J'en dis que t'as une vieille mentalité ^^
Vous avez eu 4 votes pour vous et nous 3, vous en avez forcément plus ^^
Attendez, Bagdad et Hache-Viande on pas voté? Ou il peuvent pas?
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[b][red]On va tout faire fondre![/red][/b]
Je les ai retirés de la liste parce qu'ils font plus partie du tournoi et donc ils n'ont aucune obligation de voter, mais ils le peuvent toujours quand même. ![]()
Originalité :
En réfléchissant bien, s'il y a une originalité qui démarque le texte de Linkoura et Natsue, c'est les regrets que peut éprouver Nélia après avoir achevé son adversaire, comme si cette guerre était finalement inutile et que la ruse et l'intelligence pouvaient triompher de tout, quoi qu'il arrive.
Outre les quelques remarques ironiques qu'il peut y avoir et la référence à Mario par l'intermédiaire du tuyau vert, il n'y a pas grand chose d'original dans ce texte. Désolé...
Introduire le combat par l'ouverture d'un livre dans une bibliothèque apporte une originalité qui m'emballe beaucoup ; désolé pour la référence, mais on se croirait un peu dans "l'histoire sans fin", et j'aime beaucoup cette manière d'ouvrir les débats. La pluie qui bat dehors nous met tout de suite dans l'ambiance aquatique qui attend les antagonistes, celle-ci revient également à la fin, lorsqu'il referme le livre et qu'il s'apprêtent à noyer sa solitude dans l'alcool...
Les notes de musique qui semblent dicter l'action et le rythme du texte font aussi parti d'une originalité certaine. On a plaisir à lire l'amusement avec lequel Vénus baisse les leviers en jouant des notes de musique, une pour chaque acte d'abaissement de l'objet fatidique.
J'aime bien les références à Linki, notamment à la fin où on sent un Albatard énervé, mais pas assez puissant pour en coller une à l'organisateur sadique.
C'est pour cela que j'attribue ce critère à M-I et SG.
Arène la mieux exploitée :
Chez Linkoura et Natsue, on observe un éloignement et une importance accordée à l'indication de plusieurs pièces traversées. Cependant, on peut regretter la vitesse à laquelle celles-ci sont traversées, et donc le manque d'exploitation de ces antichambres d'une pièce centrale mieux utilisée.
M-I et SG ont plutôt bien exploité l'arène, on s'y croyait vraiment de par les descriptions (autre point à exprimer) minutieuses et vivantes. Ne pas tout de suite entrer dans le vif du sujet en faisant apparaître les divers poissons mortels vers la fin, laissant place à des plateformes qui tournent, le niveau d'eau qui augmente et épouvante ainsi les combattants impuissants face à ce fait.
Point pour M-I et SG.
Action :
Je trouve que côté Linkou-Natsue c'est un peu bâclé quand même, parce que y'avait pourtant beaucoup de potentiel. Je veux dire par là que je trouve la mort des ennemis un peu simplette et non poussée. Je suis resté sur ma faim...
De l'autre côté, la manière de passer d'un coin de l'arène à un autre par le jeu des leviers - entre les paragraphes - est une idée originale et intéressante (voir par ailleurs). Il n'y a pas de temps morts, mais l'action peut être remise en cause par des paramètres entrant en jeu, comme Albatard qui égare son arme dans l'eau et qui fait un sprint mamadouesque pour l'attraper.
Point pour M-I et SG.
Descriptions :
Grand souci du détail chez M-I et SG ; que de vocabulaire précis et descriptif, on admire à travers la rigueur et la précision des actions - ainsi que les contours de l'arène - un texte aux allures de modèle absolu de description.
Côté adverse, les détails ont aussi une grande importance, mais à un moindre degré malgré tout. Même si on constate un effort de justesse par les termes employés, j'ai préféré les descriptifs de M-I et SG.
Point pour eux, donc.
Personnages les plus vivants :
Chez M-I et SG, les humeurs et ressentis des personnages sont très bien retranscrits ; ainsi, on ressens très bien l'angoisse de Vénus et d'Albatard lorsqu'ils sont tout deux en difficulté - l'un dans l'eau, l'autre dans une salle remplie de leviers menaçants - et qu'ils en appellent à la logique et la vivacité pour s'en sortir.
Contrairement à leurs adversaires, Linkoura et Natsue ont commencé le texte par la dispersion des ennemis dans l'arène, et se sont concentrés sur les pensées et faits ou gestes de Yrion et Nélia, négligeant un peu le parcours adverse.
Je peux faire le même reproche à M-I et SG même s'ils ont donné un peu plus d'importance à leurs belligérants, notamment par la discussion de Vénus et Nélia dans la salle des leviers.
Ce critère revient donc à ces derniers.
Qualité d'expression :
L'écriture, le style syntaxique, ainsi que le choix des mots, et enfin le jonglage effectué avec ceux-ci dénotent une grand aisance dans la construction des phrases ; bref, le texte de M-I et SG est tout simplement un archétype.
Des répétitions comme "sortir de ce pétrin", sûrement fait inconsciemment, mais à quelques mots d'écart, ça frappe quand même... C'était côté Linkou-Natsue, parce que sinon c'est très bien je trouve.
Mais y'a pas photo avec M-I et SG, à qui j'accorde ce critère.
Préférence :
Pour toutes les justifications faites précédemment, même si ça peut paraître peu développé par certains moments (manque de temps), ma préférence va tout naturellement au texte de M-I et de SG.
Pas besoin de dire autre chose si ce n'est : M-I et SG => J'ADORE
Score final : 7-0 pour M-I/SG
/owned
Bon, et bien je crois qu'on va pouvoir passer au prochain combat dès ce soir, comme Ganon et Gba sont là.
On atteint des sommets de rapidité pour ce round...!!
Ouais, vraiment, c'est rapide ! Tant mieux ![]()
J'ai l'autorisation de l'auteur du topic pour écrire de la merde.
De la merde.
À la météo ils annoncent soleil demain.
Ah Ah Ah.
Bon, nous pouvons dès à présent procèder au troisième et dernier combat de ce round ! Vous pouvez poster les textes. ![]()
Le village Cocorico, planté au pied du Mont du Péril, était en ces temps troublés un paisible village de charpentiers où s'était formée une petite communauté, solidaire en toute occasion, et riant de bon coeur. Les maisons aux toits de tuile rouge étaient éparses, et un moulin-à-vent surplombait le village, défiant de sa hauteur les oiseaux qui tournoyaient en ce jour de grand soleil autour de la grande place, où palabraient quelques hères. Quelque peu au-dessus de cette place se dressait la maison lugubre des Skulltulas, abris d'anciens hommes, dont l'atavique cupidité avait causé leur malédiction. Sur le toit de cette demeure, de nombreux feux follets vert émeraude qui claquaient et pétaient attisaient la curiosité des passants.
