bonjour
voici l´article sur gardent dans l´equipe de ce lundiLe Français a réussi son baptême du feu en NFL avec les Carolina Panthers,
face aux New York Giants.
NEW YORK –
de notre correspondant
SAUTS DE PUCE INCESSANTS, gesticulations en
tout genre et cris d’encouragement inconditionnel : il
netenait plusenplace, Philippe Gardent, samedisoir,
sur le banc de touche des Carolina Panthers. On pouvait
le comprendre. Le Français trépignait d’impatience
à l’idée de se retrouver sur le terrain pour son
premier match en NFL. L’attente aura duré plus de
une heure avant que le numéro 46 des Carolina Panthers
soit autorisé à fouler la pelouse synthétique de
l’éléphantesque GiantsStadium deNewYork.« Jene
m’inquiétais pas. Il était prévu que je joue, dira-t-il
plus tard après la courte victoire des Panthers sur les
Giants (24-21). J’avais envie d’aller au combat. Mais
vous ne savez jamais quand le coach vous appelle. Il
faut toujours se tenir prêt, rester en mouvement, garder
la tête bien dans le match. »
L’ancien joueur de Cologne, formé à Grenoble et passé
par les Argonautes d’Aix-en-Provence, entra en
jeu au beau milieu du troisième quart-temps, bénéficiant
d’une grosse demi-heure de jeu. Il réalisa un
quasi sans-faute. « Ça s’est passé comme je le voulais.
J’ai eu le temps de jeu que je voulais et j’ai fait ce
que je devais faire, analysa le Grenoblois. En termes
de stats, il n’y avait rien mais ce n’était pas l’objectif.
Il y avait beaucoup de ce qu’on appelle des “lead
blocks”, c’est-à-dire des joueurs qui se mettent
devant vous pour protéger le porteur du ballon. Et
moi, mon but était de faire rebondir la balle soit à
l’extérieur, soit à l’intérieur. Je n’ai pas laissé une
seule porte ouverte. Les entraîneurs sont venus me
féliciter. C’est bon signe. »
Cette bonne prestation s’inscrit dans une tendance
favorable au Français depuis le début du camp de
préparation des Panthers. L’entraîneur en chef de
l’équipe de Caroline du Nord, John Fox, a déjà souligné
la qualité du travail du Français : « Il fait du très
bon boulot, a-t-il expliqué la semaine dernière. Nous
sommes très contents de lui et tout ce qu’il nous a
montré pour l’instant est positif. » Accueilli avec
curiosité par ses coéquipiers, Gardent a déjà levé pas
mal de barrières. « Je me suis senti accepté tout de
suite, concède le meilleur plaqueur de la dernière saison
deNFL Europe (69 interventions défensives). Personne
ne m’a regardé bizarrement en se disant :
“C’est qui, ce Français ?” Ils sont partis avec un a
priori positif. L’année dernière à Washington, c’était
un a priori négatif (Gardent a fait partie de l’effectif
des Redskins mais il n’avait pas le droit de jouer en
match officiel). »
Le pote de Dan Morgan
Le Français s’estmêmelié d’amitié avecDanMorgan,
l’une des trois stars des Panthers aux côtés de Julius
Peppers et du quarterback Jake Delhomme. « Dan,
c’est un mec très humain, souligne-t-il. On se marre
bien tous les deux. J’ai gagné un peu de respect.
Quand on sait jouer au foot, qu’on ne commet pas
d’erreurs sur le terrain, qu’on comprend le jeu, les
relations se nouent d’elles-mêmes. » Le Grenoblois a
déjà fait l’objet d’articles dans les deux journaux
locaux, le Charlotte Observer et le Star News, intrigués
par ce phénomène, skieur de formation et
jamais passé par une université américaine, cas
unique en NFL cette saison.
