Rainbox Six Vegas 2
Plateforme : PC
Note : 7/10
La campagne solo, qui dure juste sept «actes» (25 scènes de 10 à 15 minutes chacune), est étonnamment courte. J’ai commencé le jeu à 10 heures du matin, un dimanche, peinard, et je l’ai intégralement terminé avant même que mon estomac ne commence à gronder pour réclamer son déjeuner – et je ne tiens pas compte des pauses grignotage, des bavardages et surfs inopinés sur le Web. La duré de vie varie en fonction du niveau de difficulté choisi et de votre habileté à épingler les terroristes, mais la tendance des blockbusters à proposer des campagnes solo de plus en plus courtes se confirme ici de manière éclatante, car il est probable que la durée de vie moyenne sera d’environ six heures la première fois pour la majorité d’entre vous.
'Tom Clancy's Rainbow Six Vegas 2' Screenshot 1
C’est pas les moments de faire des pas de danse ma petite dame !
Le jeu débute en France au Pic des Pyrénées, cinq ans avant l’époque futuriste où il se déroule, et on se retrouve rapidement une fois de plus sous les néons blafards de Sin City, où ces ignobles terroristes s’apprêtent à faire de vilaines choses avec des armes chimiques. Les vilaines choses en question fournissent bien entendu un prétexte tout trouvé pour tirer sur des étrangers. Pas joli joli tout ça. L’histoire n’est pas précisément le point fort du jeu, avec un casting et des dialogues des plus anodins, mais pour une fois les missions proposées semblent crédibles. Ce sont des missions légèrement plus ciblées, où faire du mieux possible ne donne pas toujours les résultats attendus. Il ne s’agit pas de sauver l’univers de la destruction dont le menace un nabot mégalomane ou quelque chose du même tonneau, mais le plus souvent dans Rainbow Six d’empêcher des trains d’exploser, des gens de se faire gazer à mort, et des hôtels de voler en éclats.
C’est le quatrième jeu d’affilée (si on compte les deux GRAW), où au début et à la fin de chaque mission un hélicoptère aux armes d’Ubisoft vous emmène à votre destination, tout cela avec des points de vue étonnants et sans pop-ups faisant office d’écran de briefing. Il est remplacé par les dialogues échangés lors du voyage. C’est vrai que cet effet est un peu moins impressionnant, car prévisible et trop utilisé ces derniers temps, mais c’est malgré tout le meilleur moyen de faire démarrer une mission. Une fois au sol, le jeu est conforme au modèle Rainbow Six – des gares, des immeubles de bureaux, des parkings souterrains, des hôtels, des toits d’immeubles, etc. – avec plusieurs façons possibles de faire les niveaux et, heureusement, peu de choses à faire au casino (sympa, car nous avons dépensé tout notre argent au magasin de jeux).
'Tom Clancy's Rainbow Six Vegas 2' Screenshot 2
Frankie Goes To Hollywood envisage de faire un dernier comeback.
Vous incarnez Bishop, le leader d’une section de trois hommes, et vous avez le choix entre mener la charge et laisser vos deux coéquipiers en arrière ou jouer en tacticien prudent et les envoyer prendre les risques. Envoyer ses hommes en bélier est une tactique des plus efficaces, car ils peuvent bizarrement supporter beaucoup plus de dégâts que vous – en particulier si vous élevez le niveau de difficulté à «Réaliste». Utiliser le mécanisme de recharge de la santé rend les choses infiniment plus faciles (même au niveau «Difficile») que dans les diaboliques anciens Rainbow Six, grâce aux points de contrôles généreux qui contribuent à accélérer la progression et évitent d’avoir à rejouer sans arrêt certains passages. C’est une des raisons pour lesquelles le jeu est plus court que d’habitude, mais il ne faut pas oublier non plus que la campagne ne comporte que sept niveaux, ce qui est aussi moins que d’habitude.
