Ligue 1 - Crevez-les !
[ Ligue 1 - Jeudi 14 Février 2008 - 23h06 ]
Le classico de dimanche a déjà commencé entre les supporteurs, qui attendent avec impatience le coup d'envoi. Si l'OM est clairement favori, nos Parisiens nous doivent d'aller là-bas pour les taper et rien d'autre ! Question d'honneur !
Les déclarations de Pape Diouf ce mercredi, un brin provoc' lorsqu'il compare le public parisien et marseillais, ont donné le coup d'envoi du "classico" à la française, de la confrontation entre les deux équipes les plus populaires de Ligue 1. Si sportivement il y a belle lurette que les deux clubs ne servent plus de locomotives au foot français (l'un n'a rien gagné depuis 15 ans, l'autre végète dans la seconde partie du classement depuis bientôt 3 ans), ce match reste moralement, médiatiquement et passionément le point d'orgue de la saison. Les fans de Marseille et du PSG n'attendent que cette rencontre pour en découdre avec l'autre, l'ennemi à défaut de rival. Alors plongeons-nous dans cette ambiance inimitable d'un avant OM-PSG, ambiance faite de craintes, de rancoeurs, d'espoirs et d'excitations.
Va-t-on perdre contre ça ?
Les sardines favorites !
Dimanche à 21h, si Paris était légèrement favori au match aller en raison d'un début de saison clownesque des Olympiens, il en sera tout autrement au Vélodrome. Marseille, auréolé d'une belle série toutes compétitions confondues, est clairement désigné le futur vainqueur. Ca, il faut dire qu'il savent faire, les sudistes ! Trois ou quatre victoires et les voilà le poireau à la main et la gouaille perchée, s'imaginant prêts à détrôner Lyon voire être redevenus champion d'Europe ! C'est ça, un Marseillais : une incorrigible grande gueule victime d'un sévère complèxe de supériorité doublé d'une furieuse incapacité à retenir les leçons du passé. Leur club a le même palmares que la Roche-s/-Yon depuis 15 ans ? "Pas grave, on reste le meilleur club de France !". L'OM sera favori contre Paris comme lors de la finale de la Coupe de France en mai 2006 ? "Ben ouais, et on gagnera 3 ou 4-0, c'est logique !".
A leur décharge, nous nous devons de comprendre la souffrance morale dans laquelle ils se trouvent. La grande majorité des minots venant beugler au Vélodrome n'ont jamais vu un joueur de l'OM brandir un trophée "en vrai", à part sur Youtube ou les K7 VHS de papa. Bé oui, ça remonte à 1993 quand même... Une génération ! Pardonnons-leur donc cet excés d'optimisme certes puéril mais touchant.
Mais bref ! D'aucun diront que le Parisien n'est pas en mesure de chambrer le Marseillais. On le dit et redit : ces derniers sont 100 fois favoris car simplement meilleurs en ce moment. Il n'en reste pas moins que l'idée d'avoir peur - ne serait-ce qu'en rêve - de jouer là-bas révulse tout bon supporteur qui respecte. La trouille ? Connais pas ! L'ennemi se voit beau et fort ? Tant mieux, c'est la poitrine encore plus gonflée de colère et d'energie que nous nous rendrons la bas. Nos troupes sont prêtes au combat : une armée de 2.000 guerriers ira chanter dans l'enceinte Orc, et planter l'étendard Rouge et Bleu sur cette province soumise faussement rebelle. Reste à savoir si les joueurs auront le même état d'esprit...
Parisiens, révoltez-vous !
Car c'est bien là le noeud du problème. Lassés de les voir mi-trouillards mi-empotés contre des terreurs telles Caen ou le Mans, on espère qu'ils se galvaniseront comme jamais, dimanche, au moins une fois cette saison. Leur adversaire n'a rien d'un ogre imbattable : son fond de jeu reste binaire et il n'y a guère que ses deux nains au milieu qui savent percuter et porter le ballon. Alors même si l'on sait que notre équipe n'est pas géniale cette saison encore, même si l'on sait qu'ils manquent de punch et d'imagination, on se prend pourtant à rêver qu'il en sera tout autrement lorsqu'ils fouleront cette pelouse froide et venteuse comme le Mordor.
A défaut d'être renversants ou d'être meilleurs balle au pied, qu'ils le soient au moins dans la tête ! On ne veut pas voir cette équipe qui manque de caractère, cette vue d'ensemble aussi molle qu'une gelée anglaise, si souvent aperçue cette saison au Parc. On veut au contraire des Parisiens fiers et conquérants, qu'ils leur marchents dessus quitte à s'en sortir les tripes comme si la vie de leur mère en dépendait. Ils savent qu'on est prêt à leur pardonner beaucoup s'ils nous remènent la victoire, toutes les conneries et les humiliations qu'ils nous font subir depuis des mois. Alors puisqu'il n'y a plus rien espérer dans ce championnat, qu'ils s'arrachent et portent haut nos couleurs au moins une fois. Rien que pour le plaisir de leur rabattre leur caquet...
C'est une question d'honneur !
ALLEZ PARIS !