Soudain, les feux se dissipèrent, et quatre personnes étrangement vêtues et lourdement armées se tinrent à leur place. Le pirate Herbert, aux côtés de la bergère Eniae, faisaient face au monstre hybride TeaTom, et à l'ancien galérien Joël Pomme. Ce dernier, dès son arrivée sur le toit, perdit l'équilibre, et se mit à battre des bras pour tenter de se rétablir. Une tuile céda sous le poids de son agitation, et le pied de Joël posé dessus glissa brusquement, provoquant l'effondrement de toute sa personne dans un bruit sourd. Plusieurs tuiles explosèrent dans le choc, et coulèrent du toit dans un nuage de poussière, entraînant le corps impuissant du jeune homme, sous le regard étonné des trois autres combattants. Il roula boula quelques secondes, sans parvenir à trouver une prise pour retenir sa chute, et finit par tomber du toit, accompagné de débris divers. Les quelques mètres le séparant du sol furent vite parcourus, et il cogna le sol violemment, soulevant des volutes de poussières et d'herbe. Ses os se brisèrent, et une côte jaillit de son corps, transperçant sa chair. Sa respiration fut coupée durant quelques secondes, et quand il la reprit, ce ne fut que pour respirer bruyamment, et difficilement, chaque inspiration lui causant une douleur infernale à la poitrine. Les trois combattants restants, eux solidement ancrés sur leurs appuis, s’étonnèrent de la scène, puis reprirent bien vite leur esprit, se concentrant sur le but de leur présence ici.
Tous les villageois se précipitèrent dans leur maison, barricadèrent leur porte et fermèrent leurs volets. Le dernier à quitter la scène, en direction du cimetière, était un petit garçon vêtu de vert, accompagné d'une fée, qui s'amusait semble t’il à ramener des poules dans l'enclos d'une jolie paysanne.
Un malin sourire fendait le visage d’Herbert, les membres d’Eniae tremblaient à la vue de la douleur du jeune Joël, TeaTom commençait à paniquer, et les dents de Secret claquaient comme des rasoirs acérés. Écumant, bavant, grognant, le kagura remarqua bien vite que son maître était en prise avec l’une de ses fréquentes crises de schizophrénie.
Un Herbert, et une Eniae. Deux Frank aux yeux de l’hybride. TeaTom ne rêvait pas. Cela ne lui était encore jamais arrivé. Comme si un seul n’était déjà pas suffisant. La colère et la rage surgirent d’un coup. Secret eut à peine le temps de se recroqueviller dans un coin de la glissière, gardant tout de même un œil sur son futur repas bien appétissant qui se tenait dans les bras de l’étrange fille.
TeaTom, ne se préoccupant pas de son partenaire, courait déjà en direction d’Eniae. Incapable de réagir à temps malgré la relative lenteur de son adversaire à se déplacer sur le toit de la maison, elle resserra son étreinte sur Porcelet un peu plus fort. L’hybride se tenait maintenant à quelques centimètres de la jeune fille. Mais petit à petit, l’image de Frank s’effaçait. Tout ce que TeaTom voyait maintenant, c’était une grosse humaine, terrifiée, tenant un cochon dans ses bras.
Secret remarqua la petite absence de son maître. Il se faufila le long de la gouttière jusque derrière le pirate alors que celui-ci assistait ébahit à la scène. Ce combat était une vaste blague… N’arrivant pas à comprendre un seul des événements qui venaient de se produire, il sortit son sabre et se dirigea vers la bête immonde qui menaçait Eniae. Peu importe ce qu’il se passait, il était décidé à en finir rapidement. TeaTom semblait inoffensif, il fallait agir vite. Le Kagura aussi avait décidé d’agir vite, avant qu’une crise ne recommence. Il bondit et s’accrocha à la jambe droite d’Herbert, plantant ses crocs profondément dans la chair de l’humain. Surpris, le pirate dégaina son mousquet et asséna de violents coups de canon à la bête féroce. Le Kagura lâcha prise, recula en couinant, puis regarda l’homme droit dans les yeux. Herbert crut apercevoir un sourire sur les lèvres de l’animal. La plaie était profonde, il prit donc son bandeau et fit un garrot autour de sa jambe. Secret ne se fit pas prier. Il en profita pour sauter sur son adversaire, le faisant trébucher. Le mousquet lui échappa des mains et alla s’écraser au sol, pas loin de Joël. Alors que Secret s’apprêtait à déchaîner sa mâchoire sur l’autre jambe, il s’arrêta net, et commença à se tordre de douleur.
Porcelet, effrayé, s’était mis à grouiner fortement. L’ouïe très développée du Kagura lui jouait un mauvais tour. TeaTom, distrait par la détresse de son animal, lâcha enfin du regard la pauvre Eniae. Lorsqu’il aperçut Herbert l’iconoclaste, prêt à enfoncer son sabre dans le ventre de Secret, le mutant sentit la colère l’envahir de nouveau. Frank était revenu. Et il en voulait à ce qu’il avait de plus cher. Réalisant que la distance les séparant ne lui permettait pas d’aller secourir à temps son ami, TeaTom décrocha deux tuiles du toit de la maison et les lança en direction d’Herbert. La première échoua à ses pieds, mais la deuxième vint heurter la plaie sur sa jambe droite. Sous le coup de la douleur, le pirate mit son genou à terre. Ne désirant pas rester à la merci de ses adversaires, il sauta du toit et atterrit maladroitement au sol, se tordant la cheville. Eniae, cherchant son partenaire du regard, fut prise de vertiges. Elle perdit l’équilibre et tomba lourdement... sur Herbert.
Dans une rage aveuglante, TeaTom sauta lui aussi et amortit la chute avec ses deux gros pieds. Porcelet continuait de grogner et Secret était toujours en souffrance. Sonné par la lourde chute d’Eniae, le pirate mit du temps à se relever. Lorsqu’il vit l’hybride foncé droit sur eux, toutes lames dehors, il se mit devant elle.
Herbert utilisa son sabre pour parer la lame gauche du schizophrène. TeaTom porta son bras droit en direction du pirate, qui esquiva en se baissant. Il jeta un regard en direction d’Eniae, qui avait pris la fuite en direction de l’entrée du village. Porcelet, voyant sa maîtresse courir au loin, arrêta de grouiner et sauta de toit en toit pour la rejoindre. Secret en profita pour aller se terrer dans un coin, en attendant que la fureur de TeaTom passe. Malheureusement pour le jeune Kagura, la crise de celui-ci n’était pas prête de s’éteindre. Le combat au corps à corps contre Herbert faisait rage. Les deux combattants se fatiguaient rapidement, et Teatom gagnait un peu plus de terrain à chaque minute. Le partenaire d’Eniae se mit à courir tant bien que mal en direction du moulin, ramassa son pistolet, et alla se poster derrière le puit. Il entreprit de viser son adversaire.
