légèrement sous la force de l'attaque. Ses sourcils se froncèrent, touché dans son amour propre et sa dignité. Voulant prendre sa revanche, le pirate fut arrêté dans son élan par un coup de feu. Se retournant, il croisa le regard du squelette barbu qui les tenait en joug du canon de son pistolet à silex.
«Bougres de cornichons déshydratés, Canailles, Mérinos ! Je vous retrouve enfin têtes de mule, hurlait le maître Archibald Hadd'Os, faisant crisser ses dents dans un grincement désagréable.»
Herbert frappa du pied mais Ephraim fit soudainement volte-face, disparaissant dans l'ombre d'un passage non-éclairé. Pris au dépourvu, le squelette tira, mais la balle se logea dans le mur.
«Le vaurien ! Reviens ici vandale ! Forban ! Cul rouge, criait Hadd'Os, énervé par l'impertinent qui venait de prendre ses jambes à son cou.»
Soupirant, le squelette se rapprocha d'Herbert, canon toujours pointé vers l'individu qui ne préféra rien tenter. Le tenant à sa merci, le squelette obligea le pirate à avancer.

Le nomade se mouvait dans les ombres malgré le fait que les couloirs étaient déserts, en raison de l'ordre donné précédemment à l'ensemble de l'équipage. Débouchant sur une porte, l'homme se risqua à l'ouvrir. C'était un triste paysage qui s'offrait à lui. La pluie martelait le pont dans un manège incessant, alors que les vagues frappaient la coque du navire dans un rythme inlassable. Les voiles du bateau étaient déchirées, les lambeaux pendant dans le vide donnaient une allure terrifiante au navire. Le ciel était aussi sombre qu'une nuit sans lune, les nuages menaçants étaient les principaux acteurs de cette tempête. Sur le pont, les squelettes moussaillons, habillés d'un bandana bleu et d'un haut rayé blanc et bleu, se battaient contre des créatures à l'apparence humaine entourées d'une aura bleutée. Voulant retourner à l'intérieur, Ephraim sentit quelque chose de froid sur la peau de sa nuque. Se doutant qu'il s'agissait d'une lame, l'homme leva les mains en l'air.
«Je vous retrouve enfin monsieur Harada. Alors comme ça, mes histoires ne sont pas intéressantes ? Questionna le lieutenant Jack Sparr'Os qui avait retrouvé son corps, sa lame posée sur le cou d'Ephraim. Ce dernier ne répondit pas, baissant la tête. Le squelette poussa de sa main libre le nomade, le forçant à avancer sur le pont inondé par l'averse qui sévissait. Montant une échelle sur sa droite, Ephraim et le lieutenant arrivèrent sur le gaillard d'arrière, lieu où siégeait la barre de commande dirigeant le gouvernail. Le capitaine Barbe d'Os était présent, contemplant d'un air anxieux la bataille qui faisait rage sur son navire.
«Vous en avez retrouvé un à ce que je vois. Bon, nous n'avons pas le temps d'attendre maître Archibald Hadd'Os. Je vais vous expliquer pourquoi nous ne voulons pas que vous vous combattiez … Du moins, pas tout de suite. On aurait pu vous le dire plus tôt, mais nous n'avions pas imaginé à quel point vous êtes têtus. Bref, passons. Connaissez-vous cet endroit ? Nous nous trouvons actuellement sur la Mer des Âmes Perdues. Ces créatures qui combattent mes hommes ne sont rien d'autre que des âmes damnées, condamnées à suivre le courant pour rejoindre un monde bien pire que les enfers, narra le capitaine Barbe d'Os.
- Mais vous êtes déjà morts, remarqua naïvement Ephraim, réaction qui fit rire les pirates.
- Oui mais ce n'est pas le problème. Ces esprits n'hésitent pas à attaquer quiconque croise leur chemin. Ils cherchent à attirer les inconnus avec eux dans les flots déchaînés. Autant vous dire que c'est la mort assurée, répondit le capitaine en croisant ses bras.
- Et qu'avez-vous à perdre … Je veux dire … Vous êtes morts. Qu'y-a-t-il de pire que la mort ? Interrogea stoïquement le nomade.
- Le fait de ne plus pouvoir naviguer Morbleu, s'interposa le lieutenant Sparr'Os.
- Et où voulez-vous en venir ? Vous avez besoin de nous pour vous débarrasser de ces esprits ? Questionna Ephraim sous les rires associés du capitaine et du lieutenant.
- Mais non ! Mes hommes s'en débarrasseront sans problème. Regardez.»
Du haut de leur position, les trois individus avaient une vue d'ensemble sur le pont du navire. Malgré le fait que deux moussaillons soient passés par-dessus bord, un homme, ou plutôt un squelette, se démarquait des autres. Un bandana bleu sur son crâne, le mort-vivant se battait à l'aide de trois sabres : un qu'il tenait dans chaque main et le dernier qui était maintenu entre ses dents. Repoussant tous les assaillants hors du bateau, le squelette avait une parfaite maîtrise de ses coups, faisant tourbillonner ses sabres devant lui d'une facilité déconcertante. Ephraim fut quelque peu surpris de cette façon de combattre et fut contraint de reconnaître le talent de l'individu.
«Voici Zorr'Os, notre officier le plus talentueux, renchérit le capitaine. Vous croyez vraiment qu'un ramassis d'esprits sans cervelle va faire peur au grand capitaine Barbe d'Os ? Nan je vous ai fait venir pour ça !
Le pirate tendit un parchemin froissé sur lequel une tâche noire demeurait en son centre.
- Vous avez laissé tomber votre encrier ? Demanda naïvement Ephraim sous les éclats de rire de Sheitan.
- Mais non espèce d'écrevisse de rempart ! La tâche noire est le signe annonciateur de mort chez les pirates, s'insurgea le capitaine.
- Mais comment voudrait-on votre mort étant donné que vous êtes déjà m…
- T'as écouté ce que je t'ai dit avant espèce d'escogriffe ?
Spectateurs des prouesses de l'officier Zorr'Os et de la défaite progressive des âmes errantes, les trois protagonistes furent interrompus par une voix venant des hauteurs.
- Capitaine ! Capitaine ! Un Na Na ! Un Na Na ! Un Na Na, hurlait un squelette noir du haut du mât.
- Un navire ? Le reprit le capitaine. Où ça ?
- A bâ bâ ! A bâ bâ ! A bâ bâ !
- A bâbord ?
- Oui Capitaine ! A Bâbow ! Gwand naviwe !
- Tiens, tiens, quel est donc l'inconscient qui navigue dans ces mers ?
Le capitaine saisit sa longue vue, la plaçant devant l'orifice vide qui lui faisait office d'œil.
- Voyons ça … Ce n'est pas un simple voyageur. Le pavillon noir. Il ne veut pas nous dire bonjour celui-là. Il nous a vu on dirait ! Bon … TOUS A VOS POSTES ! Dépêchez-vous de vous débarrasser de ces esprits ambulants ! Un autre combat nous attend !»
Sur ces ordres, les marins mirent plus de cœur à l'ouvrage. Dirigé par Zorr'Os le maître en sabre, les quelques âmes infestant le navire tels des parasites, furent vite renvoyées à la mer. Un autre ennemi guettait maintenant le Santa Mari'Os IIIème du nom.

