Bordeaux ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Battus sur le fil à Anderlecht (1-2) mercredi en 16e de finale de la Coupe de l'UEFA, les Girondins devront aller chercher leur qualification dans quinze jours à Chaban-Delmas. Ils se sont inclinés sur un but d'MPenza dans les arrêts de jeu.
ANDERLECHT - BORDEAUX : 2-1
Buts : Polak (79e) et Mpenza (90+5) pour Anderlecht, Jussiê (69e) pour Bordeaux
Un scénario catastrophe ! Alors qu'ils étaient sur le point de tenir en échec Anderlecht à l'extérieur, les Girondins de Bordeaux se sont finalement inclinés à la toute dernière minute du temps additionnel sur un but plein d'opportunisme de M'bo Mpenza (94e). Entré en cours de match, l'international belge a profité d'un service de Legear, lui aussi remplaçant au coup d'envoi, mais surtout d'une erreur d'appréciation de Diawara pour tromper Ramé. Sans aucune doute l'une des sensations de ces 16e de finale aller de la Coupe de l'UEFA. Parce que les joueurs de Laurent Blanc étaient jusque-là invaincus sur la scène européenne. Parce qu'à force d'entendre l'entraîneur du RCSA, Ariel Jacobs, répéter à l'envi que sa formation "ne représentait pas grand chose en Europe", on aurait presque fini par le croire.
La différence de niveau entre le dauphin de Lyon en France et l'actuel cinquième du championnat belge n'a pourtant pas été flagrante. Loin de là. Et si elle l'a été, ce fut plutôt en faveur de Biglia et ses équipiers. Durant toute la première période, ils ont considérablement gêné les relances bordelaises en évoluant très haut sur le terrain. Ce sont eux également qui se sont procurés les meilleures occasions par Juhasz (21e), mais surtout par Polak (13e, 41e), qui, sur sa deuxième tentative, a littéralement manqué l'immanquable. Des regrets ? Oui, mais de courte durée puisqu'en seconde période, l'international tchèque a enfin été récompensé de ses efforts. A la réception d'un corner de Boussoufa, il plaça une reprise de volée magistrale qui laissa Ramé sans réaction (79e). Le but de l'égalisation.
Un penalty litigieux
L'avantage de Bordeaux n'aura donc été qu'éphémère (dix minutes seulement), mais surtout immérité au vu de leur prestation. Dominés de bout en bout, les Girondins ont attendu l'entrée en jeu de leur homme en forme, Fernando Cavenaghi, pour obtenir un penalty litigieux facilement transformé par Jussiê (69e). Avant cela, seul Obertan était parvenu à apporter un semblant de danger sur le but de Zitka. Deux minuscules occasions, dont l'une a tout de même fini au fond, qui feront sans doute réfléchir Laurent Blanc au moment de composer son onze de départ dans huit jours à Chaban-Delmas.
Si son turnover avait porté ses fruits face à Tampere United, Athènes ou encore Vienne, il a cette fois montré ses limites. Et rapproché un peu plus ses joueurs d'une désillusion semblable à celle vécue en 2002 lorsque la bande à Ramé avait déjà été éliminée à ce stade de la compétition par ces Diables belges (0-2, 2-2). Autant dire que les Bellion ou autre Micoud ne seront pas de trop pour éviter que l'histoire se répète.
LA DECLA : Laurent Blanc (entraîneur de Bordeaux)
"Vu la physionomie du match, on peut regretter notre absence durant les dernières minutes. Nous avons permis à Anderlecht d'égaliser puis de gagner. Et surtout, et c'est ce qui est dommage, on leur a redonné le moral qu'ils avaient perdu en concédant le premier but. C'est regrettable. Mais, bon, 2-1, rien n'est perdu. C'est une qualification qui se jouera en deux temps et on a mis un but qui va compter. Au match retour, j'espère que ce sera meilleur dans le jeu. En première mi-temps, nous avons été insuffisants, je l'ai dit aux joueurs à la mi-temps. C'était médiocre. Cela a été un peu mieux après la pause. Physiquement, nous avons été dominés face à une équipe dont la puissance est l'une des qualités premières. Nous n'avons pas sous-estimé Anderlecht qui peut poser des problèmes à beaucoup d'équipes".