En entendant les trois coups de feu qui retentissaient dans le village, Eniae, qui s’était stupidement cachée derrière le grand arbre de l’entrée du village, jeta un coup d’œil en direction du grand moulin. Porcelet l’avait rejoint.
Les balles s'étaient logées dans le mur de briques rouges du bâtiment adjacent à l'escalier menant au puit, et TeaTom était maintenant tout près du pirate, si prêt que ce dernier pouvait sentir son haleine putride d'homme-bête trois fois maudit investir l’air. L'hybride poussa un hurlement, et enfonça d'une rapidité fulgurante sa lame dans le ventre d'Herbert, qui s'effondra.
La souffrance que Joël Pomme endurait à chaque inspiration lui était insupportable. Il ne sentait plus ses membres, et tentait de remuer un petit doigt ou un quelconque muscle, en vain. Il voyait flou, des petits points de couleur constituant sa principale vision, et sa tête, immobile, était posé de côté, de manière à ce que son champ de vision soit limité à un arbre, et à une femme rondouillette caché derrière lui. Il reprenait peu à peu ses esprits, et se rappelait du tournoi. Il était ici pour combattre, se souvint-il. Pour une vengeance, pour tuer l'homme qui avait attaché à des chaînes de galériens plusieurs années de sa vie. Un pirate qui paraissait fait de marbre, Herbert l'Iconoclaste. Quelle ne fut pas sa joie lorsqu'il apprit que ce félon était son adversaire durant le deuxième tour... Mais tout était gâché. Joël le savait bien. Il se savait fini, et comprenait qu'il ne lui restait plus que quelques minutes à souffrir... Il se rappela TeaTom, l'énergumène qu'il avait pour compagnon d'armes. Il se demanda d'ailleurs si le combat était fini. Ses paupières se fermèrent lentement, et il s'évanouit dans ces pensées.
TeaTom léchait le sang coulant de sa lame, un rictus horrible déformant son visage. Ses yeux étaient rouge de colère, et son cœur était en proie à une agitation étonnante : il venait de transpercer Frank, cette vision qui le taquinée depuis tant et tant d'années, au point de le rendre fou. Frank gisait sur le sol, pas tout à fait mort. Il était temps de lui porter le coup de grâce. Mais sa colère s'apaisait petit à petit, et bien vite, Frank fut remplacé par Herbert. Les yeux de TeaTom redevinrent vert argenté.
Le Kagura, tapi dans un coin sombre, fixait le cochon rose de la fermière, voyant en lui un repas très appétissant. Il se lécha les babines. Ses lèvres se retroussèrent, et ses longs crocs blancs se dévoilèrent. Eniae, cachée derrière son arbre, alternait son attention entre le pauvre galérien étendu par terre à quelques mètres d'elle, et son camarade le pirate, au loin, qui semblait avoir perdu la bataille. La bête immonde qui l'avait poignardée semblait immobile.
Soudain, un rugissement se fit entendre, et Secret bondit avec célérité sur le cochon, au pied d'Eniae. Celui-ci prit peur, et hurla de toutes ses cordes vocales, produisant un son très aigu, tout en courant dans la débâcle la plus totale. Le Kagura, énervé par le son que produisait le petit animal, tentait de plus belle de l'attraper, mais Porcelet courait dans tous les sens, rapidement, sans aucune logique dans ses mouvements, et l’âme damnée de TeaTom ne parvenait pas à mettre la patte dessus.
La situation semblait catastrophique aux yeux d'Eniae, et celle-ci, plus résolue que jamais, empoigna fermement sa fourche, qui jusque-là n'avait servi que de décoration. Décidée à empêcher la féroce bête de faire du mal à Porcelet, elle la menaça avec son arme. Secret, amusé par l'attitude farouche de l'humaine, mais frustré de ne pouvoir satisfaire son envie première, se rua sur Eniae. Par pur réflexe, elle mit sa fourche de travers pour se protéger. Le Kagura mordit l'arme, lui arracha des mains, et l'envoya planter à quelques centimètres de son animal. Alors que la jeune fille fuyait, Secret se remit en chasse du petit porc, estimant qu'elle n'était plus une menace. Affolé par cette petite confrontation, Porcelet s'était réfugié sous l'escalier qui menait au chemin du péril. Le Kagura usa de son flair et le repéra bien vite. Malheureusement pour le petit animal, il n'avait maintenant plus aucune possibilité de fuir. L'horrible prédateur prit son temps, et avança tout doucement dans sa direction.
ICI COMMENCE LE DEUXIEME POST (évidemment, ne poste pas cette phrase, cher Linki ;-p)
ICI COMMENCE LE DEUXIEME POST (évidemment, ne poste pas cette phrase, cher Linki ;-p)
Herbert regardait TeaTom droit dans les yeux. Il voyait flou. La douleur était insoutenable, mais seul un voile humide dans ses paupières la laissait transparaître. Le pirate s'attendait à recevoir le coup fatal, mais au lieu de ça, il remarqua l'absence étonnante de son vis-à-vis. Il ne comprenait pas vraiment, mais décida de saisir cette chance. Il savait que vu sa condition, si l'hybride reprenait conscience, il n'aurait aucune chance. Il jeta un coup d'œil aux alentours, et remarqua Eniae, immobile, pleurant à la vue du Kagura avançant doucement en direction de Porcelet. Tout s'enchaîna très vite dans l'esprit d'Herbert.
Secret s'arrêta net, et s'affaissa, laissant Eniae sans voix. La balle s'était logée dans la nuque de l'animal. Herbert sourit quand il comprit que son coup de feu avait touché au but. La bête était morte. Porcelet courra dans les bras de sa maîtresse, puis alla sautiller sur le corps inerte du Kagura. TeaTom était sorti de sa léthargie quand il avait entendu le grondement du tir du pirate. Secret avait été abattu. Ses dents se serrèrent, son regard rempli de haine et de colère se posa sur Herbert, qui laissa tomber son arme et était prêt à abandonner la partie. Il pensait qu'avec un peu de chance, l'étourdissement de son adversaire lui aurait laissé le temps de se défendre, mais en vain.
Frank. Mourir. Vengeance. Ces trois mots résonnaient dans l'esprit de TeaTom. Une rage folle s'empara de son corps, et plus rien n'avait d'importance à ses yeux, hormis Frank, immobile et allongé devant lui. Il sortit ses lames, et les enfonça profondément dans la chair du pirate. Il devait souffrir. Au moins autant que lui-même avait souffert. Alors qu'il s'apprêtait à enfoncer une deuxième fois ses lames dans le corps du pauvre Herbert, une giclée de sang recouvrit le visage du pirate.