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Niveau 10
19 février 2009 à 22:15:40

«Arrête d'essayer de gagner du temps tête de mule. Le capitaine veut te voir avec ton ami, maugréa le maître Hadd'Os.
- Ce n'est pas mon ami, cimetière ambulant, rétorqua Herbert en s'arrêtant subitement, malgré le canon pointé sur son crâne.
- Fais pas le malin avec moi traîne-potence ! Trompe la mort ! Chouette mal empaillée !»
Alors que les deux individus commencèrent à s'envoyer diverses insultes à foison, un violent choc fit trembler l'ensemble du bateau, déstabilisant Herbert et Hadd'Os. Profitant de cette occasion, l'humain se retourna, saisissant l'arme à feu. L'écartant de lui, Herbert désarma le squelette, interceptant le pistolet à silex.
«Alors Père Noël des enfers, on dirait bien que la chance tourne, se vanta Herbert, adoptant un sourire dédaigneux, pointant l'arme sur son propriétaire.
- Cloporte … Je suis déjà mort, t'espères me faire un trou dans la tête ? Espèce d'apprenti pirate à la noix de coco, répliqua le maître Archibald Hadd'Os.
- T'as raison …»
D'un magistral coup de pied, l'humain repoussa le squelette qui s'écrasa au sol. Un nouveau coup de pied envoya la tête du mort-vivant valdinguer à l'autre bout du couloir. Un sourire hautain, le pirate s'en alla, accompagné d'un nouvel ami : le pistolet à silex.

