TOME 2
Chapitre 3 : A new glance, at my new life
8:31 AM, Monday 7 February 2007, Highland Private High School, Beverly Hills, L.A.
”Alison ?
- Yes Darling ?
- Tu sais pas quoi ?
- Quoi ?
- T'es largué. ”
Putin quel fils de chien ce Chris. Il s’en va comme si ne rien n’était, la tête haute, le dos tourné. Fier de ce qu’il a fait. Il peut pas partir comme ça.
Je m’en vais pour la soutenir, Alison, la fille que j’aime.
Je lui murmure des petits mots à l’oreille. Enfin, ”des petits mots” … J’espère qu’elle les prendra sérieusement.
“I love you, we’ll see again …soon”
J’avais la rage, la vraie, une haine sans limite. Une furie. Une partie de moi me disait que c’était une erreur. Mais quand j’y repense … l’erreur c’est qu’il est encore en vie, ce salaud.
Y’a une barre de fer à côté de moi, à cause des travaux. Si seulement, j’avais visé son petit crâne d’anglais, de clochard, de pauvre.
Un grand silence s’installe dans le couloir. Tout le monde ferme sa gueule, et admire mon talent.
C’est moi maintenant qui part la tête haute, le dos tourné.
Heureusement que j’ai une sortie de secours … Bordeaux … Le club de foot n’est pas mauvais. Mon oncle va sûrement me pistonner. Et puis, qui sait ? Peut-être une place dans la réserve ? La première ?
Oui c’est ça … la première … C’est ça mon objectif … La Ligue 1 … Le toit du monde. (ou pas
)
7:30 AM, 7 July 2007, 8 Rue Bazin, Chris’ home, Rennes.
- Bonjour, il est 7:30, et le soleil vient de se lever, dans notre belle région qu’est la Bretagne !
Putin … déjà 7h30 … Bon il me reste 2 jours pour me préparer mentalement : c’est mon premier match en France … avec les -18 … faut que je joue bien, si je me loupe, c’est fini.
Je prend un bol, du lait, des Corn Flakes … et ouaih, y’a pas de Pop Tarts en France …
Encore un défaut pour ce pays … Cette région … Cette ville … Ce club ….
- Aujourd’hui on a un invité sur notre radio. Guy Lacombe, entraîneur du Stade Rennais ! Bonjour Guy ! Alors pensez vous que votre recrutement a été assez complet pour accomplir vos objectifs de la saison, c’est à dire un haut de tableau, avec peut-être a la clé une place européenne ?
- Je crois que nos objectifs, sont plus que faisables, on a de nouveau joueurs dans notre effectif, déclare le Coach, avec d’énormes qualités, comme Sylvain Wiltord bien évidemment, ou encore Petter Hansson.
J’ai compris quelques mots-clé de ce qu’il a dit, je rêve ou ce fils de chien ne me considère même pas comme une recrue ?
- On parle d’un nouveau joueur américain, Chris Smith, qui a rejoint nos rangs ? Aux Etats-Unis, il a fait forte impression, on l’oppose à Freddy Adu, mais selon l’Equipe, on le qualifie de Copier/Coller d’Adu, c’est bel et bien une vedette commerciale ?
- Je crois qu’il a les capacités pour changer de statut.
- Vous le qualifiez donc de vedette commerciale ? Il a déjà à un sponsor chez Nike vous savez ?
- Je dis juste qu’il a les moyens de changer de statut.
- Aujourd’hui c’est une vedette commerciale alors ?
Un silence sur la fréquence, je comprends rien pour être honnête mais je sais, je sens que mon avenir est entre les mains du Coach.
- Oui.
Je décide d’appeler Sylvain W.
Il m’a tout traduit … Quel enculé … Faut que je redouble d’effort pour lui montrer ce que je vaux.
Bon je vais me consoler en boite ce soir, ça fait pas mal de temps que j’ai pas serré une meuf.
3:32 PM, 9 July 2007, Stade de la Route de Lorient, Rennes.
Premier match … et peut-être le dernier. Cette semaine … inutile de vous le dire. J’ai été pitoyable aux entraînements. En même temps avec 3 heures de sommeil par jour, me direz-vous …
C’est le Guy, qui nous entraîne pour ce match, je sais pas pourquoi d’ailleurs. Il a été clair avec moi, bière à la main.
- C’est ce soir ou rien, Chris.
C’est là ou j’ai réalisé que c’était trop tard. J’avais des cernes. Mes longs cheveux blonds, étaient crépus, dans tous les sens, comme si j’avais mis du beurre dedans. Mon short … putin, quel con, j’avais pas le bon short.
J’ai pris celui des Galaxies …
- Bon les gas, je sais que vous vous êtes préparés toutes la semaine. Normalement c’est pas moi qui vous entraîne, mais là c’est exceptionnel, la semaine prochaine, c’est Michel qui fera la garderie.
Chris en 10, et David Le Tal’ en 9 et demi. On joue avec deux meneurs ce soir.
Inutile de vous le dire, j’attends une victoire.
