J’ai 17 ans et c’est la première soirée que j’organise. Ça se passe chez mes parents. Le gros F. disperse les esprits en roulant pécot sur pécot. Je roule quant à moi pelle sur pelle à qui veut bien de ma bouche. Je suis pété comme une secousse de nitro.
Le spaghetti-tabasco-sur-table-sans-les-mains souffle sur l’événement un gentil air d’orgie. Les gorges se déploient, les langues s’envolent. Je ne me souviens pas d’autant de rires dans ma vie, depuis.
Dans le cadre de mes «enquêtes bito-vaginales» ( c’était mon expression favorite à l’époque), je constitue en fin de soirée une ronde où chacun raconte ses expériences érotiques et ses fantasmes. Mon tour venu, puceau comme un obélisque, je n’ai à relater que mes innombrables déclinaisons masturbatoires et comment je le fais partout et comment je le fais tout le temps et comment j’en varie la pratique selon mes petites méthodes personnelles…
Vévé, qui vacille depuis deux bonnes heures retrouve pendant mon récit une ( im)mobilité plus humaine. Les yeux ronds, elle passe et repasse le flanc de son pouce sur ses lèvres en m’écoutant. Elle est cependant la seule à ne pas rire quand l’éclat se fait collectif.
Plus tard, en m’enfilant laborieusement une capote, Vévé me surprend à bandouiller mollement, ce dont elle me fait part avec un certain dépit. Je lui bricole une excuse avec assurance en invoquant lâchement quelques circonstances atténuantes, convaincu de bander à plein régime sous peu. Et de fait.
Nous faisons l’amour lentement. Mais lentement d’une lenteur que vous ne pouvez pas imaginer. Je n’avais aucune expérience mais j’étais documenté ! Et en l’état de mes synthèses sur cette question, une femme ça ne se baisait bien que lentement.
Alors ce fut long et lent.
Puis il faut dire que nous nous trouvions d’autre raisons d’être discrets puisque gisaient également dans ma chambre mes «circonstances atténuantes» que nous espérions endormies : le gros F., J-C, J-M, Anti-Vierge et la belle Pao à qui je venais de confier, lors de la ronde des révélations intimes, qu’elle tenait régulièrement le premier rôle dans mon petit cinoche à branlette.
Cet aprèm, j’ai croisé la belle Pao que je n’avais plus vue depuis près de 10 ans.
Elle m’a raconté.
Elle s’est masturbée.
Pendant que, longuement et lentement, je me retenais en Vévé.