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Liste des sujets

De Chair et de Sang.

[-Linki-]
[-Linki-]
Niveau 10
20 décembre 2008 à 22:15:15

J'attend vos textes hein. Donc là il me manque les textes de :

- Alban (qui doit poster directement)
- Linkoura (parti aux sports d'hiver sans me donner de texte :ok: )
- Bruno (qui doit finir très bientôt)
- Armstrong (qui m'a demandé la date butoire sur msn maintenant qu'elle est passée :rire2: )
- M-I (que je sais pas où il est)

Superglover
Superglover
Niveau 10
20 décembre 2008 à 23:13:27

Bon donc j'ai fait mon texte, il est extrêmement pourri, j'me suis pas relu, y a sans doute des fautes, des répétitions, des mots oubliés tant pis, j'en ai fait un c'est le principal!

Et il est nul à en mourir donc ne le prenez pas comme référence

Superglover
Superglover
Niveau 10
20 décembre 2008 à 23:14:10

L’homme était posté là, caché derrière un rocher, tapi dans l’obscurité. Attendant, patiemment sa proie. Il se devait de le tuer impérativement. Le Tournoi de Terra Vetio avait été un sombre échec pour lui. Sa plume de toucor s’en souvient encore. Sa victime ne devrait plus tarder maintenant. Il se pencha au sol et se saisit de ses deux alliés. Le monde de la piraterie allait bientôt connaître un grand malheur.

Albatard s’éclata la face contre le sol rocailleux. Décidément, il ne s’y habituerait jamais, à ces téléportations, à la con selon son langage. Il se releva et observa l’endroit où il se trouvait. Encore un endroit clos. Il allait encore se sentir oppressé, préférant les espaces à l’air libre. Depuis tout petit, le marin était claustrophobe et c’est sans doute pour ça qu’il a choisi d’entre dans la grande famille des corsaires. La liberté…

Ses yeux étaient enfin habitués au peu de luminosité qui régnait dans cette grotte. Dermot, dans sa main droite, un nouveau combat s’annonçait devant lui, et encore une fois, ça allait être un labyrinthe, encore une fois ça allait le gonfler. Ne serait-ce pas plus simple de foutre deux pechnos l’un en face de l’autre et de les faire s’entretuer, plutôt que de jouer au chat et à la souris pendant trois bonnes heures…

Albatard arriva à une sorte d’escalier en pierre qui menait vers une sorte de fosse où plusieurs chemins partaient. Ca y est, fallait choisir. Albatard avait l’impression d’avoir déjà vécu cette situation maintes et maintes fois, et ça le saoulait déjà. Il choisit la gauche, le côté sinistre comme on disait autrefois. Il s’avança dans l’étroit passage, où il déboucha devant une espèce d’autel où étaient disposés plusieurs crânes. Sans doute, des anciennes victimes, des monstres qui hantaient ses lieux. Il voulut continuer son chemin quand il remarqua quelque chose d’anormal. Plusieurs ossements avaient été déplacés sur son plus proche côté, comme si quelqu’un avait voulu se cacher derrière le sépulcre. Peut-être son ennemi dans l’arène, qui sait ? Il déplaça quelques crânes et se pencha derrière quand soudain, une personne poussa un cri derrière lui. Il eut à peine le temps de se retourner qu’un Hylien l’attaqua avec une lance. Il arriva à parer l’attaque avec Dermot, mais ne put le repousser étant dans une position très inconfortable. L’autre rechargea et cette fois le pirate put faire des mouvements plus amples et entra dans le combat.

Albatard ne savait pas qui était cet étrange individu. Où était Eniae bordel à queue ? Il attendait ce moment avec impatience depuis qu’il était sorti vainqueur du combat contre le Garo. Pouvoir égorger un porc devant la fermière qui l’élevait. Entendre ses cris d’agonie et les sanglots d’Eniae derrière l’animal. La cul-terreuse qui l’aurait chargé, rempli d’hargne et de colère et il l’aurait décapité elle aussi. Un plan sans accroc, comme il les aime.

Toujours est-il qu’il ne savait pas qui était cet individu qui l’emmerdait avec sa lance de débutant. Le marin, contrairement à son habitude, rompit le silence dans un moment de repos.
« T’es qui toi ? »
« Je m’appelle Lee Varyu. Je suis ton adversaire. Je vais te pousser à bout. Et te mettre à terre. »

Le dénommé Varyu avait prononcé ses quatre vers dans une douce mélodie. Manquait plus que la harpe de Vénus et hop hop hop, on était parti pour un giga concert.

« Bon casse toi sale serbe, j’ai affaire avec une fermière, on en reparle plus tard »
Albatard voulut bloquer la lance du pauvre abruti aux cheveux bruns qui se tenaient devant lui, mais ce dernier avait semblé lire dans ses pensées, et avait totalement basculé son côté d’attaque. Au lieu de continuer sur sa lancée, Varyu se jeta vers les cuisses du pirate pour lui transpercer ce qui déstabilisa quelque peu le pirate.

« Espèce d’ignorant. Je remplace la fermière. Elle est restée dans sa pissotière. A tricoter des gants. »

« Chaud. C’est Gruntilda qui t’a donné des leçons pour les rimes ? »

« Petit Tétard. Tu vas finir dans mon assiette. Petit Albatard. Je vais te réduire en miettes »

« Tu m’dis à quel moment j’dois rire, ok ? »

Le pirate commençait à en avoir assez de cet Hylien mi-poète mi-guerrier. Il voulut en finir au plus vite et pris les choses en main. Un coup à gauche, un coup à droite. Il aimait bien passer à l’assaut dans tous les sens pour faire paniquer son adversaire. Cependant, cette fois-ci aucune brèche ne se créa pour donner l’estoc final. Varyu le faisait même reculer, et ils étaient à présent sortis du tunnel d’où ils avaient débuté le combat.

    • *

Le jeune marin sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il jeta tant bien que mal un regard vers l’arrière, essayant en même temps d’éviter la lance de son ennemi. Derrière lui se trouvait un ravin abrupt de taille moyenne, il allait tomber s’il ne trouvait pas une autre solution très rapidement. Il essaya d’analyser la situation. Varyu maniait sa lance avec dextérité et minutie. Très concentré dans ses gestes, il ne quittait pas sa cible des yeux une seconde, le repoussant millimètre par millimètre. Mais quelle était l’issue ? La faille qui ferait tout basculer ?

Son pied d’appui dérapa une première fois, puis une deuxième. Il n’y avait rien à faire. Vary parait tout, il le repoussait à chaque fois, il l’avait trop pris à la légère et ce qui devait arriver arriva. Albatard glissa pour de bon et fit des roulé-boulé sur le flanc de la montagne de cailloux. Dans sa chute, le pirate repensait à son premier combat avec les créatures centaures. Il avait gravi une montagne, il fallait la redescendre à présent.

Il se réveilla quelques minutes après, tout ecchymosé et éraflé par sa chute vertigineuse. Il avait le don pour se retrouver toujours dans des évènements tragiques et s’en sortir avec quelques contusions et côtes fêlées.

« La maman d’Alban. Ressemble à un éléphant. C’est parce qu’elle aime tromper. Son mari, avec le curé. »

« P’tain mais tu vas la fermer salopard !!!!....... Il faut que je me calme bon sang, Dermot redonne moi la sérénité nécess… »

Un objet sifflant vint frôler la chevelure d’Albatard. Où était-il tombé cette fois ? Cela lui paraissait lointain mais Linki, en lui décrivant l’endroit du combat, lui avait parlé d’une race de monstres vivants dans ces grottes hostiles et ils utilisaient des boomerangs… DES BOOMERANGS ?

Albatard se baissa à l’instant même où l’objet métallique allait lui trancher la tête d’un coup net. Il se retourna et vit deux êtres rouges orangés avec des cornes au bout de la vallée rocailleuse, et dans leurs mains un boomerang. D’ailleurs, il aperçut un des deux habitants lancer son arme en direction du pirate. Ce dernier courut en boitillant vers un rocher pour se mettre à l’abri, et évita soigneusement la lame du boomerang. Quand il regarda à nouveau en direction des deux Goriyas, après que le boomerang fut repassé au dessus de sa tête, il constata que les monstres fonçaient droit sur lui. Cela n’était qu’une diversion pour se rapprocher de lui. Les sales fourbes…

Il se releva et se plaça bien en évidence à la vue des Goriyas.

« Vous voulez jouer au chamboule-tout, alors on va jouer messieurs ! »

Il fit vaciller son épée dans les airs et la rattrapa côté lame. Il plaça un rocher de taille moyenne devant lui et se servit de la poignée comme d’une canne de golf. Il fit une première tentative qui fut un véritable échec. La pierre prit un effet non escompté et virevolta vers la droite. Le pirate choisit alors un autre caillou et se dépêcha de putter à nouveau car les deux affreux s’apprêtaient à lancer leur boomerang.

Cette fois la pierre prit la bonne direction et alla se figer en pleine carotide du Gariyo, qui s’écroula, totalement asphyxié et surpris par l’adresse du pirate.

« Et de 1 ! »

Albatard se saisit d’une troisième pierre mais un boomerang vint se loger dans son bras.

« Saloperie !!!!! »

Il le retira d’un coup, laissant jaillir le sang, et plaça son projectile sur un petit monticule de terre en guise de tee. Il arma Dermot, et projeta la rocaille en plein dans la bouche du second Goriya, qui l’avait laissé ouverte laissant exploser sa rage.

« Et voilà, j’ai fait un Eagle ! Ou p’t’être un Birdie… »

Albatard scruta sa blessure du coin de l’œil. Encore une plaie, et encore une cicatrice. Il se pansa le bras avec un morceau de sa cape et chercha un moyen de remonter au plus vite de cette vallée avant que d’autres créatures malfaisantes s’engagent pour le tuer. Il repensa à Varyu pendant ce temps. Il avait trouvé quelques similitudes avec son style de combat. Son adversaire était finaud, le bougre, et fort de surcroit. Et certainement qu’il ne s’arrêterait pas là, tant qu’il n’aurait pas retrouvé le corps du flibustier. Il arriva enfin à un chemin qui menait au sommet de la falaise. Il se résigna à l’emprunter en espérant ne pas avoir son ennemi sur sa route. Il devait trouver une nouvelle stratégie pour le vaincre.

Arrivé en haut, il ne trouva pas signe de Lee Varyu. Il se rendit à nouveau dans le labyrinthe en choisissant le passage de droite, puisque la gauche ne lui avait pas réussi. Il s’enfonça à nouveau dans un étroit chemin légèrement glissa et déboucha dans un lieu ténébreux. Il y avait encore moins de luminosité qu’auparavant et le pirate n’y voyait presque rien. Il avançait à pas de loup et redoublait de vigilance. Il s’était fait surprendre une première fois, pas deux.

    • **

L’heure était venue. Il le voyait. Il était enfin entré dans la pièce, ça ne pouvait être que lui. Il avait une bonne vue, ses yeux de fouine ne l’avaient jamais trahi jusqu’alors. Une grande cape, une épée bleutée qu’il tenait fermement de la main droite. Un œil dévoilé, le second caché par sa mèche. Oui c’était bien le nommé Alban Jurion. Sa victime d’un soir. Il se saisit d’Inu et Hayu, ses deux lames Volkoth Simikar, et prit appui sur le sol. Il attendrait qu’il passe devant lui, lui choperait le col par derrière et lui trancherait la gorge.

    • *
Superglover
Superglover
Niveau 10
20 décembre 2008 à 23:14:31

Albatard avançait doucement. Il ne voulait pas encore tomber dans un trou, ou autres ornières qui l’empêcheraient de pratiquer son meilleur combat. Il aperçut enfin une sortie à l’autre bout de la pièce. Habitué aux ténèbres, il se hâta et prit la direction de la sortie.

    • *

Dans quelques secondes Alban Jurion ne serait plus de ce monde, et arrêterait de chercher la vérité à propos de ses parents. 5…4… Il s’approche, il arrive… 3…2… Il est dans la ligne de mire, encore une seconde… 1…0… L’Hylien sortit de sa cachette et fondit sur le pirate, pour lui bloquer les bras et l’égorger, mais celui-ci se retourna et bloqua les deux armes blanches avec Dermot, à la grande surprise de l’agresseur.

    • *

« Tu es faible Var… Mais t’es qui bordel ? »

L’agresseur repartit à la charge, mais comment avait-il su ? Des étincelles jaillirent des lames et Albatard pu entrapercevoir son nouvel assaillant.

« T’as vraiment une sale gueule mectron, j’sais pas qui t’es mais moi j’avais juste payé pour manger d’la campagnarde, pas pour éliminer un réseau de malfaiteurs »

« Tu ne peux m’échapper Alban Jurion »

« D’où tu connais mon nom enfoiré ? »

« J’en connais beaucoup plus sur toi que tu ne le crois ! »

« En tout cas t’es pas très malin, j’t’ai senti à des kilomètres. T’es p’t’être silencieux, mais qu’est-ce que tu pues ! »

C’était ça son erreur. Son odeur. Effectivement, il avait été faible mais le pirate était déjà bien amoché. Il n’en aurait pas pour longtemps à le détruire. Inu, Hayu et Dermot luisait sous la violence des coups. Le corsaire était plus robuste qu’il ne le pensait, l’avait-il sous estimé ?

« Tu m’as toujours pas dit ton nom ma mignonne ! » lança Albatard dans un moment de repos

« T’as pas b’soin de le savoir ! »

L’Hylien redoubla d’énergie et repartit au contact, mais rien n’y faisait. Albatard resta dur comme un roc devant lui et le repoussa comme si de rien n’était. C’est à cet instant qu’une légère brise de poésie vint se répercuter contre les murs de la pièce.

« Quand il était petit. Banban a eu les oreillons. Maintenant auprès d’ses amis. Il passe pour un con. »

Albatard souffla un instant et reprit la parole durant la nouvelle attaque de son agresseur.

« Tu vois celui qui chante comme un décérébré, c’est mon koupaing Varyu…. Comme toi il veut ma peau… Mais comme toi, il aura cet endroit comme tombeau »

L’autre commençait à avoir des gouttes de sueur perlées sur son visage. Le combat était rude. Il n’aurait jamais pensé que le pirate était un bretteur d’exception, même blessé.

« On dirait que t’es fatigué ma grande, tu veux boire un coup ? C’moi qui t’invite ! »

« Ta gueule ! »

L’agresseur perdait patience. Mais pourquoi il ne s’était pas lavé plus souvent ? La colère lui envahissait peu à peu le corps. Il allait le vaincre, c’était sa mission, c’était sa destiné. Il ne pouvait plus subir l’échec du précédent tournoi, il devait se montrer à la hauteur de son clan. Il retourna au charbon, et frappait de plus en plus fort. Le pirate aussi était fatigué, sa bras blessé chancelait de plus en plus, encore un peu, il allait le vaincre, par la force des choses.

Alban sentait la blessure lui marteler le bras, et l’autre qui frappait comme une brute épaisse. Sa lucidité en avait pris un coup également et dans un dernier effort, le pirate dut lâcher son épée fétiche.

« Je savais que ça finirait comme ça ! » s’exclama l’inconnu.

Il lui plaça l’une de ses lames près de la gorge, en exultant sa joie. Albatard soupirait à n’en plus pouvoir parlé. L’autre avait peut-être été moisi au niveau planque, mais au sujet du combat, il avait été battu.