La fourche s'était profondément ancrée dans le dos de l'hybride. Son corps était transpercé. Les pointes de la fourche, recouvertes de sang, s'étaient arrêtées à quelques centimètres de la tête d'Herbert.
Une sourde colère emplit TeaTom jusqu'au plus profond de son être. Il hurla, laissant échapper le désespoir et la tristesse qu'il avait accumulé en lui depuis tant d'années. En un court instant, il se rappela toute sa vie, les excentricités auxquelles il avait livré son corps, son défaitisme permanent, sa non-envie de vivre, et surtout, il se remémora le temps passé avec Secret, son fidèle compagnon, qui avait toujours veillé sur lui. Des images de son meilleur ami ; étendu dans l'herbe, la langue pendante, les yeux ouverts, une mare de sang ceignant sa tête, rendant gluant son pelage blanc d'usage lisse, éclatèrent à l'esprit de TeaTom, dont les lèvres se détendirent, et les yeux s'embuèrent. Le râle s'échappant du plus profond de son ventre prit d'intensité, et le visage couvert de larmes, il réalisa que Secret, son cher ami de toujours, venait de lui être enlevé à jamais, par un Frank gravement blessé, et qu'un deuxième Frank, encore plus fourbe, venait de l'embrocher à l'aide d'une vieille fourche rouillé.
Il grogna farouchement, et se retourna brusquement. Eniae lâcha prise, et tomba à la renverse. Les larmes continuaient de ruisseler, mais la volonté de l'hybride était plus inflexible que jamais. De sa main droite qu'il passa derrière son dos, il saisit le manche de la fourche, qu'il brisa, et jeta au loin. La partie métallique restait quant à elle solidement attachée, et les dents maculées d’hémoglobines saillaient du buste. Il se retourna à nouveau, et d'un mouvement ample asséna un imposant coup de pied au pirate en pleine poitrine. Herbert valsa sur quelques mètres, jusqu'à ce que son vol soit interrompu par le mur en bas du moulin. Tombant lourdement sur le sol, Herbert sentit ses blessures se faisant plus aiguë.
TeaTom fit volte-face, et se précipita vers la fermière qu'il saisit à la gorge. De son bras puissant, il la souleva haut dans l'air. Il écumait. Ses yeux jetaient des éclairs, et sa bave coulait de son menton. Il projeta Eniae au loin, qui retomba sur le dos, sa chute amortie par une poule qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.
Herbert se sentait épuisé. A chaque goutte de sang tombé, c'était un peu plus de ses forces qui l'abandonnait. Il voyait trouble. Il distinguait avec peine la personne se tenant à quelques mètres de lui, mais l'être était assez grand et velu pour qu'il comprenne de qui il s'agissait. Son pistolet était enfoui dans l'herbe, à quelques pas de lui. Puisant dans ses dernières ressources, il se mit à ramper vers son instrument de fer qui lui avait tant servi dans le passé.
Les villageois, ébahis, observaient la scène, à travers leurs persiennes. Le petit garçon vêtu de vert revint du cimetière. Il s'arrêta, sortit son Ocarina, et joua une étrange mélodie. La course du soleil s'accéléra, et la nuit tomba des heures avant ce que quiconque aurait pu prévoir. Le garçon s'était volatilisé, mais revenait du cimetière exactement de la même façon qu'il l'avait fait quelques secondes plus tôt. *
Ce spectacle étrange avait attiré l'attention de TeaTom, qui dans sa curiosité s'était apaisé. Porcelet donnait de grands coups de langues à sa maîtresse, l'encourageant à se relever.
La fée du petit garçon semblait crier quelque chose à celui-ci en observant TeaTom. L'enfant dégaina son épée, s'arma de son bouclier en bois, et fonça vers l'hybride, qui de la curiosité passa à l'étonnement. Il reçut le coup de plein front, la lame s'enfonçant profondément dans son ventre. Elle refusait cependant d’en sortir à présent, malgré les efforts que le petit homme mettait à l'ouvrage. TeaTom ressentait cette nouvelle souffrance comme un affront. Il saisit le garçon à la gorge, et le projeta au loin. Il fulminait. Il s'avança d'un pas rapide vers lui, une fourche et une épée transperçant son corps. La fée accompagnant le petit guerrier tournoyait autour du mutant, le gênant dans sa progression. TeaTom faisait de grands moulinets de ses bras, tentant de chasser l'importune. Soudain, une de ses pattes frappa le petit être de plein fouet, et elle tomba inconsciente dans l'herbe. Son éclat jaune diminuait. TeaTom la ramassa, et l'avala tout cru.
Le petit garçon, qui se relevait à peine, hurla d'une peine non contenue. TeaTom lui asséna un violent coup sur la tête, ce qui lui cassa sa mâchoire restée ouverte, et lui fit perdre connaissance.
Enia se relevait. Ayant assistée horrifiée à la scène, elle courut vers la maison la plus proche, et tambourina violemment à la porte, quémandant de l'aide. Les habitants étaient terrorisés. Eniae suppliait, à genoux, les yeux mouillés, frappant avec conviction sur l'huis.
Herbert était enfin à portée de son arme, qu'il saisit de ses mains pleines de terre, et chargea fébrilement. Il se retourna, étendu à présent sur le dos, et visa TeaTom. Il vit que celui-ci était en train de se repaître de la chair du petit garçon, des morceaux de sa tunique verte en lambeaux volant au gré du vent doux et tiède qui balayait le village. Pirate de métier, Herbert était habitué aux horreurs de la guerre. Mais jamais il n'avait vu de cannibale, et cette vision le perturba. Il revient toutefois rapidement à lui, et se concentra sur son tir, qu'il savait important. Il pressa sur la détente.
La balle de fer quitta le canon du pistolet, fendit l'air en quelques centièmes de secondes, et vint s'enfoncer avec violence dans la gorge de TeaTom. Celui-ci tourna lentement la tête, et fixa Herbert, ses dents acérées brillantes à la lueur de la lune. Il se releva doucement, jeta le morceau de bras qu'il tenait, et s'avança d'un pas lourd vers l'impuissant pirate. Herbert paniquait, ne comprenant pas quand ce monstre tomberait enfin. Il semblait invincible. Il tenta de recharger une nouvelle fois son pistolet. Ses mains tremblaient, agitées par une émotion excessive. Son coeur battait la chamade. TeaTom n'était plus qu'à quelques pas. La balle rentra enfin dans le canon. Herbert y versa la bourre, qu'il tenta de tasser avec sa baguette, mais ses mains vacillantes ne seyaient pas à la tâche.
