O rage, o désespoir, o vieillesse ennemie !
N'aie-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans des travaux guerriers,
Que pour voir flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire,
Mon bras qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois à affermie le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
O cruel souvenir de mon glorieux passé,
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur,
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