« Je dois…te dire… Respect mec… »

« La ferme. Tu n’étais pas si difficile à vaincre que ça finalement »

« Ouais si tu le dis, alors avant d’m’égorger comme le gros porc d’Eniae, tu vas m’donner ton nom ? »

« Ah ah ah, tu oses me donner un ordre alors que tu es en position d’faiblesse »

« J’veux savoir de l’homme qui m’connaît si bien ! »

« On m’appelle Kashidalva »

« Linki m’avait prévenu qu’on allait essayer d’me tuer. Je ne l’avais pas cru mais là j’dois dire, il m’impressionne le Mojo. »

« T’aurais jamais du tenter de savoir qui était tes parents. »

« Et toi t’aurais jamais du dire que tu me connaissais si bien ! »

Albatard tapa du pied sur le sol, et une lame sortit de sa botte. Il donna un violent coup de pied dans l’un des tibias de Kashidalva qui fut forcé de s’agenouiller.

« Tout à l’heure t’as avancé ton pied trop près de moi, c’est là que j’ai compris que tu ne savais pas que j’avais agrémenté mes chaussures d’une arme secrète. Alors j’ai fais semblant de lâcher mon épée et t’es tombé dans le piège, comme une vulgaire souris appâté par du gruyère »

Il lui donna un coup de poing dans les maxillaires, et cette fois Kashidalva s’écroula par terre.

« Et ça c’est pour avoir parlé d’mes parents »

Il rentra la lame de sa botte dans le thorax de son adversaire au sol, qui hurla de douleur.

« Les hommes kof kof… pour qui j’travaille te traqueront, et te tueront kof kof »

Kashidalva cracha du sang en toussant et mourut quelques instants plus tard. Albatard ramassa Dermot et se souvint qu’il avait encore Varyu à achever…

    • *

Varyu savait que quelque chose se tramait dans les environs. Il avait entendu du bruit de l’autre côté de la grotte et s’était empressé de courir dans la bonne direction. Un évènement anormal avait lieu, il avait entendu des éclats de voix, et ça ne pouvait être des Goriyas, un Goriya ne parle pas, il grogne. Il mit quelques minutes à retracer le voyage du son et arriva dans un endroit très obscur. Il analysa la pièce et détecta un corps en plein milieu. Ca sentait le piège à plein nez, et surtout le corps dégageait une odeur assez forte.

Il se dirigea vers le dit cadavre, tout en regardant autour, sur les parois, afin de discerner ne serait-ce qu’une tache noire anormal. Il arrivait maintenant à hauteur du corps et pointant sa lance dans sa direction, il découvrit la capuche qui cachait le visage, et constata qu’il n’avait jamais vu cette personne et surtout que ce n’était pas sa proie. Il continua son chemin et au bout de quelques instants fut totalement désarmé de sa lance par deux bras qui jaillirent de nulle part.

« Salut l’ami, comment tu vas ? »

Varyu s’acharna pour tenter d’se débloquer mais Albatard l’avait totalement pris par surprise, et ile ne pouvait se dégager.

« J’voulais te demander mec, qu’est-ce que tu penses de ma poésie : Albatard et Varyu. Tous les deux dans une grotte. Le pirate, dans ton cul. Va enfoncer sa Dermot. ? »

Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Le pirate, lui enfonça son épée dans le derrière, et Varyu cria comme un goret. Comme quoi, Albatard avait réussi son coup. En tombant, Varyu aperçut un trou dans lequel était posé le corps de l’homme inconnu. Il comprit qu’il avait été berné. Son opposant, l’avait creusé pour s’y cacher et s’était recouvert du corps de l’étranger. L’odeur de ce dernier brouillant celle du pirate.

« Astucieux ton plan. Mais le grand gagnant. Ne peut-être que Varyu. Un point c’est tout. »

Varyu se releva comme il pouvait et sortit un couteau de sa ceinture. Il fonça sur Albatard qui l’esquiva s’en rien faire. Il réitéra l’opération et encore une fois, le flibustier ne réagit pas. Varyu tanguait, suait, pissait le sang. C’était la fin pour ce géant de la rime. Dans un dernier effort, il s’élança sur son adversaire mais trébucha et s’écroula comme le mur, qui se révéla être un passage secret, et le fit tomber dans une fosse de magma en fusion.

Le combat était fini. Albatard rangea Dermot dans son fourreau et attendit patiemment que Linki le téléporte…

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
20 décembre 2008 à 23:50:16

On doit attendre Linkoura ou on choisit qui on préfère entre Alban et Alban?

_______________________________
[b][red]The Sword of Justice doesn't have a furnace.[/red][/b] - J. de Maistre

Superglover
Superglover
Niveau 10
21 décembre 2008 à 00:58:27

Alors Eagle, comment t'as trouvé mon texte ? :noel:

Baby-Link
Baby-Link
Niveau 10
21 décembre 2008 à 02:28:36

J'ai fini :-)
C'est pas très long, j'ai pas eu le temps de relire mais bon je pense que c'est pas si mal que ça.

sagara--sano
sagara--sano
Niveau 14
21 décembre 2008 à 11:25:18

OMG!!!!!

Alban !!!!!

Les références à Gruntilda ! Sérieux j'te respecte grave mon frère :coeur:

[-Linki-]
[-Linki-]
Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:04:52

Bon bah Alban a gagné par forfait. Sagara tu peux poster ton texte si tu veux, et je mettrai également celui de Tenji, puisque les adversaires ont été infoutus d'écrire quoi que ce soit. Ensuite on passera au combat de Eagle contre Baby-Link.

sagara--sano
sagara--sano
Niveau 14
21 décembre 2008 à 13:12:42

Bon bah j'ai fait un texte de trois post, la limite maximum autorisée par Linki.

Je sais que les gens sont déjà pas trop motivées quand il s'agit de lire pour voter (surtout quand c'est un texte long), alors je pense pas que beaucoup de personnes vont lire mon texte vu qu'il n'y a pas à voter ... Bref ^^
Je suis ouvert à toute critique.

sagara--sano
sagara--sano
Niveau 14
21 décembre 2008 à 13:13:55

« Il y a un problème Kurst ? Demanda le nomade à son ex-allié alligator qui revenait d’une conversation avec Zakoestros.
- Nan laisse. On a pas mal semé le désordre avec la harpe, répondit le reptile en soupirant légèrement, son regard tourné vers le sol.
- Tu as semé pas mal le désordre avec la harpe, rétorqua Ephraim adoptant une mine stoïque.
- Raahh … Recommence pas à jouer sur les mots, s’énerva Kurst en se retournant pour fixer l’organisateur leur faire signe d’approcher. »

Le tirage au sort eut lieu et il constata avec soulagement que ce n’était pas Kurst qu’il tira mais le nom de Vénus. Vénus… C’était cette étrange femme qui était restée à l’écart de tous pendant l’entre-deux tour. Des cheveux bruns coupés courts encadraient un visage pâle aux yeux sombres. Un bô était attaché dans son dos, bâton souple offrant une longue portée à son possesseur. Elle tenait fermement une lyre, instrument de musique plutôt banal qui ne semblait pas dissimuler une autre utilisation. A première vue, Ephraim se laissa porter par les préjugés, se demandant comment elle était parvenue à ce troisième tour avec une arme contendante et un instrument de musique. Cachait-elle des armes dans ses vêtements ? Ou peut-être était-elle beaucoup plus forte qu’elle ne le laissait transparaître ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir, que sa vision se troubla légèrement, un sentiment de vide l’envahissant, comme si son âme cherchait à fuir son corps. C’était l’effet de la téléportation, moment désagréable qui ne durait qu’une poignée de secondes mais qui donnait l’impression qu’une éternité s’était écoulée.

Le nomade émergea doucement, sortant de sa torpeur, secouant fortement sa tête pour reprendre ses esprits. Assis par terre, il se leva doucement, son regard vagabond balaya la pièce. Il semblait être dans un bâtiment, les murs en pierres s’élevaient à plusieurs mètres au-dessus de lui et des statues représentant des têtes d’aigles siégeaient sur les parois grisâtres. L’air se faisait rare, signe que l’endroit devait se trouver en altitude. Mais à côté de Subrosia, la tour du Vautour n’était qu’une formalité. Pendant l’observation de son adversaire, Ephraim n’avait pas vraiment écouté Zakoestros mais il se souvenait du nom évoqué : la tour du Vautour. Pourquoi des aigles alors ? Tellement de questions inutiles commençaient à fleurir dans son esprit, mais Sheitan ne tarda pas à le ramener à la réalité.
« Tu comptes prendre racine ? L’architecture des lieux te fascine ? Tu le dis si je dérange, grogna la demoiselle qui se mit devant son ami pour le fixer de son regard écarlate.
- Non … Désolé. Je reprenais mes esprits, répondit le nomade en plongeant ses yeux sombres dans ceux de Sheitan.
- Allez, pas de temps à perdre, on tue l’autre troubadour et ensuite on s’occupe de ton ami le reptile, ajouta la demoiselle en prenant les devants, avançant d’un pas assuré vers un couloir qui leur faisait face. »

« Je t’attends … »

Vénus était adossée à l’un des murs glacé de la pièce. Elle ne voulait pas se mettre à visiter la tour à la recherche de ce taré qui parle tout seul. Il finirait bien par venir et si ce n’était pas elle qui lui règlerait son compte, l’ennui, la faim, la fatigue finiraient bien par avoir raison de ce simple mortel. Elle soupira, ses yeux fermés jusqu’à présent s’ouvrirent délicatement, fixant alors l’escalier situé à quelques mètres devant elle qui semblait descendre dans les entrailles de la tour. L’obscurité régnait en maître sur les lieux, aucune fenêtre ne donnait sur l’extérieur. La salle était éclairée de quelques torches luttant pour ne pas sombrer dans les ténèbres. L’âtre incandescent répandait sa faible lueur qui éclairait le visage impassible de Vénus. Elle se revoyait dans le temple de la Grande baie; cet organisateur semblait avoir le don de lui attribuer des arènes plus glauques les unes que les autres. Elle détestait déjà cet endroit.
Le crépitement des flammes résonnait en ces lieux comme une symphonie que seule la jeune femme était capable de comprendre et d’apprécier. L’inspiration montait, sa tête se mettant à vaciller de droite à gauche à la cadence des sons. Elle saisit son instrument, sa lyre, sa vie. Ode à sa victoire, Requiem pour ses futures victimes, les doigts se mirent à parcourir les cordes dans un rythme effréné. Une mélodie aussi sombre que le donjon se propagea entre les murs, offrant à la tour une ambiance encore plus pesante.

« Qui es-tu? Qui se cache derrière cette belle mélodie? Joue pour moi … Joue avec moi. Rejoins-moi … Je t’attends.»

Gravissant les marches quatre à quatre, le nomade suivit de son amie aboutirent dans une pièce carrée aussi sinistre que celles visitées auparavant. Ephraim avait entendu une douce mélodie qui restait ancrée dans son esprit. Similaire au son de la harpe des âges, l’homme déduit logiquement que c’est son adversaire qui devait vouloir l’attirer avec sa lyre. La mélopée semblait provenir de cette pièce, mais elle était vide. Un pilier partait du sol pour rejoindre le plafond invisible, masqué par les ténèbres. En tournant son regard sur la gauche, il apercevait une porte mais celle-ci semblait inaccessible en raison d’un gouffre de plusieurs mètres qui l’entourait menant directement à l‘étage inférieur. Tomber de cette hauteur entraînerait probablement la mort du pauvre fou qui tenterait de le franchir. Aucune autre issue ? L’homme se mit à douter.
Un bruit sourd, le nomade ne sentait plus ses jambes. Il tomba à genoux après avoir reçu un coup violent sur l’arrière de son crâne. Camouflée dans l’ombre, Vénus avait profité de l’effet de surprise pour prendre l‘avantage. Dans sa lancée, elle arma un nouveau coup, le bâton se plia en pénétrant l’air à la vitesse de l’éclair. Vingt centimètres, l’extrémité renforcée de l’arme s’approchait de sa cible. Dix centimètres, son visage allait se tordre sous la violence du coup. Cinq centimètres … Rien. Vénus resta figée pendant quelque secondes. Son adversaire venait de saisir l’arme de sa main droite. Il était encore conscient ? Et ce sourire … Ce n’était plus la même personne.
« Ephraim … T’es si faible. Sans moi tu serais mort depuis longtemps. Laisse-moi m’occuper de cette catin. » 
Tentant de libérer son bô de la mainmise de son concurrent, Vénus l’entrevit saisir le manche de sa lame géante attachée dans son dos. Dans le même mouvement, le nomade possédé par Sheitan, ramena sa main droite sur la gauche qui tenait fermement le manche pour abattre le poids démesurée de son arme sur la déesse. Cette dernière, dans un geste de survie, lâcha son fidèle bâton pour sauter sur le côté, l’impact de la lame sur le sol projeta plusieurs gravats dans des directions alentours. Elle ramassa son bô s’éloignant à reculons d’Ephraim dont l’épée se mit à fendre l’air dans tous les sens, lançant des coups peu précis mais d’une rare violence. Face à ce monstre déchaîné, Vénus n’avait aucune chance de l’affronter à armes égales. L’escalier était derrière le nomade et tenter de le contourner risquerait d’être périlleux et dangereux. Elle tourna la tête, voyant le précipice qui la séparait de la seule issue possible. Préférant tenter sa chance que de périr broyée par la lame de son ennemi, la jeune femme fit volte-face, se mettant à courir vers le ravin; l’extrémité renforcée de son bâton pointée droit devant elle, vînt se planter entre deux dalles. Elle prit appui sur son arme qui se plia sous son poids, pour la propulser en avant. Gracieuse comme une féline, elle atterrit comme une plume de l’autre côté du fossé, soufflant l’excédant de stress qui l’envahissait. Elle pivota sur ses talons, adressant un bref sourire hautain et dédaigneux à Ephraim qui ne bougeait plus, apparemment bouche-bée par cette performance. Le bô-jutsu était l’art dans lequel elle excellait. Toutes ces années d’expérience l’avaient menée sur la voie de la maîtrise. En plus de s’en servir comme arme, elle avait développé d’autres techniques, comme l’utilisation du bô à la manière d’une perche par exemple. S’engouffrant dans l’embouchure de la porte, Vénus disparu des yeux d’Ephraim qui reprit le contrôle de son corps. Sheitan se retourna brusquement, envoyant son pied cogner le mur.
« Quelle garce! Quelle garce !!!! Hurla la jeune femme alors que son ami posa une main réconfortante sur son épaule, geste qui fut repoussé aussitôt. 
- Sheitan, commença le jeune homme qui fut coupé par cette dernière.
- La ferme ! Rattrape-la bon sang !
- Mais comment ?
- Débrouille-toi, je suis pas ta mère. Arrête de toujours compter sur les autres. Sans moi et ton ami le sac à main, les deux autres cadavres ambulants n’auraient fait qu’une bouchée de toi.
- J’ai quand même réussi à les retenir pendant un petit mom…
- Mais arrête de te chercher des excuses ! Si tu veux la rattraper, cherche un moyen de traverser ce trou. Utilise ta tête que diable! »
Elle semblait vraiment énervée. Était-ce lui qui l’avait rendu dans cet état ? Ou était-ce la défaite qu’elle avait encaissée lorsque Vénus était parvenue à lui échapper d’une facilité déconcertante?
« La pauvre, pensa le nomade en voyant son amie prendre appui sur le mur, son visage tourné vers le sol. »
Il se devait de trouver une solution, non seulement pour se prouver qu’il en était capable, mais surtout pour affirmer à Sheitan qu’elle se trompait sur son compte. Ses yeux sombres balayèrent la pièce. Pierre, pierre, pierre, torche, pierre, pierre, pierre, torche, pierre, pilier, pierre … Pilier ?
L’homme se tourna vers l’imposante colonne qui s’élevait vers les sommets de la tour. L’observant sous toutes ses facettes, le nomade saisit sa lame géante, se mettant à marteler la base du pilier pour rendre ses fondations instables. Le sol vibrait sous les assauts répétés, quelques cailloux se décrochaient du plafond pour retomber en une averse sur le sol. Epuisé, Ephraim transpirait à grosses gouttes. La base de la colonne était bien endommagée. Encore quelques coups et il montrerait qu’il était capable de se débrouiller sans l’aide de personne.
C’est dans un énorme vacarme que la tour du Vautour, située sur les sommets des plateaux Tartare de l’Est se mit à trembler de toutes ses pierres. Le jeune homme avait eu raison de la fondation : cette dernière s’était encastrée dans le mur d’en face pour finir sa chute dans la pièce suivante. S’en servant comme une passerelle, le nomade s’aventura à califourchon sur le pilier, préférant avancer doucement mais sûrement au-dessus de ce précipice de plusieurs mètres. Arrivé de l’autre côté, il se laissa glisser sur le sol pour souffler, ses tempes humides de sueur prouvaient bien qu’il n’était pas rassuré. Sheitan vînt le rejoindre, se baissant délicatement pour déposer un baiser sur son front.
« Tu vois quand tu veux, murmura furtivement la demoiselle en s’engageant dans la nouvelle pièce. »
Le schizophrène se leva, souriant de sa performance certes dangereuse, mais qui avait porté ses fruits. Fermant la marche, l’homme rejoignit son amie.