Depuis le 27 juillet, le linebacker (deuxième-ligne
défensif) s’entraîne deux fois par jour au Wooford
College à Spartanburg, en Caroline du Sud, où les
Panthers ont élu domicile tout l’été. Il doit s’adapter à
des nouvelles consignes tactiques. « Onm’a demandé
de jouer à un nouveau poste, dévoile-t-il. En fait, il
existe trois positions en “linebacker”, chacun avec
des responsabilités différentes. Moi, je suis passé
d’un côté à l’autre. Ilsm’ont dit :“C’estcommeçaque
tu seras le plus précieux pour le club.” Je l’ai pris
comme un défi. Je pense l’avoir relevé. Mais il y a
encore pas mal de boulot. »
À New York, Gardent (1,86m ; 28 ans) est devenu le
troisième Français à participer à un match de présaison
NFL, après Richard Tardits avec les New England
Patriots en 1990 et Marc-Angelo Soumah qui avait
même marqué un touchdown avec Cleveland en
2003. Le premier avait été retenu par les New
England Patriots pour deux saisons alors que le deuxième
fut cruellement coupé lors du dernier jour des
camps d’entraînement des Browns. Assurer lors de
ces rencontres de préparation, qui n’ont pas d’autre
but que de passer les troupes en revue, n’offre pas de
garantie d’être retenu dans l’effectif final du club.
Mais c’est un passage obligé pour le Grenoblois qui a
encore trois matches (le 17 août à Philadelphie, le 24
devant New England et le 30 contre Pittsburgh) pour
faire ses preuves. Ils sont encore86 joueursà postuler
pour les 53 places, et la liste définitive sera annoncée
le 1er septembre, après le quatrième et dernier match
amical. Le chemin est encore long, mais l’espoir de
voir Gardent être de la fête le 9 septembre, date du
premier match de saison régulière des Panthers
contre Saint Louis, a singulièrement pris du volume.
ARAZ GULEKJIAN
RÉSULTATS
1er match : Rouen-Sénart, 0-1. 2e match :
Rouen-Sénart, 3-1. 3e match : Rouen-Sénart,
8-0. 4e match : Rouen-Sénart, 2-3. 5e match :
Rouen-Sénart, 9-8.
LES DIX DERNIERS VAINQUEURS. – 2007 :
Rouen. 2006 : Rouen. 2005 : Rouen. 2004 :
Savigny. 2003 : Rouen. 2002 : Savigny. 2001 :
Savigny. 2000 : PUC. 1999 : Savigny. 1998 :
Savigny.
« Cematch, c’estmonCV»
« COMMENTVOUS SENTEZ-VOUS après votre
premier match en NFL ?
– C’est un rêve qui se réalise. Je n’ai pas brûlé les
étapes. Je ne suis pas Superman. J’ai gravi les échelons
un par un. Mais rien n’est encore acquis. Il faut
que je continue à faire ce que je fais.
– Tout vous réussit pour l’instant…
– Tout le monde me met en confiance, on m’encourage.
J’estime que j’ai encore une forte marge de
progression. À vingt-huit ans, un Européen a encore
tout à apprendre en NFL, il ne peut que progresser. Ce
n’est pas le cas d’un joueur américain du même âge.
– Quelles sont vos chances d’être retenu ?
– La NFL, c’est un business avant tout. À tout
moment, on peut se faire couper. Il y a des paramètres
que je ne contrôle pas. On peut être très bon,
meilleur que d’autres, mais si les entraîneurs veulent
reconstruire et que je suis en concurrence avec un
jeune, ils vont prendre le jeune. S’ils sont plutôt dans
une optique de résultats immédiats, ils vont prendre
lemec de vingt-huit ans. Je ne m’en fais pas. Si jamais
cette équipe n’a pas besoin de moi, il y en a trente et
un autres qui n’ont qu’à aller rechercher la cassette
de mon match pour voir ce que j’ai fait. Ce match de
présaison, c’est mon CV. » – A. Gu
A+
go pats