Cette fois-ci, les références au foot réel sont davantage présentes. Désolé pour ceux qui ne suivent pas trop ! Et c’est aussi plus long, vous en aurez pour plusieurs jours.
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Durant mes 2 saisons et demie de LM, un joueur qui m’a particulièrement agacé, c’est Cassano. Soit il signe chez nous au prochain mercato, soit je lui mets Simic au marquage la prochaine fois qu’on joue contre la Samp’. Simic, c’est un joueur que j’aime. C’est LE remplaçant par excellence. Il n’attend plus rien de la vie : aucune équipe ne cherche à le faire venir, ses plus belles années sont derrière lui et il se fout de prendre des rouges vu qu’il ne compte jamais jouer le match suivant. Il lui reste que sa famille. Pour qu’il atteigne le stade terminal de sa mutation en bête sauvage, et donc pour l’intérêt du club, il faudrait que sa femme parte à l’autre bout du monde avec leurs enfants. Et Ibou Ba.
Une des choses essentielles quand tu prends Milan, c’est de vite rajeunir ton effectif. Quand tu commences avec Maldini, Cafu, Serginho, Seedorf, Inzaghi, Ronaldo, t’es plus armé pour gagner la Ligue des Champions 97 que les 10 prochains championnats WEFA. C’est dans cette optique que j’ai recruté Nasri, Aquilani, Mertesacker, D’Agostino… Enfin, lui il m’a surtout été « vivement » recommandé par des messieurs très grands, très musclés, avec des costumes noirs, qui laissaient entrevoir de gros revolvers. Des messieurs qui travaillent eux-mêmes pour d’autres messieurs, très riches mais dont on parle pas trop, parce qu’après on se fait suicider. Bref, toujours est-il que je suis bien évidemment ravi de compter Antonino d’A…D’Agostino, dans notre effectif.
Mertesacker est un excellent défenseur, jeune, rapidement au top, imbattable dans les airs et libre au début de la LM. Il a pris la place de Simic au sein de ma défense à 5. Simic qui d’ailleurs a vite trouvé sa propre traduction pour « Mertesacker » ; pour éviter toute vulgarité, disons qu’il pense que le grand boche pourrait nous être utile afin de transporter des matières fécales.
Même si les périodes de mercato sont toujours excitantes, il y a un moment délicat à gérer, celui où l’on doit décider qui sera placé sur la liste des joueurs transférables. Généralement, je cherche juste à prêter les petits jeunes en manque de temps de jeu. Après, c’est vrai que parfois je peux aussi essayer de me débarrasser de quelques poids morts. La dernière fois, j’ai réuni tout le groupe de joueurs et Ibou, pour donner la fameuse liste :
- Darmian. Digão. Aquilani. Brocchi.
Les 3 premiers font la gueule, ils espéraient jouer cette saison. Digão et Darmian, je les aurais bien vendus, mais ils ont des « relations » dans le club. Darmian, c’est le pote du frère de Kaka. Et le frère de Kaka, c’est Digão. Donc si on veut retenir Kaka malgré la drague relou du Real ou du Barça, il vaut mieux lui faire plaisir. Or, pour satisfaire tout bon Brésilien qui se respecte, soit tu lui amènes sa famille, soit tu lui amènes des call-girls. Digão était la solution la moins chère.
Brocchi lui me fait son joli sourire en forme de bras d’honneur, l’air de dire «Toi, tu vas encore me payer pour aller cueillir les champignons pendant un an ».
Je vois Aubameyang lever la main, je lui demande ce qu’il y a :
- Alors ça y est, t’as enfin compris, boss ? A chaque fois que je rentre, je marque, comme Gilardino. J’ai la capacité spéciale buteur, comme Ronaldo. Je suis un joueur d’avenir, comme Ibrahimovic. J’intègre l’effectif pro, comme Pato ?
- Nan. T’es libéré, comme Cuevas.
J’abandonne. C’est vrai qu’il est bon en plus. Il va vite, marque tout le temps, a un excellent jeu de tête, une belle marge de progression… Mais au palmarès des grands joueurs du club, entre Carlo Ancelotti et Franco Baresi, Willy Aubameyang ça le fera pas. C’est un nom de cowboy, pas de joueur de foot. Désolé. Il ira loin ce jeune. Loin mais ailleurs.
