Un regain de violences à Londres entre des gangs de rue a obligé Tony Blair à réagir rapidement. Le premier ministre britannique a annoncé, dimanche 18 février, dans un entretien à la BBC, son intention de durcir la législation sur les armes à feu, déjà l´une des plus répressives en Europe.
Toute personne âgée de plus de 17 ans, et non plus de 21 ans, en possession illégale d´arme à feu, sera passible d´une peine minimale de cinq ans de détention. L´appartenance à un gang constituera une circonstance aggravante en cas de délit. Une protection policière sera accordée aux personnes acceptant de témoigner contre les gangs. La police disposera, comme aux Etats-Unis, de pouvoirs accrus pour surveiller les domiciles des personnes soupçonnées de détention et d´utilisation d´armes à feu.
En deux semaines, quatre personnes, dont trois adolescents, ont été tuées par balles dans des quartiers populaires au sud et à l´est de Londres, apparemment lors de règlements de comptes individuels entre membres de bandes rivales. Deux d´entre eux avaient 15 ans, le troisième 16 et le quatrième 20 ans. Les deux plus jeunes ont été abattus à leur domicile. L´unité Trident de Scotland Yard, spécialisée dans les crimes au sein de la communauté noire - trois des victimes en sont issues -, est chargée de l´enquête.
UNE ARME POUR 75 EUROS
En annonçant ces mesures, demandées par la police, M. Blair s´est employé à minimiser cette nouvelle vague de violences, refusant d´y voir "une métaphore" de l´évolution de la société britannique. "Il s´agit, a-t-il dit, d´un problème spécifique au sein d´une culture criminelle spécifique, et dont il faut s´occuper."
Les autorités soulignent que le nombre de crimes à l´aide d´armes à feu a diminué de 14 % à Londres en 2006. Cette baisse est-elle l´amorce d´une évolution encourageante ? Elle ne peut faire oublier que la criminalité avec des armes à feu n´a cessé d´augmenter depuis vingt ans. Plus grave, celle-ci implique, comme meurtriers ou comme victimes, de plus en plus d´adolescents. Selon Scotland Yard, au cours des vingt derniers mois, un inculpé pour meurtre sur deux à Londres était âgé de moins de 20 ans.
Cette réalité attire l´attention sur deux phénomènes inquiétants. D´une part, il est de plus en plus facile pour un jeune, dans certains quartiers, de se procurer une arme à feu, parfois pour seulement 50 livres (75 euros). D´autre part, le contrôle du trafic de la drogue attise la rivalité entre les bandes. Résultat : les jeunes, en quête de "respect", ont tendance à se servir de leur arme pour un oui ou pour un non.
La répression contre les armes à feu ne s´attaque toutefois qu´à l´un des symptômes du mal. La violence des gangs révèle une crise sociale dans des ghettos qui regroupent des populations pauvres.
C´est vrai
!