Les deux navires s'entrechoquèrent violemment. La violence du coup fit basculer Zorr'Os par-dessus bord qui, ayant les mains occupées par ses sabres, n'eut pas le temps de se tenir. C'est d'une triste manière que le pirate sombra dans les flots, rejoignant le fond des écumes pour y reposer à tout jamais.
«ZORR'OS !!!! Parsembleu ! Nous venons de perdre l'un de nos meilleurs éléments, hurla Jack Sparr'Os.
- Nous pouvons compter sur vous alors ? Demanda le capitaine à un Ephraim hésitant, hué par des sifflements d'une Sheitan ne voulant rendre de comptes à personne.
- Très … Très bien, répondit simplement le nomade, le lieutenant baissant sa lame qui était toujours posée sur la nuque du jeune homme.
- Il n'y aura pas de prisonniers, cria le capitaine, sortant son sabre de sa ceinture, saisissant un pistolet dans une autre main, prêt à en découdre avec son ennemi.»
Les grappins furent lancés. Les moussaillons du Santa Mari'Os IIIème du nom tentaient de repousser les flibustiers, mais ces derniers prirent vite le dessus en nombre. Aussi squelettiques que leurs semblables, la seule différence résidait dans le fait qu'ils étaient vêtus de rouge et non de bleu. Le bruit de l'acier s'entrechoquant se mêlait aux coups de feu. Les hommes hurlaient pour se donner de l'assurance. Le vent faisait trembler les bateaux, l'instabilité du pont rendait hardi les affrontements. Tel un acrobate se balançant à une corde, un inconnu fit irruption sur le Santa Mari'Os IIIème du nom, en s'étant élancer depuis son navire grâce à une poulie. Le nouveau venu était coiffé d'un tricorne noir surmonté d'une plume rouge. Il portait un bandeau sur son œil droit, chose étrange en raison du fait qu'il ne possédait aucun globe oculaire. Une fine moustache ainsi qu'un bouc apparaissaient sur son visage osseux. Armé d'une fine lame, celui qui semblait être le capitaine du navire ennemi faisait face au capitaine Barbe d'Os.
«Tremblez vermines ! Je suis Racaille le Rouge, capitaine du bateau le «Lazy Town», commença le flibustier en pointant sa lame sur l'autre capitaine.
- C'est donc toi qui m'a fait parvenir cette tâche noire ? Au final, je n'avais pas de raison de m'inquiéter, rétorqua Bardos en adoptant un sourire provocateur.
- Alors mon nom ne te fait pas trembler misérable chien.
- Allons donc, je vais te faire avaler ta plume perruche bavarde.»
Les deux squelettes s'échangèrent quelques brefs coups d'épées. Sheitan, envoûtée par cette ambiance de conflit se mit à entrer en transe. Ses yeux vides de sentiments, elle souriait à pleine dents. Elle fit face à Ephraim, l'enlaçant tendrement avant de l'embrasser du bout des lèvres.
«Ce combat est à moi Ephraim, insista la demoiselle en posant sa main sur la joue de son compagnon.
- Je compte sur toi Sheitan, répondit le nomade, apparemment confiant. Jusqu'à présent, son aide était inestimable et il savait pertinemment que sans elle, il ne serait pas arrivé jusqu'à là.»
Le jeune homme se posta sur le côté, laissant champ libre à son amie. Celle-ci patientait à côté de la barre. Se battre contre les squelettes ennemis ne l'intéressait pas. Elle cherchait Herbert et de là où elle était, elle le verrait venir. Le pirate fit son apparition par une porte située en contrebas. Un rictus satisfait vînt orner ses lèvres écarlates alors que le brouillard se levait doucement. La demoiselle attrapa la masse de son autre main, sautant de son perchoir pour retomber avec fracas sur Herbert qui s'écarta de justesse, évitant l'énorme poids qui causa un trou dans le bois du pont. Le pirate pointa le canon du pistolet à silex sur son adversaire. Toujours à l'affût du moindre danger, la demoiselle effectua un magistral désarmement à l'aide de son pied qui fit valdinguer l'arme quelques mètres plus loin. A armes égales, les deux concurrents s'observaient.
«Ca fait quoi de se faire dominer par une femme, bâtard ? Lança froidement Sheitan à un Herbert désemparé.