« Que … Quel est ce bruit ? Où es-tu noble musicien ? Pourquoi t’es-tu arrêté de jouer? Je sens une présence … Tu te rapproches. Est-ce toi ? »

sagara--sano
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Niveau 14
21 décembre 2008 à 13:14:41

D’un pas lourd et pesant, l’homme robuste planta son trident dans la momie qui avançait de manière inquiétante. Les bandages se teintèrent d’une couleur rouge opaque alors que le gibdos chutait lourdement au sol dans un râle de lamentation à glacer le sang. Ce n’est pas un stupide mort-vivant qui allait l’arrêter dans sa mission. Syprec rôdait dans la tour depuis plusieurs heures sans croiser quelconque personne d’apparence humaine. En plus des momies qui infestaient les lieux tels des parasites, quelques serpents et squelettes grouillaient dans les couloirs maussades de la tour. Il commençait à s’impatienter, étant un homme d’action, seul le combat animait son corps. Faire une ballade de plaisance dans un tel endroit à la recherche d’une personne dont il n’avait que quelques renseignements sommaires l’ennuyait plus que tout. Hôgul allait l’entendre …
Il soupira une nouvelle fois, arpentant un couloir étroit lorsqu’un tremblement venant des étages inférieurs se fit ressentir. Il vacilla, manquant de tomber mais il prit appui sur son trident pour se stabiliser. Il y avait de l’action en bas. Ca tombait bien, si les deux se battaient, il n’aurait qu’à attendre que l’un des deux meurt pour régler son compte au survivant. Malgré son imposante armure qui recouvrait son corps, il arrivait à courir à une vitesse respectable. Il fallait trouver un escalier qui l’emmènerait vers les lieux de ce qu’il croyait être un combat. Retournant sur ses pas, il constata que la majorité du sol de la pièce précédente s’était effondré. Il lâcha un juron, obligé de s’aventurer dans les salles suivantes qu’il n’avait pas encore visité. Le couloir déboucha sur une chambre éclairée par un lustre garni de plusieurs têtes de volatiles. Un énorme tapis rouge recouvrait le sol en pierre. Le guerrier avança, ses pas foulant la moquette écarlate, mais un son parvînt à ses oreilles.
« Enfin, tu es venu, dit paisiblement l’inconnu d’une voix calme et posée. Le timbre de sa voix était grave et légèrement tremblant. Il ne semblait pas plus grand qu’un enfant d’environ dix ans. Un masque de squelette recouvrait le haut de son visage, ne dévoilant que ses yeux rouges sanguinolents, ses lèvres fines aussi noires que la nuit et son menton d‘une peau blanche écarlate aussi terne que la neige. Il portait une veste noire qui recouvrait la totalité de son corps et ses mains étaient aussi squelettiques qu’un cadavre.
- C’est toi Ephraim Harada, demanda Syprec pointant son trident vers le petit être.
- Je ne suis qu’un humain parmi les humains … Qu’une âme parmi les âmes. Je suis un musicien, un magicien. Mes notes sont un onguent pour les spectres tourmentés. Ma mélodie sert de guide aux défunts pour les aider à trouver le chemin. Je suis … »
Ne voulant guère écouter ce que l’inconnu avait à lui dire, le balafré se mit à courir vers le musicien, les trois pointes du trident cherchèrent à le transpercer. Un petit bond sur le côté, le petit être saisit une flûte.
« Je me suis trompé. Une si belle mélodie ne peut venir d’un être dominé par la violence. Ce n’est pas toi que j’attends. Puisse ton âme trouver la voie du repos éternel. »
Ses doigts fins et habiles se mirent à boucher quelques trous de la flûte, sa bouche soufflant dans l’instrument qui se mit à produire un chant macabre, un hymne à la mort, une berceuse funèbre pour sa future victime. Le membre du conseil se raidît en entendant la rumeur d’un gémissement qui lui perça les tympans. Tournant difficilement la tête, il distingua quatre formes disparates se former… Des effrois. Les cadavres ambulants se mirent à geindre de douleur. Esprit tourmenté cherchant la voie du repos, les morts-vivants saisirent leurs têtes ne cessant de pousser des cris de lamentations, de peur… de tristesse. Syprec était paralysé, ses yeux bleus aussi purs que la glace s’écarquillèrent, tentant en vain de bouger son bras armé. L’un des effrois reniflant l’odeur de la chair fraîche, s’avança d’un pas lent et inquiétant, se tordant dans tous les sens en ne cessant d’hurler, son visage en charpie se déformant sous les cris incessants pendant que les trois autres semblaient être pris de spasmes interminables.
Il n’allait quand même pas finir en repas pour ces zombies.
« Bouge, hurla-t-il intérieurement … BOUGE !!!! »
Trop tard, les yeux azurs du balafré étaient nez-à-nez … enfin, œil-à-œil aux orbites vides de ceux de l’effroi. Sa bouche en décomposition dégageait une odeur de mort mêlée à de la pourriture. Malheureusement, cela ne suffit pas à faire regagner sa liberté de mouvement au guerrier pris au piège par sa propre peur enfouie au fond de lui, émergeant par les lamentations ininterrompues de l’abomination qui lui faisait face.
Une nouvelle mélodie fut jouée par l’être masqué. Un bruissement d’ailes provenant du plafond parvînt aux oreilles du guerrier. Des espèces de chauves-souris noires se mirent à virevolter, plongeant en piqué sur l’être paralysé, plantant leurs griffes dans son visage à chaque passage. Le visage en sang, le balafré ne pouvait qu’enfouir la douleur qu’il ressentait. Ses yeux ne pouvaient se détacher du mort-vivant qui était collé à lui. Dans un bond soudain, le monstre sauta sur sa victime, ses jambes squelettiques exerçant une pression sur l’abdomen de Syprec. Les êtres volants s’arrêtèrent de plonger inlassablement sur l’homme paralysé. Elles se mirent à voler en ronde, attendant que le zombie finisse son travail. Voulant étrangler le cou du guerrier avec ses bras putrides, l’effroi se blessa sur les épaulettes en forme de lame de hache de l’armure de ce qui devait être son repas. Il était encore vivant? Ses protections lui avait sauvé la vie … Elles l’avaient rallongée tout du moins. Profitant de cette opportunité, l’homme se débattit une nouvelle fois contre la paralysie. Tel un éclair fissurant le ciel, le trident du guerrier siffla comme une bourrasque, les pointes de ce dernier transpercèrent les tissus musculaires en putréfaction de l’effroi qui s’écroula au sol, rejoignant une nouvelle fois le fleuve menant aux portes de la mort. Les trois autres abominations s’arrêtèrent de hurler fixant de leurs visages terrifiant, le cadavre de leur semblable. Au lieu de se diriger vers l’assassin, les trois êtres animés par la magie du petit être à la flûte, se dirigèrent vers le corps sanguinolent de l’effroi. Syprec se recula faisant des grands gestes de bras pour découper les chauves-souris qui revinrent à la charge. Une fois son travail accompli, il observa avec dégoût la scène qui s’offrait à lui : un banquet composé de chair humaine, trois charognards dévorant, démembrant, déchiquetant les membres sans vie de leur confrère, se délectant de ses intestins, de ses boyaux, le sang presque noir giclant dans tous les sens pour venir s’étaler sur le mur avoisinant. Le guerrier s’approcha, son trident se plantant dans un dos, puis un torse, puis une tête … Ce n’était plus qu’un tas de cadavres qui recouvraient les restes ensanglantés du premier effroi. Il se retourna, ses yeux bleus perçants, aussi froids que le givre, se posèrent sur le musicien qui afficha un rictus agacé. La main du balafré chercha un point invisible derrière lui. Tout le poids de son corps bascula en avant pour lâcher avec puissance le trident qui fondit comme une flèche sur le petit être. Ce dernier sauta sur le côté, s’enfuyant en vitesse de la pièce. Syprec se hâta de récupérer son arme, la voix de son ennemi faisant écho entre les murs de la pièce.
« J’espère que ton âme ne trouvera jamais le repos. Ne compte pas sur mon talent pour t’accompagner aux portes de l’enfer. 
- Si t’espères mettre fin à mes jours enfoiré, tu te trompes ! Reviens, qu’on règle ça une fois pour toute, hurla le balafré mais il n’eut aucune réponse. REVIENS !!!! »
Il sortit par la porte qu’avait emprunté son adversaire rejoignant une salle peuplée d’espèces de champignons vivants, marchant sur des petites pattes rondes et dotés d’yeux menaçants, accentués par des sourcils froncés. Ces derniers avançaient de droite à gauche, de gauche à droite sans chercher à attaquer. Syprec observa la pièce remarquant un escalier menant à l’étage inférieur ainsi qu’une porte fermée à clé. Le musicien avait-il eu le temps d’ouvrir et de refermer la porte à clé? Réfléchir n’était pas une spécialité du guerrier. Optant pour la solution de facilité, l’homme s’engagea dans les escaliers.

La déesse parcourait les salles toutes semblables les unes aux autres, croisant par moment, des os de squelettes réduits en morceaux ainsi que des dépouilles de momies transpercées par trois trous alignés. Elle n’était pas rassurée. Son adversaire était loin derrière elle et ne possédait, à sa connaissance, d’aucun trident. Elle préféra passer outre le fait qu’un inconnu se trouvait probablement dans la tour et réfléchit à un moyen de vaincre son adversaire. Sa deuxième personnalité était pour le moins assez terrifiante. Plus sûr de lui, ce n’était plus cet imbécile qui parlait seul. L’affrontement direct ne serait pas une bonne idée, il fallait qu’elle trouve autre chose. L’organisateur avait mentionné un individu masqué et que sa mort entrainerait la victoire de son assassin. A défaut de tuer Ephraim, elle ôterait la vie à l’homme masqué. Bien déterminée, elle avança mais un « REVIENS !!!! » résonna dans les escaliers qui lui faisaient face. Alerté par ce cri, elle retourna dans la pièce précédente, se cachant derrière l’ouverture de la porte, histoire d’avoir une vue globale sur la pièce débouchant à l’escalier. Des pas lourds d’acier dévalaient les marches. Un homme imposant fit son apparition, paré d’une armure robuste protégeant son torse, ses bras et ses épaules. Ses bottes en fer raclaient le sol dans un cliquetis dérangeant. S’il avançait tout droit, Vénus serait prête à l’assommer, espérant réussir contrairement à sa précédente tentative contre Ephraim qui s’était soldée par un semi-échec. Un regard fuyant, balayant la pièce, l’homme opta pour une porte sur sa droite. Elle souffla, attendant de ne plus entendre les bruits de ses pas pour emprunter l’escalier par lequel il était venu. Qui était cet homme? Un voyageur qui s’était perdu ? Zakoestros était un homme réfléchi et se serait assuré que les lieux ne soient pas accessibles par un quelconque inconnu. Nan … Cet homme était là depuis un moment et semblait bien rechercher quelqu’un. Ephraim ? L’homme masqué ? … Elle ? Ravalant sa salive, la demoiselle avança à pas feutrés sur les dalles glacées. Montant les marches d’une délicatesse absolue, elle déboucha sur une salle dans laquelle des espèces d’amanites vivants avançaient et reculaient dans un mouvement répétitif et ininterrompu. Sautant sur l’un, écrasant un autre, la jeune femme parvînt à une porte fermée à clé. Son ouïe aiguisée capta des notes de musiques formant une mélodie triste, comme un requiem accompagnant les morts. Jamais elle n’avait entendu quelqu’un jouer de cette façon. Son cœur se serrait, elle ressentait quelque chose … Quelque chose d’agréable. Elle se reconnaissait dans cette musique. Elle saisit sa lyre et se mit à accompagner ces notes si douces. Le silence s’installa.
« Enfin tu m’as trouvé. »

La porte s’ouvrit, laissant entrer dans la pièce une lumière aveuglante. Le soleil était à son zénith, ses pupilles dilatées se rétractèrent au contact des rayons. Sa main vînt masquer son visage, les larmes au bord des paupières s’écoulèrent naturellement. Se frottant inlassablement les yeux, la déesse s’avança prudemment, constatant qu’elle était presque au sommet de la tour. Le paysage s’étalait à perte de vue. On pouvait voir se dresser le fier château Canulet, propriété du Prince Richard. Des bruits de ruissellement résonnaient entre les parois rocheuses des Plateaux Tartares. La descente des rapides s’écoulaient en contrebas pour finir dans la région des temples culminant les dunes de Yarna.
La jeune femme se retourna, remarquant une échelle menant au sommet de la tour du Vautour. Elle se risqua à l’escalader, cherchant à voir qui se cachait derrière cette mélodie. Arrivée au sommet, un petit homme lui faisait face. Un enfant? Ce dernier, paré d’un masque de tête de mort la regardait. Il remarqua la lyre attachée à sa ceinture. C’était bien elle.
« Enfin tu es là … J’ai eu vent de ta venue, commença le musicien en tendant sa main squelettique vers la demoiselle. Cette dernière frissonna au début, mais pour ne pas le froisser, préféra la serrer avec délicatesse, par peur de lui briser les os au moindre contact.
- Vous … saviez que j’allais venir? Demanda la jeune femme en ne détournant pas son regard sombre des yeux rouges du musicien, visibles par les ouvertures de son masque.
- Ta mélodie … Rejoue-la pour moi. S’il te plait. »
Vénus ne savait pas trop comment réagir. Apparemment le petit être était censé savoir que des inconnus allaient venir en ces lieux. Mais pourquoi ne cherchait-il pas à l’attaquer? Et elle … Il fallait bien qu’elle remporte ce combat. En attendant de trouver une nouvelle alternative, elle s’exécuta. Dans un geste des plus gracieux, ses mains caressèrent les cordes une à une, une note venant rejoindre une autre pour former avec ses sœurs une douce mélopée qui fut accompagnée par le petit flûtiste.
Les minutes défilèrent au gré d’un concert morbide, mais qui semblait plaire aux deux musiciens. Vénus s’arrêta pour fixer l’inconnu.
« Vous n’êtes pas comme du tout comme je l’imaginais, commença-t-elle.
- Et comment me voyais-tu ? Rétorqua le petit être.
- Je ne vous imaginais pas aussi sensible à la musique.
- J’ai appris à l’aimer. J’ai appris à la jouer. J’ai appris à la comprendre. Je n’étais qu’un banal être sans sensibilité artistique. Je ne jouais que pour répandre le mal. Mais un jour, je suis tombé de bien haut … »

sagara--sano
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Niveau 14
21 décembre 2008 à 13:15:17

