Un craquement sourd, un sifflement aigu presque imperceptible, suivi d’un silence de mort … puis enfin l’explosion, soulevant des tonnes boue dans les airs. C’est le signal. Le ciel fût soudainement empli d’innombrables trainées lumineuses disposant des mêmes caractéristiques sonores que l’engin ayant provoquées l’explosion. C’est parti. Les missiles heurtèrent le sol dans un fracas abominable, comparable à la catastrophe qui a provoqué la disparition des plus grands reptiles que la planète ait jamais connu. Préparez-vous. Les vastes forêts des conifères furent soufflées en un clin d’œil, et des milieux de vies animales anéanties à jamais. Un épais nuage de fumée blanchâtre recouvrait désormais cette terre hostile, accompagné du seul souffle du vent, qui balayait librement ces contrées sans rencontrer la moins opposition.
Un grincement. Un bruit semblait provenir du brouillard menaçant. Soudain, une forme en émergea, puis deux … et bientôt, ce fut une centaine de véhicules mécanisés qui surgirent de l’inconnu, accompagnés de formes plus chétives. Les hommes avançaient en regardant droit devant eux, avec une détermination telle que, même si une mitrailleuse commençait à leur tirer dessus, ils ne reculeraient sous aucuns prétextes. Certains de ces soldats étaient emmitouflés dans des vareuses de velours noir, avec une doublure en fourrure animale tentée en rouge sang. Accrochés d’une main aux camions, et tenant un pistolet semi-automatique de l’autre, ils haranguaient leurs troupes à coup de champs patriotiques ou de menaces de représailles, vociférées sur un ton à faire plier n’importe quel homme n’ayant pas un esprit suffisamment endurci pour résister à ses paroles. Ainsi, des milliers de soldats et des blindés se dirigeaient vers le secteur épargné par le bombardement de leur artillerie. Tous se préparaient à une seule chose, simple mais à la fois complexe … la guerre.