- Femme ? J'en ai côtoyé des femmes dans ma vie de pirate et je peux t'assurer que tu es loin d'en être une. Une femme à barbe peut-être, répondit Herbert sur le même ton suivit d'un rire moqueur.
- Ne me compare pas à cet imbécile d'Ephraim.
- Ah oui ? Et a qui ai-je l'honneur ?
- Sheitan … Mais connaître mon nom est synonyme de mort. Considère que c'est ton dernier cadeau en tant que vivant.
- Tu sembles bien sûre de toi gueux. Ou devrais-je dire … Gueuse ?»
Ne supportant plus l'arrogance d'Herbert, la jeune femme voulut s'élancer vers son adversaire. Mais quelque chose frappa son esprit. La lance qu'il portait il y a quelques secondes avait disparue. Derrière elle, l'arme qui avait adopté une forme gazeuse se matérialisait. Se retournant brusquement, elle ne parvînt pas à esquiver l'arme qui fusait vers elle. La pointe déchira sa peau sur son flanc gauche. Une tâche de sang s'écrasa au sol alors que la lance était revenue dans les mains de son propriétaire. Cette fois-ci, c'est à l'état liquide que l'homme transforma sa lance. Celle-ci glissa au sol, se dirigeant sous Sheitan. Se jetant sur le côté, elle esquiva l'embrochement. La lance qui avait reprit forme, pointe dirigée vers le ciel avait faillit avoir raison d'elle. La jeune femme se leva rapidement, mais une violente vague se heurta à la coque, faisant trembler le pont de toutes ses lattes, entraînant au sol les deux adversaires. Profitant de cette opportunité, Sheitan s'éloigna d'Herbert pour ramasser le pistolet qui traînait plus loin. Se retournant vivement, son index appuya sur la détente. Un petit cliquetis s'échappa de l'arme. L'eau qui allait et venait sur le pont avait fortement humidifié l'arme à feu, empêchant ainsi le silex d'activer l'amorce. Pestant contre son manque de chance, la jeune femme balança le pistolet par-dessus son épaule. Claquant les doigts de sa main gauche, la demoiselle fit apparaître une copie de sa masse. Faisant un échange d'arme dans son dos, elle se lança sur son adversaire difficilement visible en raison du brouillard omniprésent. Alors que les deux guerriers engageaient une lutte acharnée, dominée largement par Herbert qui n'avait subit aucune blessure, la porte menant à l'intérieur du navire s'ouvrit. Le maître Archibald Hadd'Os se tenait droit, proférant multiples jurons à l'attention d'Herbert qui relâcha son attention. Cette occasion profita à Sheitan qui lui asséna un coup de coude dans le bas ventre. L'homme recula, entouré par une furie et un squelette enragé.
«Alors enfant de putain … Tu veux que je te laisse régler tes problèmes de couple avec ce Sakdoss ? Demanda Sheitan, ses lèvres étirées par un sourire narquois particulièrement désagréable. Tu sais, je n'aimerais que tu dises avoir perdu alors qu'on était à deux contre un. Fais ce que t'as à faire, moi je t'attends.
- Sakdoss ? Ne me compare pas à ces sous-êtres imbécile, répondit le maître Hadd'Os ! »
Herbert se mit à grogner. Elle osait le rabaisser ainsi, mais dans sa situation, il ne pouvait que prendre cela comme une aubaine. Le squelette fonçait déjà sur lui, sabre en main, coup qui fut bloqué par la lance.
Les ballottements ininterrompus du navire avaient déjà eu raison de la plupart des marins des deux camps. Les deux capitaines continuaient leur duel au milieu des trombes d'eau qui s'abattaient sur le pont. Les éclairs se mirent à déchirer le ciel et le brouillard envahissait la totalité des lieux. Les coups d'épées n'avaient aucun effet sur les squelettes, le seul intérêt à ce duel était l'épuisement de l'adversaire dans l'optique de le faire passer par-dessus bord. De leur côté, des moussaillons du Santa Mari'Os IIIème du nom repoussaient les flibustiers tentant de s'aventurer sur le bateau. Sheitan s'était mise sur le côté, collée au mât, observant le combat entre Hadd'Os et Herbert.
«Tu vas regretter cet affront iconoclaste ! Flibustier à la noix de pécan, hurlait le squelette en tentant de percer la défense de l'homme qui esquivait tous les coups d'une façon déconcertante.»
