Les cafetières espresso sont à la mode, mais laquelle choisir ?
L´apparition des dosettes ou capsules de café fraîchement torréfié et moulu a révolutionné le monde des amateurs de bon café, en facilitant la préparation de l´espresso à domicile. Dans ces cafetières automatiques, qui ont séduit 16 % des foyers français, le café moulu est contenu dans une capsule traversée par une eau sous pression ( de 14 à 20 bars) à une température de 97°C. On obtient ainsi un breuvage mousseux.
Ensuite, la capsule est éjectée dans un bac.
Il ne reste plus qu´à la récupérer et à la mettre à la poubelle. Les dosettes en papier biodégradable peuvent même être utilisées pour fumer les plantes vertes, dont les racines apprécient, dit-on, le marc de café.
Le procédé est rapide, simple et peu salissant, puisqu´il n´y a pas de manipulations comme avec l´espresso traditionnel. Enfin, on ne peut pas commettre d´erreur de dosage puisque le café est conditionné à la bonne quantité.
Il y a cependant un inconvénient de taille : l´achat de la machine oblige à utiliser toujours le même modèle de dosette ou de capsule. Il existe en effet trois systèmes, incompatibles entre eux : " Nespresso" de Nestlé, " ESE" d´Illy et " 1,2,3 Spresso", de Malongo. Bien que de dimensions équivalentes, les dosettes en papier filtrant en fibre végétale d´Illy et de Malongo ne sont pas interchangeables.
Nespresso, possède ses propres cafetières, vendues dans le commerce, et exige des capsules en aluminium, vendues exclusivement par le canal du Club Nespresso.
A chacun sa dosette, à chacun sa cafetière et à chacun son café. Le client est captif, et son choix limité aux seules offres du fournisseur : cinq mélanges chez Illy, sept chez Malongo et neuf chez Nespresso, qui, pour rompre la monotonie, proposera deux crus supplémentaires, en mars et en octobre.
Mais le conditionnement relativement encombrant des dosettes emballées sous vide n´incite guère les supermarchés à diversifier leur offre. La firme italienne Illy, consciente de ces inconvénients, a créé en 1997 le consortium Easy Serving Espresso ( ESE).
Celui-ci a associé une vingtaine de torréfacteurs et de fabricants de machines pour produire une gamme de cafetières normalisées acceptant les dosettes de toutes les marques du consortium.
UN GASPILLAGE PHÉNOMÉNAL
Les responsables de Nestlé déclarent ne pas être gênés par cette offensive concurrente, car, avec la capsule en aluminium, ils estiment posséder le meilleur produit ; leur café serait " plus aromatique, car emballé frais sous vide d´air, et à l´abri de la lumière". Ils refusent cependant de communiquer la date d´expiration des brevets, qui ferait baisser les prix. La formule, brevetée en 1976, a été rodée sur le marché des bureaux suisses et italiens, avant d´être lancée auprès du grand public, d´abord au Japon et en Suisse, puis en France, en 1991.
La capsule Nespresso est plus onéreuse ( 0,29 €) que les dosettes concurrentes, dont le prix varie de 0,23 € à 0,25 €, parce qu´il faut ajouter les frais de port ( 4,42 €) pour toute commande de 50 capsules au minimum, par téléphone, par correspondance ou par Internet. On peut toutefois éviter ce surcoût en achetant, via Internet, un minimum de 150 capsules, ou en se rendant dans les bars Nespresso ouverts à Paris et à Lyon.
Les consommateurs qui s´interrogeraient sur d´éventuels risques de l´aluminium peuvent être rassurés. Selon un rapport de l´Agence française de sécurité sanitaire des aliments Afssa), à paraître en mars, seules l´acidité, la salinité et la durée du contact favoriseraient la migration de l´aluminium dans l´organisme. La température ne constituerait pas un facteur de risque, d´autant que, dans les capsules Nespresso, une pellicule de vernis isole le café de l´aluminium et limite ainsi la migration du métal. Il reste que la généralisation de ce procédé engendrerait un gaspillage phénoménal d´aluminium ( Que Choisir ? no 399, décembre 2002).
Quel que soit le système qu´on choisira, il faudra ensuite sélectionner la cafetière. On passera en revue le mode de chauffage de l´eau ( mini-chaudière ou thermo-bloc), la puissance de la pompe ( de 14 à 20 bars), les matériaux ( plastique ou acier), la capacité du réservoir d´eau, la présence d´un bec vapeur pour faire le capuccino, le poids et les dimensions de la machine.
Le thermobloc assure une température de l´eau plus régulière. Le plastique est coloré et esthétique, mais l´acier est plus solide et meilleur conducteur de la chaleur. Certaines machines sont pourvues d´un chauffe-tasse. il permet d´éviter le choc thermique : un café même très chaud dans une tasse froide refroidit instantanément ! Il est d´ailleurs conseillé, avant la première utilisation de la journée, de faire fonctionner une fois l´appareil à vide, avec seulement de l´eau, pour réchauffer les canalisations. L´éventail des prix va de 180 € à 1 500 €.
Les amateurs qui ne souhaitent pas être prisonniers d´un système à capsule ou à dosette ont toujours la faculté d´opter pour une machine à espresso avec broyeur intégré ( Chromex ou Saeco, de 500 € à 800 €), qui peut – au gré de l´utilisateur – moudre automatiquement du café en grains ou accepter n´importe quelle mouture du marché.
L´appareil conditionne la quantité désirée ( grande ou petite tasse), évacue et sèche la boulette de marc dans un bac, qu´on vide à la fin de la semaine. Bref, la liberté totale.