La France se prémunit contre la variole
Afin de contrer toute éventuelle menace bioterroriste, la France a relancé la production du vaccin contre la variole. Pour éviter la psychose, Bernard Kouchner s´emploie néanmoins à rassurer la population
Mis en ligne le 14 octobre 2001
La France relance la production de vaccins antivariolique
Toutes les mesures ont été prises en France pour affronter toute éventuelle attaque bioterroriste, avec en particulier la production d´antibiotiques et une relance de la fabrication de vaccins antivarioliques, a assuré dimanche le ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner. "Tout est prêt pour éventuellement d´abord dépister (...) et éventuellement diagnostiquer et éventuellement traiter", a notamment déclaré le ministre au Grand Jury RTL-Le Monde-LCI. "(...) Le dispositif français et le dispositif d´urgence français sont excellents.", a-t-il ajouté.
Se voulant rassurant, il a dénoncé la psychose née de la découverte aux Etats-Unis d´une dizaine de cas de maladie du charbon ou de personnes présentant les symptômes de la maladie, sans que le lien avec les attentats du 11 septembre soit formellement établi. Il s´agit de "cas isolés et concentrés" (en Floride et à New York), a souligné Bernard Kouchner, et rien ne permet d´affirmer qu´il relèvent d´une attaque bioterroriste. Une enquête est en cours et il faut attendre ses conclusions. Si le bacille du charbon "s´expédie facilement", "il ne se propage pas facilement", a-t-il rappelé. "Il n´y a pas de cas de maladie du charbon en France, a encore indiqué M. Kouchner, (...) ni d´autre cas de maladie dont on pourrait penser que le terrorisme se servirait. Nous avons eu quelques cas, détectés chez des Américains, qui ont été traités normalement."
La peur "grande alliée du terrorisme"
"Nous n´avons pas de raison d´avoir peur. La grande alliée du terrorisme, c´est la peur", a affirmé le ministre, qui a rappelé que la France avait mis en place un nouveau plan de lutte contre le bioterrorisme, Biotox. Ce plan prévoit notamment un contrôle accru sur l´eau de boisson, un renforcement du système de surveillance et d´alerte des maladies infectieuses et des mesures pour accueillir un grand nombre de malades et de blessés. "Prévention, surveillance, alerte et intervention en cas de crise", constituent les grands axes de Biotox, dont le budget tourne "autour de 60,98 M. EUR (400 M de F)", avait indiqué le 5 octobre M. Kouchner en le présentant.
Depuis, a révélé dimanche le ministre, ce budget a été porté aux alentours de 152,4 M EUR (999,68 M de F), en particulier pour la production d´antibiotiques et la relance de la fabrication de vaccins anti-varioliques. Ainsi, "Nous avons relancé la production de trois millions de doses", a précisé M. Kouchner, alors que la France disposait déjà d´un stock de cinq millions de doses non périmées. Mais pas question d´un retour à la vaccination systématique des Français, abandonnée depuis 1983, en raison du danger que présente ce vaccin : un cas environ sur 100.000 d´encéphalite variolique mortelle.
Si la variole a été déclarée officiellement éradiquée de la planète (par l´Organisation Mondiale de la Santé), certaines rumeurs ont, ces dernières années, fait craindre une circulation clandestine du virus en dehors des seules sites officiels autorisés, américain et russe.