Chapitre 20 : Le gardien
Nos amis trouvèrent la grotte grâce aux indications de Zelda. Elle paraissait encore plus gigantesque à la princesse que lorsqu’elle était venue sous sa forme astrale, quel genre de créature allaient-ils rencontrer ici ?
Dunnarox eut un reniflement méfiant, tenant solidement sa hache à double tranchant il avançait avec prudence, Zelda était juste derrière lui.
Ils avançaient lentement sans faire de bruit, guettant la moindre chose susceptible de les faire repérer : des flaques d’eau, des os, des morceaux de bois. Autant d’obstacles qu’il leur fallait éviter pour ne pas être trahis par le son. Le minotaure s’autorisa à chuchoter.
Dunnarox : J’adore ce genre de sensation, la tension avant le combat…
Zelda : L’idée de combattre ne me plait pas, notre adversaire est beaucoup plus fort que nous.
Dunnarox : Pourquoi est-tu si négative ?!
Zelda : Je sens sa puissance, elle n’est pas aussi grande que celle de Dévilinos mais elle reste considérable à mes yeux.
Dunnarox : Pas de soucis. J’ai toujours vaincu les magiciens en ne leur laissant pas le temps de lancer un sort. J’écrabouillerai la tête de ce gardien avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche.
Zelda ne se sentait pas plus rassurée par les paroles du minotaure. Ils continuèrent d’avancer avec prudence pendant de longues minutes. La grotte était sinistre, les parois murales semblaient avoir été taillées par des ouvriers incompétents, les stalactites étaient monstrueusement pointues, on aurait dit les crocs d’un monstres.
La princesse s’approcha lentement d’un tournant, un pas après l’autre, sans précipitation. Avec beaucoup de prudence elle avança la tête pour voir ce qui pourrait l’attendre. Elle avait un très désagréable pressentiment, des gouttes de sueur trahissaient son anxiété.
Soudain elle sentit comme un coup sur son dos.
Dunnarox : Bouh !
Zelda : Aaahh !
Dunnarox :
Ha, ha, ha ! Si tu pouvais voir ta tête, trop drôle.
Zelda :
Espèce d’idiot ! Tu m’as flanqué la frousse de ma vie !
Dunnarox : Je n’ai pas pu résister, c’était trop tentant.
Le sol se mit à trembler, de lourds pas semblaient se rapprocher.
Zelda : Ecoute ! Mon cri a alerté quelque chose !
Dunnarox : Tu pouvais pas te taire !
Zelda : Comment oses-tu ! C’est toi qui m’as fait hurler !
Complètement embrouillés dans leur dispute, nos compagnons ne faisaient plus attention à ce qui s’avançait. Ce n’est que lorsqu’une ombre énorme les recouvrit qu’il regardèrent ce à quoi ils avaient à faire.
Dunnarox : Ooohh, la grosse bestiole !
Le terme de « grosse » était faible, en effet la créature était gigantesque, aussi grande que la grotte. Sa peau était écailleuse, ses pattes pourvues de griffes acérées, elle avait une longue queue et deux ailes repliées dans son dos. Son museau était long avec une gueule pleine de crocs, ses yeux brillaient d’un rouge incandescent et une crête recouvrait le haut de la tête jusqu’au bout de la queue.
Un dragon, et pas n’importe lequel, un noir, les plus dangereux. Zelda avait pensé à l’éventualité de trouver une telle créature pour protéger le diamant, l’ombre qui avait essayé de l’attraper avait en effet pris la forme d’une tête de dragon. De plus, un béhémoth comme celui-là était idéal pour protéger quoi que ce soit.
Zelda : Est-ce que par hasard tu aurais une idée maintenant ?
Dunnarox : Ouais, du tout cuit. A l’assaut !
Le minotaure empoigna sa hache à double tranchant et s’élança vers le dragon. Le béhémoth leva sa patte avant gauche, aussi grande que Dunnarox, et envoya une claque à son assaillant. Le minotaure vola et retomba sur le sol dix mètres plus loin. Se relevant péniblement il se rendit compte que sa hache était restée près du dragon.
Le béhémoth s’avança vers Zelda, ouvrit la gueule et prit une grande inspiration. Sachant ce qui allait se passer, Zelda lança le premier sort qui lui vint à l’esprit. Le dragon cracha un jet de magma en fusion vers sa cible. La princesse eut heureusement le temps de réagir.
Joignant ses deux mains, elles les leva et prononça une formule. L’air environnant l’enveloppa et se concentra devant elle, se transforma en faible bourrasque et prit la forme d’un bouclier hylien assez grand pour protéger la princesse. Bien étant composé d’air, le bouclier para le jet de magma sans problème, Zelda était indemne.
Visiblement surpris par l’efficacité de cette protection, le dragon émit un rugissement de défi. Plus loin Dunnarox prit son cimeterre et coura vers son adversaire, il ne pouvait tolérer l’idée d’être vaincu sans avoir accompli sa mission.
Zelda profita de ce que la gueule du dragon était ouverte pour lancer un autre sort. Elle invoqua le Feu de Din et l’envoya dans la gorge du béhémoth. Ce dernier l’avala et il ne se passa rien, il l’avait digéré comme un aliment quelconque. Zelda jura car elle aurait dû s’y attendre, un dragon ne craignait pas les petites boules de feu.
Dunnarox ne resta pas inactif, il prit la hache à un tranchant accrochée à sa ceinture et la lança vers le dragon. Cette hache était de la taille d’une arme qu’un humain utiliserait pour la mêlée, mais le minotaure s’en servait comme arme de lancer, sa force était vraiment impressionnante. Le projectile atteignit le gardien à la tête mais il ricocha sur les écailles sans faire aucun dommage.
Dunnarox : Bon, je sens que je vais devoir frapper très fort.
Sur ces mots, il prit son élan, fit un bond en avant, se laissa tomber sur le côté et glissa jusqu’en dessous du dragon. Arrivé à la hauteur de la patte avant droite il frappa de toutes ses forces. Le choc fut très violent mais une fois de plus les écailles s’avérèrent trop résistantes. Cependant la force du coup sembla tout de même marquer le béhémoth, il poussa un rugissement de douleur.
Devenu comme fou, il frappa le sol de ses pattes pour atteindre le minotaure, celui-ci avait beaucoup de mal à éviter les attaques. Les secousses engendrées par le dragon secouaient toute la grotte et les stalactites menaçaient de céder.
Alors qu’elle cherchait un moyen d’aider son compagnon, Zelda eut une idée. Une stalactite se décrocha du plafond et tomba. Faisant à nouveau appel au vent, la princesse créa une sorte de force invisible qui dirigea le morceau de roche vers le dragon et qui l’atteignit à la joue droite.
Cette fois le choc arracha plusieurs écailles et un liquide verdâtre s’écoula de la plaie. Le dragon hurla, ce qui permit à Dunnarox de rejoindre la princesse. Les yeux du dragon se remplirent de rage, il lança un regard noir vers ses ennemis et prononça une formule incompréhensible.
Aussitôt le sol sous nos héros devint meuble, comme des sables mouvants. Dunnarox et Zelda s’enfoncèrent jusqu’à la taille puis le sol reprit sa consistance de granit. Le dragon s’avança lentement vers ses proies, un sourire victorieux aux lèvres…
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