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Du noir. C’était la seule chose qu’il voyait depuis une éternité. Il avait l’impression d’évoluer dans le vide, dans un monde sans consistance, sans vie. Pourtant ses souvenirs étaient intacts. Il se rappelait d’un jeune garçon vêtu de vert qui avait mis fin à son règne. Pendant sa vie, il se croyait supérieur à tous, dominant du haut de sa tour, le monde qui l’entourait. Mais sa chute mortelle le ramena à la réalité. Il y avait plus fort que lui et il ne pourrait plus se racheter. A force d’errer aveuglément dans les méandres des ténèbres, sans savoir où il avançait, le petit être perdit espoir. Il se mit à réfléchir sur lui-même, à se remettre en question. Plus jamais il ne reverrait la lumière et c’est au moment où il croyait tout perdu, que son corps se réveilla. Il était couché sur la terre humide, arrosée par une pluie fine qui perla sur son masque. A ses côtés, un hylien aux cheveux violacés le fixait.
« Qui êtes-vous ? Demanda le petit être revenu à la vie.
- Appelle-moi Zakoestros. Le reste n’a que peu d’importance, répondit l’hylien en gardant une mine impassible.
- Vous … Vous m’avez ramené à la vie ?
- Tu es tombé de bien haut. Je suis là pour te donner une seconde chance; prouver ce que tu vaux.
- Non … La mort est bien trop pénible. Le noir… Le noir … Toujours le noir …
Le petit être pleurait, mais ses larmes étaient cachées par son masque et le bruit de la pluie étouffait ses petits reniflements discrets.
- Je t’ai tiré des griffes de la mort. Si je veux, je peux t’y reconduire.
L’hylien se mit à tourner autour du damné qui se mit à saisir sa tête en la secouant négativement, pris soudain de spasmes de terreur. L’homme se baissa murmurant alors aux oreilles de son esclave.
- Le noir … Toujours le noir … Réfléchis. Je peux te renvoyer là-bas aussi facilement que je t’ai ramené à la vie.
- Non … Pitié … Je ne veux plus retourner là-bas …
- Ta vie m’appartient maintenant. Je ne peux te promettre qu’une chose. Deux personnes vont s’affronter dans ta tour. L’une d’entre elles est une musicienne aguerrie qui a le don d’accompagner les morts avec sa musique. Avec un peu de chance, elle pourrait t’offrir une mort douce qui accompagnera sûrement ton âme vers le repos éternel. Peut-être donnera-t-elle un véritable sens à ta nouvelle vie. Tâche de les accueillir comme il se doit.
- Je pense que je n’ai pas le choix.
- Tu as tout deviné. Le reste ne dépend que de toi. Pour sceller notre alliance, je t’ai offert un de mes dons : ramener les morts à la vie ça t’évoque quelque chose ? 
L’homme masqué resta assis dans la terre mouillée. Zakoestros se mit à rire légèrement avant de se retourner.
- Ne me déçois pas, conclut-il en disparaissant dans un épais nuage sombre qui se dissipa par les trombes d‘eau qui arrosaient les lieux.»

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Vénus écoutait cette histoire très étrange. Cette saleté d’organisateur. On peut dire qu’il l’avait bien eu. Il avait omis de lui préciser que sa mort entraînerait la victoire d’un des deux combattants. Elle aurait pu le tuer, remporter la victoire, mais elle ressentait de la compassion pour cet être tourmenté. Elle en ferait son allié et ensemble, ils tueraient ce schizophrène.
« Il y a quelque chose que je dois vous avouer, hésita Vénus, ses yeux sombres se posant sur le paysage qui s’offrait à elle.
- Tu n’es pas venue ici pour moi n’est-ce pas? Oui … Je le sais. J’espérais trouver le repos enfin grâce à toi. Mais ta musique m’a redonner l’envie de vivre. Je veux continuer de jouer… Et j’aimerais que tu restes et que tu m‘accompagnes, répondit le musicien en tournant son visage masqué sur la demoiselle qui se retourna vivement apparemment étonné de cette proposition.
- Vous savez, je suis ici pour remporter ce tournoi, rétorqua-t-elle. Elle voulait refuser, mais sa conscience lui indiquait le contraire. Cet étrange individu était comme elle.
- Si je t’aide à remporter ton duel … Tu reviendras ?
La jeune femme acquiesça de la tête. Le petit être masqué se mit à prendre les mains de sa nouvelle amie, un sourire satisfait affiché sur la partie visible de son visage indiquait sa joie.
- Soit… Puisse notre mélodie accompagner l’esprit de cet individu vers le repos éternel. Dévoile-nous tes pires démons. Montre-nous qui hante ton esprit. Affronte la mort en face.»
Dans une parfaite harmonie, les notes des deux musiciens s’accordèrent pour former une mélodie qui résonna dans l’immense bâtisse.

« Nan ! Tourne à droite ! A droite, cria Sheitan à son ami qui semblait faire mine de ne pas l’écouter.
- Ca va faire une heure que je t’écoute et on a croisé personne. A part ces cadavres de momies on …
- Les momies sont censées être des cadavres dans la logique des choses, mais continue, tu commençais à dire des choses intelligentes, coupa la demoiselle en souriant à son ami qui soupira, affichant une mine agacée. »
Une nouvelle mélodie résonna entre les murs rongés par le temps. Mais ce n’était plus un instrument, mais deux qui mêlaient leurs notes en parfaite synchronisation formant un concert passionné. Le nomade s’arrêta alors que trois formes volatiles se formaient devant lui. Quelques secondes s’écoulèrent, les formes avaient pris consistance : un vieillard légèrement dégarni accompagné d’un homme rachitique aux yeux inquiétants et d’un guerrier imposant en armure lourde faisaient face au nomade qui cru que son cœur allait s’arrêter. Syd, l’homme qu’il avait battu au premier tour et Hon’Liu et Marsel, les deux combattants dont il s’était débarrassé avec l’aide de Kurst au second tour. Pourquoi étaient-ils là? Était-ce un tour de son imagination? Il n’eut pas le temps de se poser la question que Syd et Marsel se jetèrent sur lui. Dans la précipitation, le jeune homme effectua un mouvement horizontal de sa lame géante qui vînt faucher les deux revenants qui s’écroulèrent à terre. Hon’Liu restait au même endroit sans bouger, son regard vitreux fixant le vide. Pourquoi ne bougeait-il pas? Le fait que Kurst l’avait tué dans le passé y était pour quelque chose? Une voix le tira de ses pensées.
« Ephraim Harada ? »
Le jeune homme se retourna pour apercevoir à quelques mètres de lui, un homme en armure, coiffé d’une queue de cheval tenant un trident en main. Ce dernier chargea, pointes vers l’avant, cherchant à embrocher le nomade. Sa lame se logea entre les pointes du trident qui fut stoppé dans son élan. Les hommes se faisaient face, mais Syd et Marsel qui gisaient au sol, se relevèrent doucement. Le vieillard fronça les sourcils alors que le psychopathe arborait un sourire des plus malsains. Repoussant violemment son adversaire, Ephraim contourna Syprec pour sortir de la salle. Le membre du conseil se retrouvait avec deux revenants dans son dos. Alors que Syd et Marsel passèrent à côté de lui pour rattraper Ephraim, l’homme, par mesure de précaution, planta son arme dans le dos du vieillard qui s’écroula au sol dans une marre de sang noirâtre. Quelques foulées, le guerrier rattrapa Syd avant qu’il ne sorte de la pièce pour lui réserver le même sort.
De son côté Ephraim cherchait une issue pour s’enfuir, mais les pièces de ce donjon étaient similaires à du gruyère. Des profondes fosses bloquaient certains passages ce qui forçait le nomade à emprunter des chemins déjà parcourus. Alors qu’il entendait les pas de l’inconnu qui semblait en vouloir à sa vie, le nomade surprit Sheitan adossée à un pilier. Cette dernière lui adressa un large sourire complice. Se souvenant de ce qu’il avait fait précédemment contre Vénus, le schizophrène fit signe à son amie de s’écarter, saisissant alors sa lame géante pour s’en prendre à l’énorme colonne de pierre. La structure fragilisée se mit à basculer. Ephraim jeta un regard derrière lui, apercevant Syprec faire irruption dans la pièce. Le nomade s’engouffra dans la seule porte qui lui faisait face, sortant de la salle qui commençait à s’affaisser. Dans un fracas assourdissant, le pilier s’écroula emportant avec lui une partie du plafond qui s’effondra. Les lourdes pierres chutèrent, bloquant ainsi la porte qui séparait le guerrier de sa cible. Lâchant un juron, le balafré préféra faire volte-face pour éviter de finir ensevelit sous les décombres du plafond, mais de nouveaux débris bloquaient la porte par laquelle il était venu. Dans une avalanche de gravats, Syprec trouva refuge dans un coin de la salle, évitant ainsi des chutes de roches qui lui auraient été mortelles.

Des tremblements incessants faisaient vibrer le sommet de la tour sur lequel Vénus et l’être masqué donnait leur concert. Leur musique s’arrêta alors que les secousses augmentaient en intensité.
« Quelqu’un s’en prend aux fondations de la tour, commença le petit musicien en portant sa flûte à ses lèvres. Un doux menuet s’échappa de son instrument alors qu’une légère brise venait faire voler les pans des vêtements de Vénus. Cachant son visage des légères volées de poussière, la demoiselle aperçut un énorme rapace, un vautour d’une taille bien supérieur à ses congénères. L’être masqué sauta sur ce qui semblait être son animal.
- Monte, on y sera à l’abri, dit le musicien à sa nouvelle amie, sa main tendue vers elle. »
Hésitante, la demoiselle s’approcha, mais le sol se déroba sous ses pieds. N’ayant pas le temps de réagir, l’être masqué fut obligé d‘être spectateur de la scène. La déesse fit une chute d’une dizaine de mètres, s’écrasant lourdement au sol dans un bruit désagréable de craquement d‘os. La chute avait été terrible mais pas mortelle. Elle était allongée sur le sol, paralysée de tous ses membres, ne pouvant même pas esquisser un geste du doigt. Elle avait l’impression que son corps la quittait, ne ressentant plus rien, ses yeux éblouis par le soleil qui la frappait de ses rayons par l’ouverture béante qui siégeait au plafond. Une ombre vînt masquer l’astre. Elle tenta de discerner qui c’était, mais elle sentit quelque chose de froid plonger au plus profond d’elle alors que du sang cherchait à s’échapper de sa bouche. Ses yeux se convulsèrent doucement toussant fortement pour cracher le surplus d’hémoglobine qui l’étouffait. Et puis au final, c‘est sans hymne funèbre que son âme quitta son corps… Elle siégeait au beau milieu des ruines, un trident planté dans son ventre, ses jambes désarticulés lui donnant une allure de pantin de bois.
Syprec retira son arme du corps sans vie de la jeune femme.
« A défaut d’avoir eu l’homme masqué et Ephraim, j‘en ai finalement eu un, pensa-t-il. »
Il était maintenant bloqué dans cette salle dont les issues étaient condamnées par les pierres. Il fallait trouver une solution pour sortir de là, mais comment? Alors qu’il s’attelait à retirer les débris d’un côté de la pièce, il sentit une légère bourrasque. Brusquement, l’homme se retourna, faisant face à un énorme vautour, prédateur des cieux qui émit un puissant croassement. Sur son dos, le musicien qu’il avait affronté auparavant le fixait de ses yeux écarlates.
« Ahh ! Comme on se retrouve ! Tu es là pour en finir une bonne fois pour toute ? Demanda Syprec en pointant son trident vers le volatile.
- Qu’as … Qu’as-tu fait à cette pauvre femme ! Hurla l’être masqué, sa voix tremblante signifiant que la mort de Vénus l’affectait profondément. Ne voulant pas s’attarder plus longtemps, le balafré tenta de pourfendre l’oiseau de ses pointes, mais ce dernier effectua un mouvement de recul avant de prendre de l’altitude, se mettant hors de portée du guerrier.
- Hey ! Redescends de là sale lâche ! Comporte-toi en homme ! Cria Syprec en envoyant son trident tournoyer autour de sa tête.
- Tu as tué la seule personne qui m’avait redonné goût à la vie ! Je te déteste … JE TE DETESTE !!! Se mit à hurler le musicien, les larmes perlant derrière son masque pour venir se rejoindre au bout de son menton. 
- Ah ha ah ! Je ne pensais pas avoir à affronter un pleurnichard pareil ! 
- Tu ne quitteras plus jamais cette tour. Tu resteras avec moi pour l’éternité. Ton esprit ne trouvera jamais le repos. Ne considère pas cela comme un hymne à ta perte. »
Quelques notes jouées à la flûte retentirent. Le soleil fut doucement masqué par des nuages sombres qui firent pleuvoir une forte averse qui s’abattit sur la salle par l’ouverture du plafond. Les débris de la tour se mirent à trembler. De multiples bras en décomposition se mirent à sortir des décombres pour dévoiler des effrois en recherche de chair humaine. Syprec écarquilla les yeux, tranchant un premier revenant avant de se retourner vivement et faire face à un autre. Il ne fallait pas qu’ils crient, sinon, ça en serait fini de lui. Un nouvel amas de chair vînt teinter le sol d’une couleur rougeâtre se mêlant à la poussière. Le guerrier se retourna, transperçant un effroi, puis un autre, puis un autre … puis un cri … Syprec était paralysé. Les effrois s’agglutinèrent en masse autour de lui s‘avançant de leur démarche angoissante. Il y eut une morsure, puis une autre, puis une autre, puis un cri, puis un autre … puis plus rien. Encore conscient, le guerrier sentit la peau de son ventre s’écarteler, des mains venant plonger au plus profond de ses entrailles pour lui arracher un organe, puis un autre, puis un autre …

Ephraim soufflait, son visage en sueur reflétant la peur. Il l’avait échappé belle. Son amie pesta, elle aurait voulu affronter cet inconnu. Il entendait des cris provenant de la pièce d’à-côté; des cris à glacer le sang puis des hurlements de douleur. Se relevant doucement, le nomade fut arrêté par la main d’un homme. Des cheveux violets, une mine impassible, Zakoestros lui faisait face.
« Belle victoire. Et sans combattre … Vous ne cesserez de m’étonner Ephraim, lança l’hylien croisant ses bras sur son torse.
- Comment ça belle victoire ? Vénus est morte ? Comment est-elle morte ? Et qui était cet homme ? Pourquoi Syd, Marsel et Hon’Liu étaient là eux-aussi ? Répondez-moi ! S’insurgea le nomade, saisissant le col de l’organisateur, la colère accumulée faisant éruption de son corps.
- Doucement … Vous voulez vraiment que je réponde à toutes ces questions ? Permettez-moi de vous emmener en lieu sûr et nous pourrons en discuter calmement.
Le poing d’Ephraim effleura la joue de l’organisateur qui se décala de justesse sur le côté. Sheitan applaudissait, espérant voir un duel au sommet entre son ami et l’organisateur du tournoi.
- Calme-toi imbécile … Si tu veux mettre fin à tes jours, je me ferai un plaisir d‘exaucer ton souhait. Maintenant … Dors … »
La paume de sa main fit face au visage du nomade. Une poussée magique plongea Ephraim dans le sommeil. Zakoestros se saisit du corps inerte du jeune homme avant de disparaître des lieux.