Et pour Cuevas, c’est une manière comme une autre de lui signifier notre décision de le renvoyer à Colo Colo, puisqu’il est Chilien et que les Chiliens, ça joue à Colo Colo. Quant à Inzaghi, dès la fin de la première saison, Villareal m´a sollicité à son sujet. Ils m´ont proposé dans les 8 000 points. J´ai accepté. SuperPippo commençait à être super blessé et super âgé. Et puis j’ai la version PS2 moi, on peut pas simuler.
Dernièrement, je me suis mis à la recherche d’un milieu droit. Pour ce poste, je n’ai que Gattuso, Nasri et Ba. 2 joueurs, ce n’est pas suffisant, surtout que ce n’est la spécialité ni de l’un ni de l’autre. Je suis entré en contact avec un petit club récemment promu :
- Mon ami Secco ! Comment va ? Fait beau à Turin ? Alors, ça te plaît la Serie A ? Si t’as besoin de conseils ou quoi, je suis toujours là pour aider les dirigeants des clubs promus, je sais que ce n’est pas toujours évident pour vous, quand vous arri…
- Très drôle. Fais vite si tu veux quelque chose, je suis avec des amis.
- Ceux qui ont arbitré ton match dimanche dernier ou ceux du week-end prochain ?
- T’es d’humeur joueuse on dirait ! Bon je vais pas te retenir plus longtemps…
- Non, attends, sérieux… Je voulais me renseigner sur ton milieu italo-chilo-péruvo-bolivo-argentin, Camoranesi. Ce serait combien ?
- Pour toi ? Compte dans les 30 000 points.
- C’est cher pour un ami.
- Eh oui, ç’a besoin d’argent, un promu !
- Mais quand tu dis 30 000 points, vous en déclareriez combien officiellement?
Il aura tenu 48 secondes. Nos relations s’améliorent puisque la dernière fois, quand je l’avais appelé pour Chiellini, ç’avait duré seulement 41 secondes. J’en avais profité pour lui demander si Buffon avait touché le pactole avec notre victoire en Ligue des Champions et je l’avais également chargé de transmettre mes remerciements à Trézéguet pour les cartes postales qu’il m’envoyait régulièrement de Frosinone, Pescara, Rimini, Vicenza…
En attendant, je peux me mettre à la recherche d’un autre milieu droit.
J’ai les moyens, je peux me payer un bon joueur. Je pense alors à Ribery. En plus, il doit être en promo en ce moment, c’est Halloween. Le problème, c’est qu’avec Kaka, Ibrahimovic et compagnie, j’ai peur de m’ennuyer si mon équipe est trop forte, déjà que là c’est limite. Et puis il risque d’y avoir des tensions avec certains. Ben Sergiñho par exemple, parce que lui il a une sale manie… Vous savez que tous les ans, on sort un calendrier. Généralement, on en laisse un dans les vestiaires, comme ça, pour nous. Depuis qu’il est là, Sergiñho a pris l’habitude de rajouter des légendes dessus. Sur le calendrier 2007, on avait mis Borriello pour le mois d’août. Sergi a écrit :
« Profite bien de ton mois d’août,
Drague comme un dingue,
Surtout n’oublie pas ta seringue,
A la reprise direction Genoa
Et tu voyages en soute ».
Alors pour Ribéry, je le voyais déjà venir avec un truc genre « En Mars, tu passes à travers une glace ! ».
3 problèmes majeurs à Milan, c’est les gardiens. D’abord, Fiori prend sa retraite officielle dès la fin de la première année. Je précise « officielle » parce que depuis qu’il est arrivé en 99, il n’a joué qu’un match. Ensuite, il y a Kalac, qui au départ appartient au Milano Basketball Club. On le met dans l’effectif pour avoir 3 gardiens, mais Dida n’est jamais blessé de toutes façons. Si vous voulez voir Kalac en action, c’est tous les mercredis après-midi sur le parquet du gymnase San Siro.
Et puis enfin, le problème essentiel : Dida. Il existe différentes vérités absolues sur Terre. Le Soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. L’eau bout à 100 degrés et gèle à 0. Tu mènes à la 89e minute de jeu, Dida se troue sur la prochaine frappe, même si c’est Jemmali à 40 mètres. (Au passage, c’est ridicule quand les gardiens sautent avec les bras pliés pour arrêter un tir, surtout quand ils encaissent le but. Et ça n’arrive pas QUE à Dida.) Malgré tout, ça me gêne pas trop de jouer avec lui, dans la mesure où je joue avec 5 défenseurs. De plus, si on continuait à prendre des buts avec un autre gardien, on serait obligé d’avouer que c’est de la faute de Maldini. Plutôt mourir que d’incriminer une idole.
