Chapitre Cinq : Le retour
Oh mon dieu, je peux bouger, je peux marcher, enfin ! Comment dire à quel point je suis heureuse ?! C'est merveilleux ! Si merveilleux ! Il faut que je retourne chez moi. Hop, par la fenêtre … Ah, elle n'est pas ouverte, et qu'elle est lourde … Ouch … Ouf ! J'ai réussi ! Euh … Par quel côté ? La gauche, la gauche … Aïe aïe aïe, la haie pique … Ah, je suis dans le jardin. Une chance qu'elle ai laissé la fenêtre ouverte !
-AURORE ! Réveille-toi, bon sang !
-Mmh …
-Que ?! J'ai réussi à parler ?!
-Ah ! Amande ?! Tu bouges … Et tu parles ?!
-Parler, je savais pas que je pouvais le faire. C'est si bien ! Je viens de le découvrir aujourd'hui !
-Oh … Je dois rêver, ha ha ! Je vais me rendormir, ça ira mieux après … Oui … Ce n'est qu'un rêve … Maman a éjecté Amande chez la voisine, je ne la reverrait plus jamais … C'est si triste …
-Aurore, ce n'est PAS un RÊVE. Compris ? Maintenant, je vais enfin pouvoir te parler … Et te conseiller …
A présent, c'est moi qui vais vous raconter l'histoire.
Amande tira de toutes ses forces sur la couverture pour l'enlever de la jeune fille qui s'écria, indignée :
-Eh ! Rend-la moi, Am...
Elle ouvrit de grands yeux et regarda la poupée. Elle tourna la tête, et la regarda de ses beaux yeux bleus. Elle s'écria en pleurant … De joie. :
-Amande … C'est merveilleux … Ce n'est pas un rêve. Tu peux bouger, parler comme tu le veux ! Je suis si heureuse, je ne pourrais pas l'être plus … Oh … Amande … J'ai toujours rêvé que tu puisses me conseiller et à présent tu peux !
-Oui … Aurore, j'entendais tout ce que tu disais mais je ne pouvais rien dire. J'ai souffert en te voyant pleurer ainsi et en ne pouvant rien te dire pour t'aider. Je suis si heureuse, moi aussi ! Je suis humaine, à présent ! J'ai froid, j'ai chaud, j'ai mal, je … Je bouge ! Je parle !
Les deux filles pleurèrent de joie. Aurore souriait enfin et cela faisait chaud au cœur d'Amande qui lui souffla :
-Plus rien ne sera jamais pareil.
Un grincement de porte se fit entendre, suivit d'un bruit de parquet usé.
-Attention, je crois que c'est ta mère …
-Qu'est-ce que c'est que tout se boucan ?!
Amande se cacha sous la couverture et lui souffla :
-Dis-lui : Là, c'est plutôt toi qui fait du boucan …
-Là, c'est plutôt toi qui fait du boucan ! Répèta Aurore.
-Tu OSES te moquer de moi ?!
-Dis : Non, ne t'inquiètes pas, je ne vais plus faire de bruit mais tu m'as réveillé. Je parle dans mon sommeil, figures-toi.
-Non, ne t'inquiètes pas, je ne vais plus faire de bruit mais tu m'as réveillé. Je parle dans mon sommeil, figures-toi.
-Très bien. On en reparlera demain, jeune fille. Je peux te dire que ça va mal aller pour toi. Je te préviens.
Elle leva la tête et essaya de regarder derrière Aurore. Elle vit une petite touffe blonde dépasser, avec quelques rubans dont le noir empêchait de remarquer la couleur. Chantal s'approcha en prenant un air énervé auprès de sa fille et arracha la poupée du drap. Elle cria :
-Je croyais l'avoir jetée par la fenêtre ! Tu es allée la chercher ?! Je rêve ! Tu n'es qu'une petite insolente ! Je vais te la jeter pour de bon, moi !
-Non ! Non ! Maman ! Je t'en supplies, ne fait pas ça, je …
Mais trop tard. Les paroles de la jeune fille n'eurent pas le temps de se finir que Aurore fut tapée. Elle versa de nombreuses larmes et cacha ses yeux rouges de ses mains. Elle pleurait, encore et encore. Puis la mère jeta Amande par la fenêtre mais celle-ci cria de toutes ses forces et se rattrapa agilement au rebord de la fenêtre. Elle se releva et dit en lui tirant la langue :
-Essaie toujours, mais je serais toujours là pour consoler ta fille !
Puis elle sauta de la fenêtre qui était au rez-de-chaussez (heureusement pour elle) et courut dans le jardin. La mère sortit immédiatement et laissa Aurore là, à pleurer. Aurore, plus intelligente que sa mère qui avait fait le détour par la porte d'entrée, sauta par la fenêtre et prit Amande dans ses mains. Elle courut, courut, courut le long du jardin, de ses pieds nus qui la faisait souffrir. On pouvait entendre le vent qui soufflait une brise légère et quelques chats qui se baladait mais qui fuyait dès qu'on s'approchait un peu trop près. Aurore continua de courir et arpenta même la route goudronnée. Sa mère, en chemise de nuit, arrêta bien vite mais Aurore continuait de courir, croyant être coursée. Elle finit enfin par s'arrêter, essoufflée, et elle dit à Amande :
-Comment vais-je faire, maintenant ? Me voilà pieds nus, au beau milieu de nul part, en chemise de nuit, avec une mère en furie qui m'attends à la maison de pied ferme … Je suis fichue !
Fin du Chapitre.
Ah ... Ma fic 