[-Linki-]
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Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:18:36

Et voilà le texte gagnant de Tenji. :o))

[-Linki-]
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Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:19:17

Le Lanmola, énorme ver de trois mètres, à la carapace d'acier maculée de boue, finissait d'engloutir son repas. À l'aide de ses mandibules très tranchantes, il déchiquetait le frêle corps de l'imprudent petit garçon qui avait osé fouler son domaine, le marais des démons. Avec sa puissante mâchoire et ses crocs acidifiés, les os craquaient, la chair fondait.
Il était sur l'un des rares îlots de terre du marais, et la pluie qui tombait à torrent l'agaçait. Il avait hâte de finir son repas, afin de retourner dans les profondeurs boueuses du marais, où il se sentait comme un coq en pâte.
À peine avait-t'il fini sa dernière bouchée, ayant tout engloutit, son corps rose et sa tunique verte, qu'il vit un curieux phénomène. Dans un craquement sonore, un flash l'éblouit un instant. Puis, rouvrant lentement son unique oeil, il vit deux nouveaux intrus sur son territoire.
Herbert se tenait droit. Passant une main dans ses cheveux blancs, il saisit son pistolet avec l'autre. Il le fit tournoyer par réflexe, et le chargea. Son adversaire, le jeune Rogg, se tenait à quelques mètres de lui. Petit, mais de forte carrure, celui-ci brandit sa lance. Ils s'observaient. Ils se tenaient tous les deux sur des petits morceaux de terre, et remarquèrent bien vite qu'un bourbier marécageux constituait la plupart du terrain. De plus, il pleuvait fortement.

Le pistolet était prêt. Herbert tendit le bras. Les cheveux lui collaient à la figure, brouillant sa vision. Rogg, de son côté, avait les yeux mi-plissés, pour se protéger de la pluie, et ne distinguait pas clairement les actions de son adversaire. Herbert utilisa sa main gauche pour relever ses mèches et s'essuyer les yeux. Il était prêt. Il tira la gâchette. Le coup ne partit pas. Il attendit quelques secondes, avant de s'exclamer "Fichu pluie!".
Il rengaina son arme.

- Tu as d'la chance petit, sous cette pluie battante, la poudre ne peut exprimer son art. Mais ma lame sait causer en toute circonstance, et tu en souffriras davantage, mouch'ron, invectiva Herbert.
- Viens donc, maudit pirate, tu m'fais pas peur ! répliqua Rogg, dont les membres tremblaient, étrange mélange de froid et de peur. Ses vêtements trempés, il était glacé.

Herbert souhaitait s'approcher du petit guerrier, afin d'en finir au plus vite. Mais quelques mètres de boue séparaient les deux îlots de terre, où se tenait chacun des combattants. Il ne voulait pas prendre le risque d'y poser pied, sentant que le risque de s'y enfoncer était grand.
Soudain, un cri l'intrigua. Rogg, hurlant pour se donner du courage, fonçait, lance à l'horizontale. Il n'avait pas pris le temps d'analyser le terrain, fruit de son inexpérience. Au premier pas dans la boue, son pied s'enfonça, et il perdit l'équilibre. Il s'étala de tout son long. Il arracha son visage à cette matière collante et gluante, et lâcha sa lance - qui disparut bien vite, engloutie - pour tenter de se relever à l'aide de ses mains. Elles furent bien vite prises au piège, et son corps entier commença à sombrer dans la fange. Il réussit dans un effort surhumain à décoller son pied gauche, qu'il tendit du mieux qu'il put, et le posa sur la bordure de la partie terreuse d'où il venait. À tâtons, son pied finit par s'encastrer par chance dans une solide racine qui sourdait du sol. Lentement, progressivement, il tira son corps en arrière. Puis, il put décoller son deuxième pied, et s'aidant de la même racine, il se tira davantage, dans un mouvement d'une inélégance certaine. Herbert avait l'impression de voir un ver de terre se tortillant, comme lorsqu'on en taquine un avec une brindille.
L'opération fut longue, n'ayant pas une position favorable pour pouvoir utiliser sa force. Il finit par poser ses mains à terre, et enfonçant ses doigts dans celle-ci, il parvint par s'arracher totalement à la boue. Il se laissa tomber en arrière, la bouche grande ouverte, il respirait à grand bruit.

A ce moment, une explosion de boue survint entre les deux îlots. Un énorme ver-cyclope, de plusieurs mètres d'envergure, et arborant fièrement des centaines de pattes qui gesticulaient, jaillit de l'endroit auquel se débattait quelques instants plus tôt le jeune Rogg. Il retomba lourdement dans le marais, et s'y enfonça rapidement.

La tension était palpable. Seul le bruit de la pluie heurtant la surface du marais donnait une contenance sonore au lieu. Soudain, le Lanmola bondit une nouvelle fois de la fange, son oeil fixé sur Herbert. Ce dernier fit une roulade de justesse, esquivant la chute du lourd ver sur son îlot de terre. Le pirate dégaina sa lame en un mouvement, et l'enfonça profondément dans le cou de la bête. Celle-ci hurla, pesta, et releva tout son corps. Herbert, tenant fermement le manche de son épée, s'éleva dans les airs. Ses pieds battaient le vide, et le Lanmola furieux replongea dans la boue, entraînant dans son périple le pirate impuissant. "Fais ch..." furent les derniers mots que le naïf Rogg entendirent avant de le voir disparaître, sombrant dans le marais.

La pluie continuait de tomber.

En surface, tout était à présent calme, mais sous la croûte apparente de ce lac boueux, le pirate luttait sec. Il retenait sa respiration, et ne voulait toujours pas renoncer à sa lame, son unique arme. Son pistolet inutilisable, il savait que remonter les mains vides signifiait une mort certaine. Le Lanmola tourbillonnait, mais l'intrus restait accroché. Cela le rendait de plus en plus furieux. Il tentait de l'attraper avec ses crocs, mais l'imprudent étant accroché à une brindille plantée dans son cou, il était hors de portée. Il continuait de se déplacer dans la boue avec une aisance déconcertante. Herbert commençait à sentir les affres du manque d'oxygène. Il continuait d'enfoncer sa lame du mieux qu'il pouvait. S'il perdait prise au coeur de ces profondeurs fangeuses, c'était la noyade qui l'attendait.
Le Lanmola, furieux de ne pouvoir se débarrasser de ce curieux personnage, décida de remonter à la surface. "Ca marche pas sous terre, ça doit alors marcher sur terre" devait être approximativement le raisonnement que devait tenir ce sot personnage.

La délivrance. Une grande bouffée d'oxygène, ses poumons se remplissant de nouveau, Herbert avalait goulûment l'air. Le Lanmola retomba sur son îlot de départ. Herbert retira sa lame, se mit en garde, et fit face au regard courroucé du Seigneur de ces eaux. Le ver pestait, bavait, écumait. Dans un hurlement sourd, il fondit sur le pirate. Herbert esquiva d'une nouvelle roulade, et les crocs de la bête vinrent se refermer sur la terre. Herbert se tenait à côté du ver. Il leva haut son épée, et trancha d'un coup puissant l'épaisse carapace du monstre. Des flots de sang jaillirent, mais le cou n'était coupé qu'à moitié. Le pirate s'acharna, et renouvela son attaque de nombreuse fois, jusqu'à ce que la tête soit entièrement détachée du reste de son corps.
Le Père de cette terre était mort, mais sa tête continuait de gigoter, dans des spasmes post-mortem, résultat de nerfs ne voulant pas rejoindre les mânes.

Herbert, plein d'une force nouvelle, ne prit pas le temps de se reposer. Il rengaina son épée, saisit le long et imposant corps tronqué du ver, et du cri que le guerrier vocifère pour se donner de la force, il projeta le corps en direction de l'île de Rogg. À l'image d'un battement de pendule, le corps inerte bascula de 180 degrés, pour venir s'étaler dans la boue, reliant les deux îles par un pont artificiel ainsi créé. Herbert bondit sur la queue du Lanmola, et courut en direction de Rogg. Le corps commençait à s'enfoncer, mais le pirate fut rapide, et quand la carcasse sombra définitivement, il était déjà en face de son adversaire. Ce dernier tenait son couteau d'une main, hébété, tremblant de tout ses membres. Il déglutit difficilement.

Herbert, couvert de sang, son bras droit pendant, auquel était accrochée sa lame ruisselante du précieux liquide vital du Lanmola ayant osé l'attaquer, toisait son frêle opposant d'un regard froid et cynique. Le moment était solennel. Personne ne disait mot, et chacun sait que qui ne dit mot consent, même s'il n'y a aucune raison de citer ce proverbe ici. Rogg qui s'était jusque-là toujours sorti de situations embarrassantes sans problèmes comprenait enfin ce qu'était la peur de mourir. Une peur qui envahissait tous ses sens, tout son être. Des larmes pointaient, et il reniflait bruyamment.

La pluie continuait de tomber.

Un puissant hurlement aigu vint rompre ce silence poétique, qui mettait un homme face à sa mort dans une grande humilité. Car dans ce silence, les choses étaient claires, et n'avait pas besoin d'être nommées. Herbert allait prendre la vie de Rogg, c'était dans l'ordre des choses. Mais la mort aurait était sereine : une estoc, et le jeune téméraire serait tombé dans un calme paisible.
Mais non. Voilà qu'un cri aigu venait rompre ce moment intense. Les deux levèrent les yeux d'un même mouvement. Un immense aigle planait au-dessus d'eux. Un homme se tenait sur cet aigle.

"Eh ! Te voilà donc, Herbert l'Iconoclaste, pirate suscitant l'intérêt de quelques-uns, et toi, Rogg, combattant enfantin se croyant l'âme d'un guerrier avant même l'âge de raison ! Dans l'intérêt de l'harmonie, vous devez mourir de ma main."

L'homme bondit de sa monture, à une dizaine de mètres du sol. Il portait d'amples vêtements, et ceux-ci flottèrent d'un mouvement gracieux dans sa chute. Quand ses pieds touchèrent terre, un craquement se fit entendre et l'homme s'étala de tout son long dans un bruit sourd.

"Aïe ! Ma jambe ! P'tin, j'me suis péter la jambe ! Je sais que ces acrobaties ne sont plus de mon âge, mais c'est tout de même bien plus cool comme entrée en scène que d'attendre tranquillement qu'l'aigle se pose... Mais bon..."

L'homme était effectivement d'un âge avancé. Une imposante coiffure grise en forme de V trônait sur son crâne, et de longs favoris encadraient son visage grave et sévère. Il avait une moustache étoffée, grise aussi, et un nez aquilin.
Il était recouvert d'une ample robe rouge, à décorations orange en forme de créneaux. Il passa une main au-dessus de sa jambe tordue, et une lumière blanchâtre se diffusa dans son membre cassé. Après quelques secondes, il se releva avec aisance.

"_ Eh ! C'est exact ! anticipa t'il. Je connais les Arcanes, et les soins que procurent l'art délicat et subtil de la Magie Blanche n'ont pas de secrets pour moi ! Eh ! Le sujet n'est pas là, vous devez à présent mourir. Au fait, je m'appelle Hôgul, drôle de nom, hein ?
_ On dirait que notre combat est reporté, p'tit homme, dit Herbert. Ecoute, un type qui tombe d'un aigle, et qui se soigne en deux s'condes, c'est pas le premier venu, et j'te propose d'unir nos efforts contre ce drôle de gars avant de reprendre notre duel.
_ Ca marche ! acquiesça Rogg. À deux, on aura vite fait de s'en débarrasser, de ce papy gâteux.
_ Allez ! Maintenant ! "

Rogg fonça, hurlant de tout son coeur, son couteau à la main, sur Hôgul. Mais Herbert ne le suivait pas.
Hôgul tendit sa main droite. "Effrit" hurla t'il. Une vague de flammes jaillit, consument le corps de Rogg, qui se prit l'attaque de plein fouet.
"Eh oui ! Je maîtrise aussi l'art complexe et élégant de la Magie Noire !"
Le tronc calciné du jeune fou tomba sans vie.
"_ Je me doutais que tu cachais un ou deux tours de plus, vieux fou.
_ Ah ça ! Et plus encore ! On me surnomme "Hôgul le Puissant" d'où je viens."
Herbert sabra le vent. ll se mit en garde. Son coeur battait la chamade, il se savait impuissant contre un mage. Il lui était arrivé d'en voir un ou deux dans sa vie, mais de loin, et jamais il n'avait osé se confronter à l'un d'entre eux. Hôgul tendit une nouvelle fois sa main. "Vulcain ! "
Un puissant jet de flamme jaillit de sa paume. Herbert bondit de justesse, la distance ne lui ayant pas fait défaut comme ce fut le cas pour Rogg. Il se releva rapidement.

La pluie continuait de tomber.

"Que se passe-t'il ici ?"

Linki, Hylien d'une stature convenable, de noir vêtu, et de violet coiffé, faisait irruption dans la scène. Le jeune Rogg, pauvre bougre s'étant fait mordre pas la froide morsure de notre étrange ami commun à tous la Camarde, n'étant plus de cette terre, la victoire revenait d'un ordre logique et inébranlable au pirate Herbert, et afin de respecter la coutume, Linki venait chercher le vainqueur d'un sourire paternel et chaleureux.
Mais voilà qu'un évènement inattendu, et pour le moins cocasse, venait troubler son précieux petit rituel.
Un vieil homme, vêtu de rouge et d'orange, arborant fièrement une coiffure époustouflante, se tenait, les mains enflammées, à quelques pas de là.

Hôgul reconnut bien vite le nouveau venu. Il fronça ses épais sourcils, et serra les dents. Il n'était pas prévu d'attaquer Linki tout de suite. Il saisit cependant l'opportunité que lui procurait l'effet de surprise, et joignit ses deux mains desquelles jaillirent une immense boule de feu. Celle-ci traversa l'air en moins d'une seconde, et Linki se prit le coup de plein fouet. L'endroit auquel ce tenait l'organisateur était dorénavant un immense brasier. La combustion dura une minute, puis, peu à peu, le feu s'amincit, pour finalement laisser place à une opaque fumée noire.
Une silhouette se détacha rapidement de cette purée de pois. Il s'agissait de Linki. Une étrange aura noire émanait de lui. Il ne semblait pas blesser, et reposant lentement sa question, en articulant chaque mot.

" Que se passe t'il, ici ?"

Hôgul restait de marbre, mais eut un sourire intérieur. Cet homme devait être éliminé. Pour rétablir l'harmonie, et s'assurer d'un règlement de l'usage des téléportations temporelles, cet homme devait être éliminé. Mais il pouvait faire un puissant allié. L'avoir dans l'Organisation serait définitivement un atout considérable.
Ces pensées se remuaient dans la tête d'Hôgul, et celui-ci ne parvenait pas à prendre un choix définitif. Il décida donc de faire marche arrière, afin de prendre la décision en toute sérénité.

Linki, énervé par cette attente, conclut rapidement que le vieil homme ne faisait qu'interférer dans son tournoi, et c'était une chose qu'il ne tolérait pas. Il remarqua de plus le corps carbonisé de Rogg, et grimaça en concluant qu'Herbert n'avait pas tué de sa propre main son adversaire.
Il serra son poing droit, et l'aura sombre qui émanait dans une atmosphère lugubre de tout son être se concentra en ce point.

Mais il était trop tard. Le vieil homme avait disparu, sous yeux. Cela surpris l'organisateur. Ne se téléportait pas qui le voulait.

