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Entrée 23. Date inconnue, estimée à 021M42
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Nous avons commencé à patrouiller dans toute la Forge. Nous avons formé six groupes de trois personnes chacun, un Space Marine et deux gardes. Nous avons trouvé de tout, des choses intéressantes comme une très mauvaise nouvelle.
Nous étions dans une escouade de trois : Dalmius, Aldenis et moi-même. L'objectif était de retrouver Pérez, et de tuer son agresseur si possible. Cinq autres escouades sont parties dans des directions différentes. Nous nous sommes dirigés vers les monstrueuses ouvertures que nous avions vues depuis l'espace.
Nous étions dans des états d'esprit très différents. Alors que Dalmius, le tueur de Nécrons sur Kronus, était animé par une profonde haine envers l'assassin, Aldenis était extrêmement calme, presque froid. C'était sûrement accentué par les traits de son casque, et par sa marche implacable. Je devais faire pâle figure à côté de lui.
Le couloir dans lequel nous nous étions engagé faisait trois cent mètres de long, et il reliait le hangar à ce qui semblait être un terminal de trains. Nous étions dans une très grande salle, qui ressemble un peu aux vieilles gares qu'on trouve par endroits. Des tunnels en partaient dans tous les sens, qui semblaient aspirer des monorails argentés. Deux nacelles étaient dans la salle. La première était banale, mais pas la deuxième. Elle avait déraillé, et était penchée sur le côté à la sortie d'un tunnel. Des traces d'explosions étaient visibles, et des trous du diamètre d'un bolt. La porte était calée, impossible de l'ouvrir. Mais nous voulions savoir s'il y avait quelque chose dedans. Aldenis s'en approcha, sortit ses griffes énergétiques et la défonça. Là, nous avons été surpris. Un Ork gisait au sol.
Je me suis penché pour l'examiner. Le corps était froid, et le sang avait déjà séché depuis longtemps. Tout ce que nous avons pu en conclure, c'est qu'il est mort il y a plus d'un mois. Dans l'espace, la décomposition ne peut avoir lieu. Il est peut-être mort il y a cinq mille ans, qui sait ?
J'ai remarqué que de nombreuses douilles de bolt gisaient à côté du cadavre, et, au vu de l'impact dans son torse, l'Ork avait été touché par une de ces munitions. Cela veut dire que des Spaces Marines sont déjà venus ici. Quand ? Et pourquoi n'ont-ils pas utilisé la Forge ?
Soudain, un énorme doute m'assaillit. Je me suis mis à parcourir du regard sa peau verte, à la recherche du moindre trou suspect. Puis, je me suis emparé de mon fusil et en ai planté la baïonnette dans la blessure, plusieurs fois, regardant les muscles de très près. Je fus extirpé de mon investigation par la lourde voix d'Aldenis : "Se venger sur un cadavre ne sert à rien. Continuons." Je me suis relevé, et j'ai suivi le terminator qui s'engageait au hasard d'un couloir.
La marche dura vingt minutes, qui me parurent pourtant une éternité. A chaque mètre, je ne pouvais m'empêcher de me retourner, et de scruter l'obscurité derrière nous. Chaque caisse dans le couloir métallique, chaque ouverture dans le mur étaient autant de cachettes possibles pour ... je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui rôde dans les tunnels de la Forge, mais quoi que ce soit, c'est là et bien là.
Nous avons trouvé toute une série de petites salles : des dortoirs, des toilettes, une halle de gymnastique, une chambre de méditation et même ce qui semblait être un simulateur de combat. Les Eldars ont visiblement prévu que la Forge soit habitée.
Après ces vingt minutes, nous sommes arrivés à un arrêt de train. Le même monorail se présentait à côté de nous, et repartait dans un autre tunnel. L'endroit devait être important, c'est ce que j'ai pensé sur le moment. Et il l'était. 50 mètres plus loin se trouvait une porte cabossée, qui bloquait le couloir. Aldenis l'a rapidement détruite.
La salle suivante nous offrait un spectacle dantesque. Elle s'élevait à des centaines de mètres de haut, loin au-dessus de nos petites têtes. Le mur qui se dressait en face de nous était lui aussi à plusieurs centaines de mètres, et la salle continuait jusqu'à vers l'espace sur plusieurs kilomètres.
