Fillounette
C'est de la psychologie plutôt que de la philosophie, et je ne peux donc pas te donner une réponse sûre et absolue. En revanche, je peux te dire que nous sommes nombreux à t'apprécier.
Ton "on" est en fait un indéfini. A qui renvoie-t-il? Cela est impossible de le savoir. Une personne? Deux personne? Tout le monde? Voici ce que je dis : "on" te déteste, parce que dans ce "on", tu n'inclues que ceux qui te détestent, et pas les autres. Aussi, tu peux tout à fait dire qu'on te déteste, mais en même temps, tu dois aussi dire qu'un autre on t'apprécie. Au final, dans la forme même que tu emploies, il y a une manifestation, peut-être inconsciente, de ce que tu penses au fond de toi, savoir qu'un certain nombre de personnes ne t'apprécient pas; ce qui implique que d'autres puissent t'apprécier.
En revanche, tu as sans doute mal saisi cette idée, et l'as trop étendue, transformant le "on" en "tout le monde". Ceci est révélé par la raison que tu donnes de cette détestation. Tu supposes en effet qu'il y a un motif objectif, qui tient uniquement à toi, et qui te rendrait détestable à tous les points de vue. Le "on", alors, devient n'importe qui, c'est à dire l'ensemble des forumeurs.
Aussi, j'en déduis que tout ceci n'est qu'une idée que tu te fais et de laquelle tu veux te convaincre. Quel besoin a l'autre que tu lui révèle un motif pour te détester? Quel besoin as-tu de connaître leur motif? "Le cœur a ses raisons que la Raison ignore" : ici, on peut le prendre au sens commun plutôt qu'au sens philosophique. La seule chose que prouve cette affirmation, c'est que tu veux rendre universel un "on" qui ne désigne, à la base, qu'un certain groupe de personnes, encore indéfini dans ton esprit lui-même, ou plutôt, défini simplement par le fait qu'il te déteste (ce qui ne nous avance pas tellement, puisque c'est une petitio principii).
Voici le résultat de cette analyse, qui, je le répète, n'est certainement pas vraie absolument, est que tu fais une montagne d'une fourmilière. Tu es préoccupée par l'image que tu donnes aux autres, au point que tu as sans cesse peur de te faire détester par tout le monde, alors que cette détestation n'est sans doute pas vraie.
Bref, qui est le "on"? Ce n'est personne. C'est tout le monde. C'est l'autre dont le regard ne peut cesser de te juger, et auquel tu as peur de révéler quelque chose de détestable en toi.
C'est tout ce que je trouve à dire, à part : "Mais non, Fillounette, nous, on t'aime."