Demain, dès l´aube, à l´heure où verdit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m´attends.
J´irai par la forêt, j´irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mon épée,
Sans rien voir au delà, sans entendre aucun bruit,
Seul, recourbé sur ma monture, les mains crispées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni la ville qui sourit,
Ni les voiles au loin descendant sur le lac,
Et quand j´arriverai, je mettrai sur ton lit,
Mes grosses bottes bien dèg et mon sac.