OM : Cissé, la polémique enfle
11/10/2007 - 08 h 56 - Stephanie Roque
©Teamshoot
Djibril Cissé est au centre d’une polémique naissante. Affaibli par les mauvais résultats de l’OM, le joueur essuie une pluie de critiques retentissante. Pointé du doigt pour son manque d’implication défensive, entre autres choses, Djib’ ne pourra retrouver un peu de quiétude que lorsque Marseille retrouvera les chemins du but. Mais là, ça dépend un peu de lui.
Véritable coup de tonnerre dans le microcosme marseillais -pourtant coutumier aux turbulences- après la déclaration assassine de Robert Herbin, ex-joueur puis entraineur des Verts de St Étienne. Extrait :
« Avec Cissé, je considère que l’OM a joué à 10 pendant 88 minutes puis à neuf en fin de match (après l’expulsion de Taiwo). Il s’était foutu du monde. Il ne bougeait pas et quand il ratait une balle, il restait là à contempler ses partenaires faire des efforts. Son comportement m’a été insupportable. »
Rares sont les propos aussi acerbes d’un spécialiste à propos d’un joueur surtout lorsque ce spécialiste en question est un Stéphanois de coeur et non Marseillais...
Loin de s’arrêter à la simple anecdote, le coup de gueule est devenu véritable polémique lorsque Didier Deschamps a enfoncé le clou, lundi soir, dans l’émission "les spécialistes" sur canal + sport. Ainsi, "D.D" attend d’un « attaquant qu’il participe au jeu défensif car cela permet à l’équipe de récupérer le ballon plus haut pour que l’attaquant ait plus de chances de marquer ». Et quand les propos viennent du premier Marseillais à avoir soulevé la coupe aux grandes oreilles, ils ont immédiatement plus d’impact sur la Canebière.
L’attaquant moderne doit être polyvalent
Si Cissé a fini meilleur buteur du Championnat de France et a joué à Liverpool (et gagné la Ligue des Champions), ce n’est pas sans raison. Ses qualités ? Tout le monde les connaît. Sa vitesse, sa puissance, son explosivité et son jeu de tête. L’attaquant marseillais excelle dans les longues courses verticales face aux buts et, si possible, en contre un. Il affectionne tout particulièrement les appels en profondeur à la limite du hors jeu (trop souvent sifflé dans son cas) et les centres bien ajustés où son jeu de tête fait souvent mouche.
Oui mais voilà, l’attaquant moderne est avant tout un polyvalent. Un Drogba qui assomme la concurrence aussi bien par sa puissance physique que par son agilité et sa technique balle au pied. Un Trézéguet, véritable renard des surfaces, qui n’a besoin que d’une occasion pour mystifier le gardien adverse. Un Ribéry ou un Cristiano Ronaldo qui, par leur vitesse et leur extraordinaire jeu de jambes, percutent et dribblent. Le Djibril Cissé de l’OM n’est rien de tout cela.
Pour qu’il soit à son avantage, il faut qu’une équipe entière joue par et pour lui. Et si la tactique peut s’avérer payante, Djibril n’a, pour le moment, pas la carrure pour imposer à l’OM de jouer à la sauce Cissé. Des Papin et Drogba auraient pu se le permettre. Cissé non. Quant à son caractère, il a la réputation d’un garçon colérique et un tantinet impatient. Avec ce comportement réactionnaire, il s’attire les foudres des supporters. Quand ce n’est pas de la colère pure et simple. Le Cissé du printemps dernier était d’ailleurs à deux doigts du divorce consommé avec les aficionados de son club de coeur. Sifflé à chacune de ses apparitions et interventions, l’international avait été pris en grippe par une partie du Vélodrome. Des querelles vite oubliées lorsque celui que même la Bonne Mère attendait comme le Messie allait retrouver les chemins des filets en fin d’année. Des filets qui n’ont que trop peu tremblés sous les coups de boutoir de l’enfant terrible depuis la reprise de l’exercice. Deux pauvres buts en championnat en 810 minutes d’activité. Trop peu pour un joueur qui se veut international, pour un standing européen. "Djib’" le sait.
A Marseille plus qu’ailleurs, le droit à l’erreur n’est pas permis. C’est le droit au but qui prime. Et, en ce début de saison, le numéro 9 olympien zigzague un peu.
Le sphinx a parlé 