SAINT-ETIENNE / CEDRIC VARRAULT :
« Je suis responsable »
mercredi 30 janvier 2008 - 11 h 29 - Aurélien CANOT
« Je suis responsable »
PANORAMIC
Alors que les Verts se dirigeaient vers leur première victoire dans le derby depuis quatorze ans, Cédric Varrault a commis la faute qu’il ne fallait pas sur Benzema. Le défenseur stéphanois s’en mord les doigts.
Cédric Varrault, on vous a vu très énervé dimanche soir après le match nul contre Lyon. Est-ce le dénouement de la partie qui vous a mis dans cet état ?
Oui, j’étais vraiment déçu car c’est moi qui fais la faute qui amène le coup-franc sur le but de Benzema. Franchement, ça m’a foutu les boules. D’ailleurs, 48 heures après, j’étais dans le même état. Nous avions bien tenu et je m’en voulais d’avoir fait cette faute. C’est pour ça que j’étais autant énervé. Même si un match nul contre Lyon est un bon résultat, la victoire était là. Tout près.
La nuit de dimanche soir à lundi n’a pas été bonne…
Oh non, c’est clair. Je n’ai dû dormir que quatre heures. Et lundi, je me suis mis à y repenser. Je me suis dit que j’aurais dû faire ça et ça. Mais voilà, c’est fait. Contre des équipes un peu moins fortes, il faudra prendre ces points perdus contre Lyon.
Lyon est une équipe qui ne lâche jamais…
Oui, nous nous en sommes rendu compte car ils ont bien poussé. Surtout pendant cette dernière demi-heure où ils n’ont fait entrer que des attaquants. Nous savions qu’ils voulaient revenir au score. Mais nous tenions bien et je me sens responsable car c’est moi qui amène ce coup-franc. Il va encore me falloir plusieurs jours pour digérer. Nous sommes passés à côté de l’exploit par ma faute. Je suis déçu que nous n’ayons pas été récompensés.
Vos coéquipiers vous en voulaient-ils après le match ?
Non, tout le monde était surtout frustré car nous sommes passés à côté de quelque chose à la dernière minute. Ils ont essayé de m’encourager et de me remonter le moral. Mais c’était plus moi qui étais dégoûté car ça me faisait chier que l’on se fasse rejoindre comme ça juste à la fin parce que j’ai provoqué un coup-franc. Je ne dis pas que ça ne m’était jamais arrivé. Le foot, c’est comme ça : quand un but est marqué, c’est qu’il y a eu une erreur quelque part. Dans ma carrière, j’avais déjà provoqué des coup-francs ou des penalties qui nous avaient fait perdre le match. Là, nous n’avons pas perdu mais la façon dont ça s’est passé est rageante. Et le contexte qu’il y avait autour de ce match accentue la déception.
« Nous avons raté l’occasion d’entrer dans l’histoire »
Aviez-vous d’autre choix que de faire faute sur cette action ?
Avant, il y avait eu une longue chandelle. Le ballon flotte un peu et j’hésite à le contrôler. Donc je m’en voulais déjà car il suffisait juste que je le dégage de la tête mais je m’étais un peu embrouillé. Après, je vois Benzema repiquer dans l’axe. Comme nous étions à l’approche des dix-huit mètres, je pensais qu’il allait frapper donc je tacle. Et c’est vrai qu’en taclant, je le déséquilibre. Je me suis dit après que j’aurais peut-être dû le laisser. Je me suis repassé l’image un milliard de fois. J’espérais qu’il ne mette pas le coup-franc mais il l’a bien tiré. Quand j’ai taclé, je n’ai pas pensé que Juninho n’était pas là mais c’est vrai qu’en général, c’est lui le plus dangereux dans cet exercice. Mais là, Benzema la met bien.
Il aurait fallu se mettre à l’abri mais vous n’y êtes pas parvenus…
Nous allons analyser ça dans la semaine et on verra bien. En tout cas, je n’ai pas trop réfléchi à ce que nous avons fait. Je m’en voulais surtout d’avoir fait cette faute. C’était un derby donc nous avions beaucoup parlé de ce match et nous savions très bien que Saint-Etienne n’avait plus gagné depuis quatorze ans. A la fin du match, nous avons pensé à tout ça : nous nous sommes dits que nous étions passés à côté de quelque chose, que nous avions raté l’occasion d’entrer dans l’histoire et nous nous sentions un peu coupables. D’autant qu’il y avait une grosse attente.
Sur ce match, vous avez cependant prouvé que vous méritiez mieux que cette 14eme place…
Surtout que chez Bordeaux le jeudi précédent, nous les avions bien bougés aussi. Et nous perdons 1-0 alors que nous aurions pu terminer sur un bon score. Là, face au premier chez nous, nous nous faisons rejoindre dans les arrêts de jeu. Le contenu est là, c’est sûr. Il faut que nous continuions. C’est tellement serré et ça tient tellement à pas grand-chose… Nous sommes conscients que nous pourrions avoir mieux au niveau comptable. Il faut réussir à faire une bonne série.