Mais le plus surprenant était son contenu. De gigantesques échafaudages parcouraient toute la salle, composés de dizaines de grues, de bras mécaniques et de passerelles. Et, au milieu, suspendu par des centaines de câble, se trouvait un vaisseau de guerre inachevé. Bien plus grand que les plus gros croiseurs impériaux. Je ne sais depuis combien de temps ce monstre dort là-dedans, mais aucune trace récente n'est visible. Il n'est visiblement pas terminé, des trous béants jonchent la surface de sa coque.
Nous étions bouche bée devant un vaisseau de cette taille. Je pense que c'est seulement à ce moment que nous avons compris la réelle puissance de la Forge.
Cependant, une communication nous a tirée de nos pensées. "Ici Tanithus, équipe 4. Avons trouvé le cadavre de Pérez. Vos ordres ?". La nouvelle eut l'effet d'un coup de poing. Bien que nous ne nous faisions aucun espoir, le savoir mort fut un grand choc. Gendol répondit immédiatement : "Ramenez-le au vaisseau. À toutes les équipes, retour au Traveller le plus rapidement possible." S'ensuivit une série de messages disant que l'ordre était bien passé, et nous exécutâmes l'ordre.
A mi-chemin, à force d'observer ce qui nous entourait, j'ai commencé à penser qu'il y avait quelque chose d'étrange, mais je n'arrivais pas à savoir quoi. Aldenis m'a fait signe de presser le pas, et c'est à ce moment que je me suis rendu compte de ce qui n'allait pas. "Attendez !" ai-je crié. "Ces impacts de tir sur les murs n'étaient pas présents quand nous sommes passés tout à l'heure !". J'ai alors vu Dalmius blêmir, et armer son fusil. Aldenis ne prononça rien sur le moment. Il porta sa main à droite de son casque, et appuya sur sa tempe, avant de s'immobiliser pendant une petite minute. J'imagine qu'il a visionné les images de la caméra embarquée, pour comparer avec tout à l'heure.
"Vous avez raison," dit-il finalement. Il contacta les autres escouades : "Aldenis à groupes de reconnaissance : aucun engagement à signaler ?"
"Négatif"
"Rien à signaler"
"Autant d'action que dans un combat d'escargots"
"Pas d'engagement, terminé"
"Grand vide"
Si personne de notre équipe n'a combattu, cela voulait dire qu'il y a deux autres ennemis potentiels, qui eux s'entretuent. Outre la question "Qui ?", je commençais à trouver que la Forge était de plus en plus peuplée.
Aldenis s'est alors mis a examiné les impacts, mais il abandonna rapidement. Selon lui, cela pourrait être un pistolet ork tout comme un shuriken eldar. Nous avons décidé de rentrer.
Mais, à peine une vingtaine de mètres plus loin, le sol était taché de sang, à côté d'une porte verrouillée. Après avoir appliqué la procédure standard, nous avons eu une très mauvaise surprise.
Un corps gisait par terre. C'était un Genealstealer. Il avait une gigantesque ouverture sur tout le tronc, très nette. Presque par réflexe, j'ai roulé sur le côté et me suis mis à couvert derrière une caisse. Dalmius me regardait bizarrement, jusqu'à que je lui explique ce que j'avais vu : il n'y avait que très peu de sang à côté du cadavre, et beaucoup en coulait. Il venait de mourir. Immédiatement, mon acolyte a imité mon geste et s'est mis en position, complètement paniqué.
On a rapidement vérifié le petit dortoir, il n'y avait rien d'autre. Où donc était passé le tueur ?
"Ici Aldenis.", dit-il à la radio. "Avons trouvé le cadavre d'un Genealstealer extrêmement récent. Que fait-on ?"
La réponse fut brève. Nous avons du le trimbaler avec nous jusqu'au vaisseau.
L'apothicaire est maintenant en train d'autopsier les deux corps, et nous verrons ce que nous découvrirons. Quelque chose me dit que la suite des événements ne va pas me plaire.
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