Les pieds de TeaTom étaient sous le nez du pirate.
" À la charge !" hurla de sa voix de ténor Eniae. Suivie par une dizaine de villageois qui avaient rassemblé leur courage, armés de fruits et d'ustensiles de cuisine, elle chargea l'hybride, aux cornes de gnou et à la queue de léopard des neiges. La foule hurlante lança tout ce qu'elle avait amené sur le monstre. TeaTom, exaspéré par tout ce cirque et les nombreux objets qui le percutaient entreprit de se diriger dans la direction de Frank n°2, délaissant le pirate qu'il tenait à sa merci.
Soudain, un homme, un peu plus costaud que la moyenne, se démarqua de la populace, et vint au-devant de la bête. Il arma son poing, qu'il serrait fortement, et cogna de tout son poids la tête de son vis-à-vis.
Sonné, le mutant tituba, voyant la silhouette de Frank s'éloigner un peu plus à chaque seconde, et trébucha sur le rebord du puits. Il était peu profond, mais le choc fut suffisant pour achever l'hybride déjà bien amoché. Sa boite crânienne se fendit. Un cri de mort remonta jusqu'aux oreilles de Porcelet, qui alla se blottir contre la jambe de sa maîtresse.
Joël reprit conscience au bruit des acclamations de la foule. Il était extrêmement livide. La blancheur de son teint indiquait que la mort le tenait depuis longtemps entre ses doigts, sans avoir toutefois complètement achevé son étreinte. Joël tenta tant bien que mal de déplacer l'orientation de son regard. Il put contempler, comme une douce ironie, l'homme pour qui il était venu, cet être infâme et perfide d'Herbert, soulevé en héros, et se voyant attribuer des soins bien volontiers, tandis que lui, à l'écart de l'emplacement final du combat, mourrait dans l’indifférence générale.
Ses forces le quittèrent totalement.
Un bout de tissu vert virevolta au-dessus de lui quelques instants, amenés par le vent, pour venir se poser doucement sur son corps.
La noirceur inquiétante d'un endroit où l'ont peut voir le jour mais jamais sortir...
Un nuage de poussière mêlé à la lumière du jour perçant par les quelques orifices de sa carcasse en bois flottait au dessus de son corps allongé. Herbert n'en savait rien, ayant les yeux encore fermés ; habitude qu'il avait pris lors de téléportations Linkiennes. Ça l'agaçait toute cette lumière et ces claquements, c'était très dur pour la pupille il faut dire.
Ce n'est que lorsqu'il prit une grande respiration et suffoqua qu'il ouvrit ses grands yeux suffisants et sans savoir ce qui lui arrivait, il comprit qu'il était prisonnier. Il gratta sa prison de ses ongles, sans succès. Il gratta sa prison frénétiquement, rien n'y faisait. Ce n'est qu'après plusieurs solides coups de coudes et un rythme cardiaque considérablement accéléré qu'il pu finalement percer la coque et y passer son bras...
Tout juste de l'autre coté, accroupie contre une majestueuse pierre tombale, Eniae, morte de peur, pleurait à chaudes larmes, se demandant bien quelle idée de génie avait pu l'amener jusqu'ici. L'irruption spontanée d'une main provenant de la tombe voisine n'eut pas d'effets atténuants. Les cris stridents de la jeune femme n'avait d'égal que son manque de calme. Porcelet, fidèle protecteur de sa maîtresse, avait pris une attitude agressive et s'était interposé entre Eniae et la main. Celui-ci aboyait de tous ses poumons, crachant sa haine sur l'hostile présence.
Cette fâcheuse situation ne dura qu'un court instant, Porcelet eu vite fait de reconnaître l'odeur de l'homme dont il avait fait connaissance quelques instants plus tôt lors de la formation des duos. Il s'empressa de lécher la main en guise de salutation!
Herbert, complètement paniqué, n'eut pas besoin de plus pour émerger en catastrophe. Complètement hébété et malgré la situation dangereuse, il prit tout de même le temps de secouer ses vêtements avant de dégainer son arme. Son bras était écorché et saignait abondamment des suites de sa percée à travers le robuste bois de son cercueil.
Derrière lui, Eniae, se mit à rire nerveusement.
- Hou hou hou, vous êtes plein d'beurrage monsieur Herbert! Hou hou hou vous m'avez fait peur vous savez. Je suis heureuse que vous soyez là monsieur Herbert!!! Vous avez faim? J'ai un p'tit morceau de pain fait maison. Il est un peu sec mais c'est ce qu'il y a de plus nutritif! Dites, je peux vous apeller Herb?
- … , rétorqua ce dernier.
- Ou Herby alors?
- Oh! Mais vous êtes blessé Herb! Tenez buvez ceci, ça vous remettra sur pied! Il provient tout droit du Ranch Lon Lon, expliqua-t-elle nerveusement en tendant une bouteille remplie de lait.
Herbert avait soif et il ne semblait pas y avoir de source aux alentours, il saisit la bouteille tout en regardant Eniae profondément dans les yeux ; c'était une vieille habitude de pirate, lorsqu'on acceptait à boire, afin de déceler les éventuelle traîtrises. Les yeux ne mentent jamais.
Eniae esquissa un large sourire et Herbert prit une étonnante gorgée à même la bouteille, ce qui eut pour effet de réparer entièrement ses blessures.
De l'autre coté du village Cocorico, au sommet d'une immense tour de bois pourri, Joël Pomme jetait un regard attentif sur la scène nocturne qu'avait à offrir le village. C'était une de ces nuits où le vent se faufile dans tous les orifices des maisons, émettant d'inquiétants craquements. Au gré de celui-ci, les chaînes de Joël claquaient violemment contre la rambarde et il n'y avait pas de bruit plus rassurant pour le petit homme. Au pied de la tour, Secret s’agita. Joël Pomme appréciait encore le calme du village, lorsqu’il entendit TeaTom s’exprimer :
- Adieu monde cruel !
Le petit homme eut à peine le temps de se retourner, que déjà son partenaire se faisait happer irrémédiablement par le sol. Joël Pomme fut lui aussi attiré. Il se rattrapa de justesse à la rambarde branlante, stoppant ainsi la chute de TeaTom dont l’avant-bras gauche s’était empêtré dans l’une de ses chaînes. Il essaya vainement de les enrouler autour de son cou.
En contrebas, le passage menant au cimetière laissa bientôt apparaître une grasse fermière et son acolyte pirate, tous deux guidés par un porcelet couinant.