Le fait que je m’attarde lourdement sur des petits détails ne doit pas faire oublier à quel point le système de contrôle est abouti et comme il sert magnifiquement un jeu autrefois complexe. L’utilisation de cet astucieux système permet de se déplacer librement tout en dictant la position de ses hommes – soit leur dire de s’empiler près de la prochaine porte, soit leur demander de rester en arrière. Grâce à une combinaison de commandes dépendantes du contexte et de commandes intuitives via le pavé directionnel, le jeu interprète vos intentions correctement. Vous pouvez vous mettre à couvert en maintenant la gâchette gauche enfoncée près de là où vous voulez aller et en bougeant le stick gauche pour regarder dans la bonne direction, avec en plus l’option de tirer à l’aveugle. L’éventail de commandes a été réduit depuis le décevant Lockdown de 2004, mais il reste les plus importantes, comme la possibilité de flinguer en tir posé ou de foncer pour faire le ménage, et de taguer les ennemis dont vous voulez que vos équipiers s’occupent en premier. Les ajouts inopportuns, comme les capteurs de battements du coeur et les codes d’action bien trop complexes, ont semble-t-il été définitivement relégués dans les poubelles de l’histoire.
L’ajout principal depuis la dernière fois est le système de création/évolution du personnage, dans lequel chaque ennemi tué (dans tous les modes de jeu, que ce soit en solo ou en multijoueurs, alors que ce n’était auparavant qu’une fonction du multijoueurs) rapporte un certain nombre de points d’expérience, qu’il ait été tué par vous ou un de vos équipiers. Un ennemi descendu de façon banale ne rapportera peut-être qu’un seul point, mais un carton impressionnant en rapportera non seulement plus mais aussi un bonus en points compétences, ce qui permet de progresser dans les trois catégories proposées : Marksman (pour les tirs dans la tête, les tirs à longue distance, les ennemis tués quand on est suspendu à une corde, etc.), Close Quarter Skills (ennemis tués en combat rapprochés, comme dans les tirs à l’aveugle ou les attaques à courte portée) et Assaut ( quand on tue le mitrailleur d’une tourelle, quand on tue un ennemi derrière un abri, quand on abat un ennemi protégé, etc.).
Si en prime vous avez joué au premier Vegas, vous aurez droit à un bonus de 1250XP ainsi qu’à de l’équipement pour vous aider (merci !) et à partir de là, la façon de franchir les 20 niveaux vers le statut Elite vous appartient entièrement. Plus le niveau de difficulté est bas, moins on reçoit d’expérience et de points de compétences. Ce nouveau système est encore plus génial qu’on l’espérait et ce, pour de nombreuses raisons. Progresser vers les niveaux supérieurs débloque un tas de meilleures armes, de meilleures protections, et d’améliorations visuelles (comme le camouflage théâtral), autant de choses que vous conserverez lors de vos sorties en multijoueurs, sans parler des autres modes supplémentaires comme le mode «Chasse au terroriste» et le mode coopération.
Même s’il se peut qu’au début votre première réaction soit «C’est tout ?» à l’apparition du générique de fin de la brève campagne solo, Vegas 2 n’est absolument pas un poids plume. Il y a, pour commencer, 12 missions de «Chasse au terroriste» ce qui revient presque à une campagne supplémentaire, principalement parce que l’on peut les rejouer à l’envi en ligne ou hors ligne et qu’elles sont parfaites pour de brèves sessions de jeu. Si l’on augmente la densité des ennemis et le niveau de difficulté, cela devient une fantastique guerre d’usure – en particulier si l’on tente de rafler les Succès attribués quand on finit les 12 missions au niveau Réaliste.
'Tom Clancy's Rainbow Six Vegas 2' Screenshot 3
Rainbow Six : peu probable que ces mecs se recyclent bientôt en nettoyeurs de vitres.
