Dialogue de sourds entre Washington et kaboul
De plus en plus isolés, les taliban ont réitéré dimanche leur refus de livrer ben Laden aux Américains, menaçant dans le même temps de représailles les pays voisins en cas de coopération avec l´ennemi. Les forces américaines continuent à se déployer et M. Bush a appelé 5000 réservistes supplémentaires.
Mis en ligne le 23 septembre 2001
Les taliban ne livreront pas ben Laden. Sur ce point, le plus sensible et le moins négociable, Kaboul ne cèdera pas aux Américains : "Il n´y a pas de changement concernant notre décision. Les exigences "Pour nous, tout repose sur Dieu tout puissant et nous ne pouvons rompre les liens avec notre religion".
américaines ne sont pas dans l´intérêt des musulmans et des Afghans et nous ne sommes pas prêts à accepter cela", a déclaré une fois encore, ce matin, le porte-parole des taliban, Abdul Hai Mutamaen. "Pour nous, tout repose sur Dieu tout puissant et nous ne pouvons rompre les liens avec notre religion". Et de rappeler que les taliban avaient fait plusieurs ouvertures ces derniers jours pour régler le problème ben Laden de manière pacifique, mais que les Etats-Unis se préparaient à la guerre. Les Etats-Unis ont demandé à plusieurs reprises, mais sans succès, que leur soit remis le suspect numéro un des attaques suicide contre le World Trade Center et le Pentagone.
Déploiement des forces américaines
Les frappes semblent désormais inévitables. Les forces américaines continuent à se déployer. Des avions militaires comportant des systèmes de reconnaissance seraient arrivés samedi sur l´aéroport militaire de Touzel en Ouzbékistan, une ex-république soviétique limitrophe de l´Afghanistan. Selon des diplomates dans la capitale ouzbèke, des hélicoptères américains stationnent à Tchirtchik, à 40 km à l´est de Tachkent. Mais le Pentagone a refusé de le confirmer. Bush a par ailleurs appelé en service actif un contingent supplémentaire de 5 172 réservistes de la Garde nationale et de l´Armée de l´air, dans le cadre des 35 000 réservistes prévus pour un rappel. Le président américain, qui peaufine ses plans depuis Camp David, a décidé de s´adresser à la nation via les médias une fois par semaine pour galvaniser ses troupes.
Washington compte ses alliés
Les Etats-Unis ont d´ores et déjà obtenu l´isolement quasi-total de Kaboul. Ils peuvent compter sur le soutien déterminé de l´Europe et de l´OTAN. M. Bush s´est entretenu samedi par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine. Ils partageraient le même point de vue sur les moyens de lutter contre le terrorisme et sur une intervention en Afghanistan. Par ailleurs, après Israël, la Turquie a annoncé samedi qu´elle était prête à ouvrir son espace aérien aux Américains.
"La nation afghane n´oubliera jamais cette phase critique"
Seul pays avec le Pakistan et l´Arabie saoudite à reconnaître le régime afghan, les Emirats arabes unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec Kaboul. Le gouvernement de Bahrein a, quant à lui, apporté son soutien aux mesures que prendrait le Pakistan concernant la situation internationale. Le Pakistan vient de voir lever les sanctions américaines qui pesaient sur lui depuis ses essais nucléaires en 1998. Ces sanctions limitaient les ventes de matériel militaire ainsi que l´aide économique et financière. De son côté, Téhéran, qui n´a plus de relations diplomatiques avec les Etats-Unis depuis 1980, a indiqué avoir reçu un message de "remerciements" pour sa position après les attentats.
Le porte-parole des taliban a de son côté averti les pays voisins de "sérieuses conséquences" s´ils coopéraient à des frappes aériennes américaines en Afghanistan. "La nation afghane n´oubliera jamais cette phase critique".