Un nouveau tremblement bouleversa la stabilité du navire. Herbert se retînt pour ne pas tomber, moment qui profita à Archibald Hadd'Os pour effectuer un coup horizontal de son sabre au niveau du torse d'Herbert.
«De même, cette lance vous confère une certaine particularité... En la portant, vous aurez un corps plus "fluide", si l'on peut dire. Ainsi, vous serez glissant, et pourrez même avec de l'entraînement désarticuler votre corps, et devenir toujours changeant, comme l'eau elle-même...»
Herbert se pencha en arrière, son corps se plia en deux comme s'il était dépourvu d'os. C'était donc ça dont l'organisateur parlait ? Se redressant, le pirate profita du moment de surprise pour se jeter sur le squelette, sa lance fauchant violemment le crâne du maître qui se détacha pour rouler dans le couloir derrière lui. Il se retourna, fixant Sheitan qui lui adressa un petit clin d'œil. Mais une chose l'intriguait. Où était passée sa masse ? L'avait-il perdu lors du dernier tremblement qui avait secoué le navire ? Pas le temps d'y réfléchir, l'homme se mit à courir vers son adversaire qui s'était mis en garde. Son pied heurta quelque chose. Entraîné dans son déséquilibre, le pirate chuta au sol. Mais, il n'y avait rien sur son chemin. Sheitan souriait, claquant alors des doigts. Sa masse apparue aux pieds de Herbert. Profitant du conflit entre lui et le squelette, elle avait délibérément laissé tomber son arme au sol devant elle en la rendant invisible. Il voulut se relever, mais déjà commençait-elle à lui envoyer des coups de pieds dans le visage. Elle n'arrêtait plus. Les coups pleuvaient au rythme de l'averse ; le visage du pirate se mettait à saigner et à se déformer sous la violence de ces derniers. Trompé par ce misérable tour de passe-passe, le pirate subissait les coups de son imprudence. La jeune femme se baissa pour ramasser la lance. Dans un élan de bravoure, l'homme transforma cette dernière en liquide, mais un nouveau coup de pied perturba sa concentration, la lance reprenant sa forme normale. Crachant plusieurs gerbes de sang, Herbert était à bout de force. Il n'imaginait pas que la deuxième personnalité d'Ephraim était si violente. Il sentit la lame de sa propre lance lui traverser son bras droit. Un hurlement se joignit aux coups de tonnerre. Retirant l'arme, la jeune femme s'attaqua au bras gauche. Un nouvel hurlement accompagna les grondements du ciel enragé. La pointe se logea dans la jambe droite du pirate. Les cris diminuaient lentement en raison de cette fatigue qui l'envahissait. La lance eut raison de la deuxième jambe d'Herbert. L'homme sanglotait de douleur, ne pouvant plus bouger un seul muscle. Il était spectateur de sa propre mort, son visage rivé sur le sourire permanent qu'affichait Ephraim … Ou plutôt, Sheitan. La jeune femme se saisit de sa masse, l'approchant du visage du pirate qui souffrait le martyr. Sheitan arma sa masse au-dessus d'elle pour l'abattre de tout son poids sur le crâne de l'homme qui contemplait, les yeux écarquillés, son tragique destin. Un bruit mêlant l'éclatement et l'éclaboussement s'interposa entre le bruit de l'acier des lames s'entrechoquant dans les duels des pirates. La cervelle d'Herbert gisait sur le sol mouillé, mêlée à du sang et des morceaux de crâne. Une vague suffit à nettoyer le carnage. Sheitan, le visage maculé du sang de son adversaire souriait. Son rire démoniaque s'éleva, souligné par un flash qui éblouit durant une seconde le spectacle morbide. L'éclair se dissipa, la jeune femme venait de disparaître.
Les deux capitaines ne se départageaient pas. Seuls les lambeaux de leurs vêtements témoignaient de leur duel effréné. Effectuant un nouvel échange de coups, le capitaine Racaille le Rouge fut subitement frappé par une entité invisible. Le squelette cogna contre la rambarde pour chuter par-dessus bord et finir engloutit par les vagues. Ephraim réapparut, masse en main devant le capitaine Barbe d'Os qui n'en revenait pas. Un léger sourire, le capitaine n'eut pas le temps de le remercier. Ephraim venait d'être téléporté ailleurs.

