Misha
Surtout que l'on est presque toujours d'accord, mais que l'on prend le problème par deux bouts différents.
Le débat tient plus sur le bout étudié que sur le fonds, en fait.
Je suis d'accord. L'histoire, en soi, ne sert en rien dans une civilisation technique, et purement technique. Elle n'a d'utilité que dans la formation démocratique. En vérité, en dictature, il importe peu de connaître le passé; car le régime ne doit pas être ébranlable : il a toujours été et sera toujours. Il est posé, transcendant l'histoire. Mais la démocratie, en tant que régime bâti sur et par la lutte, se doit de conserver l'histoire. En outre, il est clair que la réflexion sur les précédents, sur la construction d'une nation, a, en plus de cette utilité démocratique, une utilité sociale.
Dans notre système économique, le travailleur est sommé de ne pas avoir de conscience sociale, car cela est trop improductif. Le non enseignement de l'histoire vient de là. Mais le danger est qu'il cause des dommages à la citoyenneté.
Et c'est ce qu'il est en train de faire. Il n'y a qu'à voir notre "élite de la nation". Elle ne sait plus réfléchir. Son seul raisonnement est le jugement technique. L'élite de la nation, c'est triste à dire, est en fait un ramassis de mouton, dont le cerveau lavé à coup d'équations, n'est plus apte qu'à leur faire faire des tâches automatiques.
Le problème est le même avec l'enseignement de la philosophie. A terme, nous allons vers la perte de la démocratie, par la perte de la conscience citoyenne démocratique.