Secret ne perdit pas de temps ; voyant que son maître ne craignait plus rien, il s’élança pour accueillir les nouveaux arrivants en un grognement agressif. D’un mouvement surprenant, Joël Pomme ramena vers lui un TeaTom pleurant son impuissance, puis sauta derechef sur le toit bleu de la maison à droite de la vieille tour de guet.
Herbert l'Iconoclaste dégaina son sabre, repoussant une nouvelle attaque hargneuse du kagura. Celui-ci racla le sol, soulevant un nuage de poussière. Le pirate allait enfourcher l’animal et tandis qu’il levait son sabre, une chaîne s’enroula autour de sa lame et son action fut suspendue. Assis sur la rambarde en face du moulin, l’écharpe au vent, Joël Pomme le regardait d’un air de défi. Abandonnant l’animal à terre, le pirate accepta l’invitation et grimpa les escaliers quatre à quatre. Joël Pomme se redressa, envoyant une salve d’attaque enchaînée. De bond et de revers de lame, le pirate se fraya un chemin jusqu’au petit homme qui marcha à reculons sur la rambarde avant d’atterrir sur celle jouxtant une maison au revêtement mural rouge. Le pirate le suivit.
Un peu désemparée, Eniae était acculée contre un mur devant lequel Porcelet et Secret s’affrontaient du regard. La grasse et petite femme qui avait un pied plus gros que l’autre faisait de grands mouvements de fourche pour faire partir le kagura, mais elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour le combat qui faisait rage. Sur un ton de confidence, elle parla à son porcelet :
- K’même, m’suis inscrite pour aider ce p’tit homme et v’là ti pas qu’il se bat contre moi… Et Herby ! Voyez, ce serait un gâchis de lui casser les dents à c’ui la, l’est bin trop beau ! Mais tu vas filer bougre d’ostie d’animal ?
Et alors que Secret grognait de plus belle, TeaTom débarqua tout pantelant, inquiet du sort de son animal. Eniae s’avança vers lui, fourche en avant. Lui au moins elle ne le trouvait pas séduisant. Elle croisa son regard triste et eu un pincement au cœur. Son inscription était peut-être une erreur, l’était pas capable de faire du mal à une mouche la gosse. Elle s’apprêtait à s’avancer vers TeaTom, tentant de se ressaisir, lorsque celui-ci lui tourna le dos et croisa les bras d’un air boudeur. Il s’éloigna de quelques pas, laissant son animal se charger du reste, fuyant ainsi une mort par la fourche qui ne l’enchantait guère.
De l’autre côté, le combat faisait rage. Alors qu’Eniae et TeaTom n’en était encore qu’aux prémices, Joël Pomme et Herbert avait atteint le sommet de l’agressivité. Leur lutte s’était poursuivie sur les toits du village, entremêlant des attaques frontales et des esquives sur les toits adjacents. L’ancien prisonnier lançait ses chaînes à torts et à travers, forçant le pirate à allier sauts et contre-attaques à l’aide de son sabre. Celui-ci fut à nouveau enchaîné, ce qui déclencha un combat de force. Alors que Joël Pomme tirait vers lui son adversaire, Herbert bandait ses muscles, résistant tant qu’il pouvait, appréciant dans le même temps la hargne du petit homme. Il sourit, d’abord parce qu’il était heureux de trouver un adversaire à la hauteur de ses capacités, ensuite parce qu’il gagnait l’avantage sur son adversaire. Joël Pomme lança une seconde attaque à l’aide de sa chaîne libre, forçant Herbert à esquiver. L’équilibre de leur combat de force fut rompu, Joël fila en avant tandis que le pirate atterrissait sur les tuiles du toit. Celle sur laquelle son pied gauche s’était posé se déroba alors, entraînant avec elle le pirate déséquilibré. La tuile fonça au sol, les chaînes de Joël Pomme se tendirent, et le petit homme posa un genou à terre, tirant son adversaire vers lui. Ballotté de tous côtés, le pirate n’eut pas l’occasion de rétablir sa délicate situation, et l’ancien prisonnier en profita pour lui assener un formidable coup de poing métallique en pleine figure. Le sang du pirate s’échappa par ses orifices nasals, mais son sabre réussit à se frayer un chemin près du cou de Joël Pomme qui ne dut son salut qu’à l’écharpe rouge, à présent amputée de vingt bon centimètres. Les deux combattants se jetèrent l’un sur l’autre, s’empoignant fermement lorsqu’un cri suraigu retentit dans la nuit glacée, figeant leurs actions mais non leur ressentiment.
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Eniae s’était lancée à la poursuite du TeaTom boudeur, décontenancée par son manque d’attrait pour le combat. Elle se dit que finalement, elle n’était pas la seule candidate étrange dans ce tournoi… Derrière elle, leurs deux animaux ne formaient plus qu’un nuage de poussières empreint de morsures et de coups de pattes. Elle avait bien essayé d’aider Porcelet, mais cette saleté de bestiole étrange n’en démordait pas. Ne sachant pas exactement quoi faire, elle choisit finalement d’asséner un coup de fourche à TeaTom, profitant du fait qu’il ne la voyait pas. Mais c’était sans compter Secret qui s’élançait déjà crocs en avant vers le manche de son arme de fortune. Son saut fut interrompu par Porcelet, habité par le même désir de protection envers sa maîtresse. Il s’enfonça dans le flan du kagura qui fut éjecté un peu plus loin. Porcelet redoubla d’ardeur et courut vers Secret dans l’intention de le piétiner. Secret se redressa avec vélocité, se propulsant en avant avec ses pattes arrière, il accrocha sa puissante mâchoire au cou de Porcelet. Lui et sa maîtresse crièrent d’une même voix suraigue.
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Sur le toit d’Impa, Herbert plaqua violemment son adversaire contre la paroi de la falaise, sa lame luisant sous le cou de Joël Pomme. Celui-ci chercha à se débattre, mais le pirate lui glissa à l’oreille :
- J’ai une aversion pour les morts rapides lorsque mon adversaire est de taille, aussi, n’aies crainte. Tu ne connaîtras pas la douce mort d’un simple égorgement… Attends seulement qu’on ne soit plus dérangé.
En contrebas, le cri d’Eniae et de son animal avait attiré l’attention des gardes à l’entrée du village. Ils venaient de héler les deux fauteurs de trouble. Le pirate et l’ancien prisonnier pouvaient entendre leurs paroles.
- Que faites-vous ici à une heure aussi avancée de la nuit ?
