En fin de contrat avec le PSG, Bernard Mendy a vécu une saison difficile, le plus souvent sur le banc de touche. Malgré tout, il pourrait poursuivre l’aventure parisienne même s’il reconnaît étudier toutes les pistes.
Bernard Mendy, êtes-vous soulagé que cette saison soit enfin terminée ?
Bien sûr que je suis soulagé. Un club comme le PSG ne peut pas se permettre de jouer les derniers rôles donc nous nous devions au moins de terminer dans les cinq premiers. Cela n’a pas été le cas et il fallait sauver ce qui pouvait encore être sauvé, c'est-à-dire le maintien. Le principal objectif, c’était devenu ça. C’est ce que nous avons fait, même si cela a été difficile. Après, la cerise sur le gâteau aurait été cette deuxième coupe.
Avez-vous disputé contre Lyon votre dernier match sous le maillot du PSG ?
Oui, c’est vrai que c’était l’un de mes derniers matchs avec le PSG, même si je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Mais contractuellement parlant, je ne suis plus sous contrat avec le PSG. Michel Moulin voulait me prolonger mais il n’a malheureusement pas été désigné président. Aujourd’hui, le président, c’est Charles Villeneuve. Mes agents iront parler avec lui. Pour le moment, je n’en sais pas plus que ça.
L’arrivée de Charles Villeneuve peut-elle vous permettre de prolonger ?
Je ne sais pas du tout. Comme je l’avais dit haut et fort, je voulais rester à Paris. Mais cela ne s’est pas concrétisé car certains dirigeants ont retardé les échéances. Mais c’est derrière moi maintenant tout ça. A la base, mon souhait était de rester au PSG. C’est toujours le cas mais il faut voir ce que vont me proposer mes agents. Que ce soit en France, en Angleterre, en Espagne ou en Italie, je suis ouvert à toute proposition.
« Cette forme de respect n’existe pas au PSG »
Et si le PSG vous proposait un nouveau contrat demain…
Je ne sais pas mais j’en parlerais avec le directeur et l’entraîneur. Car à la base, l’entraîneur voulait me faire prolonger. Mais les conditions qui m’avaient été proposées ne m’intéressaient pas. Car la nouvelle politique du club était de baisser les salaires et d’augmenter les différentes primes par rapport aux matchs joués. Ça, tu le proposes à des jeunes qui viennent d’arriver mais pas à des joueurs expérimentés comme moi ou certains autres. Jérôme Rothen ou Sylvain Armand, ils n’ont pas prolongé de cette manière. Y a-t-il a eu deux poids deux mesures ? Oui.
Vous ne l’avez pas digéré ?
Non, je ne l’ai pas digéré. Car quand je ne jouais pas, j’ai toujours été réglo : je ne parlais pas à la presse, je n’ai jamais critiqué, j’ai toujours été le plus professionnel possible. Il y a vraiment des trucs que je ne digère pas. On m’a dit qu’il fallait que je baisse mon salaire. Ensuite, ils m’ont proposé une autre façon de faire mais moi, j’ai préféré ne pas prolonger. L’autre choix qu’ils m’ont suggéré n’était pas intéressant non plus.
Méritiez-vous davantage de considération ?
Oui. Ce n’est même pas une question de mouiller ou pas le maillot. C’est juste une question de respect. Je prends l’exemple du Milan AC : quand Ba est revenu, ils lui ont proposé un truc, même s’il a arrêté sa carrière depuis peu… Quand Cordoba s’est blessé, l’Inter l’a prolongé aussi. C’est une forme de respect qui n’existe pas au PSG.
« En refusant de prolonger je savais que ma saison était morte »
N’avez-vous pas senti venir la chose ?
Non mais le coach, lui, voulait que je prolonge. C’était une satisfaction. Il avait des a priori envers moi et il me l’a dit. Mais il s’est rendu compte par la suite que ces a priori n’étaient pas vrais. Il a vu que j’étais une bonne personne et un bon joueur. Après, il y a des choix qu’il faut respecter, même si on ne les comprend pas. Moi, malgré toutes les galères que j’ai eues, je suis toujours resté une personne droite alors que tout le monde n’a pas toujours été droit avec moi. Le Guen a voulu que je prolonge mais Cayzac a eu peur car contre Lille, j’ai joué blessé et qu’il n’y avait personne pour me remplacer. Donc il y a eu l’arrivée de Ceara car j’ai refusé de prolonger. Et pour cette même raison, on m’a mis de côté.
Votre refus de prolongation explique-t-il cette mise à l’écart ?
Si j’avais prolongé, je pense que ça aurait été bon pour moi. Mais en effet, en refusant de signer, je savais que ma saison était morte. Maintenant, j’ai prouvé que même si Ceara jouait, je pouvais aussi jouer au poste de milieu droit. Même si je suis meilleur au poste de latéral.
La confiance est-elle brisée avec le PSG ?
Avec le nouveau président, on ne sait pas comment ça peut se passer. Je ne sais pas du tout. C’est sûr que si Cayzac était encore aux commandes, je sais que ça en serait fini avec le PSG. Même s’il reste quand même un actionnaire minoritaire du club, je n’ai pas compris comment il a pu partir à quelques journées de la fin. Si nous devons couler, c’est tous ensemble. Je ne comprends pas pourquoi il a voulu sauver sa peau en nous laissant du même coup dans la merde. Moi aussi j’aurais très bien pu quitter le navire à certains moments. Mais je ne l’ai pas fait. Maintenant, peut-être que nous ne connaissons pas tous les paramètres.
« Le PSG restera toujours mon club de cœur »
Aujourd’hui, voyez-vous votre avenir en Angleterre ?
C’est vrai que mon expérience à Bolton s’était très bien passée mais je le répète : je suis ouvert à toutes les propositions. En France comme à l’étranger. Je serai fixé dans peu de temps. Mais aujourd’hui, les contacts les plus concrets viennent en effet d’Angleterre. On m’a parlé de certains clubs de Premier League mais pas de Fulham ou de West Bromwich. Mais pourquoi ne pas tenter une expérience à Lyon ?
Votre discussion avec Jean-Michel Aulas était donc sérieuse ?
Nous en reparlerons quand je serai de retour de vacances. Ce n’était pas uniquement parce qu’il y avait les caméras. Je le connais. Je pense que j’ai déjà fait ma part des choses et on verra ce que l’avenir me réservera.
Accepteriez-vous de porter un autre maillot en France que celui du PSG ?
Vu comment la dernière saison s’est passée, je n’ai pas peur de dire que d’autres clubs que Paris m’intéressent en France. Je n’en aurais sûrement pas dit autant il y a quelques années.