Paolo, ici, c’est Dieu. A côté de lui, Berlusconi c’est Patxi de la Star Ac’. Il a tout pour lui, faut dire : sa famille est au club depuis 17 générations, il a la classe, le charisme, il défend proprement, il mange proprement, il fait ses besoins dehors, il a un beau poil… En plus, avec Milan, Paolo a gagné tous les titres les plus glorieux qu’un club puisse remporter. Et il n’est même pas blasé. Il a soif de victoires, de trophées, il veut toujours jouer, comme un petit jeune. Dans sa tête, il a 20 ans. Physiquement, tu lui en donnes 30. Pourtant, il en a 40. Le seul problème, c’est que ses genoux en ont 50.
Et son association avec Nesta, que dire ? Ca fait défilé de mannequins, quand tu les vois sur le terrain. Même look, même vitesse. Tu mets Cafu à droite, Favalli à gauche, ça fait les World’s Apart. Pour la relève avec Kaladze, Jankulovski et mon futur achat, Grygera, faudra plus s’attendre aux Bratisla Boys par contre.
A mon dernier match là, j’ai fait jouer ce qu’on a coutume d’appeler les coiffeurs, dans le milieu, c’est-à-dire les remplaçants, pour les moins avertis. Enfin, nos « coiffeurs » à Milan, ça ferait une équipe-type pour n’importe quel club de Ligue 1. Je jouais contre le Betis Séville en championnat WEFA, en match de poule. Je me suis permis cette fantaisie puisque j’étais déjà qualifié et qu’au match aller je leur avais mis 8-0 (6-0 à la mi-temps) chez eux. Ben oui, faut que je parle un peu de ma LM quand même, sinon je vais devoir me trouver un autre site pour mes élucubrations. Au Betis, en 2009, Luis Fernandez est redevenu entraîneur. On a un peu parlé, il m’a conseillé sur la façon dont je devrais organiser mon équipe : Kaka libéro, Oddo tout seul en pointe, Ibrahimovic sur le banc, Sergiñho sur le terrain…
Tout va bien. J’ai la plupart des joueurs que je veux, je suis blindé de points, je viens de gagner le championnat de ma ligue ainsi que la coupe, j’ai atteint les ½ finales du championnat WEFA. Pourtant, y’a un truc qui m’empêche de savourer pleinement ma LM. Il faut que je trouve un club qui n’a pas peur de gaspiller de l’argent pour un joueur surcoté, qui est bien conscient que le ridicule ne tue pas et avec des dirigeants n’y connaissant rien en football, qui s’extasient devant des footballeurs médiocres mais connus.
- Ibou, on va passer une semaine de vacances à Monaco.
Comme un signe du destin, une sorte d’encouragement, le jour où je me décide à entreprendre cette mission commando en Principauté, je reçois un fax avec le tampon d’Arsenal. Le club est prêt à mettre 2 500 points pour Brocchi. D’abord, je pense que c’est encore une blague d’Arsène, il adore déconner. Vous l’auriez vu au mariage de Titi, partir en tecktonik en chantant « La digue du cul »… Bref, j’appelle les bureaux d’Arsenal. Quelqu’un décroche :
- Si, es Cesc. Que puede hacer para usted ?
- Cesc ? Cesc Fabregas ?
Il sait rentabiliser un investissement, le Wenger. Il embauche des jeunes venus des 4 coins du monde et une fois qu’ils sont loin de leur famille, ils les exploitent comme des Roumains. Au final, c’est Kid Nation là-bas : une vingtaine de gamins en auto-gestion.
- Ah tiens… Et que fais-tu dans les bureaux, petit Cesc…
- Cesc no entiende. Habla español.
- Tu sais, on t’aime bien à Milan. Si tu voulais…
- Milan ? A Cesc no le gusta Italia. Cesc juega para Arsenal.
- Ecoute, euh… Señor Wenger m’a écrito un faxo. Il veut Brocchi, por prender la plaza à Cesc. Cesc no va jouar la saisona prochaina. Cesc prétado à Norwich peut-être. Capisch ? Alors Cesc venir à Milan ?
