" [...] Le « On » ne loupe pas souvent le coche. Il s’agglutine autour du ragot, telle une sangsue sur une plaie, et le grignote - avec un infime mais infâme bruit de succion - comme si c’était un vulgaire ragoût. ll s’empare du vécu d’autrui et bafoue ce qu’il ne comprend pas.
Que veux-Tu ? Les mouches ont l’ouïe fine. Elles vénèrent la Rumeur, cette Déesse Gargantuesque – aux mille bouches et aux mille langues – qui enfle, et qui enfle sans cesse, sous le flux des potins dont elle s’abreuve avec un un appétit toujours plus titanesque. En effet, se tenant toujours à l’affut : elle a faim, et elle guette avec avidité le prochain jet en provenance de la fontaine des maux, telle une cannibale de la psychee humaine qui attend qu’ « On » remplisse sa prochaine gamelle. [...] "