L’angoisse s’empara de la fermière qui se mit à suer à grosses gouttes. Si les gardes appelaient des renforts ils étaient perdus tous les quatre. Au moins les deux autres avaient réagis suffisamment vite pour ne pas attirer l’attention sur eux. Un garde remarqua cependant la tuile qui avait glissé du toit de la maison d’Impa et il eut le réflexe de regarder en l’air. Eniae sentit une sueur froide glisser le long de son dos. Elle tenta de se ressaisir en se disant qu’il n’y avait aucune raison pour qu’ils appellent les renforts, elle n’était qu’une pauvre fermière grassouillette… Avec un individu au comble de l’étrange. Son angoisse reprit de plus belle, mais elle tenta de répondre quelque chose.
- J’ai faim, intervint soudain TeaTom.
Comme s’ils venaient tout juste de le remarquer, les gardes le regardèrent avec des yeux ronds, effarés par son aspect physique. L’un d’eux souleva même sa torche au-dessus de lui pour mieux l’observer de haut en bas. Ils remarquèrent alors Porcelet en sang, derrière Eniae.
- C’est votre casse-croûte je présume, lança l’un des gardes en pointant sa torche vers l’animal. Que lui est-il arrivé ?
De plus en plus mal à l’aise, Eniae se laissa à nouveau devancée par TeaTom.
- Il s’est fait attaquer par un chat.
Les gardes semblaient les trouver encore plus suspects. A cet instant, Eniae intervint enfin.
- C’est que z’avez du courage à patrouiller comme ça la nuit et poursuivre les voleurs. Hou hou hou, ça doit d’mander plein d’courage, gloussa-t-elle d’un rire nerveux.
Elle s’avança vers l’un des gardes d’une démarche qui se voulait séduisante, mais elle ne parvint pas au but escompté, car sa façon de marcher était plus malhabile que d’habitude. Voyant une obèse se dandiner vers lui, le premier garde déglutit difficilement, attirant ainsi les rires moqueurs de ses collègues.
- Messieurs les gardes, z’avez de la force et du courage à r’vendre, j’vous admire autant qu’ma Mia. Mais sti pas la peine de l’utiliser contre une pauv’ fermière et son garçon de troupeau. C’ui la quand il a fait il attend pas.
Cette incroyable tirade fut accompagnée du plus beau sourire édenté dont Eniae était capable, déversant ainsi son haleine fétide sur le premier garde. Celui-ci fit une mine dégoûtée, et d’un geste de la main, il fit signe aux deux autres qu’il n’y avait rien à craindre. Une fois éloigné de la grasse jeune fille, il insista néanmoins pour caser son discours habituel ayant pour but de faire la morale et de responsabiliser les ivrognes et autres dépravés traînant la nuit.
Dés qu’ils furent à une distance raisonnable, Secret refit son apparition, le dos rond et la gueule dégoulinant de bave et de sang. Eniae se précipita sur son animal, voulant ainsi le protéger de ce prédateur. Au loin, un volet claqua et un nouveau-né commença à chougnier. Ses pleurs devinrent de plus en plus forts, transperçant les oreilles des insomniaques.
Sur les toits, Joël Pomme et Herbert avaient repris leur combat. Le petit homme s’était dégagé en y laissant quelques gouttes de son sang, et déjà, ses chaînes virevoltaient au-dessus de lui. Herbert s’était glissé derrière le chien assis de la maison d’Impa, laissant venir son adversaire pour mieux le surprendre.
En bas, Eniae larmoyait presque autant que l’enfant au loin et TeaTom montra pour la première fois des signes de nervosité. Il se mit à frotter ses mains moites l’une contre l’autre, faisant craquer ses doigts en tout sens, il regarda de tous les côtés, faisant quelques pas ici et là, à droite, en arrière, s’arrêta puis reparti de plus belle à gauche, il regarda soudainement derrière lui, puis reparti en avant, il se boucha les oreilles et ferma les yeux mais les rouvrit instantanément alors que ses mains s’emparaient de ses cheveux en bataille. Secret n’approchait plus.
L’enfant ne s’arrêtait pas de pleurer. TeaTom se mit à marmonner, lançant toujours des regards de tout côté.
- Non, non, c’est pas vrai. Il pleure seulement parce qu’il a faim. Non, c’est pas vrai, c’est pas vrai. Il a pas peur, j’ai pas peur, j’a… Non, vous mentez ! Laissez-moi, laisse-moi, c’est pas moi, laisse-moi il est derrière moi il est là il est LA devant laisse moilaissemoij’airien fait J’AI RIEN FAIT, je t’en supplie laisse moi… Non non non nooon non Frrr… Non…
ICI COMMENCE LE DEUXIEME POST (évidemment, ne poste pas cette phrase, cher Linki ;-p)
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TeaTom pleurait, Eniae en fut d’autant plus effrayée. Et tout d’un coup, ses larmes furent accompagnée d’un rictus infernal, il continuait de regarder partout autour de lui mais il ne semblait plus être animé par la peur. Eniae remarqua qu’il se courbait de plus en plus, sa langue passant nerveusement sur ses lèvres figées, et il regardait de tous côtés, dieu qu’il paraissait déséquilibré, à se caresser les lames, à laisser s’échapper son sang sans que cela ne le dérange outre mesure, à s’élancer dans le vide et à frapper dans le vide, en répétant toujours la même, ça oui il répétait la même chose, il parlait de Frank, il en voulait à Frank, il le voyait partout, il voyait ses oreilles dépassées des caisses en bois, il les fracassait et s’attaquait derechef à autre chose et il bavait et ses mains en sang se posaient sur tout ce qui ressemblait à Frank mais est-ce que Frank était vraiment là ça oui certainement il était là il est là et il veut le tuer il veut me tuer oh oui TeaTom il veut te tuer. Eniae laissa échapper un cri.
Alors TeaTom s’élança sur elle, baveux, recourbé comme un cadavre mais les yeux animés d’une rage folle, il se retourna en croyant être assaillit, assena un coup dans le vide puis s’empara de la fourche de la fermière qui résista vainement, la peur au ventre, entendant les couinements de son animal blessé inquiet pour sa maîtresse. Là-haut, sur les toits, les deux hommes roulaient sur les tuiles en se frappant mutuellement avec leurs mains, leurs chaînes, leur pommeau de sabre, et déjà du sang se frayait un chemin sur leur menton, sur leurs habits, dégoulinant de leurs narines, se pointant à la commissure de leurs lèvres. Ils s’agitaient tellement sur leur toit, ils roulaient tellement d’un bout à l’autre de celui-ci que la plate-forme au-dessus du poulailler semblait avoir été construite pour les recevoir un jour. Le mousquet du pirate s’écrasa violemment sur le nez de Joël Pomme qui envoya valser l’arme en contrebas. Eniae se débattait comme elle le pouvait mais les coups de pieds qu’elle expédiait dans les tibias et dans les testicules de TeaTom ne semblaient pas suffisants pour le perturber. Il voulait cette fourche, mais dés que les doigts de la fermière glissaient dangereusement du manche, il sautait sur le premier mur venu ou le moindre brin d’herbe et le martelait de coups de poings ensanglantés. Le pirate et son ancien prisonnier chutèrent au sol, et tandis qu’Eniae traînait son énorme corps contre la terre et l’herbe, TeaTom s’empara de la fourche et la dirigea contre elle. Porcelet trouva la force de mordiller les orteils de l’assaillant de sa maîtresse mais celui-ci se précipita sur Secret, fourche en avant. Joël propulsa son adversaire en arrière et lança une chaîne contre lui. Secret s’enfuit en jappant devant son maître fou, évitant les coups de fourche planté au sol. Herbert reçu la chaîne sur sa cuisse droite, il tituba un instant, aussi exténué que son adversaire. Le plaisir était là mais le combat n’avait que trop duré. Et alors que TeaTom abandonnait la fourche au profit de ses propres lames, la fermière écrasa sur lui une petite caisse en bois de laquelle s’échappa un rubis vert. Le suicidaire schizophrène vacilla un instant avant de crier des injures à l’attention de Frank.