Il marcha lentement, puis posa sa main sur l'épaule d'Herbert. Il fixa le pirate dans les yeux, et murmura "le prochain combat, tu ne seras pas aussi chanceux...".
Avant de se téléporter, Herbert eut le temps de jeter un regard amical à son bandeau rouge à pois rouge.

[-Linki-]
[-Linki-]
Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:22:36

Et maintenant, passons au seul combat de ce round... Eagle contre Baby-Link... Bon, Eagle à toi l'honneur. Je posterai ensuite le texte de Baby-Link vu qu'il n'est pas là. :-p

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:25:54

Gow.
____________________

Un tas de décombres reposait sur le sol recouvert de poussière grisâtre. Ça et là, des piliers sculptés soutenant autrefois un grandiose édifice gisaient couchés sur les dalles, dans l’obscurité environnante. Un mur écroulé laissait apparaître ce qui semblait être autrefois un bassin.
L’eau, tout comme la vie semblait avoir quitté ce lieu il y a de ça bien des années. Tout ce qu’il restait, c’était des cendres, des éboulis et de la poussière froide, d’un gris à l’aspect aussi glacé que le toucher.
Pourtant, ce lieu ne semblait pas vouloir mourir. Le fait que la Tour Noire restait plantée là, au beau milieu de la Cité de Lynna, après de si longues années manifestait d’une volonté écrasante de survie, comme si… Comme si toute la haine investie dans cette œuvre éloignait toute tentative de la défaire. Elle refusait en son sein toute personne saine.
Il semblerait qu’en cette soirée d’automne, une haine plus grande encore soit à l’origine d’une exception. Deux personnes entreraient ce soir dans la Tour Noire, qu’elle le veuille ou non.
La queue du loup sus-citée fit ainsi son apparition, prenant la forme d’une traînée noirâtre se découpant sur l’horizon. Elle se déplaçait vivement jusqu’à se stabiliser au dessus d’un pilier couché sur le sol poussiéreux. Elle prit enfin forme, se matérialisant en une forme anthropomorphique en position assise. L’obscurité recouvrant cette dernière disparut et on pu ainsi distinguer clairement le reptile plus connu sous le nom de Kurst. Il était assis calmement sur le banc que lui offrait la pierre couchée, penché en arrière les yeux fermés et se tenant sur ses deux mains les bras tendus. Il avait une cigarette à la bouche. Une cigarette éteinte qu’il roulait de droite à gauche avec sa langue fourchue.
« Allez ma vieille, donne moi la force… »
Le reptile ouvrit enfin les yeux.
« Ah ouais, je reconnais bien là le style architectural de Labrynna. »
Il retira la cigarette de sa bouche et la rangea dans une sorte d’étui accroché à la droite de sa veste, puis il se leva avant de se frotter pour nettoyer la poussière.
« Alors c’est ça la Tour Noire …? Ah ouais, elle porte bien son nom. Le gamin que je traque doit certainement se trouver au sommet, le grand classique. »

Que cela lui plaise ou non, Kurst avait raison. Sa proie, Fly de son nom se retrouvait bien évidemment au sommet, il eut été trop facile qu’il soit à proximité alors que Zakoestros parlait de dangers en tout genres hantant cette tour maudite. Magie noire ? Cela n’effrayait pas Fly. Le pauvre garçon n’était plus du genre à se laisser intimider par de simiesques pitreries, lui dont la vie n’était qu’un torrent plutôt qu’un long fleuve tranquille depuis que la vie de ses parents s’était jetée dans l’océan des âmes tourmentées de ceux que le monde considère comme indignes de goûter aux jovialités de l’existence.
Le garçonnet tout juste pubère, du sommet de la tour, assimilait la beauté de l’horizon flamboyant du crépuscule recouvert d’une couche de nuages obscurs. Ces images s’imprégnaient dans la coquille vide qu’il était devenu. Il aimait se prendre à interpréter les choses de manière sombre. Ce flamboiement n’était que la représentation de sa rage étouffée par la froide haine symbolisée par cet amoncèlement de nuages.
Il mit fin aux divagations de son esprit, entendant de faibles voix provenant d’en dessous. Il se pencha légèrement au dessus du parapet et eut juste le temps d’entrevoir une ombre s’engouffrer dans ce qui s’emblait être l’entrée de la tour. Il sourit.
« Accueillons notre ami comme il se doit. »
Son sourire laissa place à un rictus cruel alors qu’il se retourna et aperçu une trappe menant à l’étage inférieur.

La lumière était chose rare en ce début de soirée d’automne, par un ciel si nuageux. Il avait déjà quelques difficultés à apercevoir l’autre bout de la cour au dehors, mais l’intérieur de cette tour était véritablement plongé dans l’obscurité la plus totale. En passant le seuil, Kurst fut pris d’une angoisse qu’il n’avait pas connu depuis un long moment. La dernière fois remontait à une expédition dans la base abandonnée de Sargasso lors d’une mission commando, dans le temps où il était en service à Lylat.
Cette angoisse le rendait nostalgique, mais il y avait un sentiment plus fort qui se dégageait de cette tour, qui masqua très rapidement ses joyeux souvenirs. Comme si… On venait de les lui prendre. Il était soudain incapable de se concentrer sur les divagations de son esprit. Il mit ça sur le compte de l’angoisse, mais ne pu s’empêcher de laisser la peur s’engouffrer à l’intérieur de lui et nouer son estomac. Il voulut voir les choses de façon rationnelle, en imaginant que cette peur n’était que le fruit des idées fausses qu’on se faisait sur les endroits abandonnés et obscurs, mais rien n’y faisait. Cette fois, et pour la première fois depuis son enfance, il se laissait prendre au jeu et admit intérieurement sa peur. Zakoestros lui avait parlé de magie noire. Cet endroit était vraiment plus que propice à ce genre de chose.
Depuis deux minutes, perdu dans ses pensées il n’avait pas fait un pas de plus, son regard cherchant à s’habituer à l’obscurité avant de continuer. En vain.
Il se résolut finalement à avancer. Malgré toute sa pratique dans l’art de la discrétion, et sa détermination à marcher le plus silencieusement possible, chaque pas qu’il faisait résonnait comme mille fois amplifié entre les murs. C’était trop étrange pour mettre ça sur le compte de sa seule faillite face à la peur. Non. Mais le son… collait si parfaitement avec ses pas… Il se figea.

Un souffle. Une brise qui s’engouffrait dans le bâtiment, soulevant sa veste en caressant son dos. Un vent qui parvint à ses oreilles pour les glacer comme une sentence pour avoir osé pénétrer ce lieu maudit.

« Ta vie s’arrête ce soir. »

Son cœur s’arrêta net. Sa respiration se bloqua. Il avait clairement entendu le vent lui murmurer ces paroles à l’oreille. Là c’en était trop pour mettre ça sur le compte de la peur. Il se passait quelque chose ici et il le savait avant d’entrer, mais là c’était au dessus de ses forces. Il serait reparti s’il le pouvait. Mais il ne pouvait pas.
Non petit homme, tu ne quittes pas cette tour aussi facilement. J’ai emprunté ton âme, j’ai hypothéqué ta vie, si tu te retournes maintenant, tu mourras.
Là, il aurait voulu mourir, mais en même temps il ne le voulait plus. Il ne savait pas quoi faire. Ce n’était plus le vent, mais son propre esprit qui venait de lui parler. Il venait de se condamner lui-même. Comme si son esprit s’était lié à la tour au moment où il en avait passé le seuil.

Mais les pas s’étaient arrêtés depuis qu’il s’était lui aussi arrêté… Il retrouva sa respiration, son cœur se remit à battre, à une vitesse fulgurante, projetant le sang vers ses tempes qui lui paraissaient prêtes à exploser. Il fallait qu’il se calme. Mais en même temps il fallait qu’il vérifie… Un pas. Un résonnement puissant. Il se sentait maintenant partir. Comment cet édifice avait-il réussi à lui provoquer un tel sentiment de mort l’enserrant en seulement dix pas ? Une puissance terriblement maléfique était à l’œuvre.
Le reptile n’osait plus du tout bouger. Dans le noir complet, il se savait les yeux écarquillés et à l’affut, mais il ne voyait rien. Rien du tout.
Encore un pas. Encore un écho. Mais le plus effrayant, c’est que le son semblait cette fois venir de derrière. Il tenta de se raisonner une dernière fois, déglutit, et se retourna progressivement. Il s’attendait à voir surgir un monstre, une abomination, un visage hideux qui lui prendrait la vie.
Mais il n’en était rien. Il ne vit rien. C’était encore pire. L’entrée avait disparu.
Non, ce qui lui arrivait n’était pas réel.
Si ça l’était. Il allait mourir. Il était condamné. Sa mort n’était qu’une question de temps. Un trop petit laps de temps.
Voilà que son esprit lui jouait des tours. Des tours ? Non, tu n’es pas fou rassure-toi. Ce qui t’arrive est bien réel. Ne cherche pas à fuir. Retourne-toi et marche vers ta destinée.
Kurst était vraiment perdu et effrayé. Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Il ne voulait pas comprendre. Mais il refusait de se laisser prendre comme ça. Il ne se retournerait pas. Acte dérisoire de rébellion. Pauvre fou, tu l’auras voulu.

Un pâle halo de lumière rougeâtre semblait venir de derrière. Ses pupilles se contractèrent très légèrement, mais il le sentit de manière décuplée dans son état de frayeur actuel. Il ne voulait pas se retourner, par refus, mais aussi par peur. Soit il s’abandonnait à sa peur, soit il s’abandonnait à son destin. Il choisit donc la fatalité.
En se retournant il aperçut la source de lumière. Une lanterne qui pendait dans l’obscurité environnante, illuminant tout juste les alentours. Quelqu’un devait l’avoir allumée, et devait la tenir, elle ne pouvait pas voler toute seule. Kurst poussa son regard un peu plus loin, et vit la main du propriétaire. Une manche verte. Un visage indéfini. Des cheveux blonds. Un bonnet vert.
Un lutin ?
L’inconnu esquissa un sourire, dévoilant une dentition pourrie. De son autre main il portait une lame. A sa ceinture était accroché un petit sac de toile marron et un grappin.
« Kurst. »
L’intéressé tressaillit. Comment connaissait-il son nom ?
« Kurst. »
L’alligator jeta un bref coup d’œil à son torse pour voir s’il n’avait pas de badge ou quelque chose du genre. Non.
« Kurst.
- Qu… Qui êtes-vous ? Balbutia le reptile.
- Celui qui damna puis libéra les concepteurs de ce lieu. Je suis l’épandeur de souffrance, vecteur de la puissance de la maîtresse de ces lieux, et vecteur de ta mise à mort. »
Kurst déglutit difficilement. Il connaissait cette légende de Labrynna comptée par le vieil homme du musée. Un héros vêtu de vert parcouru les lieues et les âges afin de libérer les oppressés et de rendre justice aux oppresseurs. Ce pouvait-il être lui ? Non, il ne pouvait pas se qualifier lui-même d’une manière si dure…
« Je suis Link, l’élu des Ages. »
Son cœur fit un bon. Comme s’il avait lu dans son esprit.
« Link… ?! Mais… Tu es…
- Ta vie s’arrête ce soir.
- Non, il n’est pas réel, non, il n’existe pas. »
Si, il existe, tu l’as devant toi. Refuse de le croire, mais tu ne pourras t’y soustraire…
« Zakoestros avait parlé d’illusions. C’est ça, ce n’est qu’une illusion.
- Refuse de le croire, mais tu ne pourras t’y soustraire…
- Je refuse d’y croire ! »
L’homme en vert leva la main, tendit la lame mais au moment de frapper il disparu. Je t’invite au deuxième étage cher ami.

Non Fly, je ne parlais pas à toi. Mon brave garçon, tu peux rester là te reposer encore un instant.
« All… Allez-vous-en ! »
Que je m’en aille ? Mais si je m’en vais, mon petit, tu vas te retrouver seul dans cet endroit effrayant.

Fly reposait sur le trône au dernier étage de la tour en ruine. Autrefois le trône de Veran, la sorcière maléfique qui plongea Labrynna dans un âge de chaos en jouant avec le temps.
Le jeune homme s’était rendu compte –un peu tard – que dans l’obscurité il n’avait pas remarqué que l’échelle était sectionnée à mi-chemin vers le sol. Il chuta sur le dossier en bois sculpté du trône où il se cassa les deux côtes. Par bonheur il avait atterri sur le siège moelleux du trône, où il reposait désormais, dans l’incapacité de bouger.

Fly, pourquoi es-tu entré ? Pourquoi participer à ce tournoi si tu n’avais aucune motivation particulière ? Tu n’es qu’un sot. Tu sais comment je traite les imbéciles dans ton genre ?
« Sortez de ma tête ! Déguerpissez ! »
Est-ce vraiment ce que tu veux ?
« Arrêtez ça ! Laissez-moi ! Implora le jeune pubère. »
Très bien, dans ce cas je te souhaite une très bonne nuit… j’espère que tu te remettras de ta paralysie… durant le sommeil…
« Sortez !! Hurla Fly. »

Pas de réponse. Son esprit… La chose qui hantait son esprit venait de le quitter. Il était libre de penser… libre d’imaginer… libre d’interpréter…
Avachi sur le trône, il avait d’ailleurs tout lieu d’interpréter. Une première chose lui donna de quoi.

Un souffle.
Pas de vent, pas de courant d’air, rien n’effleurait sa peau.
Juste un souffle, un souffle régulier de quelqu’un qui semblait reprendre sa respiration… loin, mais en même temps si près de son oreille… Un souffle exténué… Qui se calmait peu à peu…
C’était angoissant. Trop angoissant pour un jeune garçon, si fort soit-il. Le souffle devenait peu à peu plus rauque.
Pourtant, il n’y avait personne, mais ce souffle venait forcément de quelque part… D’une présence… Maléfique.
Fly commençait à paniquer, mais il ne pouvait pas bouger. Et c’est là qu’il entendit…

Un rire. Lorsque Kurst arriva enfin au sommet des marches, c’est là qu’il retentit. Ce son lui aurait dressé les cheveux sur la tête, s’il en avait. Un rire de femme, si doux, mais dans une telle situation, si dérangeant. Un ricanement plutôt.
Un nouveau rire se fit entendre, suivi d’un assourdissant bruit de métal frappé contre la pierre. Kurst resta planté sur la dernière marche, n’osant aller plus loin. L’obscurité était toujours présente au deuxième étage, et toujours pas moyen de s’y faire. C’est comme si ce noir était synthétique, quelque chose de surnaturel. Ce n’était pas de l’absence de lumière, c’était plutôt comme si la lumière était aspirée.
Un hurlement de colère. Pas de femme, mais d’un homme. Et le pire, le timbre de voix ne lui était pas inconnu. Un timbre grave, dans lequel on pouvait relever un peu de tristesse, de pitié.

[EagleDawn]
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Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:26:25

Et toujours ce ricanement, qui revenait régulièrement.
« La ferme ! Laisse-moi vivre ma vie ! »
Cette voix, il la connaissait. Elle fut suivie d’un nouveau choc.
Kurst prit silencieusement une grande inspiration, tenta de ralentir ses pulsations cardiaques, et monta la dernière marche avant de tourner au coin du mur. Tout cet élan de courage s’envola lorsqu’il vit les deux personnes qui se tenaient devant lui. Il se figea, reconnaissant la personne de gauche.
Une immense lame dans les mains, une cape déchirée, deux étuis pendant à sa ceinture, des cheveux ébouriffés lui tombant jusqu’au cou soutenus par un bandana et une légère barbe.
« Ephraim… murmura le reptile. »
La deuxième personne, il ne la connaissait pas. Une femme aux formes presque divines, deux étuis elle aussi à la ceinture, et des cheveux bruns magnifiques. Un visage d’ange et des yeux diaboliques… Un sourire magnifique se dessina sur son visage et elle ricana…
« Sheitan, je t’ordonne de te taire ! Hurla Ephraim. »
Pour toute réponse la jeune femme s’approcha du jeune bretteur et passa sa main dans ses cheveux, avant de lui donner un coup dans le ventre et de lui enfoncer un kodâchi dans le torse. Ephraim écarquilla les yeux, crachant une gerbe de sang.

