Le boulevard Voltaire fait partie des grands axes créés par le baron Haussmann sous Napoléon III. D'abord nommé boulevard du Prince-Eugène, avant de prendre le nom de boulevard Voltaire d'après le célèbre philosophe et écrivain François Marie Arouet, dit Voltaire, il relie deux places qui font partie de l'histoire de la gauche française, la place de la République et la place de la Nation. Très rapidement le boulevard Voltaire est devenu une voie qu'empruntent de nombreux défilés de partis politiques de gauche, de syndicats ou de mouvements de contestation.
Pendant la Commune de Paris, le 25 mai 1871, l'éditeur de L'Ami du Peuple, Vermorel est grièvement blessé pendant la Semaine sanglante sur la barricade érigée entre le 1 et le 2 du boulevard, bloquant une des issues de la place du Château-d'Eau (aujourd'hui place de la République). Fait prisonnier, il meurt quelques jours plus tard faute de soins.
Le même jour, le Comité central de Salut Public de la Commune se réunit pour la dernière fois dans la mairie du 11e arrondissement située place Voltaire (maintenant place Léon-Blum). À la sortie de cette réunion, Charles Delescluze, fondateur du journal Le Réveil et maire du 19e arrondissement se rend sur la barricade au début du boulevard Voltaire, où il trouve la mort.
Le 8 février 1962, lors d'une manifestation contre l’OAS (Organisation armée secrète) organisée par les partis politiques de gauche, les syndicats ouvriers et étudiants, huit manifestants périssent étouffés à la station de métro Charonne.
Actuellement, le boulevard Voltaire, dans sa section située entre le boulevard Richard-Lenoir et la place Léon-Blum est envahi par les commerces de textile de gros de médiocre qualité. Cette mono-activité, principalement entre les mains de Chinois, est très mal vue par les habitants du quartier. La SEMAEST, présidée par le maire du 11e arrondissement Georges Sarre qui pouvait racheter des murs de commerces, était jusqu'alors dans l'impossibilité d'agir sur les transactions concernant des baux commerciaux. Aussi, depuis novembre 2003, un certain nombre de conseillers de Paris se sont mobilisés auprès des parlementaires et des gouvernements successifs pour obtenir la signature du décret d'application de l'article 58 de la loi du 2 août 2005[1]. Ce décret d'application, très attendu par Georges Sarre, Maire de l'arrondissement et Claude-Annick Tissot, chef du groupe d'opposition UMP, a été publié le 28 décembre 2007 au Journal officiel, et salué par tous du fait de l'étendue des pouvoirs qu'il confère aux maires pour assurer la diversité commerciale.