En ligne, Vegas 2 propose comme d’habitude un ensemble impressionnant d’options et de modes propres à ravir les fans de la série comme les nouveaux venus. Il est également possible de jouer le mode histoire et les missions «Chasse au terroriste » en coop via Xbox Live (publiquement ou en privé), System Link, voire sur un écran partagé si vous préférez, même si dans ce cas on est limité à deux joueurs au lieu de quatre dans le mode histoire (beuh!). En ce qui concerne les cinq modes «Opposition», qui se déroulent sur les 12 mêmes cartes que les missions «Chasse au terroriste», ils peuvent regrouper jusqu’à 16 joueurs, organiser soit en équipe, soit jouant chacun pour soi. Le mode «Attaque et Défense» se dispute en équipe et son nom résume parfaitement de quoi il s’agit. Dans le mode «Défense du leader», il s’agit de défendre son chef tout en essayant de tuer celui de votre adversaire, tandis que dans «Conquête totale» il faut capturer des satellites de transmissions pendant une durée donnée. A cela s’ajoute bien évidemment les classiques «Match à mort» et «Match à mort en équipe».
Comme toujours, il est possible de bidouiller les paramétrages pour chaque mode et de spécifier les restrictions d’armes, le temps de régénération, la durée des rounds (jusqu’à 20 minutes) et de permettre ou non à des joueurs d’intégrer un match en cours. Même la langue choisie est indiquée lors de la recherche de matchs, ce qui aide. Il n’y a rien de particulièrement révolutionnaire dans tout ça, mais les cartes sont complexes et variées et c’est un jeu dans le quel n’importe qui peut rentrer sans se sentir dépassé. Il faut toutefois s’attendre çà et là à quelques chutes du débit d’images si l’on aime jouer le mode historie en coopération.
Même en cas d’échec, chaque ennemi tué fait progresser votre classement, et l’on a donc moins les boules quand on perd. Le fait que chaque moment passé sur le jeu contribue à votre progression est un mécanisme dont pourraient s’inspirer les autres jeux. L’autre élément positif du système de points d’expérience est qu’il encourage à ne pas trop se reposer sur ses équipiers, vos propres exploits étant mieux récompensés que si ce sont eux qui font le boulot. Par conséquent, non seulement c’est une incitation supplémentaire à jouer les modes hors ligne à un niveau de difficulté plus élevé, mais le jeu récompense également un gameplay habile dans tous les modes.
'Tom Clancy's Rainbow Six Vegas 2' Screenshot 4
Matez mon camouflage. Personne ne peut se douter que je suis là…
En bref, l’ajout du système de XP empêche de façon inattendue Vegas 2 de donner l’impression de n’être qu’une sortie routinière pour faire du fric. Même s’il ne propose pas grand-chose de nouveau par ailleurs, cette seule innovation suffit à vous y faire jouer plus que vous ne l’auriez fait autrement – et aussi d’une manière différente.
Côté revers de la médaille, il faut avouer que la technologie n’a pas vraiment évolué depuis deux ans. GRAW donnait l’impression d’être un des premiers jeux à avoir accompli le saut générationnel, mais Vegas 2 fait du sur place. Il ne fait aucun doute que le jeu a la capacité, à l’occasion, de tenir la dragée haute aux meilleurs shooters alimentés par le moteur Unreal Engine 3, mais c’est bien tout. Encore pire, il existe des problèmes latents d’affichage et les textures sont parfois effroyablement plates. On était en droit d’en attendre plus d’un produit pour lequel il faut payer plein pot et annoncé comme une suite à part entière – en particulier si l’on considère que l’on doit pouvoir trouver le Vegas original pour la moitié de ce prix en traînant dans les magasins.
Globalement, Vegas 2 donne l’impression d’une suite sans grande portée, malgré la réussite indéniable du système de création de personnage. Ce qu’il y a d’embêtant c’est qu’avec un investissement un peu supérieur ces extensions vite torchées pourraient donner l’impression de véritables suites, susceptibles de toujours passionner ceux d’entre nous qui suivent la série depuis dix ans. Dans l’état actuel des choses, nous irons toujours à Vegas, mais nous ferons le chemin de retour en bougonnant.