«Beau combat Ephraim … Ou devrais-je dire … Sheitan ?
- Ne m'appelle pas par mon nom enfoiré.
- Comme vous le souhaitez !»

[-Linki-]
[-Linki-]
Niveau 10
19 février 2009 à 22:29:03

Et voilà, les votes sont ouverts pour la seconde demi-finale.

Scores :

Eagle : 4 (Linki, Boost, Sagara, Sheik)
Alban : 3 (Tenji, Natsue, Signe)

Tenji : 0
Sagara : 0

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
20 février 2009 à 01:11:23

C'est parti!

[Originalité]
On peut pas dire que d'un côté ou de l'autre, il n'y ait quoi que ce soit d'exceptionnel point de vue scénario. Les deux ont utilisé différemment les pirates, les ennemis, les bateaux... Mais Tenji fait apparaître une Baleine, que je ne connais pas. Ça se finit à l'intérieur de la Baleine, c'est sympa. J'ai envie de dire, sauvons les baleines, et mangeons les Japonais!
D'un autre côté, je sais pas...
Je pense que Tenji remporte tout de même ce point.
+1 Tenji

[Utilisation de l'arène]
Alors euh, bah les deux se servent de pratiquement tout ce qui a été énoncé dans l'intro, avec un petit plus pour la Baleine de Tenji. Le combat entre pirate est pas mal décrit des deux côtés, chacun à sa motivation différente selon les textes, et j'aime bien les deux. C'est difficile.
Mais je pense que je me suis mieux senti transporté par l'ambiance chez Sagara. L'ambiance de la piraterie ressort plus, et l'utilisation des pirates est vraiment géniale.
+1 Sagara

