Il suffit de quelques secondes, d'un fragment d'images pour comprendre que rarement septième et "dixième" art était arrivé à une telle fusion. Depuis de nombreuses années, l'un a inspiré l'autre, l'autre a puisé ses ressources dans l'un… Mais jamais, jamais, les deux n'avaient fusionné à ce point. Fils de cette union sacrée, Shadow of the colossus s'avance. Fabuleux, magique, magnifique. Grandiose.
Car Shadow of the colossus n'est pas un jeu - pas seulement un jeu, pas qu'un jeu, plus un jeu. C'est une expérience à part entière. On ne joue plus. On le vit. Basé sur un scénario très simple, Shadow…, fausse suite d'Ico pour les connaisseurs, défile devant nos yeux ébahis, comme un vrai film, comme un long métrage de cinéma, où l'on ne sait plus très bien si l'on est spectateur, joueur, chevalier ou amoureux. Epique, poétique, onirique, il nous plonge dans un univers à part entière, une sorte de moyen-âge d'un autre temps, sur une autre planète, où l'on parle une langue inconnue et où la mort de seize colosses a le pouvoir de redonner la vie.
Nous voilà alors chevauchant à travers la plaine, brandissant une épée projetant au loin l'endroit où se terre le prochain adversaire, dans une lande désertique, sans autre habitant que de petits lézards qu'il faut chasser pour accroître ses performances. Si l'on se sentira parfois un peu seul, c'est surtout l'immense sentiment de liberté que l'on ne pourra que retenir. Quelque part dans la Terre du Milieu de Tolkien, sur Pluton, Saturne ou Jupiter, Shadow met tout nos sens en éveil. Des graphismes somptueux, une musique grandiose, une maniabilité exemplaire et une atmosphère de douceur, de bien être font oublier un scénario des plus épurés et une durée de jeu qui ne pouvait être que trop courte.
Shadow of the colossus est donc une expérience purement personnelle, à vivre et à ressentir… On en sort transformé et ravi. Un jeu colossal qui ne restera sans doute pas dans l'ombre. A découvrir d'urgence.