En plus j’ai de la concurrence … ça va être pitoyable, il va se prendre une rouste. Tout le monde sait, c’est moi le meilleur, pensais-je. J’étais encore trop arrogant. C’étais l’arrogance mon point faible, la faculté de croire, oui de croire, pas d’être, le meilleur.
Je croyais trop, il aurait fallu que j’agisse.
1200 Spectateurs un peu près. Pas superbe, j’ai connu mieux. Et dire que je jouais avec Dave et Landon y’a un mois.
C’est eux qui m’ont obligé de venir ici.
Comment oublié la dernière phrase d’Abel Xavier …
”Bouffe-les ces connards …”
4:30 PM, 9 July 2007, Stade de la Route de Lorient, Rennes.
Coup de sifflet.
Les 15 premières minutes, je n’ai pas eu grandes choses à faire. C’était le début de la saison le premier match … Normal.
Enfin mon premier ballon. J’ai la balle, crochet à gauche, à droite, je repique au centre. Passe pour Le Tal’.
Putin … Trop tard, j’ai plus la balle.
1-0 pour le AJA -18.
Oui, c’était la balle que je devais pas perdre.
- Putin de merde ! Chris ! Bouge ton cul, ou j’te mets pour le prochaine avion à LA ! hurle Guy.
Bon après, ça m’a un peu bougé, mais quand même, j’avais pas la condition, les boites, y’a trop de gens qui fume, en plus mon sommeil était moindre
Le pire, c’est que ça se voyait.
44’ Un tournant de ma vie.
Enfin un ballon pour moi ! Le Tal’ me file la balle, j’ai du champ. A l’entrée de la surface je me pose plus de question. Frappe pure.
Transversal.
Heureusement, l’arbitre vient me voir :
”Coup franc pour Rennes, Obstruction sur le numéro 48”
Un beau coup franc, je peux me rattraper.
”- Laisses-le moi, me dit Le Tal’
- Alors là tu rêves chérie.
- C’n’est pas toi qui décides, ici. C’est moi le capitaine.
- M’en fou elle est sur moi la faute.
- Ta gueule sale orphelin.
Vous auriez fait quoi vous ?
Non sérieusement ?
Un coup de poing me direz vous.
C’est là ou j’ai déconné. Quatre ça commence à faire mal. Surtout dans le nez et dans l’arcade … Ca pisse le sang, le Français !
” – Numéro 48, arrétez !
- Fuck Off bitch ”
Un cinquième pour la route … sur l’arbitre.
Plutôt calme l’arbitre à ma surprise, je croyais qu’il allait riposter. Tapettes ces Français
8:03 PM, 9 July 2007, Stade de la Route de Lorient, Rennes.
”- Alors Chris, t’as quoi à me dire pour ta défense ?
Y’avait Guy et le président François, qui m’avait convoqué.
- Rien.
- Très bien, déclare le Président. Pour être honnête, c’est Guy qui veut que tu restes. Moi j’ai envie que tu te casses. Mais on a trouvé un accord avec Guy. Tu vas avoir 1 mois d’amende.
- D’amende ?
- Tu ne joueras pas, et tu ne seras pas payé.
- Quoi ?
- Et encore c’est gentil, n’oublie pas ce que je t’ai dit. On ne veut pas des racailles dans notre club.
- Chui pas une racaille, haussais-je le ton.
- Ferme ta gueule, américain de merde. C’est toi qui écoutes. C’est nous qui te contrôlons, donc t’écoutes et tu te tais.
- Mais …
- Bon c’est bon, tu nous soules, dit Guy. On veut plus de toi. Prend ta merde et dégage. ”
” Et au faite, oublies ton appart ”
C’est comme ça que je suis passé, d’un joueur de foot, à un chômeur actif.
Peut-être que ma seule consolation, c’était les 250 000 € pour mon licenciement …
Je savais que j’avais déconné. Mais là … J’ai encore plus rien. Toujours rien. Certes j’ai Philipp et Mary, mais je ne peux pas revenir, je ne dois pas, j’ai trop de fierté, trop d’honneur.
Il faut que je me débrouille tout seul. Seul, encore et toujours. C’est ça qu’y a causé ma perte ... La solitude.
Chui’ au fonds du gouffre.
En rentrant, chez moi, mes valises étaient déjà faites. Sûrement par un homme du président. J’avais vraiment déconné …
” Il est Minuit moins vingt, et je suis à Rennes, sans travail, sans parler la langue. J’ai toujours mon premier ballon en cuir. Y’a que ça maintenant. Mon ballon et mes nike. Même si je vais le perdre mon sponsor. Je le sais. Encore quelqu’un qui m’abandonne. ”
Une valise, un contrat en miette. Et une photo. La seule photo que j’ai. La seule mémoire, d’une famille, qui aurait été fière. Mais maintenant honte.
Ils auraient été honte de moi. De ce que j’ai fais.
Faut que je me relève. Faut que je m’en sorte.
”- Bonjour, Comment puis-je vous aidé ?
- Un billet pour Paris Orly.
- Aller-Retour ?
- Non, aller simple. ”