Kurst comprit à ce moment le tourment de son ex-coéquipier. Ce dernier lui transmit son sentiment de colère et le reptile serra les poings, faisant grincer ses canines. La jeune femme se retourna enfin vers le nouvel arrivant, et lui adressa un sourire compatissant. Kurst s’approcha en position de garde, prêt à en découdre avec Sheitan. Celle-ci se déhancha vers lui, rangeant sa lame ensanglantée.
« Kurst, mon ami, mon Némésis. »
Sa voix mélangeait la sienne et celle d’Ephraim dans un duo extrêmement dérangeant.
Le reptile se jeta sur elle dans un mouvement fulgurant, le tranchant de la main en avant, visant sa nuque. Elle se contenta de se reculer au dernier moment dans un mouvement irréel, en glissant vers l’arrière.
Pris de rage, Kurst sortit son poignard et le lança droit sur le démon, se jetant en même temps sur elle dans un effet de surprise déconcertant. Il parvint à l’atteindre au visage, griffant sa joue du bout de ses griffes. Elle se recula puis releva la tête, avec deux sillons dégoulinants sur sa joue, jetant un regard noir au reptile, un air presque démoniaque. Elle sortit ses deux lames et se jeta sur lui dans un mouvement circulaire en faisant tournoyer ses kodâchis.
Alors qu’une lame était prête à décapiter le reptile, celui-ci poussa un cri de colère, se baissa et balaya la jeune femme qui s’empala elle même sur son autre lame. Ses yeux s’ouvrirent en grand et son sourire disparut. Elle fut prise de spasmes violents. Ephraim aussi.
Tout deux disparurent dans un courant d’air glacé.
« Rejoints-moi au troisième stade de ta mort. »
Kurst déglutit, il commençait à se faire à ce genre d’interventions, mais un frisson courut tout de même le long de son dos. Il jeta un dernier regard où Ephraim était précédemment assis dans son bain de sang et pria pour que cela ne fût qu’une hallucination.

Hallucination ou pas, cette mise en scène n’enchantait pas Fly. En plus du rire, il entendait maintenant des bruits de pas. Réguliers. Le souffle avait disparu, il avait laissé place à des paroles. Toujours la même phrase, répétée mille fois dans sa tête. Le pauvre jeune garçon d’habitude si froid, si insouciant était désormais terrorisé. Toujours affalé dans une position inconfortable, la tête en arrière sur le trône, bloqué par ses propres jambes et ses côtes cassées, il transpirait et haletait. Et cette phrase…
« Tu es fou, tu n’es pas sain d’esprit, tu es un monstre, tu es fou, tu dois mourir. »
Elle revenait sans cesse, au rythme des tambours, battant la pulsation toujours plus rapidement. Elle résonnait en canon dans son esprit, il n’allait pas tarder à perdre la raison.

Kurst quant à lui atteignait le haut du deuxième escalier. De la lumière semblait cette fois provenir du troisième étage. Une lumière blafarde et malsaine. Elle ne venait d’aucune bougie, ni de l’extérieur. Aucune fenêtre ne l’aurait permis de toute manière.
Il n’y avait aucune source d’où provenait la lumière. Elle était juste là, présente, tout juste pour permettre de voir où l’on mettait les pieds.
Il s’arrêta encore une fois à la dernière marche, pour tenter de d’apercevoir ce qui se tramait dans ces lieux. Un souffle malsain resserra le nœud qui empêchait son estomac de fonctionner normalement.
« Entre mon petit, tu n’as rien à craindre à cet étage. »
Une voix mielleuse, âgée venait de prononcer ces mots. C’était forcément un piège. Cependant il préférait avancer plutôt que de rester dans l’escalier, avec l’obscurité du second étage dans son dos lui procurant un certain sentiment de peur. Il posa le pied sur la dernière marche et se hissa. Devant lui, quelques décombres. Une couche de poussière grisâtre reposait sur le sol, couvrant les dalles violacées. Ça et là, des pelles et des pioches gisaient sur le sol et sur les décombres, accompagnées de trace de sang sur leur manche. Il contourna un pilier en briques violettes et arriva en vue d’une femme dont on ne voyait pas le visage, caché par de longs cheveux bleus ondulés ornés d’un étrange chapeau tout aussi bleu. Des vêtements de la même couleur.
Elle leva la tête, puis fit une révérence à l’alligator.
« Enchantée, je suis Veran, maîtresse de ces lieux. »
Kurst se figea, troublé. Il bégaya :
« V…Ver…Veran ? La s…sorcière ?
- Oh voyons, je trouve ce terme un peu dévalorisant. Appelle moi plutôt impératrice. »
Elle passa une main dans sa cape azur et en ressortit une lanterne. Pas de lumière à l’intérieur, mais une étrange lueur.
« Tu te demandes ce que c’est n’est-ce pas ? Et bien je te présente ta vie.
- Ma vie ? »
Kurst ouvrit en grand les yeux, surpris.
« De quoi parlez-vous ?
- C’est simple très cher. Il me suffit d’un simple mouvement pour te l’ôter définitivement.
- N…Non !
- Si, je te le promets.
- Pitié ! Que voulez-vous ?!
- Moi ? Juste m’amuser un peu.
- Très bien, que voulez-vous que je fasse ? Accordez-moi au moins un combat égal, ne me prenez pas la vie comme ça !
- Tu m’offres tes services ? Marché conclu. Ta tourmente va me divertir un peu plus. Je me suis bien amusée sur les deux premiers étages. Allez va, le marchandage avec la mort est terminé. »
Sur ces mots, Veran disparut, et avec elle, la blafarde lumière. Kurst eut à peine le temps de repérer l’escalier vers le quatrième étage avant que la pièce ne sombre à nouveau dans l’obscurité la plus totale, faisant ressurgir la peur et l’angoisse.

La peur, l’angoisse, Fly en était rempli. Alors que d’affreux cris retentissaient près de ses oreilles. Il n’y avait rien ni personne, mais seulement il sentait toujours cette présence maléfique derrière lui. Et ces cris… Des cris de personnes à l’agonie. Comme si une salle de torture était installée juste à ses côtés. Les hurlements résonnaient dans son esprit comme mille aiguilles titillant son inconscient. C’était un bourdonnement détruisant totalement sa raison. Il aurait voulu les faire taire, les extraire de son crâne, mais il ne pouvait pas. Paralysé, dans un sommeil éveillé, il aurait voulu mourir dans l’instant plutôt que de supporter ça plus longtemps. Il ne put empêcher ses larmes de s’écouler de ses yeux exorbités au regard fou.

[EagleDawn]
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Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:26:41

Des larmes et des pleurs. C’était ça qu’entendit Kurst en arrivant au quatrième étage. Cet étage était lui, légèrement éclairé par quelques bougies. Un vrai dédale rempli d’une multitude d’escaliers, tous menant à l’étage supérieur. Une ambiance pesante se dégageait de l’étage. Cette ambiance s’insinua dans la tête du reptile et parcourut les méandres de son esprit pour lui dévorer le moindre sentiment de joie restante, jusqu’à l’anéantir complètement. Il n’en aurait fallu que de très peu pour l’achever. Mais l’impératrice comme elle s’était autoproclamée ne se satisfaisait pas des choses en miniature, il fallait qu’elle voie les choses en grand, et ramena à lui la pire tourmente qui pouvait l’atteindre. Son passé.
Au moment où il posa le pied sur la dernière marche, le décor se métamorphosa en une immense sphère de verre entourée d’une eau bleutée magnifique. Là était toute la magie de Veran à l’œuvre. Et toujours des sanglots. Peut-être les larmes étaient-elles ce qui avait empli ce bassin extérieur, un bassin de tristesse.
Kurst reconnut cet endroit à la seconde où il apparut. Il reproduisait à la perfection un endroit qu’il avait longtemps occupé par le passé. La salle de détente de la caserne où il était affecté sur Aquas avant de rejoindre l’unité Commando. Mais ce ne fut pas la seule chose qu’il put reconnaître. Et cette autre chose le toucha au plus profond de lui, comme si on venait de plonger sa main dans ses entrailles et qu’on tirait sur son cœur pour le lui arracher. Une douleur sans nom le prit au torse, le faisant tomber à genoux. A genoux devant elle. Elle qui pleurait toutes les larmes de son corps, dos à lui, scrutant les fonds marins, appuyée sur une rambarde métallique près du verre.
« Kurst, où es-tu ? »
Les yeux du reptile s’humidifièrent. Elle n’avait pas le droit. C’était donc ça le vide dans son esprit tout à l’heure. Il avait raison, on lui avait volé son passé. Elle lui avait volé, et elle l’utilisait maintenant pour jouer avec son existence.
« Je n’aurais jamais du t’envoyer pour cette mission, Kurst reviens-nous vite !
- Je suis là Fara ! Je suis là ! »
Elle ne se retourna pas. Elle continuait simplement de pleurer. Non, c’en était trop. Cette ignorance le tuait, mais il ne voulait pas mourir, il se rappelait maintenant à quel point il voulait rentrer chez lui, à Lylat. A quel point il voulait revoir son instructrice. Et surtout à quel point il désespérait de ne pas pouvoir le faire…
« Kurst, où es-tu parti ?
- Je suis là ! Fara retourne toi ! Hurla le reptile prêt d’éclater en sanglots. »
En vain.
« Qu’est-ce que tu veux Veran ?! Ne t’es-tu pas assez repue de ma souffrance ? Tu en veux encore ?! Arrêtes ça je t’en supplie ! »
En vain.
« En vain ?! Non pitié ! Fais arrêter ça !
- Cela ne te ressembles pas jeune Lizalfos. »
Kurst se figea. Elle venait de se retourner. Seulement elle n’avait plus ses longues oreilles de fennec, ni même un long museau. Plus de fourrure, juste de longs cheveux bruns, avec deux tresses. Une petite taille, elle arrivait à peine à hauteur de l’alligator sur ses genoux. Kurst n’y comprenais plus rien. Il n’avait jamais vu cette petite fille auparavant.
« Qu’est-ce donc que ça encore Veran ?! »
La bulle de verre éclata. Mais les flots ne se déversèrent pas, au lieu de ça, la salle reprit son aspect normal, et la fillette s’avança, se saisit du couteau de combat que Kurst tenait dans la main, et lui enfonça dans le ventre. L’alligator n’ayant pas réagi croyant à une nouvelle illusion sentit tout à coup la douleur courir le long de ses nerfs. Elle se répandit dans tout son corps. Il écarquilla les yeux, jeta un air surpris à son couteau puis releva la tête pour observer la jeune fille au regard impassible.
« Prêt ou pas, il le fallait après être passé par les stades d’acceptation de ta mort. C’est bien ça, je suis la mort. Ne résiste pas, et je ferai ça le plus doucement possible. Après tout je ne suis qu’une sensible petite fille. »
Elle fit un petit sourire et posa sa main sur l’épaule du reptile, l’autre sur le couteau pour le retirer. Mais elle ne s’attendait pas à ça.
L’alligator à l’agonie posa sa main sur la celle de la fillette qui tenait le couteau, et l’arracha violemment de sa prise avant de s’en servir comme balancier pour la jeter à l’autre bout de la pièce en décuplant sa force grâce à la douleur. La jeune fille poussa un cri en heurtant le mur, et tomba sur les genoux.
« Le refus. La colère. La négociation. La dépression. Mais tu as oublié le dernier stade. Tu es venue trop tôt, et peut-être ne sais-tu pas encore compter, mais tu as omis l’acceptation. Attaquer un homme qui n’a plus rien à perdre, et prêt à accepter sa mort, erreur fatale. »
Le reptile se releva, le couteau toujours planté dans le ventre. Il se mit en garde et s’approcha lentement de la fillette qui se relevait à son tour. Un filet de sang coulait de sa bouche. Elle se mit en garde elle aussi, et le combat s’engagea.

C’était un chaos sans appellation. Tout se mélangeait désormais dans sa tête. Cris, battements, souffle, bruits de pas. Et cette phrase en canon.
« Tu es fou, tu n’es pas sain d’esprit, tu es un monstre, tu es fou, tu dois mourir. »
Fly n’en pouvait plus. Son bon sens commençait à lui faire défaut. Il se mit à rire et à crier lui aussi. En même temps il soufflait bruyamment, et les battements de son cœur prirent le rythme des tambours. La folie eut raison de lui, ainsi que de sa paralysie du sommeil. Malgré la douleur qu’il ne sentait désormais plus, il se leva finalement du trône. Il était fou, il n’était plus sain d’esprit, il était maintenant un monstre, il était fou, et il était maintenant prêt à mourir aussi.
Le jeune garçon déambula vers la source de lumière se dégageant de l’étage inférieur, avec son corps dont la partie supérieure était complètement flasque. Les côtes cassées, son maintien n’était plus qu’assuré partiellement.
Mais l’absence de ses os n’était rien comparée à l’absence totale de clarté dans son esprit. Il était maintenant complètement sous l’emprise de la folie, et ne se souvenait plus que d’une chose. Il devait tuer son adversaire, et devait mourir. Entendant de l’agitation en dessous il y alla.

En dessous, Kurst et la fillette se battaient avec acharnement. Jamais le reptile n’aurait pensé se battre un jour contre une fillette qui avait son niveau en arts martiaux. En plus de ça, sa blessure au ventre le faisait terriblement souffrir et réduisait très largement son panel de mouvements.
Dans un moment de pause, les deux combattants haletaient et se défiaient du regard.
« Bon sans déconner, t’es qui, et tu viens d’où ? Demanda l’alligator.
- Cela ne te regarde en aucun cas. Tu sais déjà tout ce qui t’es permis de savoir. Mais tu peux m’appeler Célina.
- Célina ? D’accord. Je toucherai deux mots à Zakoestros de ton intervention.
- Ne sois pas si certain de t’en sortir. Tu me sous-estimes à cause de mon apparence.
- Non c’est faux, je ne sous-estime personne. Si tu as pu m’atteindre tout à l’heure c’est parce que j’avais baissé ma garde face à ces abominations illusoires.
- Soit, tais-toi maintenant, je dois terminer mon travail. »
La fillette se jeta éperdument sur le reptile environ deux fois plus grand qu’elle. Sa force était phénoménale pour sa petite taille, et ses coups étaient d’une extrême précision. Sans son entraînement intensif aux arts martiaux, Kurst n’aurait jamais pu faire face, et même avec ça il avait du mal.
Un coup dans le mollet, Kurst se plia un bref instant sous la douleur, instant crucial pour Célina qui en profita pour remuer le couteau dans la plaie, au sens propre.
Kurst poussa un hurlement de douleur.

Le hurlement fit écho, mais d’une sonorité différente. Et le son provenait d’au dessus. Quelqu’un se jeta depuis l’un des escaliers et renversa la fillette dans sa chute.
C’était Fly sous l’emprise de sa folie. Lui et Célina étaient affalés sur le sol, mais le jeune garçon fut le premier à se relever. Avec un rire mêlé à des souffles spasmodiques, il dégaina ses Kirpāns et se mit à trancher furieusement de toute part le corps de la petite fille qui gisait sur le sol. Elle poussait des hurlements atroces et assourdissants que Fly se faisait une joie de reprendre avec ses propres hurlements démentiels.
Jamais Kurst n’avait été témoin de tels actes de barbaries, il avait toujours eu une certaine phobie de tout ce qui touchait aux maladies mentales. Là c’était un sentiment écrasant, Fly dégageait une telle aura de folie que Kurst serrait les dents pour lui. Il pouvait presque entendre des bribes de la phrase qui se répétait inlassablement dans la tête du jeune garçon. Il se devait de mettre fin à ses souffrances.

