Le Paris SG est l’un des plus grands clubs français. Pourtant, la seule formation vainqueur d’une Coupe d’Europe avec l’OM vit l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Longtemps aux portes de l’enfer la saison dernière, le PSG vit à nouveau au rythme de défaites désormais acceptées par un public complètement passif. La faute à quoi, à qui ?
Un président qui blablate, un club qui se banalise
Bien sûr, l’Olympique Lyonnais faisait figure de sextuple champion de France. Bien sur, cette équipe composée d’éléments issus de la CFA s’est bien battue dans la fosse... aux lions. Bien sûr Pauleta a retrouvé le chemin des filets et le Parc a rugi par instants comme il en avait perdu l’habitude. Mais, une défaite reste une défaite. D’autant plus en temps de crise, même si le mot est aujourd’hui proscrit de manière incompréhensible. En effet, la saison dernière à la même époque, l’équipe alors coachée par un Guy Lacombe laminé par les médias, comptait trois points de plus que sa « digne » petite soeur...
Paul Le Guen, de par son palmarès et sa prestance, tient lui en respect les médias, multiplie les tâtonnements et les défaites sans voir le souffle du boulet lui revenir à la face. Les N’Goyi, N’Gog, Sankharé, Sakho et autres Arnaud sont envoyés au charbon alors que le club végète en bas de tableau, et personne ne pipe mot. Même ô combien méritants, difficile de contester que ces éléments n’ont absolument rien à faire dans les habits de titulaires du Paris Saint Germain, club de standing mondial, deux fois champion de France et candidat à l’Europe cette saison.
Qui doit réagir ? Le président Alain Cayzac pourrait-on penser. Il doit rendre des comptes à Colony Capital, actionnaire fantôme, qui bien loin de balancer des fonds à la manière d’un oligarque russe, entend surtout récupérer l’argent investi
. Le boss parisien doit aussi gagner en crédibilité, lui qui passe de plus en plus comme un supporter incapable de taper du poing sur la table. Vis-à-vis des supporters, Cayzac garde une importante cote d’amour mais les fidèles du Parc détonnent. Si souvent prompts à « mettre le feu » sous les ères Blayau et Graille, ils semblent aujourd’hui anesthésiés par les discours soporifiques des dirigeants et la réputation de Paul Le Guen, pourtant bien entaillée aux Rangers. On sentirait même poindre une forme de fatalisme et de résignation, chose complètement irréaliste de la part d’un public autrefois si exigeant. Le dernier titre de champion, en 1993-94 commence il est vrai à jaunir. Et Cayzac ne fait toujours rien que brasser du vent tel un moulin sans grain, comme l’atteste sa dernière déclaration commentant la prolifération de jeunots dans les compositions de son entraîneur :
« Personnellement, je pense que dans le football et dans beaucoup d’autres sports, on est capable d’assumer à dix-sept ou dix-huit ans. Ce sont des joueurs qui ont été élevés en région parisienne, qui connaissent le PSG, qui connaissent le Parc des princes, qui n’ont aucune peur particulière. L’âge ne fait rien à l’affaire. Ce n’est pas un risque ». Ou comment justifier des résultats ignobles (pas de victoire à domicile) par une soi-disant stratégie à long terme pas du tout prévue. De qui se moque-t-on ?
Des recruteurs incompétents
Le PSG se fourvoie et fonce dans le mur. L’argent est gâché à flots (salaires ahurissants et inutiles de Yepes, Pauleta ou Gallardo), le stade se vide petit à petit (pas plein une fois de plus pour la réception de Lyon), l’ambition semble aujourd’hui de limiter la casse, et le recrutement continue de friser le ridicule. Défenseur d’énorme qualité, les supporters parisiens et bordelais pourront en témoigner, Alain Roche s’est avéré catastrophique dans sa gestion du recrutement. Ses recrues manquent de qualité et ont été recrutées moyennant des sommes largement au-dessus du marché. Marcelo Gallardo, remplaçant à River Plate, a été recruté sur son unique réputation... Pire, le club a réussi à lui offrir deux ans et demi de contrat alors qu’il venait de franchir la trentaine, ce qui le rend désormais difficile à renvoyer à ses foyers sauf passer à la caisse. Pierre-Alain Frau, qui après avoir joué quatre matches en une demi-saison 2005-06 à Lyon puis avoir marqué quatre malheureux buts à Lens où l’OL l’avait prêté, a été récupéré pour... 5 millions d’euros par un PSG véritable dindon de la farce. Cet été encore, le club de la capitale a fait très fort : 6 millions d’euros pour Zoumana Camara et 3 millions pour Grégory Bourillon...
Les réseaux de recrutements parisiens sont pourtant larges mais leur résultat est nul, la totalité ou presque des acquisitions proviennent de l’Hexagone, sauf le latéral droit brésilien Ceara (un troisième choix carioca). Comment expliquer que Paris ne soit pas capable de réaliser quelques coups de maître à moindre frais, type Basa (Le Mans), Elmander (Toulouse), Mensah (Rennes), Fernando (Bordeaux) qui n’ont presque rien coûté et sont à présent dans le collimateur de nombreuses formations européennes ?O bligé de constater qu’il s’agit d’un problème de compétence, autant au niveau des émissaires que du pouvoir décisionnaire, qui s’obstine à croire qu’en recrutant « made in Ligue1 » la facilité de l’adaptation amènera les résultats. Et pourtant... Même parfaitement adapté, Didier Digard n’aura jamais le rendement d’un Kovacevic (Lens) arrivé l’an dernier de l’Étoile Rouge de Belgrade et très rapidement convaincant...
Pas de jeu, rien du tout
Sur le plan technique, depuis quand le PSG ne fait-il plus rêver ? Bien longtemps. Et Paul Le Guen n’a pas vraiment dérogé à la règle des coaches parisiens frileux en s’appuyant d’abord sur une base défensive solide. Las ! Bourillon, à l’image de ses coéquipiers de l’arrière-garde, a vite pris l’eau et se retrouve aujourd’hui régulièrement écarté. Niveau construction et mouvements offensifs, que de frilosité ! Ceux qui arguent d’un manque de qualité technique n’ont que partiellement raison pour tout expliquer. Il suffit de se référer au jeu du LOSC de la saison passée ou à celui du FC Lorient en début de saison pour comprendre que les noms couchés sur le papier et les capacités individuelles ne font pas tout. Le travail continu et une philosophique clairement offensive ont permis à ces formations de développer un jeu plaisant, même si les résultats n’ont pas toujours suivi. Mais, actuellement au Parc des Princes, on a beau chercher : nulle trace de l’un ou de l’autre.
Le PSG n’est pas mort, loin de là
. Mais il est bien malade et n’est sans doute pas mené par les personnes pouvant lui rendre son lustre passé. Une bonne refonte de fond en comble et c’est à nouveau le chamboulement et la zizanie qui secouraient un club déjà assez instable comme cela. Certes. Mais comme le disent beaucoup au sein même du club, c’est surtout l’état d’esprit qui a besoin d’une réfection. Tout un esprit club, qui contrairement à celui du pragmatique OL de Jean-Michel Aulas, n’est pas vraiment tourné vers la victoire à tout prix.