Article qui détruit le film 6 avec grâce et raison
http://www.voir.ca/blogs/jschartrand/archive/2009/08/04/harry-potter-and-the-half-blood-prince-233-tirer-la-sauce-d-un-vide.aspx
Harry Potter and the half-blood prince: étirer la sauce d'un vide
De plus en plus axés vers la voie "Blockbuster", il y a longtemps que j'ai cessé de suivre la direction que les adaptations cinématographiques d'Harry Potter ont empruntées. Tout de même, c'est sans gêne que je me suis pointé à sa toute première projection.
Files interminables, fans finis, ajouts de représentations, salles complètes, des heures d'attente... C'est une véritable folie que la sortie du plus récent film d'Harry Potter a provoquée.
Face au pire réalisateur à qui la série a été confiée, lui-même qui en assura également la conclusion, c'est avec beaucoup d'ennui et de déception que j'ai enduré la projection, et ce, entre une dizaine de bâillements bien sentis.
Comme il l'avait démontré avec sa vision de L'ordre du phénix, David Yates a prouvé qu'il était doté de toute une équipe artistique au point pour lui faire prendre le dessus sur le scénario.
D'ailleurs, quand j'ai lu plus tôt tout ce qui avait été retiré du livre pour l'adaptation cinématographique, je me demandais bien ce qu'il allait en rester. La réponse s'est bien vite fait sentir.
Réussir à faire deux heures trente avec si peu de contenu relève sûrement de l'exploit.
Yates utilise non savamment les intrigues principales du livre pour y tisser sa propre histoire où, pour des raisons inexplicables, l'humour facile et la romance anodine font office d'avant-plan. Drôle de vision quand on pense que ce volet de la série était l'un des plus sombres jusqu'à maintenant.
Ainsi, tout est supprimé et même les éléments les plus importants sont allégés, voire à peine frôlés. Il y a presque à dire que si le prince de sang-mêlé ne s'était pas retrouvé dans le titre, on n'en aurait jamais entendu parler dans le film.
Yates ajoute des scènes, change les moments, glorifie des personnages très secondaires et favorise les effets spéciaux hallucinants. Un vrai blockbuster qui enlève tout le potentiel de la série au départ.
Mélangeant les architectures de tous les romans, on se retrouve dans un gros remue-ménage rempli de scènes anodines et de longueurs. Même la trame sonore de Nicholas Hooper amène bien peu de nouveauté, se contentant de recréer presque notes pour notes ce qui a déjà été composé.
Les événements s'enchaînent sans rythme alors qu'au bout des deux heures trente de contenu qui nous a été bombardé au visage, on a l'impression qu'absolument rien ne s'est passé. À part peut-être des références aux histoires d'amour qui prenaient décidément trop d'espace sans trop d'explications. C'est peu dire, à chaque fois qu'on entrait un tant soit peu vers les éléments réellement importants, on faisait vite basculer la balance vers la blague de seconde classe et les rebondissements romantiques. Un très mauvais jugement qui avait pourtant l'air de hautement divertir le reste de la salle.
Au final si le film n'est pas entièrement un échec, c'est grâce à la distribution qui fait preuve d'un très bon savoir-faire. Jim Broadbent est par ailleurs un excellent ajout, alors que pour le reste, ils suivent la voie qu'ils avaient empruntée. Cela fait également plaisir de voir plus de Malfoy, grandement défendu par le trop absent Tom Felton, décidément meilleur acteur que le trio principal réuni (Daniel Radcliffe, moins agaçant que dans le chapitre précédent, Rupert Grint, le plus doué et sympathique des trois et Emma Watson qui ne semblent pas avoir de variations de jeu).
Puis, en guise de réflexion finale, on quittera la salle hautement déçu en se disant qu'après tout, les livres étaient ben ben bons!
article génial je trouve 