Le cadavre de Célina ne ressemblait déjà plus à rien d’humain, mais Fly s’adonnait toujours à sa folie destructrice en mutilant la petite fille. Le reptile cracha une gerbe de sang, sa blessure commençait sérieusement à le faire souffrir et il avait déjà perdu beaucoup de sang. Cette perte importante d’hémoglobines commençait à ralentir ses mouvements, et il avait froid. Il fit un effort éprouvant pour se relever, ayant des difficultés à respirer, puis se dirigea vers Fly.
Ce dernier entendit l’alligator et son esprit embué se remémora soudain qu’il était un objectif prioritaire. Il tourna la tête et jeta un regard de fou à Kurst, laissant sa langue pendre et sa salive couler de sa bouche pour se mélanger à la flaque de sang dans laquelle il trempait.
Il se saisit d’une bouteille à sa ceinture et défit le bouchon. Il l’avala. Il boucha l’extrémité de la bouteille avec son pouce et se mit à balancer le contenu comme s’il assaisonnait une salade.
Kurst se recula mais une gerbe d’acide atteignit sa manche, et instantanément un trou se creusa.
« De l’acide… ? »
Le pouce de Fly recouvrant partiellement la bouteille se défaisait peu à peu de sa peau, de sa chair, de ses fibres, jusqu’à laisser uniquement l’os. Mais le jeune garçon continua de tenter d’asperger le reptile. Kurst s’éloignant et se mettant hors de portée, il se leva, mais l’un de ses talons glissa sur la flaque de sang et il tomba à la renverse, atterrissant dans les bouts de chair en charpie de Célina. Il lâcha sa bouteille et l’acide se répandit sur son abdomen.
Son cerveau complètement embrouillé, il ne ressentait la douleur que comme une envie de rire. Alors il riait. Il riait fort. Il éclata de rire. Et finalement, il fut mort de rire.

Sous la douleur grandissante de sa blessure, Kurst voyait de plus en plus trouble. Il retira finalement le couteau et mit une compresse sur sa plaie qu’il entoura d’un bandage. Il avait de plus en plus de mal à effectuer ses mouvements, et ne parvint pas à nouer le bandage. Une main saisit la bande blanche et le noua pour lui. Il leva la tête et dans le flou, il pu entrevoir un visage familier surplombé de sa mèche violette.
« Je n’en attendais pas moins de toi Kurst. Rentrons.
- Zakoestros… Je te hais, cette tour m’a tué, tu m’as volé… Mes espoirs… Monstre damné. »
Il s’évanouit.
« Hais-moi, fais ce que tu veux, mais tu ne peux rien faire contre moi.
- Un instant !
- Veran ?
- J’ai toujours la vie de ce Lizalfos entre mes mains. Dois-je mettre fin à ses jours ?
- Laisse la lui, il a gagné cette manche, ce sont les termes du tournoi.
- Rabat-joie… »

Baby-Link
Baby-Link
Niveau 10
21 décembre 2008 à 13:32:06

Grâce à l’aide de son nouvel ami, Fly avait réussi à atteindre le troisième tour. Mais cette fois, il était seul. Il rejoignit le reptile sur l’estrade : c’était de loin son adversaire le plus intimidant depuis le début du tournoi. Sa ressemblance à un Lizalfos lui donnait un air sauvage mais il gardait tout de même l’ordre et l’autorité d’un général de guerre. Les deux combattants partagèrent un court regard et un baissement de tête puis se firent téléporter vers la Tour Noire.

Fly ouvrit les yeux et se leva difficilement. Il se trouvait dans une petite salle sombre. Les parois étaient construis a partir d’un roche noire et le peu de lumière qui rentrait par une fenêtre salle plongeait dans la roche en ne laissant aucun réfléchissement. Le sol était couvert de gravillon et de fractions de mur ; Fly n’avait jamais entendu parler de cette tour jusqu'à la, mais il comprenait bien qu’elle avait était partiellement démolie. Il dépoussiéra sa tunique puis se dirigea vers la seule porte de la salle.

Les doubles portes en marbre menaient vers un couloir. Les morceaux de roche déchus rendaient la partie accessible du sol très étroite ; le couloir continuait une dizaine de mètres puis tournait vers la gauche. Fly avança en sautant par-dessus certaines pierres. Il avait presque atteint le tournant quand il entendit des bruits de pas venant de plus loin. Le garçon sortit son poignard et avança lentement. Il avait envie de finir ce combat rapidement mais il espérait quand même que les pas n’étaient pas ceux de Kurst ; un rat lui conviendrait plus. Une partie de lui souhaitait que son adversaire se fasse tuer avant qu’ils se rencontrent. Arrivé au coin, Fly passa la tête en avant pour voir qui était présent. Un garde marchait vers la fin du couloir. Ce garde portait une armure tellement épaisse que Fly n’était pas très sur s’il y avait vraiment quelqu’un dedans. Fly ramassa une pierre puis la lança en direction du garde. Le caillou frappa l’armure métallique du garde en résonant fortement. Fly comprit alors que ce n’était qu’une armure amenée a vie par un sort de Veran. Le “garde” se retourna rapidement puis se mit à courir vers Fly avec une longue épée dans la “main” droite. Fly esquiva le coup d’épée qui fini enfoncé dans le sol. Pendant que le garde sortait son épée du sol, Fly couru vers la fin du couloir et ouvra la porte. L’armure était déjà reparti et courait rapidement vers lui. La porte était lourde, Fly tira dessus aussi fort que possible pour la refermer. L’armure était maintenant à quelques mètres. Fly fit un dernier effort, puis la porte se ferma. Un résonnement métallique sortit du couloir suivit d’un petit rire de Fly.

Fly était entré dans une salle plus grande que les précédentes et cette fois-ci, les seules issues étaient deux escaliers. Un vers le haut, un vers le bas. Fly marcha jusqu’au milieu de la salle puis contempla ses deux options. Linki avait précisé que la tour n’avait plus que trois étages ; si les escaliers montaient et descendaient, Fly devait se trouver à l’étage du milieu. Il allait juste s’avançait et choisir un des chemins quand il entendit un sifflement un sifflement léger derrière lui. Il se retourna rapidement pour trouver la source du son. Une dizaine de serpents avaient apparu de nul part et s’approchaient de Fly à une vitesse étonnante.

“Ha, j’vais enfin pouvoir me réchauffer avant le vrai combat” pensa Fly tout en sortant son poignard.

Le premier serpent s’arrêta à un mètre de Fly puis bondit en avant la gueule ouverte. Fly fit un pas rapide vers la gauche puis effectua un coup vertical avec sa lame coupant le serpent en deux. Fly se retourna vers la gauche ; trois serpents étaient déjà dans les airs au niveau de ses jambes. Fly enchaîna quelques coups circulaires et deux des serpents finirent en morceaux. Le troisième n’avait pas été touché et s’accrocha à sa jambe gauche. Fly arracha le reptile de sa chaire et le lança à travers la salle. La morsure ne lui avait pas fait mal, mais il sentait déjà les effets du venin. Sa vision était floue, la salle tournait autour de lui. Les serpents devenaient de plus en plus grand, de plus en plus près. Fly tenta de clignoter plusieurs fois mais cela ne fit que le désorienté encore plus. Pris par la peur, Fly fit un pas vers l’arrière mais tomba dans le vide. Il dévalait les marches vers le rez-de-chaussée.

~

Kurst marchait lentement dans un long couloir. Il avait traversé plusieurs salles et rencontré plusieurs monstres mais toujours aucun signe de Fly. Il tentait d’entendre les pas du garçon pour au moins savoir a quel étage il se trouvait mais il n’avait rien entendu. Il arriva à une grande salle circulaire avec aucunes issues. Il y avait un miroir au centre de la salle. Kurst se rapprocha du miroir et regarda son reflet. C’était bien lui ; mais de temps en temps, Kurst était sure d’avoir vu un clignotement alors qu’il n’avait rien fait. Il se tourna et explora la salle des yeux ; pendant ce brève moment de repos, son reflet se mit à bouger. Petit à petit, il se rapprochait du verre, jusqu'à qu’il sorte complètement du miroir pour se retrouver derrière le vrai Kurst Keiger. Le reptile entendu les pas derrière lui et se retourna brusquement avec son couteau de combat en avant. Il s’arrêta complètement des qu’il vu qu’il se trouver devant lui-même.

“Encore un tour de la sorcière, j’ai presque eu peur. ” rigola t’il.

Son double ne bougeait pas, à part avoir lui aussi sortit son couteau. Kurst effectua un coup diagonal avec sa lame vers sa copie, qui copia exactement le mouvement. Les deux lames se rencontrèrent, créant quelques étincelles. Kurst tenta une succession de coups mais à chaque fois il fut copié et les lames s’entrechoquèrent. Au bout de quelques minutes de la même chose, Kurst abandonna et tenta de repartir par le couloir d’où il était entré. A peine eut-il avancé de quelques pas qu’une grille tomba et bloqua la sortie.

“P’tain faut que je trouve une façon de le battre” pensa t’il.

Il resta immobile pendant un moment, cherchant une façon de détruire son double sans se blesser lui-même. Soudain, une idée lui vint à l’esprit, il savait exactement comment faire. Il fit le tour complet de la salle pour se trouver derrière son le miroir et son double. Il leva son arme et la lança en direction du miroir le deuxième couteau fit la même chose de l’autre coté. Les deux lames rentrèrent dans le miroir, le cassant en morceau ; le deuxième Kurst disparut. A ce moment, la grille remonta et une autre porte apparu de nulle part à l’opposé. Kurst décida de prendre la nouvelle issue. Il s’en approcha et ouvra la porte. Une petite fille se tenait de l’autre coté.

~

Fly ouvra les yeux et se leva difficilement. Le mal de tête était parti ; le venin avait seulement été temporaire. Il n’avait aucune combien de temps il fut été inconscient mais il savait qu’il avait eu de la chance de ne pas avoir été trouvé par son ennemi. Il regarda autour de lui, il se trouvait dans une petite salle rectangulaire. Il y avait une seule porte à l’autre bout de la pièce.

Fly marcha vers la porte puis rentra dans la salle suivante. Encore une fois, une petite salle…vide. Aucunes issues a part c’elle d’où venait Fly. Il retourna donc bêtement dans la salle précédente avec l’intention de remonter les escaliers. Une fois retourné dans la première pièce, remarqua deux choses ; la salle lui paraissait plus grande mais surtout, les escaliers n’étaient plus la. Une nouvelle porte était apparue à leur place. Fly resta immobile puis comprit enfin que ce n’était seulement un sort de Veran. Il décida donc de continuer.

~

Cela faisait au moins une demi-heure que Fly marchait, et toujours aucun signe de Kurst. Il avait du retournait en arrière plusieurs mais a chaque fois il se retrouvait dans une salle différente. Il était près a abandonner quand enfin il arriva a une salle différente : Le plafond était plus haut et il y avait une grande double porte d’au moi trois mètres de haut. Fly s’approcha et poussa les deux portes. La lumière du soleil pénétra la tour pour la première fois depuis longtemps ; Fly avait trouvé la sortie. Il avança lentement en se couvrant les yeux. La court avait l’air d’un chantier déserté, il y avait encore des outils un peu partout et des planches de bois. C’est aussi la qu’il avait le plus de débris. Soudain, un rire maléfique sorti de nulle part. De la fumée sombre se produit devant Fly jusqu'à bloquer complètement le soleil. La sorcière Veran sortit de la fumée et marcha vers Fly. Malgré sa peur, il était impressionné par la beauté de la sorcière ; Il avait presque envie de poser son arme, ou était-ce seulement un de ses sorts.

“Bonjour, jeune garçon” dit la sorcière, se rapprochant.
- Bonjour » répondit Fly.
- Je suppose que Linki t’as parler de notre accord »
- Quoi ? »
- Ha ! Nous nous sommes mis d’accord que le premier de vous deux qui trouve la sortie de la tour... devra m’affronta » ricana la sorcière.

En entendant cela, Fly oublia complètement la beauté de sa nouvelle ennemie et décida de se battre. Il leva son arme et fonça vers elle ; Veran leva sa main et Fly fut jeté au sol.

“Tu ne peux rien faire contre moi” rigola la sorcière.

Elle leva ses bras dans les airs et toute la fumée autour d’elle se concentra en une boule dans ses mains qu’elle lança violemment vers Fly. Il se lança le plus loin possible vers le coté et la boule partit exploser contre la porte de la Tour Noire. La porte se fracassa en morceaux et laissa place à une petite fille qui sortit lentement. Sous son bras droit, elle tenait la tête du reptile.

“Qu’est-ce que... qui es tu ?! Je ne t’ai jamais donné le droit d’entrer ma tour !” cria la sorcière.

- Je suis la pour eux. Je te conseille de me laisser faire » répondit Célina, très calmement.
- Non ! Je ne tolérai pas que quelqu’un se promène dans ma tour sans ma permission !

Veran leva les bras une seconde fois et créa une boule d’énergie dorée. Elle la lança en direction de la petite fille qui lâcha rapidement la tête de Kurst et sortit deux épées courtes. Elle attendu que la boule soit a quelques mètres pour frapper dedans avec ses deux couteaux. La boule d’énergie rebondit et alla rentrer dans la sorcière qui tomba au sol comme si électrocutée. Elle se releva au bout d’un moment, furieuse.

“Je vois... des épées magiques” dit la sorcière avec une voix essoufflée.

Sans hésiter, elle recréa une boule d’énergie et la lança vers Célina. Encore une fois, la petite fille utilisa ses épées courtes pour renvoyer l’attaque. Mais cette fois-ci, la sorcière trouva aussi un moyen de faire rebondir la boule d’énergie.

~

Fly était encore au sol, il regardait cet échange depuis au moins dix minutes. Aucune des combattantes n’eut l’air de se fatiguer. Il n’avait toujours aucune idée qui était la petite fille et comment elle avait pu tuer Kurst. S’il intervenait, Fly aurait sûrement pu prendre ses adversaires pas surprises et les tuer facilement, mais il avait trop peur. A ce moment la, il vit Célina essayer quelque chose de différent : elle avait jeté une de ces épées, utiliser la seconde pour renvoyer les attaques et son autre main pour créer sa propre boule d’énergie.

“Ne fais pas ça ! Tu sais comment ça va finir !” cria la sorcière, qui avait presque l’air d’avoir peur.

Une fois la boule d’énergie complètement développée, la fille rigola puis la lança vers son ennemie juste quand la première boule avait été renvoyé par la sorcière. Les deux attaques se rencontrèrent au milieu avec une explosion géante. Fly était complètement éblouie. Au bout de quelques secondes, la lumière se dissipa. Veran était par terre, morte ; sa robe violette encore en feu. Célina était a genoux quelques mètres plus loin en train de cracher du sang. Une partie de son corps avait été brûlé. Elle se leva difficilement et regarda Fly.

“Je reviendrai pour toi ” murmura t’elle en toussant.

Elle ferma les yeux et disparu, elle s’était fait teleportée.

Fly avait gagné, il pourrait retourner auprès des autres participant portant la tête de Kurst Keiger. Malgré cela, il avait plus peur que jamais.

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