Je réfléchis, à des tas de choses. Je m'y emmêle, parfois. Quand cela arrive, je me lève, et respire un bon coup. Une musique déprimante à souhait du premier film Jason Bourne retentit dans ma tête lorsque je jette un coup d'œil à mon velux, assailli par la pluie. Je regarde mon sac de cours, je soupire. Je tourne en rond, je réfléchis toujours. Je m'assoie en tailleur, par terre. J'ai mal aux fesses car le jonc de mer laisse des traces. J'ai envie d'uriner. J'ouvre ma porte en appuyant sur la poignée qui grince, maudissant icelle. Furtivement, je me glisse dans mes toilettes. Je pisse. Parfois, j'ai l'impression que j'ai oublié de baisser mon bas de pyjama, chose qui ne me déplairait pas sur le coup, mais qui me dégoûterait par la suite. Je retourne dans ma chambre après avoir lavé mes mains, je rallume ma PSP, je regarde si quelqu'un a posté. Je constate que non, tressaillant de solitude. Et là, je me demande sérieusement ce que je branle sur terre.
J'ai l'impression que le monde m'appartient, tout en étant seul. C'est magique. C'est terrible. C'est déprimant. J'ai l'impression de voyager. Je ne sais pas si c'est vers le royaume des cauchemars, ou des rêves. Sûrement dans un endroit bien pire que dans les cauchemars, mais bien plus merveilleux que celui des rêves. Je ressens de la tristesse, de l'espoir, beaucoup d'émotions, un sentiment de puissance, et d'impuissance. Je déteste ça, je crois, mais en même temps, je ne peux m'en passer. Il faut que je le fasse, c'est un véritable accomplissement personnel. Je ressens plein de choses à la fois, de manière bien souvent paradoxale. Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Je constate à quel point ma vie est lugubre, comme ma chambre. Ça manque de couleur, tout ce truc. Je pourrais arranger ça, avec le pinceau de l'Amour. Mais je ne veux pas. Je ne veux plus. Je ne sais qu'en penser. Ce n'est pas les cours qui me font déprimer, qui m'attristent, mais c'est la nuit, ma Vie, tout.
Je n'exagère rien, c'est ce que je ressens. C'est confus, ce que je raconte. J'en ai marre, de tout ça. Je suis trop triste pour mettre fin à mes jours, de plus. Je souffre, peut-être. J'en sais rien. Je pense. Enfin, non.
Voilà à quoi je m'adonne, la nuit. Rien qui ne vaille la peine d'être lu.