Les gardes étaient revenus. L’un d’eux voulut s’interposer entre Joël Pomme et Herbert, mais celui-ci laissa s’enfoncer sa lame dans le ventre du malheureux. Les deux autres se précipitèrent sur TeaTom. Le premier subit les lames du dément, tandis que l’autre agonisa lentement, étouffé par l’étau que formaient les mains de TeaTom autour de son cou. Le pirate venait d’attraper la chaîne droite de Monsieur Pomme et celui-ci fut entraîné vers l’avant par son opposant. Il lança un petit sachet d’aveuglement, ce qui n’empêcha pas Herbert de lui encastrer sa lame dans l’avant-bras droit. L’ancien prisonnier serra les dents, ne voulant pas se résoudre à montrer sa douleur. Le pirate l’envoya s’éclater le dos contre la falaise d’un coup de pied dans le bas-ventre. Derrière l’Iconoclaste, une ombre se glissa. TeaTom assena un violent coup dans le dos du pirate qui tomba à terre, tandis que la fermière lançait l’assaut. Elle frappa d’abord dans le vide, puis le flan gauche du suicidaire, qui commençait à s’attaquer au ventre du pirate pourtant au sol. Celui-ci prit les pieds de TeaTom qui s’effondra sur son assaillant, lui-même ne tardant pas à avoir le cou enlacé dans une chaîne. Eniae s’interposa de quelques coups ici et là, mais tellement maladroits qu’ils frappèrent et Joël et Herbert. TeaTom se redressa alors et s’attaqua à l’ancien prisonnier, qui, pris de court, desserra l’étreinte retenant Herbert. Le sbire du Seigneur Pirate Marvin IIe du nom en profita pour se dégager, et tous trois se ruèrent sur le schizophrène. Ils lui assénèrent plusieurs coups avant que Joël ne rétablisse la situation en envoyant plusieurs sachets d’aveuglement. Sonné et complètement désorienté, TeaTom fut pris d’une nouvelle crise d’angoisse. Il frappa en tous sens, il entendait les voix lui ressasser ses erreurs et ses fautes, il savait que Frank était là, il savait qu’il allait se faire tuer par lui. L’ancien prisonnier avait profité du nuage aveuglant pour extraire son bourreau du capharnaüm qui s’était installé. C’était SON adversaire.
Herbert avait les yeux larmoyants et piquants et il ne s’aperçut pas tout de suite que Joël venait de l’emprisonner à nouveau dans ses chaînes. Il assena un coup dans le vide, puis un autre, enfin le troisième rencontra un mur et il laissa s’échapper un juron. Joël Pomme resserra son étreinte, le pirate suffoqua.
Eniae reçut de plein fouet la lame droite de TeaTom. Une douleur aigue et lancinante s’imposa dans son corps graisseux et elle jappa à la manière de son porcelet quelques instants auparavant. Elle avait mal aux yeux, elle avait mal partout à vrai dire. Elle pensait tellement fort à Mia, elle aurait tellement aimé ne pas avoir besoin d’être là pour attirer l’attention de ses parents. Elle aurait tellement aimé venir en aide, juste, venir en aide et que son aide soulage ces êtres torturés. Elle entendait TeaTom pleurer de rage et de peur et s’acharner contre un ennemi imaginaire, qui, sous ses poings, n’était que quelques cailloux et trois brins d’herbes… Mais tout à coup, de multiples douleurs s’immiscèrent dans son corps hideux, comme si plein de petits marteaux venaient l’agresser.
Joël, lui, avait du mal à contenir le pirate qui n’était pas décidé à mourir. Il avait beau terriblement suffoqué, sa force restait intacte, et le petit homme avait été obligé de s’agripper sur son dos pour maintenir en place son étau meurtrier. Et il serrait, il serrait ! Il serrait avec la même force que ses chaînes le serraient depuis qu’on les lui avait imposé, il serrait à en pleurer, il serrait pour tuer, pour Le tuer, il avait sa vie entre ses mains, la situation d’il y a quelques années s’étant ici inversée… Et tout d’un coup il asséna un premier coup. Puis un deuxième, un troisième et ses mains se chargèrent du sang de son tortionnaire qui n’était à présent plus rien, car il serrait et il broyait, et lorsque ses jambes retouchèrent le sol, il n’arrêta pas pour autant de détruire la vie qui avait détruit la sienne, il se servit même d’un mur proche pour fracasser de plus belle chaque os constituant ce détestable corps.
Joël et TeaTom achevaient leur adversaire avec la même haine, avec la même démence. A cet instant, ils étaient si proches l’un de l’autre.
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Au petit matin, Cocorico s'animait doucement, sereine, comme à son habitude. C'était un matin brumeux et froid, rien de particulier pour cette période de l'année. Certains villageois commenceraient peut-être à penser à faire des réserves de bois pour l'hiver. La routine journalière prenait son envol et Rogi le fossoyeur empruntait le chemin du marché afin d'acheter un peu de lait.
- Une autre journée ennuyeuse! Heureusement qu'il y en a plus de faites qu'il n'en reste, se disait-il, lui qui en était à son 72ième automne et faiblissant.
C'était son discours, jusqu'à ce qu'il lève les yeux. Le soleil encore bien timide était niché derrière le majestueux et vénérable moulin, le faisant apparaître en contre-jour. Deux carcasses accrochées au bout de ses palmes tournoyaient au gré du vent ce matin là...
Nan mais allez-y, dites carrément que nos textes sont chiants hein ![]()
C'pas qu'on est super stressés et qu'on actualise aux 4 secondes hein... Allez pas penser ça. ![]()
C'est clair.