- Cesc no entiende. Cesc va a poner usted en contacto con una otra persona.
- Pfou…Otra persona, oui, c’est ça.. Parce que t’es un sacré boulet, toi. Si je savais dire TUC en espagnol…
- Cesc va a buscar Alexander Hleb…
- No no no ! Y’a pas Flamini ou Clichy à côté de Cesc par hasard ?
- Si, Gaël està aqui. Cesc va a buscar Gaël…
(…)
- Wesh cousin, Clichy dans la place. Tu veux ?
- C’était pour le sfertran de Kibro.
- D’où ?
- De Milan.
- Nan, d’où tu nous refourgues Brocchi ?
- Ah ! Arsène était intéressé, sans déc’. Choufe, je t’envoie la photocopie de la demande par mail ! … Je t’envoie le contrat avec, t’as juste à signer.
- Chuis pas sûr j’ai le droit.
- OK, je comprends. Ca fait qu’10 ans que t’es à Arsenal, on te confie pas encore beaucoup de responsabilités. Pour les transferts, je verrai avec quelqu’un de plus important que toi. Passe-moi Adeb…
- Tu m’as pris pour la femme d’ménage ou quoi ? Ch’fais c’que ch’veux ici t’as vu. Si ch’veux signer, ch’signe.
- Pas cap’.
Et Brocchi signait pour 5 ans.
Arsène, il fait signer des contrats pros aux jeunes dès l’âge de 10 ans. Ca ne leur laisse pas beaucoup de temps pour aller à l’école. Avec les vieux, il a plus de mal à gérer. Voyez Pirès, ben lui il s’est pas laissé faire, il est parti d’Arsenal en mauvais termes avec Arsène. Mais il est rancunier, Robert. Le genre de gars à t’envoyer des demandes bidons au nom d’un club dont il aurait gardé le tampon.
Me voici donc à Monaco, avec Ibou, pour ma dernière tentative avant sa mise en vente sur E-Bay. Il commence à me raconter qu’il connaît la ville, parce qu’il est venu jouer plusieurs fois avec Le Havre et Bordeaux. Là ça m’a fait tilter, ce nom me dit quelque chose… Bordeaux… Bordeaux… Dugarry, c’était déjà eux ! Je sais pas ce qu’on leur a fait, mais ils nous en veulent eux.
Pour traiter, je vais voir le Prince Albert, direct. Je ne veux pas aller rencontrer le directeur sportif, le président, l’entraîneur ou qui que ce soit d’autre de l’ASM avec Ibou, ils seraient capables de reconnaître l’oiseau. Et puis Bébert il est plus marrant, il y connaît rien au foot. Il va me demander des nouvelles de Pietro Moldani, je lui dirai que c’est Paolo Maldini, il me dira que je confonds avec le père de Pietro et je m’excuserai. Il me félicitera pour ma victoire en Coupe de la Ligue en 2007 contre « l’équipe qui jouait en rouge », dans laquelle il aura été tout fier de reconnaître le Danois qui portait les couleurs de l’ « AMS » avant, celui qui frappait fort avec le pied gauche, Rasteu qu’il s‘appelait. Ca l’intriguera qu’à l’époque, un joueur de son équipe, Gérard, ait réussi à participer à cette fameuse Coupe de la Ligue avec l’ « équipe qui jouait en rouge ». Bref, je suis motivé, il va me le prendre mon Ibouniñho. Il a quand même été champion du monde avec le Brésil en 2003.
Et ça marche. Je conclus :
- Je vous le pose là, donc. 1 500 points, marché conclu. Je vais chercher mon chéquier.
- Votre chéquier ?
- Ben oui, vous allez pas me le prendre gratuitement quand même… Ca bouffe, ces bêtes-là.
- Je croyais que c’était moi qui devais vous donner de l’argent.
Le con !
Il rajoute :
- Vous me faites marcher !
- Oui, évidemment ! Depuis quand on paie pour que notre meilleur joueur quitte notre club !
On rigole, moi par stupéfaction devant une telle niaiserie et lui parce qu’il repense à Gallardo. Je prends son chèque et lui glisse quelques mots au sujet d’un certain Sergiñho, très jeune défenseur rigoureux, sérieux, un patron capable de gérer une défense orpheline de Gaël Givet depuis trop longtemps, histoire de préparer le terrain pour le prochain vol.