[Vie des personnages]
Je trouve là le plus gros contraste. Tenji, j'ai toujours trouvé dans tous tes textes un manque cruel de vie, de dialogue. les personnages se contentent de penser. Oui, c'est ça, ce sont des êtres de pensée, mais pas réellement conscients, vivant. La conscience de soi passe entre autre par l'expression (sisi c'est le prof de philo qui l'a dit :oui: ) et je trouve ça dommage que tu ne développe pas plus les dialogues. Les personnages sont assez vide, et on regrette un peu Sheitan qui n'apparaît pas vraiment, seulement comme une deuxième identité de Ephraim, ce qui révèle un manque d'approfondissement de l'adversaire selon moi.
De l'autre côté, c'est certainement le point fort chez Sagara. Les pirates sont simplement géniaux, les noms sont bien trouvés, et les combattants eux-même sont vivants. Une Sheitan pétillante comme d'habitude, un Ephraim attachant et tout penaud face à son double, et un Herbert peut-être un peu moins maîtrisé parce que je ne le retrouve pas trop comme il était dans les textes de Tenji, mais c'est pas trop mal.
Bref, +1 Sagara.

[Descriptions]
Sans nul doute je dirai Tenji comme à l'accoutumée. Sagara ne démérite pas, je n'avais pas vraiment de mal à me retrouver dans le texte, à m'imaginer les scènes, mais voilà, chez Tenji c'est presque naturel de bien décrire. Je me rappelle encore avoir été transporté par ton premier texte contre Linki, ce pour quoi ton combat en équipe m'avait légèrement désappointé, mais je retrouve un bon niveau ici. Aucun mal à me représenter le combat, tout coule facilement dans mon imagination.
+1 Tenji

[Action]
Ce fichu critère qui ne veut pas dire grand chose... Bon et bien je dirai que l'action est présente dans les deux textes, et que dans les deux on retrouve une utilisation pratiquement similaire des armes. Tenji a su peut-être mieux exploiter sa lance, au dépend de la masse que je trouve laissée de côté. Chez Sagara l'utilisation des armes est plus faible mais égale. Et cela donne une action plus équilibrée. Chez Tenji le combat final m'a quelque peu déçu, avec une victoire un peu trop écrasante de Herbert. J'aurai voulu voir Ephraim et Sheitan batailler un peu plus.
Je pense que pour la raison du combat final un peu faible, j'attribuerai le point à Sagara.
+1 Sagara

[Qualité de l'expression]
Et bien, là encore on est sur le terrain de Tenji. Il s'illustre une fois de plus par son vocabulaire riche, ses phrases bien formées et ses tournures efficaces. Peu de fautes d'orthographe, je crois bien n'en avoir repéré qu'une ou deux.
Sagara bah, il y a sans aucun doute du progrès depuis le début du tournoi. Hélas pour ce critère tu n'avais que peu de chance de faire mieux. :noel:
+1 Tenji.

[Préférence]
Nous y voilà, nous sommes à 3-3. Ce critère est une fois de plus le déterminant.
Résumons. Tenji, le texte est bien fluide, bien écrit, et on s'imagine facilement la scène. C'est un combat classique, et il y a peu de surprises hormis peut-être la Baleine, même si on s'attend à la voir dès qu'il en est fait mention. Mais les Baleines c'est cool quoi. Une fois de plus, petit caméo avec l'apparition du héros vert.
Sagara, le texte est aussi fluide et travaillé. On sent les recherches sur la piraterie et les idées fraîchement apprises balancées pour renforcer l'ambiance, mais ça fait mouche. Les noms et l'utilisation des pirate est tout simplement géniale. Dommage, normalement la vigie utilise des ' pour les r et pas des w. :noel: Puis Sparr'Os est tout simplement énorme, et j'ai bien rit avec le écoute mon petit pote. Après, il y a le clin d'œil à Lazy Town. :coeur:
Mon choix est fait.
+1 Sagara

Ce qui nous donne au final 4-3 en faveur de Sagara.
Bonne chance à vous deux. :)

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Ça commence à devenir faible. :hap:

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