Alors, chef, il est arrivé Ben Arfa ?" "Ça y est, il s'entraîne ? Si on va à La Commanderie, on peut le voir, le gamin?" Dans les rues de Marseille, l'annonce du transfert du jeune stratège lyonnais excite la curiosité. Dans celles de Lyon, c'est plutôt la soupe à la grimace. Les supporters rhodaniens reprochent aux dirigeants de leur club d'avoir permis à l'OM de se renforcer. La colère gronde, l'incompréhension s'est installée. Au siège lyonnais, à Tola Vologe, des dissensions apparaissent. Des voix se délient : "Nous mettrons des années avant de retrouver un joueur de cette qualité", témoigne un cadre, peu en phase avec son président sur l'acceptation de ce départ.
Pourtant, l'arrivée de Hatem Ben Arfa n'est pas une simple formalité. Les rebondissements vécus hier témoignent des difficultés des deux clubs à parler le même langage. Au bout du compte, le joueur n'était pas encore pas à La Commanderie, hier. Un revirement de situation a nourri toute la journée. À Lyon, on s'est d'abord étonné de la rapidité de l'annonce de l'OM. Dans son discours de mercredi, Pape Diouf aurait-il été emporté par une émotion débordante? Serait-il sorti de sa réserve naturelle, sans peser chaque mot, en anticipant le transfert? "Si le président a agi ainsi, c'est que suffisamment d'éléments étaient réunis pour officialiser l'arrivée de Hatem, dit un proche du dossier, à La Commanderie. Le président n'est pas du genre à prendre ses désirs pour la réalité."
Ce n'est pas tout à fait faux. Pape Diouf préfère souvent noyer le poisson que de surfer sur des effets d'annonce. Lyon est courroucé. Il a été devancé par l'OM. Pas encore au classement, mais dans la communication et la négociation. Il y a aussi l'autre vérité, les diverses déclarations des dirigeants lyonnais tendent à montrer que le club refuse de verser un arriéré de primes à Ben Arfa. Selon plusieurs indiscrétions, le montant serait de 1,5 M€. Le joueur ne souhaite pas quitter le Rhône une main devant, une main derrière. Il réclame son dû.
De son côté, l'OM assure avancer dans son bon droit, documents paraphés à l'appui. Tout a été acté par les deux clubs: le montant de la transaction (11M€), les modalités (intéressement sur la revente) et échéances ont été précisées. Tout ça est écrit noir sur blanc. Les premières démarches ont été effectuées auprès de la commission juridique, dont le président, André Soulier, est l'avocat de Jean-Michel Aulas. Que peut-il se passer dorénavant ? Si l'OM est certain d'être dans son bon droit, il peut se permettre de faire signer un contrat de quatre ans au joueur. Charge à Ben Arfa et ses conseillers de poursuivre le club septuple champion de France pour réclamer ses primes. Ce vendredi s'annonce long. Ce matin, on est proche d'un clash...
Quel bouffonne cette Aulas... 